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atque Cæsariæ beatæ suscepta, regis se tui- V. La première règle pour les religieux dont. tione munierunt (Gregor. Turon. Histor., il ait été parlé en France, a été celle de saint Franc., I. ix, c. 40). D

Colomban, qui fut soutenue par ses disciples On attribue à Aurélien, archevêque d'Arles, contre ses calomniateurs, et approuvée par les une autre règle pour des religieuses. Mais évêques de France dans un concile de Mâcon, pourquoi ne se contentait-il pas de celle de en l'an 627. Mais Eustasius, abbé de Luxeuil, saint Césaire ? Et pourquoi n'en dressait-il pas qui combattit si heureusement dans ce concile plutôt une pour les religieux, puisque ce fut de pour la défense de cette règle, n'était que le son temps que le roi Childebert en fonda un disciple et le successeur de saint Colomban, monastère à Arles ? Il se peut faire que ce fut qui avait fondé et régi le monastère de Luxeuil . pour un autre monastère que celui d'Arles avant l'an 600. Il fut obligé de s'en retirer l'an qu'Aurélien dressa sa règle, et qu'il prit la 612, et alla fonder le monastère de Boby, en même liberté à l'égard de son prédécesseur Italie. saint Césaire, que saint Césaire même avait

Les évêques de France s'efforcèrent à l'envi prise à l'égard de saint Augustin, en compo- d'établir sa règle, et de fonder de nouveaux sant une nouvelle règle comme plus propor- monastères où elle fut observée. Voici ce qu'en tionnée aux besoins et aux usages de son écrit Jonas dans la vie de saint Eustasius, abbé temps.

de Luxeuil: En effet, la règle de saint Césaire ne semble

« Appellinus quoque et cæteri Galliarum être qu'un supplément de celle de saint Au- episcopi ad roborandà sancti Columbani instigustin, et celle d'Aurélien de celle de saint tuta adspirant, quorum multi in amore sancti Césaire.

Patris nostri ferventes, secundum ejus reguIl est à croire que l'abbaye de filles à Autun, lam monasteria construunt, etc. Inter quos vir dont parle saint Grégoire, suivait la même re- illustris Eligius nomine, qui modo Veromangle (L. XI, ep. 11), et peut-être aussi celle d'Al- duensis Ecclesiæ pontifex præest juxta Lemotiviliers-sur-Marne, dont il fut parlé au concile vicensem urbem, monasterium nobile, Solende Nantes, en 658 (Flodoard., 1. 11, c. 7). niacum nomine construxit, et alia multa in

IV. Nous n'avons point encore remarqué de eisdem locis cænobia. Sed et in civitate Parirègle pour les religieux des monastères de siensi puellarum monasterium, quod de regio France. Les ouvrages de Cassien sont plutôt munere susceperat, ædificat, in quo Christi des instructions pour les moines qu’une règle. virginem Auream præfecit. In Biterrensi vero On ne nous a point encore parlé d'aucune rè- urbe puella

urbe puellarum monasterium ex beati Columgle pour les monastères de Saint-Martin à bani regula Bertrada nobilis femina conPoitiers ou à Tours, non plus que pour celui struxit. In suburbano etiam Betericensis urbis de Lérins, d'Autun et d'Arles.

monasteria construxit Babolenus ex regula CoCelui de Paris (An. 658), ou plutôt de Saint- lumbani (Cap. vi). » Il en nomme encore quelDenis reçut des priviléges de son évêque, mais ques autres. non pas une règle. Le roi y ordonna seule- Le même auteur assure que sainte Burgunment que la psalmodie y serait perpétuelle du- dofore régla son abbaye sur les statuts de saint

У rant le jour et la nuit, en partageant les reli- Colomban. Ordéricus Vitalis (Lib. viii, Histor. gieux en plusieurs bandes, de même qu'au Norman., pag. 716) met encore les monastères monastère de Saint-Maurice, en Savoie, et de

de de Jumiége, de Saint-Faron à Meaux, de Rebez Saint-Martin à Tours.

sous la règle de saint Colomban, et dit qu'il On pourrait dire avec quelque fondement, fut le premier qui donna une règle aux monasque saint Augustin avait aussi composé une tères de la France. « Monachalem regulam ediregle pour les religieuses, et n'avait pas jugé dit, primusque Gallis tradidit (Cap. v).. nécessaire d'en dresser une pour les religieux, Saint Bernard, dans la vie de saint Malachie, dont la règle est l'Evangile même, et à qui les dit que de la même Irlande était autrefois sorti usages établis dans les monastères suffisent saint Colomban, pour venir bâtir Luxeuil en dour régler toute leur conduite; au lieu que France, où Dieu lui donna des accroissements les religieuses ont besoin d'être un peu plus prodigieux. « Factus ibi in gentem magnam. » assistées et éclairées par le détail de toute la Le nombre des religieux fut si grand à Luxeuil, discipline claustrale (Conc. Gal., t. I, p. 499). qu'on y chantait à divers cheurs jour et nuit

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les cantiques célestes, au rapport du même VII. Le même saint Ouen, avant que de quitsaint Bernard.

ter la cour, bâtit et fonda le monastère de ReVI. Le grand et illustre saint Ouen, archevê- bez, et y mit pour abbé un des disciples de que de Rouen, confirme admirablement ce que saint Colomban. « Sanctorum monachorum nous venons de dire, et y ajoute des éclaircis- multitudinem illic congregans, abbatem unum sements fort importants, dans la vie qu'il a ex almi patris Columbani discipulis, virum in écrite de saint Eloi, évêque de Noyon.

disciplinis regularibus adprime eruditum eis Il assure que les monastères de France étaient præficit (Vita ejus apud Surium, die 24 Autombés dans un fort grand relâchement, et gust.). » que le nombre n'en était pas fort grand, quoi- VIII. La règle de saint Benoît avait cepenqu'ils vécussent sous diverses règles, de Cas- dant embaumé toute l'Italie de ses divins parsien et de saint Basile, comme nous l'avait ap- fums, et il était impossible que l'odeur ne s'en pris Grégoire de Tours : « Cænobium fundavit répandit bientôt dans la France. Saint Nivard, Aredius, in quo non modo Cassiani, verum archevêque de Reims, accorda le lieu d'Autietiam Basilii et reliquorum abbatum qui mo- viliers-sur-Marne à l'abbé Bercharius, pour y nasterialem vitam instituerunt, regulæ cele- vivre avec ses religieux selon la règle de saint brantur, etc. (Greg. Tur., Hist. 1. x, c. 29). » Benoit et de saint Colomban. « Berchario ab

Cette diversité de règles causait peut-être de bate, qui ab eo petierat locum sibi dari, ubi la confusion, au moins elle n'avait pu conser- cum fratribus suis monachis sub regula paver longtemps la régularité parmi les religieux trum sancti Benedicti et sancti Columbani de France, ni augmenter beaucoup le nombre vivere posset, quod et idem præsul facere studes monastères. Mais la règle de saint Colom- duit (Flodoard., 1. II, c. 7). ” ban sembla réduire tous les cloîtres à l'unifor- Si l'histoire de Montiers-en - Der, publiée mité, au moins il est certain qu'elle leur ins- par M. Camusat (Prompt. Antiquit. Tricass., pira une nouvelle ferveur, et qu'elle en pag. 92), dit que ce ne fut que sous le roi Romultiplia merveilleusement les saintes colo- dolphe, après l'an 900, que la règle de saint pies.

Benoît fut communiquée aux Français, il faut Saint Ouen, en faisant sortir de Luxeuil, et entendre cela du renouvellement qui s'en fit puis de Solognac, que saint Eloi avait fondé

par le moyen de l'ordre de Cluny, après les sur le modèle de Luxeuil, la réformation aussi longs désordres que la défaillance de la maison bien que la multiplication des monastères de de Charlemagne causa et dans l'Etat, et dans France, en parle ainsi : « Ipse quoque Eligius l'Eglise, et dans les maisons religieuses. Bertoproperabat ad cænobia, maximeque Luxo- siendus, évêque de Châlons-sur-Marne (Anno

( vium, quod erat eo tempore cæteris eminen- 692), donna un privilége d'exemplion à l'abtius, atque districtius. Neque eniin tam celebra baye de Montiers-en-Der pour les religieux, et erant adhuc in Gallis monasteria, et sicubi es- à Pelle-Montiers pour les filles, en les reconsent, non sub regulari disciplina, sed erant naissant soumises aux deux règles de saint prorsus in malitia fermenti veteris sæcularia. Benoît et de saint Colomban. « Secundum Præter Luxovium ergo quod solum, ut dictum regulam sancti Benedicti, vel dompi Columbani est, districtionem regulæ solerter tenebat, So- ab abbate vel abbatissa corrigantur (Spicileg., lenniacense monasterium in partibus occiduis, tom. x, pag. 6, 9). » hujus religionis exlilit caput, ex quo demum Dom Luc Dachery rapporte plusieurs exemmulti sumpserunt et initium et exemplum. ples de fondations et de privileges de ce même Adeo ut nunc quoque propitia divinitate, in- temps, où ces deux règles étaient jointes , numera per omnem Franciam et Galliam ha- même à Luxeuil (Notæ in Lanf., pag. 366). beantur sub regulari disciplina alma utrius- Saint Donat, que saint Colomban avait obtenu que sexus cænobia (Spicileg., tom. v, p. 176). du ciel par ses prières à une mère stérile, et

On ne pouvait pas dire en termes plus for- qui, après avoir été moine de Luxeuil, fut fait mels que saint Colomban, son monastère de évêque de Besançon, composa pour des reliLuxeuil, sa règle apportèrent la réforme aux gieuses une règle tissue de cottes de saint anciens monastères de France, et donnèrent Césaire, de saint Benoît et de saint Colomban, naissance à une infinité d'autres de l'un et de selon la demande de ces religieuses mêmes. l'autre sexe.

Voici comment il en parle dans la préface de

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la lettre qu'il leur adresse : « Sæpius mihi ordres monasliques, de même que tous les

: injungitis, ut explorata sancti Cæsarii Arela- clercs de l'Eglise ne faisaient qu'un corps distensis episcopi regula, quæ specialius Christi tingué des moines et du peuple , sans aucune virginibus dedicata est, una cum BB. Benedicti distinction entre eux que celle des évêchés et et Columbani abbatum collectis in unum flos- des provinces ecclésiastiques. culis ad instar Enchiridion excerpere vobis Aussi nous avons montré ci-dessus que dans deberem. D

l'Orient, si les moines faisaient quelquefois des Ce fut sans doute par cette jonction que la corps à part, c'étail, ou parce que tous les abbés règle de saint Benoît s'introduisit et s'autorisa et tous les moines de la seconde Syrie ou de dans la France, comme n'en faisant qu'une quelqu'autre province souscrivaient à une reavec celle de saint Colomban, ou plutôt, selon quête, ou parce que tous les monastères d'une l'ancienne coutume, qu’une règle ne donnait ville, d'un diocèse ou d'une province relevaient

, jamais l'exclusion à l'autre. Car nous venons d'un exarque à quelque règle qu'ils pussent d'apprendre de Grégoire de Tours, que saint être particulièrement attachés, de saint Antoine, Arédius fit savoir dans son monastère les règles de saint Pacôme ou de saint Basile. de Cassien, de saint Basile et des autres saints X. Il faut donc concevoir que dans le septième Pères.

siècle, tous les monastères de France et même Nous avons remarqué que saint Césaire donna de l'Occident, ne faisaient qu'un même corps

, une nouvelle règle à sa seur, qui avait déjà de moines opposé au corps du clergé et attaché été formée sur celle de Cassien à Marseille, et presque indifféremment à toutes les règles de qu'Aurélien, archevêque d'Arles, en dressa saint Basile, de Cassien, de saint Césaire, d'Auencore une autre. Saint Benoît même donna rélien, de saint Colomban et enfin de saint sa règle au monastère du Mont-Cassin, sans Benoît, mais que cette dernière règle ayant été exclure les conférences de Cassien, les écrits reconnue par l'expérience qu'on en fit comme des saints Pères et la règle de saint Basile. la plus parfaite, on s'y attacha aussi plus forte« Quis liber Catholicorum sanctorum Patrum ment, et de là il arriva qu'on s'y attacha enfin a hoc non resonat, etc. Nec non et collationes uniquement. Patrum, et instituta et vita eorum, sed et re- Ensuite de cela on commença avec le temps gula sancti patris nostri Basilii, etc. (Regula à ne plus considérer les moines d'Occident que sancti Bened., c. ult.) »

comme disciples de saint Benoît, quoique effecIX. Si dans la suite des années on n'a presque tivement et originairement ils fussent aussi les plus parlé dans les conciles que de la règle de disciples, les sectateurs et les successeurs de saint Benoît, c'est parce qu'on reconnut qu'elle. ceux qui avaient été institués par saint était la plus achevée de toutes et qu'elle était Marlin, par Cassien, par saint Césaire et par

, suffisante sans toutes les autres.

saint Colomban. Il ne faut donc pas s'imaginer que la règle Le changement de nom nous a fait croire que de saint Benoît ait aboli ou effacé les autres, c'élait une chose différente, quoique

, ce fut la ni que le corps des religieux bénédictins ait même. Tout le changement effectif n'a été qu'en absorbé les autres corps ou congrégations de ce que la succession des moines demeurant moines.

toujours la même, au lieu qu'auparavant ils Les monastères ne faisaient point alors de embrassaient toutes les règles et surtout celle wngrégations, ainsi ils n'en pouvaient pas de saint Colomban, ils commencèrent à ne plus faire de différentes les unes des autres, dont les s'appliquer qu'à celle de saint Benoît. unes absorbassent les autres. Tous les monas- XI. Ainsi saint Léger, évêque d'Autun, dans tères étaient indépendants les uns des autres, son synode de l'an 670, ordonna que les reliquoiq'r'ils suivissent la même règle, à la réserve gieux observeraient les canons et la règle de d'un très-petit nombre qui en avaient un ou saint Benoît : « De abbatibus vel monachis ita deux autres unis et dépendants d'eux comme observare convenit, ut quidquid canonicus étant de leur fondation. Ils étaient tous parfai- ordo, vel regula sancti Benedicti edocet, custotement dépendants de l'évêque.

dire debeant. » Le concile de Liptines, de l'an Ainsi tous les moines ensemble faisaient un 743 : a Monachi et ancillæ Dei monasteriales ordre qu'on distinguait du clergé et du peuple, juxta regulam sancti Benedicti cænobia, vel sans être distingués entre eux en plusieurs xenodocbia sua ordinare studeant. »

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Dans le concile suivant de Liptines (Can. VII), Saint Grégoire qui a écrit fort au long la vie après que les ecclésiastiques se furent engagés de saint Benoît dans ses dialogues (Dialog., l. 11, par une promesse solennelle à observer les præfat.), ne dit pas un seul mot qui puisse canons, les religieus promirent aussi de garder faire conjecturer qu'il ait suivi sa règle seule, la règle de saint Benoît : « Abbates vero et mo- ou qu'il l’ait proposée seule aux monastères de nachi receperunt regulam sancti patris Bene- sa fondation. Il nomme quatre disciples de saint dicti ad restaurandam normam regularis vitæ Benoît, de qui il avait appris ce qu'il a écrit (Can. 1).

de lui, mais il ne dit pas qu'il en eût appelé Après cela on ne parla plus que de la règle aucun dans ses monastères. Il donne ce bel de saint Benoît, tous les monastères ayant été éloge à sa règle : « Scripsit monachorum reguréformés au commencement du règne de lam, discretione præcipuam, sermone lucula maison de Charlemagne, par une rigoureuse lentam (L. II, C. 36). » Mais il ne dit pas qu'il observation de tout ce qui est contenu dans l'eût gardée ou qu'il l'eût fait garder dans ses cette règle. Le légat du pape, que nous pouvons monastères plus

monastères plus particulièrement que les aussi justement appeler le réformateur de l'E- autres règles. Il assure au contraire que c'est glise de France que l'apôtre de celle d'Alle- à l'abbé Valention, disciple du grand saint magne, contribua sans doute beaucoup à Equice, et non pas de saint Benoît, qu'il s'était autoriser cette règle qui était déjà montée au confié lui-même et son monastère. « Vilæ namcomble d'une suprême autorité dans l'Italie. que venerabilis Valentio , qui post in hac

Effectivement saint Boniface, qui présida au Romana urbe , mihi , sicut nosti, meoque concile de Liptines, et qui y fit recevoir cette monasterio præfuit , prius in Valeriæ prounique règle pour les moines, bâtit l'abbaye de vincia suum monasterium rexit (L. IV, c. 21).» Fulde en Allemagne, « sub regula sancti Bene- Or que les monastères de la province Valérie dicti, » dont il demanda et obtint la confirma- fussent de l'institution de saint Equice, le tion du pape Zacharie (Epist. iv, XII).

même saint Grégoire le dit ailleurs : « Qui XII. Quant à l'Italie, Boniface IV fait assez nimirum Equitius pro suæ magnitudine sanconnaître que saint Benoît y était considéré de ctitatis, multorum in eadem provincia Valeriæ son temps comme le seul père, et le seul légis- monasteriorum pater extitit (L. I, c. 4). D lateur de tous les religieux ; lorsque pour Quant à la confirmation de la règle de saint prouver qu'on ne pouvait pas dire que les Benoît par le même saint Grégoire dans un symoines fussent incapables des fonctions sacer- node romain, elle n'est pas mieux fondée. Ce dotales, il se contente de montrer que saint n'était pas encore l'usage de faire confirmer Benoît ne les leur a pas interdites : a Neque par le pape les règles de chaque monastère, et enim Benedictus monachorum præceptor almi- les actes de ce synode romain qui nous sont ficus hujuscemodi rei aliquo modo fuit inter- restés ne parlent en aucune façon de cette dictor (Collect. Romana Holst., pag. 243). ) règle.

Jean Diacre, qui a fait la vie du grand saint XIII. Il faut donc avouerquece ne fut qu'après Grégoire, tâche de persuader que ce saint pape la mort de saint Grégoire, et peut-être après la avait été de l'ordre de saint Benoît et avait publication de ses dialogues, que la vie et la envoyé des religieux de saint Benoît pour règle de saint Benoît brillèrent avec tant d'éclat prêcher la fði dans l’Angleterre. « Et sui mo- dans toute l'Italie, que tous les monastères

. nasterii monachos Benedicti utique regulis s'attachèrent peu à peu à cette règle par-dessus mancipatos in Saxoniam destinarit (L. IV, c. 80, toutes les autres, et enfin à elle seule sans toutes 82). »

les autres, d'où il arriva que sans y avoir pensé

y La preuve qu'il en apporte est que tous les et sans avoir eu autre dessein que de choisir la religieux de son temps en Angleterre portaient plus achevée de toutes les règles, ils se troul’habit et gardaient la règle de saint Benoît : vèrent tous être devenus de l'ordre de saint « Vix potest in illis partibus monachus aliquis Benoît, non qu'ils composassent aucune coninveniri, a quo non observetur tam in propo- grégation, ni qu'il y eût aucune supériorité ou sito, quam in habitu regula Benedicti. ) dépendance entre les monastères, mais par la

Cette preuve n'a rien de convaincant, comme seule ressemblance qu'ils avaient entre eux la prétention de Jean Diacre n'a rien de vrai- par l'observation religieuse d'une même règle. semblable.

Voilà ce qui se fit dans l'Italie depuis l'an

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six cent jusqu'à l'an sept cent, et ce qui fut lui-même l'habit monastique dans le monastère ensuite introduit dans la France depuis l'an de Saint-André qu'il avait bâti à Rome. « Mosept cent jusqu'à l'an huit cent.

nasterium fabricavit, in quo relictis sericis, XIV. La règle de saint Benoît ne semble auro gemmisque radiantibus togis, simulque l'avoir emporté sur toutes les autres que par supellectilibus reliquis in usum pauperum sa plus grande condescendance. Et c'est ce que erogatis, ex hujus mundi naufragio nudus evale pape saint Grégoire y admire le plus : « Dis- sit, diuque desideratum monachicum capiens cretione præcipua. )

indumentum, etc. (L. I, c. 6). » L'auteur de la vie de saint Ouen dit qu'en Il paraît que ces deux écrivains de la vie de France on lisait et on respectait les règles de saint Grégoire se sont servis de ses propres saint Basile, de saint Pacôme, de Lérins, de termes, quand ils ont dit que, par un dépouilCassien, mais qu'on y suivait un tempéramentlement général de toutes les choses du monde, proportionné au climat, a Efficacius hæc faci- il s'était échappé nu du naufrage, pour se liusque natura vel infirmitas exequitur Galli- jeter dans le port de la religion, dont il avait cana (Surius, die 1 Januar., c. 16). »

pris l'habit. XV. On ne peut nier que le grand saint Gré- C'est ce que le pape Boniface IV déclara engoire n'ait été moine et abbé, avant que de core plus nettement dans son concile romain monter sur le trône apostolique. Il dit lui-même de l'an 610, six ans seulement après la mort qu'au commencement de sa conversion il eût de saint Grégoire , où il s'opposa à ceux qui bien désiré, en pratiquant la vertu, ne quitter voulaient exclure les moines de toutes les foncni le monde, ni les habits du monde : « Post- tions sacerdotales, en leur montrant qu'il auquam cælesti sum desiderio afflatus, sæculari rait donc fallu donner au grand saint Grégoire habitu contegi melius putavi, etc. Inolita me l'exclusion du pontificat , puisqu'il est certain consuetudo devinxerat, ne exteriorem cultum qu'il porta l'habit monastique. « Si veteres mutarem. » Mais il rompit enfin ses attaches et æmuli vera prædicarent, Apostolicæ Sedis se jeta dans le port d'un monastère. « Portum compar beatus Gregorius monachico habitu monasterii petii, et relictis quæ mundi sunt, ex pollens ad summum apicem nullatenus conhujus mundi naufragio nudus evasi. )

scenderet. » C'est ce qu'il écrivit à saint Léandre, évêque On ne peut pas aussi douter que saint Gréde Séville, au commencement de ses morales. goire n'ait connu la règle de saint Benoît et On ne peut exprimer en termes plus formels la qu'il ne l'ait préférée à toutes les autres, puisprofession monastique.

qu'il lui a donné cet éloge magnifique dans ses L'ordonnance que ce pape fit en faveur des dialogues : « Regulam monachorum discremoines et qui a été rapportée par Baronius en tione præcipuam, sermone luculentam (L. II, l'an 601, apprend qu'il avait lui-même exercé C. XXXVI). » En l'appelant simplement la règle la fonction d'abbé dans son monastère de Saint- des moines, il fait connaître la préférence qu'il André à Rome. « Antractum nos officium , en fait de toutes les autres. Cesaint pape cite enquod in regimine cænobii exhibuimus, infor- core la règle des moines dans une de ses let

, mat. D

tres, « Si regulam monachorum nosse voluisGrégoire de Tours dit que saint Grégoire, set (L. IX, epist. XLII), » et il la cite sur un artiaprès avoir fondé et richement doté sept mo- cle qui se trouve dans la règle de saint Benoît. nastères, vendit le reste de ses biens et le donna Le soin que ce pape a pris d'écrire la vie enaux pauvres : « Reliqua vendidit cum omui tière de saint Benoît dans ses dialogues, où il præsidio domus et pauperibus erogavit (L. X, ne raconte que quelques singularités mémoHist.). » Ce renoncement général ne se fait que rables des autres , est encore une marque évipour embrasser l'état monastique.

dente de l'estime particulière qu'il en faisait Bède parle encore plus clairement : « Mutato et un fondement suffisant pour croire que dans repente sæculari habitu monasterium petiit les monastères de sa fondation il avait donné (L. XI, c. 1). » Paul Diacre en dit tout autant

cours à sa règle (Cap. xliv, lib. 11). Aussi Bonidans la vie de ce saint pape : « Mutato repente face IV, dans son concile tenu à Rome en 610, sæculi habitu monasterium petiit, et ex hujus donne à saint Benoît la qualité de législateur mundi naufragio nudus evasit. »

des moines, « Benedictus monachorum præJean Diacre assure que saint Grégoire prit ceptor. )

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