Sayfadaki görseller
PDF
ePub

» ditte entreprinse, n'en scauroys bonnement dire » mon advis; car vous mectre arrière en hazard » avecq gens incognuz, ne me semble estre con» seillable, mesmes par eaue » (p. 278). Relativement à l'invasion de Groningue, qui faillit avoir, grâces à l'intrépidité du Comte , de si grands résultats, il y a, dans deux Mémoires, l'un de lui et l'autre du Prince (no 3og' et 314"), des détails nombreux et fort intéressants. Nous regrettons de ne pouvoir rien communiquer touchant le séjour de quatre années que Louis de Nassau fit en France, se distinguant non moins par ses talents dans les délibérations politiques , que dans les combats par son audace (p. 323, 382, 401). Voici cependant quelques lignes remarquables écrites peu de jours avant qu'il vint , en 1572, tomber à Mons comme un coup de foudre au milieu de ses ennemis attérés. « Vous pourrés faire estat de mes frères et de moy » que n'y espargnerons ny la vie, ny les biens, » encores que nous aurions occasion d'en estre des» goustés selon le monde, et nommément moy quy » va tanttost six ans vagabondant par le païx. Mais » » je voy que ce bon Dieu quy nous ast maintenus » et guarentis en tant des travaulx et dangiers, ne » veult pas retirer Sa main forte arrière de nous,

[ocr errors]

» ains nous soustenir debout » (p. 417). Et si l'on veut encore une preuve notable , à la fois de sa constance et de sa piété, qu'on lise ce qu'il écrit après la défaite de Jemmingen; c'est-à-dire, après un événement qui venoit de lui enlever ses ressources et auroit aisément pu lui enlever tout espoir: « Encoires que nostre armée soyt en partie » défaicte et en partie séparée , .. si est ce que, » comme Dieu mercy quant à nostre personne es» tant eschappé sausf et sain , avons le couraige si » bon qu'oncques , mais espérons en brief que Dieu » nous assistera tellement qu'aurions, si Luy plaist, » les moyens beaucoup plus prompts pour redres» ser la pouvre Eglise et la patrie que n'eusmes » oncques » (p. 272 in f.).

Parmi les beau-frères du Prince, le Comte de Nuenar est celui dont il a le moins à se louer. Ce personnage aimoit, aux approches du danger, à se tenir à l'écart. A ce qu'il dit, douloureusement affecté de la mort d'une épouse, dont il faisoit le malheur durant sa vie (p. 118), nous le voyons refuser, malgré les instances du Comte Jean, de se rendre à une assemblée, où l'on devoit traiter de la Religion et où sa présence pouvoit être utile (p. 15).

[ocr errors]
[ocr errors]

Quant au Comte de Berghes, peut-être qu'à cette époque il ne doit pas être jugé très défavorablement. Il est vrai que simultanément il flattoit Viglius et consultoit le Prince (p. 54), et qu'il resta dans les Pays-Bas (p. 127), tant qu'il crût pouvoir rentrer en grâce auprès du Roi; mais , frustré dans cet espoir, il devint zélé et actif. Dans une Lettre relative aux actes du Duc d'Albe, il semble se plaire à lui donner le nom de tyran (Lettre 354). La meilleure harmonie règne entre lui et ses frères: il écrit au Comte Jean : « Vous m'obligez tou» jours par l'un plaisir sur l'autre à penser comment » je le pourray un jour tout recognoistre. » quoy mes enfans auront aussi à penser les jours » de leur vie. » (p. 416). En 1572 il rendit des services très importants (p. 431).

Le Comte Günther de Schwartzbourg prête l'appui de son intercession et de ses conseils; il ne tint pas

à lui que Philippe-Guillaume ne fût rappelé à temps (p. 120). « Le Comte Güntert , » écrit le Prince , « seroit d'opinion que je demorasse » avecque luy ancores ung temps, et à ceste occa»sion sont venu le Conte Hans-Güntert et le Conte » Albert (ses frères) me prier tous trois par

ensemble » que je volusse demeurer et prendre la patience

2

» avecque eux, me offrant tout plain de honestités, » de quoy certes leur suis obligé (p. 345).

[ocr errors]

Plusieurs Documents renferment des données intéressantes sur divers personnages notables des Pays-Bas, dont quelques uns y restèrent, tandis que

d'autres crurent devoir s'expatrier.

Entre ces derniers le Comte de Brederode mourut en 1568 ; nous ne regrettons pas pour sa mémoire de n'avoir plus trouvé de ses Lettres. — Le Comte de Hoogstraten, qui donne la nouvelle de sa mort (p. 170) et qui périt la même année, plein de commisération pour le triste sort de la patrie (Lettre 310), étoit plein d'ardeur et de zèle

la délivrer. Le Mémoire touchant les secours à donner au Comte Louis de Nassau (n° 3106) est une nouvelle preuve que le Prince désiroit ses conseils. On trouvera plusieurs exemples de son style vif et piquant. « La conscience de cestuy Nero d'Alve » le juge, qui vault mille tesmoings» (p. 241). « J'ay » eu advertence que sommes ..... estés banniz à » jamais..., mais espère pour n'y avoir fondement, » que monstrerons de brief que nous en soulcions » peu, et que ce bon Dieu nous en fera quelque

pour

[ocr errors]

»

[ocr errors]
[ocr errors]

jour la raison »

(l. l.). « Je suis journellement entendant à faires exerciter mes gens à tirer aux

à » butes , puisque pe s'offrit encoires occasion le » faire sur les ennemis » (p. 281, in f.!. — Antoine de Stralen, Bourguemaître d'Anvers, écrit : « L'on » ne scait encor riens de la Commission du Duc .... » Je prie Dieu que se soit à Son service, bien » du Roy et de ces pays » (p. 117). Quelques jours après, il étoit en prison; quelques mois après exécuté. - J. de Hornes, Seigneur de Boxtel , observe lors de la venue du Duc d'Albe: « Je crains » que le Ducque faict grand recueil à aulcuns, que » la fin serast aultre » (p. 125). — Clément Coornhert songe à transporter vers Emden le commerce des

a Pays-Bas (p. 138).-Nous communiquons aussi une Lettre du célèbre Marnix (Lettre 355), déjà en 1568 chargé par le Prince d'une commission périlleuse (p. 257).

[ocr errors]

C'étoit une triste et fausse position celle des Seigneurs qui, après avoir plus ou moins longtemps hésité, après des velléités de résistance très

prononcées , avoient fini par se résigner passivement aux volontés même les plus arbitraires du Souverain. Ce Tome offre un indice assez curieux de leur pu

[ocr errors]
« ÖncekiDevam »