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venu territorial est porté à 19, 419,000 f. on a parlé dans un article séparé. Dans

Le département possède divers éta- cet arrondissement se trouvent Courville, blissements industriels qui ne doivent bourg près duquel est le château gothipas être passés sous silence. On y re- que de Villebon où mourut Sully; Épermarque un haut-fourneau et quatre for- non, petite ville qui fut érigée en duchéges, une fonderie en fer et en cuivre pairie par Henri III en faveur de Jean de avec fabrication de poterie en fonte, une Nogaret de la Valette, l'un de ses favoris fabrique de papier mécanique, plu- (voy. ÉPERNON); Maintenon, qui possède sieurs filatures de coton et fabriques de encore le superbe château bâti pour cette tissus de laine, une fabrique de sucre de célèbre veuve Scarron dont Louis XIV betterave et des tanneries importantes. fit son épouse ; 2° Châteaudun, petite Ces produits, ainsi que ceux du sol, don ville située près du Loir, avec 6,500 hanent lieu à un commerce assez étendu, bitants, dont l'intelligence vive et prompte dont les grains et les bestiaux forment la est devenue proverbiale dans ces conbase. Il se tient dans le département plu- trées ; 3o Dreux, sur la Blaise, avec ensieurs marchés considérables. Il n'est viron 6,000 habitants ( voy, comtes de pas rare de voir vendre sur celui de Dreux). Dans le même arrondissement Chartres, en un seul jour, jusqu'à 10,000 est Anet, joli bourg de 1,500 habitants, quintaux de blé. Des femmes organisées célèbre par le château que Henri II y en corporation depuis des siècles sont fit construire pour Diane de Poitiers, et seules chargées, moyennant un léger sa- dont une aile seulement a pu échapper laire, de recevoir le grain vendu, de vi- aux ravages de la révolution; 4° Noder le sac dans la mesure et d'en comp- gent-le-Rotrou, ville ancienne située sur ter le prix au vendeur, opération qui l’Huisnes ou Huigne, avec près de 7,000 s'effectue ainsi avec le plus grand ordre habitants. et sans que jamais le moindre soupçon Le département d'Eure-et-Loir enatlaque la probité de ces femmes, recon- voie à la Chambre 4 députés, qui sont nue intacte. Les volailles qu'engraissent nommés par 2,107 électeurs ; 28,167 les habitants, et les pâtés de Chartres, citoyens ont été appelés en 1834 à comqui doivent surtout leur renommée à l’oi- poser les assemblées municipales; en seau appelé le pluvier-guignard et dont 1832, on comptait 145,331 cotes foola chair est très délicate, forment égale- cières, et 56,053 individus inscrits ment un article de commerce intéressant. sur les contrôles de la garde nationale, Il y a 99 foires occupant 135 journées. dont 34,184 sur le contrôle de service Le département est traversé par 8 routes ordinaire; le contingent annuel pour royales, 18 routes departementales et l'armée est de 569 jeunes soldats. Le 8,188 chemins vicinaux dont le parcours département a payé à l'état en 1831, en total est de 8,208 kilomèires.

impôts divers , 9,363,627 fr. 81 cent., La population est, d'après le recense- et il n'en a reçu, par l'intermédiaire des ment officiel de 1836, de 285,058 habi- divers départements ministériels, que tants, dont 137,755 hommes et 147,303 3,920,417 fr. 83 cent., ce qui établità femmes, chiffre qui présente un excé- sa charge un excédant de près de 5 mildant de 6,238 individus sur le recense- lions et demi pour les dépenses génément de 1831. Le mouvement de la rales du pays. Il appartient à la prepopulation a offert en 1835 les résultats mière division militaire, dont le chefsuivants : naissances, 7,376, dont 3,827 lieu est à Paris; il forme un diocèse garçons et 3,549 filles; sur ce nombre, épiscopal dont le siège est à Chartres; 557 enfants naturels. Décès, 7,081, dont dépend, pour la justice, de la Cour 3,564 hommes et 3,517 femmes. Cette royale, et, pour l'instruction publique, population est répartie entre quatre ar- de l'Académie universitaire de Paris. rondissements administratifs, 24 cantons On compte dans ce département trois et 451 communes; les chefs-lieux d'ar colleges; il y a à Chartres une école norrondissement sont: 1° Chartres, qui est male et une sociéte d'agriculture; le aussi chef-lieu du département, ei dont nombre des écoles primaires est de 482,

qui sont fréquentées par 25,179 élèves, cher servilement sur les traces de seg dont 13,802 garçons; le rapport des prédécesseurs; il affectait même de traielèves à la population est 1 sur 12 ha- ter différemment les sujets qu'ils avaient bitants, et celui des condamnés 1 sur déjà mis sur la scène; il adoptait des tra5,451.

P. A. D. ditions opposées et moins généralement EURIPIDE, le plus jeune des trois connues. La crainte de paraitre imiter tragiques grecs, naquit à Salamine la Sophocle le força plus d'une fois de repremière année de la 75€ olympiade courir à des moyens que ce grand tragi480 ans av. J.-C.), le jour même où les que avait heureusement banpis de la Grecs remportèrent sur les Perses la cé- scène. Enfin les études préliminaires lebre victoire qui porte le nom de cette d'Euripide, les leçons de Prodicus et le. Son père se nommait Mnésarque et d’Anaxagore, sans doute aussi sa liaison u mère Clito; le poète comique Aristo- avec Socrate, qui, bien que plus jeune phane prétend que celle-ci était une que lui de 13 ans, devait néanmoins exermarchande d'herbes, mais l'on ne saurait cer sur sa manière de voir un certain ajouter entièrement foi à une semblable ascendant, contribuèrent évidemment à aatorité. Quoi qu'il en soit, le père d'Eu- donner à ses compositions quelques-uns ripide, ayant consulté l'oracle sur la des- des mérites et quelques-uns des défauts tinée de son fils, en reçut une réponse que l'on s'accorde à y trouver. Les anqui lui fit croire qu'il devait être élevé ciens auteurs qui nous ont transmis des en athlète pour obtenir des couronnes détails sur la vie d'Euripide ne sont pas dans les jeux publics de la Grèce. Le d'accord sur le nombre des pièces qu'il a jeane Euripide remporta en effet le prix composées : Varron en compte 75, Thoaux fêtes d'Éleusis et à celles de Thésée; mas Magister 92. De toutes ces pièces, il mais il ne fut pas admis, à cause de son nous reste 18 tragédies complètes, un ige, à concourir aux jeux olympiques. Il drame satyrique et des fragments pen quitta bientôt cette carrière peu con- étendus ou simplement les titres de 57 forme à ses goûts : il étudia quelque autres. Des 18 tragédies, les plus estitemps la peinture, puis il s'attacha au mées, sous le rapport de la conduite da sophiste Prodicus et au philosophe drame et de la peinture des caractères, Anaxagore; enfin il s'adonna à la poésie sont: Médée, les Phéniciennes, on la dramatique qui devait l'immortaliser.

mort d'Étéocle et de Polysice; HippoIl avait 25 ans lorsqu'il disputa pour lyte, Iphigénie en Aulide. Les autres la première fois le prix de la tragédie ; il offrent toutes des scènes d'un grand ind'obtint que la troisième place. Quoiqu'il térêt ou des passages d'une noble poésie, fàt contemporain de Sophocle, qui n'a- mais elles pèchent plus ou moins sous le ait que 17 ans de plus que lui, Euripide rapport de la vraisemblance ou sous De trouva pas chez les citoyens d'Athènes celui de la composition générale, ce sont : qui assistaient à ses pièces les mêmes Hécube, Oreste, Alceste, Andromaque, dispositions, le même esprit, qui avaient les Suppliantes : cette dernière tragédie favorisé les succès de Sophocle. L'accrois est ainsi pommée des femmes argiennes sement des richesses, conséquence des qui viennent demander la protection de victoires et des expéditions heureuses Thésée pour ensevelir les guerriers d'Arque la république avait dues à sa marine, gos morts au siége de Thèbes; Iphigénie l'exercice d'un pouvoir sans contrôle par en Tauride , les Troyennes, ou la mort l'assemblée des citoyens, les flatteries des d’Astyanax; les Bacchantes, ou la mort orateurs et des démagogues, les discus- de Penthée; les Héraclides, Hélène , sions subtiles des rhéteurs et des sophis- lon, Hercule furieux, Électre, et Rhéits, toutes ces circonstances réunies sus ; mais celle-ci, dont le sujet est tiré avaient nécessairement influé sur le goût du dixième livre de l'Iliade, ne parait des Athéniens et devaient, sinon obliger, pas être d'Euripide. Le drame satyrique du moins entrainer le poète a le satisfaire l est inulé le Cyclope; il a pour sujet les d'une manière différente. D'un autre aventures d'Ulysse dans la caverne de cóté , Euripide ne se souciait pas de mar- | Polyphème : c'est le seul échantillon qui

18 Encyclop. d. G. d. M. Tome X

nous soit resté de ce genre de composi- | ceux-là l'ont considéré moins comme un tion burlesque qui accompagnait la re- auteur dramatique que comme un mora présentation des tragédies. Parmi les liste, un rhéteur, un habile écrivain : fragments, le plus remarquable est celui aussi est-il mis par Quintilien au niveau, de Phaéton, qui se compose de près de si ce n'est au-dessus, de Sophocle. Mais 120 vers, et qui a été découvert en 1818 les critiques modernes, en particulier dans un manuscrit des Épitres de saint ceux de notre siècle, le trouvent bien Paul qui se trouve à la Bibliothèque | inférieur à ce grand poète tragique et lui royale de Paris.

reprochent d'avoir précipité l'art vers sa La carrière dramatique d'Euripide ne décadence. Le principal mérite d'Eurifut pas semée de beaucoup de succès; car, pide, comme auteur dramatique, vient du au rapport de Varron et de Suidas, il ne talent avec lequel il sait émouvoir les fut couronné que cinq fois. Il fut aussi spectateurs; il sentait bien que c'était fréquemment en bulte aux railleries d’A- par là qu'il pourrait donner à ses pièces ristophane, qui parodiait ses vers et tour- un cachet particulier : aussi a-t-il connait sa personne en ridicule (voy. Aris-centré vers ce but tous ses efforts. Il a TOPHANE, T. II, p. 259-60). Cependant, excellé dans les caractères qui supposent si l'on en croit Plutarque, cela n'empêcha le dévouement et la résignation, comme pas qu'il ne fût un poète populaire et ceux de Polyxène, d'Alceste, d'Iphigénie, que plusieurs passages de ses pièces de de Macarie; il a donné à la peinture des fussent retenus par les spectateurs. En passions les couleurs les plus vives que effet, lors de la déroule des Athéniens lui fournissait son imagination; il a reen Sicile, plusieurs d'entre eux durent présenté avec plus d'énergie que ses preleur salut et leur liberté à l'avantage décesseurs les effets de l'amour, de la qu'ils eurent de pouvoir réciter aux Sici- jalousie, de la folie; mais en même temps liens des vers d'Euripide, et à leur retour il a sacrifié bien des sois la dignité de ses ils s'empressèrent de lui en témoigner personnages au désir d'inspirer pour eux leur reconnaissance.

de la pitié; ils s'abandonnent au désesEuripide ne fut pas heureux dans sa poir, ils se livrent à toute la fureur de famille: il épousa, dit-on, deux femmes, la vengeance, ils se croient les jouets simultanément suivant les uns, successi d'une divinité ennemie plutôt que les vement suivant les autres, et n'eut pas instruments d'une destinée jollexible

. lieu de se féliciter de cette double union. Tels sont sans doute les motifs pour lesDeux ou trois ans avant sa mort, qui eut quels Aristote appelle Euripide le plas lieu l'an 406 av. J.-C., dégoûté du séjour tragique des poètes; mais le grand criud'Athènes, il se retira auprès d'Arché- que ajoute aussitôt qu'il échoue ordinailaus, roi de Macédoine, qui le reçut avec rement dans la conduite de ses pièces. beaucoup de distinction et lui accorda En effet, il a substitué à l'unité du sujet toute sa confiance. On raconte qu'ayant celle du personnage principal de la traété mordu par les chiens de chasse de ce gédie; il a introduit, pour soutenir l'ipleprince, il succomba aux suites de ses rêt qui languissait, des épisodes qui sont blessures. La nouvelle de sa mort fut un trop étrangers à l'action; il fait débiler, sujet de deuil pour les Athéniens; So- dans des moments peu opportuds, des phocle fit paraitre ses acteurs sans cou- récits d'une longueur démesurée, où il ronnes sur la scène. On réciama auprès déploie une grande richesse de poésie d'Archélaūs le corps du poète, et sur son descriptive; il se permet souvent des direfus on éleva à Euripide un cenotaphe gressions où il énonce ses opinions par qui portait cette inscription : « La Grèce la bouche de ses personnages; il fait des « entière est pleine de sa gloire ; mais ses allusions trop directes à des événements a os sont en Macédoine, où il a termine qui ont eu lieu peu de temps avant la « ses jours. » Le jugement que les anciens ont porté de ses cheurs sont rarement liés à la

composition de ses pièces. Les chants sur Euripide lui est en général plus favo- marche de l'action, de manière à entrerable que celui des modernes, parce que tenir l'effet produit par les scènes pré

cédentes ou à préparer les esprits aux travail a été complété par M. Prévost, de catastrophes qui vont suivre. On lui re- | Genève

, dont la traduction (Paris, 1782proche d'avoir fait trop facilement usage 97, 4 vol. in-12) est aussi élégante que do merveilleux, de l'intervention di- fidèle; mais elle ne contient que 12 recte de quelque divinité pour amener pièces. Geoffroy a traduit aussi avec le dénouement de ses drames. Enfin le talent l'Hippolyte et l'Iphigénie en Aumoyen dont il se sert pour l'exposition de lide.

L. V-R. son sujet , ces prologues mis dans la bou- EUROPE (mythologie), fille d'Agé cbe d’uo dieu ou d'un personnage étran- por et de Téléphassa , qu’Agenor avait ger à l'action, moyen qui tenait à l'en épousée en Europe (Apollod., I. 1); d'aufance de l'art, et auquel Eschyle et $o- tres disent d'Argiope, fille du Nil(Hygio., phocle avaient déjà renoncé dans plu- Fab., 178 ); d'autres enfin lui donnent sieurs de leurs pièces, devait affaiblir pour père Phoenix, fils d’Agénor (Hom., beaucoup la vraisemblance et l'intérêt. 11., XIV, 321) et pour mère Périmède, Le style d'Euripide est remarquable par fille d'OEnée (Pausan., VII, 4). Sa gésa clarté, par sa pureté, par l'absence de néalogie, comme on le voil, n'est pas toute expression hardie ou recherchée; beaucoup mieux établie que celle de dans le dialogue il est simple et naturel; Cadmus (voy.), son prétendu frère. On dans les récits, dans les discours soute- s'accorde pourtant à la regarder comme mus, il admet les ornements poétiques et la fille du roi de Phénicie. ne manque point d'élévation; cependant Un jour qu'Europe jouait sur le bord les poètes comiques y ont relevé des an- de la mer avec les jeunes filles de Tyr, tithèses et des jeux de mots, et ils se sont ses compagnes, elle remarqua parmi les plu à parodier ses tautologies et ses pléo- troupeaux du roi un taureau blanc comnasmes un peu trop fréquents.

me la neige, doux, gracieux, tout diffé La première édition complète d'Euri- rent des autres taureaux. Elle s'approche pide (celle de Lascaris renfermait seu- d'abord craintive, puis s'enhardit par lement quatre tragédies) est celle des degrés, caresse l'animal de la main , enAldes, Venise, 1503, 2 vol. in-8°; par- lace ses cornes de guirlandes de fleurs; mi les éditions plus récentes , les meil- enfin , trop confiante, elle s'assied sur sa leares sont celles de Musgrave, Oxford, croupe docile. Tout à coup le taureau se 1778,4 vol. in-4°; de Morus et de Beck, précipite à la mer, emporte en pageant Leipzig, 1778-1788, 3 vol. in-4°; de la belle Europe, et ne s'arrêle qu'aux riMatthiæ, Leipzig, 1813-29, 9 vol. in- vages de Crète, où il dépose son doux far80; de Boissonade, Paris, 1825-1827, deau sous les platanes du fleuve Léthé*. 6 vol. in-12. On estime aussi beaucoup Sais-tu , jeune fille, quels flancs tu as les éditions partielles des Phéniciennes « pressés (Ovide)?» — Ce taureau, jeune et de l'Hippolyte par Valckenaer, 1755 « fille, ressemble fort à Jupiter. Jamais et 1768; celles des Suppliantes et des « taureau des troupeaux du roi n'a traIphigénies, par Markland, Londres, « versé le vaste Océan (Anacreon). » 1763, 1771, 1778; celles de l'Hécube, Jupiter se révéla á sa belle captive dont de l'Oreste, des Phéniciennes et de la il eut trois fils, Minos, Rhadamante et Médée, par Porson, publiées à Londres, Sarpédon. Moschus (Idyll., 2) et Ovide de 1797 à 1801, et réimprimées avec (Métam. II) ont fait un récit gracieux de des potes par Schæfer, à Leipzig, 1822; cet enlèvement. Horace (Od., III, 27) celles des Heraclides et des Bacchantes, a exprimé de la manière la plus délicate par Elsmley, Londres, 1813 et 1821. Le et la plus touchante la douleur de la célèbre Valckenaer a réuni les fragments vierge abusée. Le poète ajoute que Vénus d'Euripide dans un mémoire intitulé: vint la consoler en lui disant : « Essuie Diatribe in Euripidis perditorum dra- tes pleurs, Europe; une partie du monmatum reliquias, Lugd. Bat., 1767, in-49. Les tragédies d'Euripide avaient

(*) Pagsanias (lib. ix) parle cependant d'un été traduites en partie par le Père Bru- litaire de Thèles, où, suivant une tradition, Ju

bourg nommé Teumesse, situé sur la route mimoy pour son Théâtre des Grecs : cepiter aurait caché Europe.

de portera ton nom. » Cette origine fa- , des enlèvements postérieurs de Médée et buleuse du nom de l'Europe ressemble d'Hélène, il y cherche la cause des anà celle qu'on a prêtée aux noms d'Asie et ciennes inimitiés de la Grèce et de l'Asie de Libye. La remarque est d'Hérodole (lib. I, c. 1). qui affirme (lib. IV, c. 45) que person- Une chose assez curieuse, c'est qu'Eune ne sait la véritable origine de ce mot. rope fut honorée en Crète sous le nom On a cru l'expliquer en disant que la d'Aellotis, et que sa fête s'appelait Helfille d’Agénor avait donné son nom à l’Eu- lotia. On a cherché vainement la racine rope à cause de l'extrême blancheur de de ces mots. Bochart s'est donné beauson teint; car, suivant la fable, Angélo, coup de peine pour les faire venir du fille de Jupiter et de Junon, avait dérobé phénicien, et veut qu'ils signifient louanle fard de sa mère pour lui en faire présent.ge, épithalame. L'Etymologicon magOn a dit même que le mot Europe signi- num les fait aussi venir d'un mot phénifiait blancheur; mais nous ne saurions cien vierge, ou du verbe grecesīv, prendire en quelle langue. Europe est un mot dre, emporter. Ce qu'il y a de certain, grec qui sigoifie peut-être aux grands c'est que Minerve portait le même nom. yeux (supò, ).

Qui sait si les Grecs n'ont pas fait Toutefois, il est certain qu'Europe et ici une confusion? D'après l'abbé Banier l'Europe se confondent dans les idées (Mythol., t. VI), les Sidoniens confonmythologiques. On rapporte qu'Agénor daient le culte d'Europe et celui d'Asenvoya ses trois fils, Cadmus, Phænix et tarté.

J. C. D-B-s. Cilix, à la recherche de leur seur, avec EUROPE, une des cinq parties du défense de revenir sans elle. Après de monde, disent les traités de géographie, longs et infructueux voyages, ils se sé- et en effet la plus considérable de toutes parèrent. Phænix et Cilix, renonçant au les parties du monde, si on la considère but de l'entreprise, s'arrêtèrent en Asie. sous le rapport de son action et de ses Cadmus passa dans la presqu'ile de Sa- invasions sur toutes les autres. La moitié mothrace avec Téléphassa, sa mère; puis, de l’Asie au nord, sa plus riche péninarrivé à Delphes, il y consulta l'oracle. sule à l'ouest, ne sont que la continuaL'oracle lui répondit qu'il ne se mit plus tion de deux états d'Europe. La presen peine d'Europe, mais qu'il songeât à qu'ile de l'Indoustan et sa nombreuse s'établir. Le dieu avait raison : Cadmus population, les îles de l'archipel Malais, n'avait-il pas trouvé l'Europe qu'il cher- les plus précieuses pour leurs produits, chail? Europe épousa dans la suite le roi sont aussi des dépendances de gouver. de Crète, qui s'appelait, suivant les uns nements européens. L'Australie n'offre Astérion (le roi des astres), suivant les en populations agglomerées que des Euautres Xanthus, ou autrement encore ropéens. Les archipels de la Polynésie, (August. , De Civit. Dei , XVIII, 12); sans cesse visités par des vaisseaux eur elle eut de ce prince un quatrième fils, ou ropéens, reçoivent les denrées d'Europe, même les trois premiers. Ajouterons-nous les dogmes religieux d'Europe, les arts que, suivant certaines interprétations, d'Europe, et avec eux ses fléaux et ses les ravisseurs d'Europe seraient des mar- vices. Les populations européennes sont chands crétois , Jupiter le roi de Crète, répandues sur toutes les côtes d'Afrique, le taureau blanc une image peinte sur la qu'elles assiégent de toutes parts et où proue d’un navire? que, suivant d'autres elles commencent à former des états puis(Diodore ), le taureau serait un capitaine sants. Les nations d'Europe, qui n'ont nommé Taurus, qui aurait eu trois fils découvert le Nouveau-Monde que ded'Europe avant qu'Astérion l'épousât? puis trois siècles, le peuplent du nord au Hérodote raconte simplement que des sud, y forment de grandes puissances, Grecs, que des Crétois, enlevèrent la fille et en ont presque entièrement dépossédé du roi de Phénicie, pour venger l'enlè- les anciens habitants. Ainsi l'Europe se vement d'Io, fille d'Inachus, ravie

par verse sans cesse sur toutes les parties du des Phéniciens sur les côtes de l'Argo- monde et les attire toutes vers elle. Le lide; et rapprochant ces premiers rapis globe considéré comme habitation de

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