Sayfadaki görseller
PDF
ePub

un fait qu'il importe de signaler. Mme du un bonheur sans partage; car Mme du Deffand se fit délivrer, en 1758, une Desfand lui imposa le joug d'une assiduité expédition de l'acte de naissance, dans perpétuelle et fastidieuse. Cependant lequel l'enfant était inscrit sous le noin M'le de l'Espinasse dérobait une heure de Julie-Jeanne - Éléonore, fille légitimne par jour à son esclavage pour recevoir du sieur Claude de l'Espinasse, domicilie ses amis personnels, d'Alembert, Targot

, à Lyon, paroisse Saint-Paul, et de Julie et Marmontel, qui faisaient partie de la Navarre, son épouse; l'acle n'était point société de la marquise. On avait soin d'ensigné du père, par motif d'absence. Tout tourer le petit comité des ombres du myspermet de douter de l'authenticité de cet tère, pour ne pas froisser sa jalousie; acte; l'illégitimité de la naissance de mais l'indiscret empressement de ces Mlle de l'Espinasse et toutes les circon- messieurs, qui souvent oubliaient l'heure stances accessoires étaient un fait connu de la retraite, trahit enfin le secret. La dans Lyon de notoriété publique. marquise, outrée de colère, accusa sa

Après la mort de sa mère, Julie de protégée de lui enlever ses amis, et dél'Espinasse fut recueillie par M. et Mme de clara ne plus vouloir « nourrir un serVichy-Chamrond, et resta près d'eux, pent dans son sein.» A part la découverte pendant quatre années, en qualité de du comité secret, Mme du Deffand, gouvernante de leurs enfants. En 1752, vieille et aveugle, ne pouvait, malgré l'ala marquise du Desfand, née Vichy- mabilité qu'elle avait su conserver, souChamrond, belle-sæur de Mme d’Albon, tenir la comparaison avec une femme vint passer quelque temps à la terre de jeune et spirituelle; elle ne put dissimuVichy: ce fut là que commença sa liai- ler son dépit. M'le de l’Espinasse s'en son avec Mlle de l'Espinasse. La mar- aperçut; mais obligée de se contraindre quise, déjà séparée du monde, menacée par sa position, elle supporta longtemps de cécité, rongée d'ennui, prévoyant l'a- les amers reproches de la marquise. A la bandon absolu qui se préparait pour fin, elle conçut un vif dégoût de la vie et elle, avait conçu le projet de s'attacher la pensée d'en finir par le poison, projet une jeune personne qui voulut vivre avec qu'elle voulut exécuter, mais qui échoua, elle et lui rendre supportable un si pé- grâces à la trop forte dose d'opium qu'elle nible avenir. De son côté, Mile de l'Es- avait prise. Enfin les fouds provenant de pinasse, mécontente du peu d'égards de la succession de sa mère et une gratifises hôtes, avait, avant l'arrivée de la cation annuelle que le duc de Choiseul marquise, formé le projet de quitter lui avait obtenue du roi, l'ayant placée cette famille, de se retirer à Lyon dans dans une honnête indépendance, elle se une communauté, avec le petit revenu sépara de la marquise en 1764. On l'a de 300 francs que lui avait laissé sa accusée de s'être lancée parmi les encymère. Mme du Desfand lui proposa de clopédistes pour s'en faire un appui et venir habiter avec elle, « dans l'espoir de donner des détracteurs à Mme du Def« trouver dans cette jeune femme, pleine fand, de lui avoir suscité mille tracasseries « d'esprit et de vivacité, une ressource qui annonçaient un mauvais cæur; mais a contre le double malheur d'être plongée si le caractère capricieux de la marquise « dans un cachot éternel et d'être en proie ne trouva pas dans elle toutes les prévea à l'horrible maladie de l'ennui. » Lettre nances qu'elle en attendait, il est certain à la duchesse de Luynes.)

que la préférence marquée qu'obtenait M"le de l’Espinasse quitta Chamrond sur elle M'le de l'Espinasse fut la source en octobre 1752, lorsque Mme du Der- de leur brusque rupture. Voy. Du Derfand y était encore. De cette époque date FAND, D'ALEMBERT, etc. le commerce épistolaire qui s'établit Cette séparation ne plaça point M'e de entre elles. Arrivée à Paris en mai 1754, l’Espinasse dans l'isolement. Tous les dle entra dans la communauté des dames amis de la marquise, le président HéSaint-Joseph, rue Saint-Dominique, où nault lui-même, le plus ancien et le plus la marquise avait fixé sa demeure depuis intime de tous, se déclarèrent pour elle. son retour à Paris. Elle n'y trouva pas | La duchesse de Luynes lui meubla son nouveau logement; les cercles les plus à la mode dans les salons, dont ils mardistingués de Paris envièrent le plaisir quent l'ennui et la stérilité, lui acquide la recevoir; Mae Geoffrin la distin- rent un tel empire qu'elle réglait les lètes gua au point de ve recevoir qu'elle de les plus fortes; les Condillac, les Turfemme à ses diners de gens de lettres. got ne pouvaient s'y soustraire, et d’ABientôt sa maison devint le rendez-vous lembert fut souvent auprès d'elle comme d'une société choisie. Sans fortune ni nais: un enfant simple et docile. Elle était douée, sance, elle réunissait tous les soirs, de en outre, du rare talent de faire valoir 5a 9 heures, des hommes appartenant aux l'esprit des autres, en ne s'élevant jamais sommités de tous les ordres de l'état. Si au-dessus de leur portée, et en s'oubliant le nom de d'Alembert les avait attirés, elle-même pour ne s'occuper que d'auelle eut la gloire de les avoir fixés près trui. Vivement sensible au ridicule, elle d'elle par sa manière de faire les hon- n'en donnait cependant à personne: la Deurs de sa maison, par celte politesse haine et la méchanceté lui furent toujours qui a le ton de l'intérêt et qui commandait étrangères; l'envie ne l'empêcha jamais la confiance dès la première visite. Si on de rendre justice au mérite des autres en excepte quelques amis comme d'A- femmes; la bienfaisance et le désintéreslembert, Marmontel, de Chastellux, etc., sement étaient ses vertus de prédilection. les personnages formant son comité n'é- Mlle de l'Espinasse a écrit en deux mots taient liés entre eux par aucune intimité; l'histoire entière de son cæur, en disant mais elle sut si bien les assortir que, une qu'elle ne vivait que pour aimer , et fois réunis, ils se trouvèrent rapprochés qu'elle n'aimait que pour vivre. Ce bepar une harmonie qu'elle eut l'air de soin d'ainier, né d'une sensibilité exaltée, faire naitre et de maintenir. Ce fu ce source pour elle de tourments plus que talisman qui attira dans ses salons Mably, de plaisirs, n'épuisa jamais cette sensiCondillac, le vicomte de La Rochefou- bilité : « il lui en restait, dit d'Alembert, cauld et autres qui honoraient la philo- une surabondance qu'elle eût jetée à la sophie et les lettres.

tête des passants, tant elle était tourPour expliquer cette sorte d'attraction mentée par le désir banal de plaire à magnétique qui rapprochait si étroite- tout le monde. » L'auteur de cet amer rement de M€ de l'Espinasse tout ce qui proche n'a accusé que la nature si richel'entourait, il suffit d'esquisser quelques- ment prodigue envers M'le de l'Espinasse. uns des traits caractéristiques de son es- Sa vie effective se partagea en trois épiprit et de son cœur. Elle ne dut pas cette sodes, par ses liaisons avec d'Alembert, merveilleuse influence à ses avantages le comte de Mora et le comte de Guipbysiques, qui se bornaient à un jeu de bert. Le premier, qui lui laissa prendre physionomie des plus expressifs, réunis- sur ses pensées et ses actions un empire maat tous les caractères de l'esprit, de la despotique, fut, dit le baron de Grimm, vivacité et de la douceur. Mais, en re- le plus amoureux des esclaves et le plus vanche, le tact rare et difficile des per- esclave des amoureux. Elle avait admiré tonnes et des convenances; l'art de la le génie de l'encyclopédiste, elle consacra conversation que personne ne sut porter huit années de sa vie et toutes ses affecå un plus haut degré, surtout avec moins tions à un jeune seigneur espagnol, quoide prétention; la facilité avec laquelle que, de son aveu, il ne méritât aucune elle en variait le sujet, en passant du ba-estime et n'eût de valeur que par ses dosage aux plus sévères questions de la avantages physiques. Enfin les talents miphilosophie, du langage austère de la litaires et littéraires de Guibert fixèrent métaphysique au ton léger des nouvelles son attention, quoique jamais elle n'ait da boudoir; la souplesse de son esprit été payée de retour. qui se pliait à tout, parce que tout lui plai- Depuis le décès du comte de Mora, sait et que rien n'en dépassait la poriée; la santé de Mile de l’Espinasse, déjà si selle fécondité qui lui permettait de sou-frèle, et altérée par les commotions vives tenir sans vide une conversation de qua- et profondes de son âme, s'affaiblit joustre beures, et sans recourir aux fadaises nellement. Dans la dernière année de sa

vie, elle ne vit plus que ses amis inti-, tres, publiées plus de 30 ans après qu'elmes. Tous étaient réunis dans sa cham-les avaient été écrites, portent l'empreinte bre la nuit de sa mort. Pendant trois indélébile de son esprit et de son cæur. jours elle avait été plongée dans un as- En raison de la vigneur et du mouvement soupissement complet, d'où elle ne sor- des idées, de l'inimitable caractère du tit qu'au moyen d'une préparation stimu: style, de savants lillérateurs ont placé lante, en s'écriant: « Est-ce que je vis l'auteur au rang de MM's de Sévigné et « encore? » Ce furent ses dernières pa- de Maintenon. Sous le rapport du crrur, roles: elle expira le 23 mai 1776, âgée on reconnait, avec Marmontel, l'âme la de 42 ans. On ne sait rien de positif sur plus ardente, une imagination volcanique. son testament: ce qu'en rapporte Mme du On aimerait mieux un peu plus de réDeffand n'a d'autre but que le ridicule; serve , un peu moins de cette hardiesse ce que dit Grimm au sujet des dettes avec laquelle l'auteur essaie de justifier qu'elle légua à payer à l'archevêque de l'excès de ses passions par leur violence Toulouse n'est pas probable : sa pension mème. Ces lettres tracent un tableau royale, celle de 3,000 francs, que depuis animé des anecdotes de l'époque, et donplusieurs années lui faisait Mne Geof- nent des notices intéressantes sur les perfrin, la simplicité de ses goûts, dé- sonnages distingués, les célébrites littéfendent de croire qu'elle ait légué à ses raires avec lesquelles elle était en relaamis des conditions onéreuses.

tion. Elie écrivit ses Nouvelles Lettres peu Si on ne peut pas dire de Mile de de temps avant sa mort. Ce manuscrit, l’Espinasse qu'elle fùt savadle, au moins resté inachevé, est adressé à Mme Suard, elle était instruite sans paraitre le savoir une de ses amies. Les fragments d'un ni désirer qu'on le remarquat. Elle pos- Voyage sentimental n'ajoutent rien à son sédait plusieurs langues, et plus que per- mérite: c'est un tribut d'admiration et de sonne le don précieux du mot propre. reconnaissance pour le plaisir que lui proEnnemie du style prétentieux, du néolo- curait la lecture de l'ouvrage de Sterne, gisme et de la ridicule manie des bons qu'elle aimail de prédilection. L. D. C. mots, elle ne disait que des choses sim- ESPION, ESPIONNAGE. Les mauvaiples, quoique jamais d'une manière com- ses passions des uns engendrent la démune. Elle marquait de l'aversion pour fiance chez les autres, et de la défiance les vers galants du cardinal de Bernis, est né le besoin de surveiller ceux qu'on de Doral, et autres poètes de celle école, redoutait et d'épier ou de faire épier ce mépris dont ce dernier se vengea dans qui se passait chez eux. L'espionnage sa pièce inédite des Prôneurs , dans la- s'établit d'abord entre les individus, enquelle d'Alembert et son amie rem- tre les familles; le principe de conservaplissaient les premiers róles. En revan- tion l'introduisit aussi dans les sociétés. che, elle savait par cæur Racine, Voltaire, Les chefs eurent bientôt des espions, à J.-J. Rousseau, Richardson; elle était l'intérieur comme à l'extérieur, pour enthousiaste des cuvres de Sterne, et veiller aux intérêts de la communauté fit à Paris la réputation du Voyage sen- qu'ils dirigeaient. La guerre, la police, timental de cet auteur. Par modestie et donnèrent à l'espionnage une espèce mehance d'elle-même, elle s'abstint de d'organisation politique. Déjà du temps produire quelque ouvrage de nature à des patriarches d'Israël, nous voyons être publié, excepté un traité des syno- Joseph, devenu ministre du Pharaon, pymes qui a été égaré, une apologie de retenir ses frères sous le prétexte qu'ils ses défauts et en particulier de son en- sont des espions. On connait la répatrainement vers l'enthousiasme, adressé gnance que certains héros manifesteau comte de Guibert, avec injonction rent de recourir à la trahison et le chad'en garder le secret et de ne pas en pren-liment qu'ils infligèrent à ceux qui leur tre copie.

proposaient de livrer leurs maitres ou On a de M'le de l'Espinasse ses Lee- leur pays; mais cette répugnance ne tres, ses Nouvelles Lettres, et deux cha- s'appliquait peut-être pas également à pitres d'un Voyage sentimental. Ses let- l'espionnage, c'est-à-dire aux moyens à

sployer pour découvrir les forces ou la est dit : « La famille vit parmi nous position de l'ennemi. Alfred-le-Grand sous la protection d'une renommée de be dedaigna pas d'aller lui-même dans le vertu que la magistrature tremble de suscap de ses ennemis, avec l'habit et la pecter : la famille est un répertoire de barpe d'un barde, saisir les secrets qui le crimes, un arsenal d’infamie !... L'hyfrent remonter sur le trône d’Angle- pocrisie des fausses caresses qui s'y proterte.

diguent a passé dans le style des songesL'homme qui a pris part à un acte creux. Dans une famille de 20

personnes, coupable ou qui en a seulement été lé- la police devrait poser 40 espions. noin ou dépositaire peut, dans la crainte C'est sous ce même Sartine que la mal'étre puni ou dans l'espoir d'une rému- chine de la police commença à fonctionner teration, ou pour accomplir un devoir avec régularité: il y avait sous sa lieutede conscience, se faire délateur en révé- nance des espions qui suivaient la cour, lant le crime dont il a eu connaissance; et que devait entretenir le prévòt de l'hòBus si cet homme n'a pu acquérir cette tel; les espions politiques, qui étaient cuacaissance que par des rapports em- employés par le ministre des affaires presses et hypocrites avec les personnes étrangères, devaient soigneusement l'inqu'il denonce et dans le but de découvrir former de tous les étrangers de marque leurs secrets, s'il avait mission de parti- venant à Paris et en sortant, ainsi que des aper à leurs actes pour en rendre motifs de leur voyage et de leur concosple, c'était alors un espion. Toute duite pendant leur résidence. On trouve spece de police, la haute politique, la dans l'état des dépenses annuelles de la diplomatie,marchententourées d'espions, police sous les lieutenants généraux que salgré l'infamie qui se rattache aux mi- celle de l'espionnage montait à 20,000 serables agents dont elles achètent les livres seulement. Cette somme était cerservices, agents toujours méprisés, dés- tainement modique, mais le lieutenant svogés de ceux qui les emploient et pu- de police avait à donner des places et tis lorsqu'ils sont découverts, et qui trop des récompenses; il avait le droit de présoasent, pour gagner leur vil salaire, lever des rétributions sur les académies poussent au crime la malheureuse victime de jeux, il pouvail obliger et punir, ce qu'ils doivent saisir. Strada, historien du qui le metlait à même de satisfaire tous ivu' siecle, les appelle les oreilles et les les espions qu'il employait. reas de ceux qui gouvernent. L'astuce et Notre société actuelle, en reprenant la dissimulation étant leurs premières dans son sein les malheureux envoyés qualités, il n'est pas étonnant qu'ils ser- par forme de punition à l'école du crime tent quelquefois avec la même habileté et flétris par la marque indélébile que ce les partis les plus opposés : on les nomme séjour et le fer du bourreau leur ont alors espions doubles.

imprimée, oblige la police à s'environner Dans les armées, ils furent souvent d'espions, choisis parmi ceux-là même utiles; ils y sont indispensables pour dont elle redoute les projets criminels. éviter les embuscades et les surprises. C'est ce qui explique l'importance qu'un Autrefois, et jusqu'à la fin du siècle der magistrat, chargé de la police de Paris, tier, on jugeait et luait les espions enne-attachais à la conservalion d'un agent mis en vertu d'anciennes traditions; ils trop fameux aujourd'hui pour qu'il soit étaient pour ainsi dire hors la loi, et les nécessaire de le désigner par son nom, généraux livraient aux prévols ou en- a Il est dans les choses possibles, écrivaitvoyaient prévólalement à la mort les indi-il à un procureur du roi en 1816, que nidos suspectés d'espionnage. Eo France, quelque malfaiteur bien pervers, qu'il le Code pénal de 1793 est intervenu : aurait précédemment arrêté, ou ses amis kojoard bui les espions sont jugés par les et complices, aient voulu s'en venger en conseils permanents, sans que leur sort y cherchant à l'impliquer dans leur affairs u trouvé beaucoup d'amélioration. et priver la police de Paris d'un agest Oa frémit à la lecture d'un rapport dont le zèle, l'intelligence et l'activité ne attribué à M. de Sartine ( voy.) où il sont utiles. Comme il les connait, ainsi

[ocr errors]
[ocr errors]

que leurs habitudes, personne n'est plus cret, selon lui, se résumait en deux mots : redoutable pour eux. »

avouer toujours. On sait en effet quels services cet L'organisation de sa brigade de homme a pu rendre par sa manière relé remonte à 1812; elle fut d'abord adroite de s'emparer sans bruit de cri- composée de quatre agents, et s'augmenta minels décidés à faire payer leur arres-successivement. En 1823 et 1824, le nontation, en les prenant comme s'il se fût bre de ces li miers de la police s'éleva à 20 agi de voler un mouchoir. L'enlèvement, et même à 28, A cette époque, elle ne codà Sceaux, de l'assassin de la belle Nor- tait que 50,000 fr., M. Delavau ayant mande, en défiant ce scélérat de lui prou- permis à ses agents de tenir sur la voie ver qu'il n'a pas son chien, s'offrant publique un jeu de trou-madame, dont d'ailleurs de lui payer 12 francs pour sa le produit, du 20 juillet au 4 août 1823, journée, est un acte qui fait honneur à s'éleva à 4,364 fr. son habileté. Il ne fut pas moins heu- On s'est beaucoup occupé du personreux dans l'arrestation de Lézier, assas - nel de l'espionnage: le lieutenant de posin de son propre beau-père, cultivateur lice Berryer avait reconnu la nécesà Montreuil-aux-Pèches, en 1823. «L'as- sité de se servir de voleurs échappés sassin de votre beau-père est arrêté, lui des mains de la justice, et de les admetdit-il en entrant avec un autre agent qui tre au nombre des observateurs , espions le suivait. — Pas possible; qui est-il et recors; à la moindre prevarication de donc? – On n'en sait rien encore; mais ces agents, qu'on appelait alors échappés il vient d'être arrêté à l'instant même et de Bicétre, on les réintégrait en prison, il est chez M. le maire. Je viens vous où ils étaient forcés de rester aux caprier de prendre la peine de venir voir chots, de peur d'être massacrés comme si vous ne le reconnaitrez pas pour l'avoir traitres ou apostats par leurs anciens cavu rôder dans le pays. » En route, l'agent marades. Cette crainte rendit leurs serprincipal et son suivant donnèrent le vices plus actifs et moins chers. Mais, bras à l'assassin, qui, arrivé chez le maire, ainsi qu'on le dit dans les Mémoires tirés demandait à voir l'homme arrêté : pris des archives de la Police et publiés sous par la main et conduit devant une glace, le nom de Peuchet (1. II, pag. 128 1, le misérable apprit bientôt que c'était « entre le bas peuple et les subalternes lui.

de la police, il y a lutte continuelle. Ce Mais si ce Croquemitaine des voleurs sont des chiens mal appris qui sa isissent se fut trouvé chargé de faire espionner avec fureur l'occasion de se mordre.... d'honnêtes gens, nul doute qu'il n'eut La police n'apprendra pas à respecter été plus à craindre que les voleurs eux. l'ordre tant que ses surveillants seront mêmes, puisqu'il aurait pu, à l'aide de tirés du bagne et auront des revanches faux rapports et quelquefois de faux té- à prendre sur le tiers et le quart. Quand moins, compromettre la sûreté de ci- ces deux éléments de la lie nationale sont toyens paisibles, surtout ayant la manie en contact, ils entrent en fermentation. de toujours trouver un coupable de La police parait avoir aussi employé avec quelque manière que ce soit.

avantage des domestiques retirés du serLe même homme était d'une rare vice, de même que la police autrichienne adresse à s'emparer du secret des prison- tient à ses gages tous les laquais de place. niers et les amener à un aveu : tantôt il Les bons résultats qu'elle obtint de sa se faisait enfermer avec eux, pieds et surveillance et de ses rapports avec les poings liés comme un grand scélérat; cochers de voitures publiques, les lotantôt il leur assurait l'impunité ou la geurs, certains marchands, les maitresses gråce s'ils consentaient a tout avoner de maison, etc., firent tenter d'etablir à un magistrat; tantôt il leur iodiquait ces mêmes rapports avec les domestile moyen qu'il avait employé lui-même ques: M. Pasquier renouvela une ordonpour arriver à la place qu'il occupait, nance modifiee qui les forçait de recourur se donnant toujours comme bien plus aux livrets et de les faire viser à la precriminel qu'il n'a jamais été. Tout le se- feeture, chaque fois qu'ils sortiraient ou

« ÖncekiDevam »