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nombre d'essences qu'on peut extraire Les Esséniens, au nombre de 4,000 par expression des substances qui les seulement, n'habitaient guère que la Parenferment; il en est d'autres que l'on se lestine, dans la contrée solitaire de la côte procure au moyen de lits alternatifs de occidentale de la mer Morte. Ils formaient fleurs fraiches et de coton ouaté et trempé une société close où l'on n'était admis dans une huile grasse incolore et ino- qu'après certaines épreuves et un novidore, et dès que les fleurs ont perdu leur ciat de trois années. Ils avaient quatre deodeur, on les remplace par d'autres. On grés d'initiation. Comme les autres Juifs, distille ensuite le coton avec de l'eau, et ils s'abstenaient de toute liaison avec on obtient ainsi l'essence.

les incirconcis. Il n'y avait point d'esLes huiles essentielles varient beau- claves parmi enx, parce qu'ils regardaient coup par leurs propriétés physiques. l'esclavage comme impie et contraire à Quelques-unes sont colorées en jaune, la loi de la nature, qui a fait tous les en rouge, en bleu ou en vert; générale- hommes égaux et frères. Cependant, par ment elles sont incolores. Leur densité

une règlo peu en harmonie avec ces prinest aussi très souvent plus faible que cipes, les Esséniens đu grado supérieur celle de l'eau. Leur point d'ébullition s'é- s'abstenaient, comme d'une souillure, de lève ordinairement à 160°. Le point de tout contact avec ceux du grade inférieur, congélation est dans le voisinage de zéro; et quand ils en avaient touché un, ils se il en est cependant de solides à la tem- purifiaient. Fuyant les grandes villes, ils pérature ordinaire. Exposées à l'air, les habitaient en général les campagnes, viessences changent de couleur, absorbant vaient réunis en petites communautés, et de l'oxigène. L'eau en dissout peu, l'al- ne s'adonnaient guère qu'à l'agriculture cool davantage, et d'autant plus qu'il est et aux professions paisibles qui ne servent plus rectifié. Ces dissolutions dans l'al- ni à nuire aux hommes ni à les corromcool constituent les eaux odoriférantes, pre. La plupart d'entre eux demeuraient telles

que

l'eau de lavande, l'eau de Co- dans le célibat, les uns parce qu'ils se logne, etc. Voy. Cologne, Eaux DIS- défiaient de la fidélité des femmes, les TILLÉES, etc,

A-É. autres parce qu'ils attachaient à la conESSÉNIENS ou Esséens. C'était une tinence une plus haute idée de pureté. secte juive dont l'origine est incertaine. Leurs biens étaient en commun, chacun Josèphe l'appelle une secte ancienne. L'o- y avait une égale part; l'administration pinion la plus commune est qu'elle se en était confiée à un certain nombre forma du temps des Macchabées, en- d'entre eux, élus par les autres. Simples viron 150 ans avant J.-C., pendant la et ennemis des plaisirs, ils méprisaient persécution d'Antiochus Épiphane, roi les richesses; ils condamnaient l'usage de Syrie, qui porta un grand nombre de du serment et ne l'admettaient que pour Juifs à s'enfuir dans les déserts, où ils l'initiation des novices. Quoique allant s'accoutumèrent à une vie austère et la plus loin encore que les autres Juifs dans boriense. Ils disparurent après la destruc- l'observation superstitieuse du sabbat et tion de Jérusalem par les Romains, car de quelques pratiques extérieures, ils se on n'en entend plus parler depuis cette distinguaient d'eux par des idées plus époque. L'origine de leur nom est égale- pures du culte qu'il convient de rendre ment inconnue. Philon le dérive du mot à Dieu; car ils plaçaient la sainteté ingrec őolos , sanctifié, pieux; mais cette térieure et la pratique des vertus moétymologie peu régulière est bien hasar- rales au-dessus du culte cérémoniel. Ils dée. Tout ce qu'on sait de celte secte est n'offraient point de sacrifices. Quoique iré de Philon et de Josèphe, qui vivaient, leur tendance religieuse fût essentielle1 premier du temps de Jésus-Christ, le ment pratique, ils se livraient aussi à second un peu plus tard, au temps de la des spéculations abstraites sur le monde detruction de Jérusalem. Ces deux au- invisible , s'occupaient de théosophie et teus ne s'accordent pas entièrement dans avaient une doctrine secrète. C'est ce que leur récit, mais Josèphe mérite plus de prouvent le soin avec lequel ils tenaient confiance.

cachés les anciens livres de leur secte

ale serment qu'ils faisaient prêter aux qui séparent Jésus-Christ des Esséniens; neophutes de ne point révéler aux étran- car les dogmes et les usages particuliers 3 ce qu'on leur aurait enseigné. Com- de cette secte sont presque tous condam

p'ont pablié aucun ouvrage, on nés par Jésus-Christ et par ses apôtres, se cesnait qu'imparfaitement leurs doc- par exemple leurs ablutions et leurs mormees particulieres. Ils interprétaient la tifications superstitieuses, l'excessive riBad une baniere allégorique. Ils attri- gidité avec laquelle ils observaient le sabnewest tout à Dieu et enseignaient une bat, le refus qu'ils faisaient de manger de spece de predestination et de fatalité. Ils certaines choses que Dieu a créées pour gardaient les âmes comme immortelles, l'usage des hommes, leur opinion sur le 6, quasi a leur nature, comme ce qu'il mariage, l'inévitable nécessité à laquelle y a de plas subtil dans l'éther. Les trois ils soumettaient les hommes dans toutes yous fondamentaux de leur morale leurs actions. Les Esséniens formaient tuent d'aimer Dieu, la vertu et les une société close, fuyaient le monde, et des, et ils faisaient consister les ver- n'allaient pas même aux fèles solennelles * dans l'abstinence et dans la mor- à Jérusalem : Jésus vivait au sein de la tie des passions. Ceux qui en- société, conversait avec tout le monde, nat dans leur société s'engageaient fréquentait les péagers et les pêcheurs, slaseilement à honorer et servir Dieu prenait part aux fêtes de famille, assisde tout lear cæur, à observer la jus- iait aux solennités religieuses dans le me envers les bommes, à ne faire de temple de Jérusalem, et suivait tous les mai a personne , quand même on le leur usages de la vie ordinaire des Juifs. Les amanderait

, à avoir de l'aversion pour Esséniens avaient une doctrine secrète; la rechants, à assister de tout leur Jésus recommanda à ses apôtres de préour les gens de bien, à garder la foi cher sur les toits ce qu'ils avaient appris i tout le monde, et particulièrement aux en particulier: aussi n'eurent-ils jamais la soverains, parce qu'ils tiennent leur pensée de faire de leurs disciples une sopaissance de Dieu. Ils repoussaient de ciété close et secrète. La morale des Es. leur societé ceux qui étaient convaincus seniens était exagérée et fanatique : Jésus de quelque crime. Comme ils se distin- enseigne à vivre au milieu du monde , en present par une vie pieuse et pacifique, recommandant seulement de ne point se

se årent estimer de tous les partis au laisser séduire par ses vanités et ses cor2.ien des agitations politiques de la Pa- ruptions. En un mot, l'esprit de sa doclestine, et meme des paieds.

trine et la forme qu'il a donnée à son Quelques écrivains ont prétendu que église attestent suffisamment que les Esbesz=-Christ n'était qu'un disciple des séniens n'avaient point été ses maitres. Esseniens, et que sa religion tire son ori- On peut consulter au sujet des EsséEbe de leur secte. Mais cette assertionniens : Josèphe, Antiq., XVIII, 2; De la Le repose sur aucun fondement histori- guerre des Juifs, II, 12; Philon, Omnis se et ne s'appuie que sur des présomp- probus liber, p. 678, édition de Colo2008, auxquelles on s'est vainement ef- gne; De vita contemplativa, p. 638, berce de donner une couleur de probabi-même édition ; Pline, Hist. Nat., V, 17; here. On ne peut admettre comme preuve Prideaux, Histoire des Juifs,'t.'IV, Szchynes ressemblances entre la religion p. 78; Néander, Histoire eccl. (en alledrelienne et les doctrines et les usages mand), vol. I, p. 56; Brucker, Hist. Ses Essepiens. Si leur morale s'accorde crit. phil.; dissertation de Lüderwald, a certains points avec celle de l'Évan- sous le titre Ueber den angeblichen UrSie, dlya bien plus de conformité encore sprung des Christenthums aus der batre la morale de Jésus-Christ et celle dischen Secte der Essæer, dans le Magales pilosophes paiens: en conclura-t-sin pour la philosophie religieuse, l'exé pae la relizion chrétienne est tirée du gèse et l'histoire ecclésiastique de Henki, Panisme ? Ces présomptions perdent i. IV.

R. C. sens lear poids des qu’on jette les yeux ESSEQUEBO, voy. GUIANE ANsales différences tranchées et profondes GLAISE.

a

ESSEX ROBERT DEVEREUX, comte d'immenses approvisionnements et 13 d') Les Devereux tiraient leur nom et vaisseaux de guerre, sans compter l'acleur origine de la ville d'Evreux en Nor- tive coopération qu'il préia aux armes inandie. Walter (Gauthier) Devereux, de Henri IV en Normandie et sous les premier comte d'Essex, avait offert à murs de Rouen. Chacune de ses appariElisabeth de soumettre et de coloniser, tions à la cour était signalée par en partie à ses frais, la province d'Ulster quelque imprudence qui amenait une en Irlande. Il mourut à la peine, laissant brouillerie avec la reine et enfin de no

nouune veuve, Lætitia, que le comte de Lei- velles faveurs. Un duel avec sir Blount Bester, son ennemi, épousa secrètement, au sujet d'une distinction dont le comte et un fils à peine àgé de dix ans, auquel, était jaloux, et plus encore son mariage dit-on, il fit recommander avant de mou- avec la fille de Walsingham, irritèrent rir de prendre garde à sa 30e année, Élisabeth, qui pardonnait plus aisément que ni lui ni son père n'avaient dépassé.

une prétention publique à ses bonnes et que celui-ci ne devait pas atteindre. gråcer qu'un engagement avec une autre Né le 10 novembre 1567 à Nethewood, femme, ce qui ne l'empêcha pas de le sa première jeunesse n'offrit rien de pommer successivement membre du conremarquable; mais présenté à la cour seil privé (1593) et grand-maitre de sous les auspices de lord Burleigh, son l'artillerie, puis grand-maréchal (1597). tuteur, et du mari de sa mère, le comte Dès ce moment, la fortune d'Essex ne de Leicester, il ne tarda pas à inquiéter fit plus que déchoir. Doué de toutes les de sa faveur naissante et le vieux minis- qualités qui procurent une élévation ratre et le courtisan jusque-là préféré. Au pide, il n'avait aucune des vertus ni titre de chevalier banneret, qu'il obtint même aucun des vices qui font conserver après la bataille de Zutphen (1585) en le pouvoir. Des querelles avec Raleigh, Hollande, Élisabeth ajouta l'ordre de la avec les ministres, avec sa souveraine Jarretière et les grades de maitre, puis de elle-même, compromirent son repos et général de la cavalerie. Ces honneurs ac- sa dignité. Dans une de ces dernières cumulés sur un jeune homme de 21 aus occasions, il s'oublia jusqu'à tourner le firent prévoir, à la mort de Leicester dos à la reine; Élisabeth lui donna un (1588), que la place de favori ne resterait sousflet : le comte mit la main sur son pas longiemps vacante. Brave, généreux, épée, et, malgré la différence de sexe et ambitieux, plein de talents et d'élo- de rang, on ne sait où se serait arrêtée quence, ornement de la cour, idole de celte étrange querelle si le grand-amiral la cité, patron des hommes de lettres ne s'était trouvé là. Après une réconciet d'épée, appui des catholiques et des liation où les avances ne paraissent pas puritains persecutés, d'Essex fut traité, être venues de la part du sujet, d'Essex qu'on nous passe le mot, en véritable fut nommé vice-roi d'Irlande. Mais cette enfant gâté par la fortune et par sa sou- province, fatale à son père, fut aussi la veraine. A peine, dans l'âge des passions, cause de sa ruine. Il semblait la prévoir Leicester avait-il reçu des saveurs aussi dans une lettre curieuse conservée au éclatantes que celles dont une reine aux Muséum britannique et où l'on remarcheveux gris comblait le jeune comte. que celle phrase: « Quel service Votre Mais la société de «la vieille femme » Majesté peut-elle attendre de moi, puisavait peu d'attraits pour lui, et l'amour que mes services passés ne me valent de la gloire, peut-être celui de l'argent qu’un bandissement dans la plus maudile (il avait déjà 22,000 livres sterling de des iles? » Bientôt, après quelques actions deltes) le jetèrent dans diverses expédi- insignifiantes, une trève avec le comte de tions aventureuses : celle sur les côtes Tyrone, chef des rebelles, parut une le Portugal (1589), où il faillit prendre trahison à la cour, qui ne tenait compte lisbonne à la tête d'une poignée de ni de l'état des esprits ni de la nature baves; celle de Cadix, qu'il emporta à des lieux. Aussitôt, bravant la défense la pointe de l'épée (1596), admirable d'Élisabeth, il accourt à Londres, et, coup de main qui fit perdre à l'Espagne tout poudreux encore, pénètre, malgré l'opposition des femmes de service, jus- long, sur environ 7 à 8 pouces de diaque dans la chambre à coucher de la mère, par le même bout. Ils ne sont guère reine. « Mais, dit un naif contemporain, employés aujourd'hui que dans les voiil lui en prit comme d'Acteon à Diane. tures communes, telles que celles qui serIl vid la royne en sa nudité de teste et vent aux exploitations rurales, et encore en son alopécie. Ces dames ont dit depuis dans les petits chariots comtois attelés que, s'il eust attendu encore un peu, il d'un seul cheval. avoit gaigvé sa cause. » Ce qu'il y a de On distingue dans un essieu deux certain, c'est que d'Essex, sommé de parties principales : les fusées et les corps rendre compte de sa conduite, ne profita d'essieu. Les fusées sont des espèces de de la liberté qui lui fut accordée au bout cônes, ordinairement tournés, qui serde quelque temps, qu'en essayant d'exci- vent d'axe à chacune des roues; elles ter dans Londres un soulèvement dirigé, sont traversées verticalement, aux extrédisait-il, contre ses ennemis, mais qu'É-mités, par des chevilles en fer auxquelles lisabeth fut en droit de regarder comme on donne le nom d's, et qu'on ne ren20 attentat contre son gouvernement. contre ordinairement que dans les grosBacon, qu'il avait comblé de bienfaits, se ses voitures, comme celles des rouliers. chargea de la tâche facile de démontrer Dans les équipages légers, on les remson crime. Condamné à mort, le comte, place par des écrous taraudés, l'un à après s'être défendu avec noblesse, mou- droite, l'autre à gauche, pour empêcher les rut avec courage le 25 février 1601, et roues de s'échapper. Les écrous sont coula reine ne se consola pas d'avoir fait verts d’nno espéce de boite, portée par tomber la tête du plus brillant et du plus le petit bout du moyeu, et dont la foncaimé de ses favoris". Sa jeunesse, ses tion est de les garantir de la boue. Le brillantes qualités et sa fin tragique ont corps d'essieu est une pièce de forme recentouré sa mémoire d'un intérêt qu'après tangulaire, sur laquelle passent les branl'histoire le drame et la poésie ont per- cards. Dans les essieux de bois, on garpéroé jusqu'à nous**.

R-Y. nit le dessous des fusées d'une bande de ESSIEU. L'essieu, jadis aissieu, dé- fer qu'on encastre dans le bois, en lui rive du latin aris , ou, suivant Ménage, donnant une direction analogue à celle exiculus , d'où l'on a fait successivement du corps d'essieu, et dont l'extrémité, aissil, esseuil, puis enfin essieu. C'est façonnée en virole, lie le bout de l'essieu, une pièce de bois, de fer, ou même d'a- en même temps qu'elle présente le trou cier, arropdie aux deux extrémités, de l's. C'est ce qu'on appelle un équiqu'on fait passer au travers du moyeugnon. Sa longueur varie de 15 à 18 poudes roues (voy.. Les essieux de bois sont ces, ce qui suffit pour maintenir le déordinairement en charme ou en orme; vers de la roue; pour déterminer ce dévers ils se débitent en grume de 6 pieds de en dehors, on prend sur le dessus de la

foy Noas de faisons pas mention de cette bague fusée tout le cône qu'elle doit avoir. Les çu joge un si grand rôle dans les romans et dans essieux de fer, dont l'usage est à peu Les pieces de théâtre, et que la comtesse de Not- près universel aujourd'hui, se compotangium aurait été chargée de remettre à Élisa

sent de plusieurs barres de fer méplat, bib pour obtenir le pardon du comte. Cette Listoire, quoique adoptée par Hume, de repose

de la plus baule qualité; ces barres sont EUT SDcus document contetaporain et digne de corroyées ensemble, et leurs champs sont ht

. Elle fait le sujet d'un grand tableau de dirigés dans le sens de l'effort, c'est-àM. Peal Delaroche , appartenant au Musée royal dire de bas en haut. La section au corps Larembourg)

{Les comtes d'Esser actuels, famille de la de l'essieu est un rectangle dont la force paie anglaise, n'ont rien de commun avec le verticale est à la force horizontale à faruri d'Elisabeth. Ils descendent des Capel; d'a. Lord baroulets, ils reçurent en 1641 le titre de peu près comme 3 est à 2. E. P-c-1. baron, et le 20 avril 166. Arthur Capel, plas ESSLAIR (FERDINAND) est un des tard lord-lieatenant d'Irlande, fut créé vicomte tragédiens notables de l'Allemagne. Né de Halder et comte d'Essex ( comté de l'est de en 1772 au sein d'une famille distinguée, l'Angleterre, au nord de la Tamise). Le comte katae est lord George Capel Cooingsby, né en il n'était point destiné à la carrière dra

J. H.S. matique; il était militaire, et ne jouait Encyclop. d. G. d. M. Tome X.

De

. la comédie qu'en amateur. C'est à l'âge une certaine école dramatique de sa pade 23 ans seulement qu'il débuta en pu- trie, le surnom de Talma allemand, litre blic à Inspruck, d'où il se rendit bien- | qui, aux yeux du public vraiment natôt à Passau. Mais, sur les théâtres fort tional n'est pas un éloge; fidèle au gémédiocres de ces villes, il ne pouvait nie allemand, celui-ci regrette qu’Esslair faire de bonnes études. Il suivit un de se soit laissé entrainer, par sa juste adses anciens directeurs qui allait à Pra- miration pour le grand tragique français, gue, organiser un nouveau théâtre dans à vouloir transplanter les formes concette capitale de la Bohême. Le jeune ventionnelles et les allures mesurées de artiste y passa son temps dans des cha- l'ancienne tragédie française dans le grins qui finirent par altérer sa santé; drame germanique, trop franc de sa nacar, s'étant marié avec une femme qui ture, et trop indépendant pour s'assujettir n'était point actrice, il se vit chargé à à un type traditionnel, au lieu de se lilui seul du soin de pourvoir à leur exis- vrer à l'inspiration du moment et aux tence commune. En 1803, il joua pour impressions qui résultent des situations la première fois à Stuttgart, et, s'atta- mêmes. D'ailleurs les moyens que la nachant à la troupe de cette ville, il l'ac- lure a donnés à M. Essiаir, une stature compagnait aussi dans ses excursions an- d'Hercule, une voix de stentor, une phy

uelles à Augsbourg. Mais, toujours privésionomie de condottiere, laisseraient de grands modèles, il se voyait réduit croire plutôt qu'elle l'a destiné lout exaux inspirations de son propre talent et près pour la représentation de ces rois aux souvenirs des succes qu'il avait vu du Septentrion, (comme dit un critique obtenir, dans sa jennesse, à Lange, à spirituel), sauvages comme leurs monBrockmann*, acteurs célèbres de l'an- tagnes de glace et de fer, ces chevaliers cienne comédie à Vienne. La dissolution du moyen-âge, arbitres redoutés des de la troupe de Stuttgart conduisit Esslair guerres civiles , qui règnent sur la scène à Nuremberg, où il perdit sa femme, en allemande, et qui sont mal à leur aise 1806. Un an après, il épousa Élise Mul- quand ils se voient drapés de la toge ler qui, actrice de mérite et femme de élégante que Racine et Voltaire dongoût elle-même, contribua, non-seule- paient à leurs héros. Aussi M. Esslair ment à rendre sa position plus agréable, produit-il toujours plus d'effet dans les mais encore à le faire avancer dans le dé- pièces traduites du français (par exem· veloppement de son art. Tous deux, après ple dans le rôle de Thésée) que dans les avoir fait plusieurs voyages et des sé- tableaux d'un grandiose sauvage, tels que jours prolongés à Manheim et à Carls- le roi Lear, Macbeth, G. Tell ou Oshon ruhe, se fixèrent, en 1814, à Stuttgart, de Wittelsbach. Depuis qu'il est entré au théâtre royal du roi Frédéric lor de dans un âge plus avancé, il joue avec Wurtemberg, et c'est sous la protection beaucoup de succès les pères nobles dans de ce prince qu'ils fondèrent leur répu-le drame bourgeois, où il faut surtout tation. Cependant ils firent divorce, en admirer l'art avec lequel il sait modérer 1818, et Esslair épousa une de ses élèves, sa voix énergique jusqu'aux accents les M'le Ettemaier, avec laquelle il s'engagea plus doux et les plus tendres qui expriplus tard au théâtre royal de Munich, ment les joies ou les douleurs domestioù il est encore aujourd'hui en qualité ques de notre société moderne. Sa made régisseur.

nière de représenter les pères de famille La manière adoptée par Esslair après dans les pièces tant soit peu sentimenun voyage à Paris lui a fait donner, par tales d'Iffand, se ressent encore de sa

prédilection pour le théâtre français, et (*) Brockmann était le premier comédien al

rappelle souvent les créations analogues lemand qui eût paru dans le rôle de Hamlet. C'est à Hambourg , sous la direction du grand

de Baptisie ainé. Schræder (voy.), qu'eut lieu cette mémorable Mme Muller-Esslair, restée à Stuttreprésentation, destinée à bannir de la scène

gart après son divorce, est morte deallemande les Agamemnons aux talons rouges,

H. P. pour frayer le chemin aux Gæts et aux Wallen: puis. stein.

ESSLING (BATAILLE D'). Essling ou

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