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DES

OBJECTIONS

POPULAIRES
CONTRE LE DOGME, LA MORALE, LA DISCIPLINE ET L'HISTOIRE

DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

CONTENANT, POUR CRAQUE DIFFICULTÉ,

UNE RÉPONSE CLAIRE ET PRÉCISE,

OFFRANT OUTRE LES PROPRES IDÉES DE L'AUTEUR, CE QU'ONT DIT DE PLUS REMARQUABLE LES

PLUS CÉLÈBRES APOLOGISTES TANT ANCIENS QUE MODERNES ;

PAR M. L'ABBÉ PINARD,

Prêtre du diocèse de Tours, auteur de plusieurs autres ouvrages religieus.

PUBLIÉ

PAR M. L'ABBÉ MIGNE,

ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE DU CLERGÉ,

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DES COURS COMPLETS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSJASTIQUE.

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S’IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, EDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-MONTROUGE,

BARRIÈRE D'ENFER DE PARIS.

1868.

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INTRODUCTION.

Quelles sont les objections recueillies ici avec la denomination de populaires ? - A qui s'adresse la réfulation qui en est faite ? — D'où sont tirées ces objections? — D'où la réponse faite à chacune d'elles ?

Avant d'entrer en matière, il nous a paru important de répondre, par avance, aux questions que se fera naturellement le lecteur en prenant cet ouvrage : Quelles sont, demanderat-on sans doute, los objections recueillies ici avec la dénomination de populaires ? A qui s'adresse la réfutation qui en est faite ? D'où sont tirées ces objections ? D'où la réponse faite à chacune d'elles.

Les objections auxquelles nous avons entrepris de répongre dans cet ouvrage sont celles qui s'élèvent le plus communément contre la religion, et que nous appelons ici populaires, soit parce qu'elles ont cours déjà dans le public, soit parce qu'elles peuvent y pénétrer d'un jour à l'autre, étant à la portée du grand nombre. Quoique le danger soit moins pressant en ce dernier cas, il n'en est pas moins un danger véritable, contre lequel il importe de se prémunir.

Vous allez me demander peut-être ici s'il n'y a pas plus d'inconvénients que d'avantages à aller ainsi au-devant du danger, à le faire naître en quelque sorte, pour un certain noni: bre, en lui donnant plus de publicité qu'il n'en a.

Mais non, nous ne faisons point naître le danger : il existe réellement, avons-nous dit; quelques-uns y ont échoué, d'autres y échouent chaque jour; et d'un moment à l'autre, il peut devenir public. Il importe donc de le signaler hautement à ceux surtout qui, par état ou par position, étant chargés de conduire les autres, doivent étudier à;fond le terrain sur lequel nous marchons, quel que soit, pour eux-mêmes, le résultat de ceite étude. Nous ne pensons pas, du reste, qu'ils aient beancoup à craindre; car, d'une part, ils sont forts; et, d'une autre part, Dieu n'abandonne jamais ceus qui se dévouent à sa gloire et au salut de leurs frères.

Ce que nous venons de dire doit faire comprendre déjà à qui s'adresse plus particulièrement notre ouvrage. C'est un livre fait pour le peuple; mais non pas pour être remis entre les mains du peuple. Sa forme ne le permet pas ; et nous croyons, de plus, que tout recueil d'objections, quelle qu'en soit la forme, ne doit pas être remis, généralement parlant, entre les nains du peuple. Par suite de la corruption du ceur humain, l'objection nous plait naturellement beaucoup plus que la réponse. L'objection est un trait empoisonné, destiné à blesser l'esprit ou le cour, si ce n'est même l'un et l'autre à la fois, la réponse à l'objection est le remède propre à prévenir ou à guérir la blessure; mais si, quand le remède arrive, la blessure est déjà faite, il faut du temps pour la guérir, et encore n'y parvient-on pas toujours. Un recueil d'objections ne pourrait donc être remis entre les mains du peuple qu'autant qu'il ne renfermerait que des objections parfaitement connues; et encore serait-il à craindre que certains lecteurs ne les eussent pas toutes conuues précédemment,ou les vissent là présentées sous une forme nouvelle et plus saisissante. Quoi qu'il en soit des autres recueils d'objections, le nôtre n'est point desliné à être remis entre les mains du peuple, comme nous l'avons dit déjà. Fait pour le peuple, ainsi que son titre le déclare, il ne s'adresse point à lui, immédiatement du moins, mais bien à ceux qui, soit farélat, soit par position, sont chargés de le diriger. C'est un arsenal où ceux qui on! pour mission de combattre les ennemis du salut pourront apprendre à bien connaître les armes dont ils se servent le plus habituellement, ei celles que nous devons prendre pour leur résister, et même les terrasser.

Ceci explique pourquoi nous n'avons pas cru devoir donner toujours le genre populaire aus objections que nous avons recueillies ici, non plus qu'à la réfutation que nous en avons faite. A quoi cela eut-il servi, la plupart du temps? Ce qui est populaire ici ne le sera point ailleurs; en sorte qu'il y a presque toujours nécessité, quand on a étudié un sujet quelque part, de le modifier, pour l'approprier aux besoins de ceux à qui on veut s'adresser. Nous avons donc dù tenir au fond des choses beaucoup plus qu'à la forme, persuadé que ceux par l'intermédiaire desquels nous adressons nos idées au peuple, leur donneraient l'expression convenable, faisani aiosi ce que nous n'étions point obligé de faire, et ce qui nous élait meme impossible la plupart du temps.

Ceci explique encore l'étendue que nous avons donnée a nos articles Dieu, Ame, Religion, Enfer.., en un mot à lous nos articles importants. « C'est trop long pour le peuple, » diront quelques lecteurs. Sans doute, aussi n'est-ce point au peuple que nous parlons, mais à ceux DICTIONN. DES OBJECT. POPUL.

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qui sont chargés de parler au peuple. Chacun d'eux choisira ce qui lui conviendra le mieux ; et c'est pour cela que nous avons cru devoir faire une provision un peu ample. C'est comme un réservoir que nous avons préparé. Pour qu'il puisse satisfaire tous les besoins, il a bien fallu le remplir. Nous nous sommes borné cependant, non-seulement dans les réponses que nous avons données aux objections, pais dans le recueil même de ces objections.

Si on nous demande actuellement d'où viennent celles que nous avons consignées dans notre ouvrage, il n'est pas disficile de répondre; car, hélas i ces objections se trouvent parlout: elles sont dans les livres, au milieu des places publiques, à l'atelier, à l'école, au milieu des champs, dans les maisons particulières, au cæur de chacun, partout, avons-nous dil avec raison; ei si on nous demande encore qui les a ainsi semées, en quelque sorle, partout, il n'est pas plus difficile de répondre : "Ce mensonge — car toute objection faile sérieusement contre la religion est un mensonge - Ce mensonge, dis-je, opposé à la vérité, cette ivraie semée dans le champ du père de famille pour étouffer le bon grain, cela vient du démon évidemment. Jetée primitivement par lui dans le monde, cette mauvaise semence s'y est reproduite en tous lieux, tant par son activité infernale que par l'activité également diabolique de tous ceux qui font son cuvre sur la terre, je veux dire des mnéchants.

Que la première objection contre la religion soit sortie de l'enser et ait été apportée sur la lerre par le démon lui-même, c'est un fait acquis dans l'histoire, je ne dirai pas seulement du peuple de Dieu, mais de tous les peuples. Placés dans le Paradis terrestre, nos premiers parents vivaient heureux dans la soumission absolue aux volontés de Dieu, quand le démon s'offrit à la femme sous la figure du serpent : Pourquoi Dieu ne vous a-t-il pas permis, lui dit-il, de manger du fruit de tous les arbres du Paradis ? (Gen. 111, 1 seq.) La femme répondit : Nous pouvons manger de tous, à l'exception du fruit de l'arbre qui est au milieu du Paradis, dont nousne pouvons manger ei auquel même nous ne pouvons toucher, de peur de mourir. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; car Dieu sait qu'au jour même vous mnangerez de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme se laissa séduire, elle a désobéi, elle a porté ensuite son mari à désobéir comme elle, et, en se révoltant ainsi l'un et l'autre contre Dieu, ils se sont perdus, et ont perdu avec eux le genre humain tout entier.

Il y a dans cette première objection élevée contre la religion, c'est-à-dire dans cette première tentative faite par l'esprit du mal pour soulever contre Dieu les intelligences soumises à sa volonté, les différents traits qui caractérisent la plupart de celles qui l'ont suivie. Elle fait appel à l'indépendance : Vous serez comme des dieur, dit le serpeni, connaissant le bien et le mal : « Erilis sicut dii, scientes bonum et malum. » Quoiqu'elle cherche à tromper par l'appât de l'indépendance, elle ne néglige pas cependant les séductions de la chair. Aussi est-ce à la femme que le serpent s'adresse. Dixit autem serpens ad mulierem. Mais considérez surtout, je vous prie, la marche et l'action directe de l'objection. La voyez-vous sous la forme si expressive du serpent? Elle s'avance par détours et sans bruit. Repoussée d'abord, elle vient à plusieurs reprises ; et elle finit par déposer en vous son poison mortel, à moins que nous ne soyons assez heureux pour l'écraser, ce que nous ne pouvons faire que par la puissance même de la vérité, avec l'aide duVerbe fait chair dans les chastes entrailles de celle à qui Dieu a promis qu'elle écraserait la tête du serpent trompeur Ipsa conteret caput tuum.

Et ce n'est pas seulement par sa puissance intrinsèque, par l'effet de ses graces, que la Vérité même, le verbe de Dieu combat les objections élevées par l'esprit du mal contre sa religion. Pour nous assister, dans celte lutte, d'une manièra plus conforme à nos besoins, il a bien voulu prendre notre nature et parler notre langage. Voyez-le pendant le cours de sa vie mortelle : Comme il accueille tous les hommes avec bonió i Comine il répond på tiemment à loutes les objections qu'on lui adresse ! Vous diriez un bon père, une tendre mère, s'entretenant familièremeni avec ses enfants.

Un jour, les saducéens, qui nient la résurrection, le vinrent trouver et l' nterrogèrent en ces termes : Maitre, Moise a ordonné que si quelqu'un mourait sans enfants, son frère épousdt sa femme, et suscitat des enfants à son frère. Or, il s'est rencontré sept frères parmi nous dont le premier, ayant épousé une femme, est mort; et, n'en ayant point eu d'enfants, il l'a laissée à son frère. Il en fut de même du second et du troisième, jusqu'au septième. Enfin, tous étant morts, la femme mourut aussi. Lors donc que la résurrection arrivera, duquel de ces sept sera-t-elle femme? Car tous les sept l'ont épousée. Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, et vous ne camprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. Car, au temps de la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de muris; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ces paroles que Dieu a dites ? Je suis le Dieu d'Abraham. le Dieu d'Isaac, el le Dieu de Jacob : Or Dieu n'est point le Dieu des moris, mais des vivants. Le peuple ele tendant ceci était dans l'adiniralion de sa doctrine.

Mais les pharisiens, ayant appris qu'il avait fermé la bouche aux saducéens, s'assemblerent; et l'un deux, qui était docteur loi, le tenta, el lui faisant celle question : Maitre, quel est le grand commandement de Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur votre

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