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I.

A MES AMIS.

Carneigie so diely 1945 Valiane

Mes chers amis, c'est pour me rendre à vos désirs que je livre à l'impression cette notice sur mon ministère, qui dura depuis le 18 juin 1808 jusqu'au 16 juillet de l'année suivante. J'y joindrai la relation des deux voyages que j'ai faits en France. Ce n'est pas sans une grande répugnance que je me suis déterminé à la publication. Cette relation aussi bien que la notice ont été écrites sans soin, et, comme on dit, currente calano. Je n'eus jamais l'intention de les livrer au public; j'avais pour unique but de préparer des matériaux à quelque écrivain habile qui entreprendrait d'écrire l'histoire du glorieux pontificat de Pie VII; je voulais aussi me justifier des accusations que pouvaient m'intenter ceux qui n'auraient pas été bien au courant des faits et des circonstances de cette époque. Ce qui m'arrêtait encore,

c'était de penser que je parlais de ma personne et des différens actes auxquels le public'avait hautement applaudi; et parler de soi-même et de ses propres actions m'a toujours paru chose peu convenable et déplaisante.

Cette année de mon ministère fut, aux yeux du vulgaire et selon la pensée du monde, une époque désastreuse et funeste; mais ceux qui la comprennent bien la trouvent très-glorieuse pour le Saint-Siége, pour l'immortel Pie VII, et digne d'une éternelle mémoire. Car il y a une grande vérité dans ce qu'a écrit un auteur moderne : « La prospérité de la religion est différente de celle des empires. Les humiliations de l'Église , sa dispersion, la destruction de ses temples, les souffrances de ses martyrs, sont le temps de sa gloire; et lorsqu'aux yeux du monde elle paraît triompher, c'est le temps ordinaire de son abaissement *. »

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Montesquieu. De la Grandeur et Décadence des Romains, ch. XXII.

C'est à Pie VII qu'est due toute la gloire des choses faites durant cette année-là avec l'approbation des gens de bien : je ne fus que

l'exécuteur de ses décisions et de ses ordres ; d'autres que

moi les auraient peut-être remplis avec plus d'habileté et d'énergie : ainsi en écrivant ce qui arriva alors, ne devrai-je être taxé ni de vanité ni de présomption.

Quoi qu'il en soit, mes amis, vous qui m'avez engagé à cette publication, vous saurez m'accorder votre indulgence, et vous reconnaîtrez en cela une nouvelle preuve et un nouveau témoignage de l'estime et de la véritable amitié que je suis fier de vous porter.

Rome , le jer septembre 1828.

Votre très-affectionné,

B. CARDINAL PACCA.

U.

LETTRE DU CARDINAL BARTOLOMEO PACCA

AU MARQUIS JOSEPH, SON FRÈRE.

Précis des événemens accomplis depuis le 18 juin 1808,

jusqu'au 6 juillet 1809. - Des motifs qui ont engagé l'auteur à écrire ces Mémoires. - Argumens apologétiques.

Voici, mon cher frère, les pages que j'ai écrites pendant les premiers mois de ma captivité dans le fort de Fenestrelle , et dont on a tant parlé à l'époque de votre dernier séjour à Rome. Je ne puis dire qu'elles contiennent une relation complète, exacte et chronologique des événemens advenus pendant mon pénible ministère, depuis

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