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six cent jusqu'à l'an sept cent, et ce qui fut lui-même l'habit monastique dans le monastère ensuite introduit dans la France depuis l'an de Saint-André qu'il avait bâti à Rome. « Mosept cent jusqu'à l'an huit cent.

nasterium fabricavit, in quo relictis sericis, XIV. La règle de saint Benoît ne semble auro gemmisque radiantibus togis , simulque l'avoir emporté sur toutes les autres que par supellectilibus reliquis in usum pauperum sa plus grande condescendance. Et c'est ce que erogatis, ex hujus mundi naufragio nudus evale pape saint Grégoire y admire le plus : « Dis- sit, diuque desideratum monachicum capiens cretione præcipua. D

indumentum, etc. (L. I, c. 6). D L'auteur de la vie de saint Ouen dit qu'en Il paraît que ces deux écrivains de la vie de France on lisait et on respectait les règles de saint Grégoire se sont servis de ses propres saint Basile, de saint Pacôme, de Lérins, de termes, quand ils ont dit que, par un dépouilCassien, mais qu'on y suivait un temperament lement général de toutes les choses du monde, proportionné au climat. « Efficacius hæc faci- il s'était échappé nu du naufrage, pour se liusque natura vel infirmitas exequitur Galli- jeter dans le port de la religion , dont il avait cana (Surius, die 1 Januar., c. 16). D

pris l'habit. XV. On ne peut nier que le grand saint Gré- C'est ce que le pape Boniface IV déclara engoire n'ait été moine et abbé, avant que de core plus nettement dans son concile romain monter sur le trône apostolique. Il dit lui-même de l'an 610, six ans seulement après la mort qu'au commencement de sa conversion il eût de saint Grégoire , où il s'opposa à ceux qui bien désiré, en pratiquant la vertu, ne quitter voulaient exclure les moines de toutes les foncni le monde, ni les habits du monde : « Post- tions sacerdotales, en leur montrant qu'il auquam cælesti sum desiderio afflatus, sæculari rait donc fallu donner au grand saint Grégoire habitu contegi melius putavi, etc. Inolita me l'exclusion du pontificat , puisqu'il est certain consuetudo devinxerat , ne exteriorem cultum qu'il porta l'habit monastique. « Si veteres mutarem. » Mais il rompit enfin ses attaches et æmuli vera prædicarent, Apostolic. Sedis se jeta dans le port d'un monastère. « Portum compar beatus Gregorius monacio habibu monasterii petii, et relictis quæ mundi sunt, ex pollens ad summum apicem nullatenusimons hujus mundi naufragio nudus evasi. »

scenderet. »

up, oni sat C'est ce qu'il écrivit à saint Léandre, évêque. On ne peut pas aussi douter due saint Gréde Sérille, au commencement de ses morales. goire n'ait connu la règle de saint Benoît et On ne peut exprimer en termes plus formels la qu'il ne l'ait préférée à toutes les autres, puisprofession monastique.

qu'il lui a donné cet éloge magnifique dans ses L'ordonnance que ce pape fit en faveur des dialogues : « Regulam monachorum discremoines et qui a été rapportée par Baronius en tione præcipuam, sermone luculentam (L. II, l'an 601, apprend qu'il avait lui-même exercé C. XXXVI). » En l'appelant simplement la règle la fonction d'abbé dans son monastère de Saint- des moines, il fait connaître la préférence qu'il André à Rome. « Antractum nos officium, en fait de toutes les autres. Cesaint pape cite enquod in regimine cænobii exhibuimus, infor- core la règle des moines dans une de ses letmat. D

tres, « Si regulam monachorum posse voluisGrégoire de Tours dit que saint Grégoire, set (L. Ix, epist. XLII), » et il la cite sur un artiaprès avoir fondé et richement doté sept mo- cle qui se trouve dans la règle de saint Benoit. nastères, vendit le reste de ses biens et le donna Le soin que ce pape a pris d'écrire la vie enaux pauvres : « Reliqua vendidit cum omni tière de saint Benoît dans ses dialogues, où il præsidio domus et pauperibus erogavit (L. X, ne raconte que quelques singularités mémoHist.). » Ce renoncement général ne se fait que rables des autres, est encore une marque évipour embrasser l'état monastique.

dente de l'estime particulière qu'il en faisait Bède parle encore plus clairement : a Mutato et un fondement suffisant pour croire que dans repente sæculari habitu monasterium petiit les monastères de sa fondation il avait donné (L. XI, c. 1). » Paul Diacre en dit tout autant cours à sa règle (Cap. xliv, lib. 11). Aussi Bonidans la vie de ce saint pape : « Mutato repente face IV, dans son concile tenu à Rome en 610, sæculi habitu monasterium petiit, et ex hujus donne à saint Benoît la qualité de législateur mundi naufragio nudus evasit. »

des moines, « Benedictus monachorum præJean Diacre assure que saint Grégoire prit ceptor, )

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Jean Diacre prouve que saint Grégoire a il l'accuse comme prévaricateur de la règle de suivi les institutions et la règle de saint Benoit son monastère. «Quippe quia ejusdem monapar les images qu'on en envoyait à Rome avec sterii mei semper regula fuerat ut, etc., ) une ceinture fort étroite, par les louanges qu'il quoiqu'il n'ignorât pas que c'était aussi un ara données à cette règle, et par l'observance ticle de la règle de saint Benoît. générale de cette même règle dans tous les 3° Que parlant de la règle de saint Benoit, il monastères fondés dans l'Angleterre par les l'appelle simplement la règle des moines « Redisciples de ce saint pape.

gulam monachorum; » quoiqu'il sût bien qu'il a Porro in exilitate baltei, quæ unius pollicis y avait d'autres règles dans l'Orient et dans mensuram nunquam excedit,speciem propositi l'Occident. Mais comme il n'y avait nulle diregularis olim a sancto Benedicto statuti, cujus versité d'instituts entre les moines, toutes les ipse vitam describens in Dialogo regulam quo- règles leur étaient communes; de même que que laudaverat, eum servasse luce clarius ma- les canons de tous les conciles étaient comnifestat. Præsertim cum idem venerabilis do- muns à tout le clergé. ctor Gregorius sui monasterii monachos Bene- 4° Que le concile romain sous Boniface IV, dicti utique regulis mancipatos in Saxoniam en 610, nomme simplement saint Benoît le lédestinarit (L. IV, c. Lxxx). »

gislateur des moines, sans déterminer un corps Il donne le nom de Saxe à la Grande-Breta- particulier de moines, dont il soit le légisgne, parce que les Anglais et les Saxons, peu- lateur. ples d'Allemagne , l'avaient subjuguée. « Quod 5° Que ce même concile nomme saint Grévero monachi a Gregorio in Saxoniam missi, goire, pape, saint Augustin d'Angleterre , sancti Benedicti regulæ fuerint mancipati: saint Martin, saint Benoît, comme les plus inter alia illud etiam ostendit, quod ex illius éclatantes lumières de l'état monastique, discipulis vix potest in illis partibus monachus sans mettre aucune différence d'ordres entre aliquis inveniri , in quo non in quo non observetur

eux. tamia proposito; quam in habitu regula Be- 6° Que le même Boniface IV, écrivant à Ethelnedicti.

bert, roi d'Angleterre, approuve le désir qu'il Jean Dicems , qui écrivait vers la fin du neu- avait d'entretenir une congrégation de moines vième siècle, parlait le langage de son temps, dans le monastère bâti par Augustin dans quand il disait que saint Grégoire et ses dis- Cantorbéry. « Monachorum regulariter vivenciples étaient dévoués à l'habit, à l'institut et à tium habitalionem, monachorum gregem. » la règle de saint Benoît.

Sans exprimer en aucune façon un instiPendant tout le septième siècle tous les moi- tut particulier, ou une règle plutôt qu'une nes ne faisaient encore qu'un corps et un or- autre. dre, distingué du corps des laïques et de l'or- Enfin, c'est ce qui fait que Bède (L. 1, C. dre du clergé sans être partagé en plusieurs XXXI) parle bien dans son histoire de la fonordres subalternes, par l'affectation de quelque dalion de l'église et du monastère de Cantorhabit particulier, ou d'une règle plutôt que des béry par Augustin, disciple de saint Grégoire; autres. Ce furent les conciles et les évêques de mais que ni là , ni ailleurs dans son histoire il qui les religieux dépendaient alors fort étroi- ne fait nulle mention de la règle de saint Betement, qui donnèrent la préférence à la règle noît, ou de son institut particulier, quoiqu'il y de saint Benoît cause de son excellence au- parle des moines en cent rencontres diverses. dessus de toutes les autres règles, et qui affec- Ce n'est pas que Bède ne connût cette règle, tèrent d'y assujélir plus particulièrement tous et qu'elle n'eût été apparemment apportée par les moines. Cela se fit vers la fin du septième Augustin en Angleterre, et communiquée à siècle et dans le huitième.

son monastère de Cantorbéry. Mais l'usage De là vient: 1° Que saint Grégoire ne s'est n'était pas encore de se distinguer des autres jamais déclaré sectateur, ni de l'institut de saint moines, par l'affectation d'une règle partiEquice, ni de celui de saint Benoît, quoiqu'il culière. ait beaucoup respecté l'un et l'autre; mais il Il est vrai que Bède nous a avertis à la fin de dit simplement qu'il avait pris l'habit et la pro- son histoire (L. I et 11), d'une petite histoire fession monastique.

qu'il avait écrite de son monastère de Viremuth 2° Que condamnant un moine propriétaire, où il avait passé sa vie ; et que cette petite his

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toire ayant été donnée depuis peu au public, ou les règles canoniques, s'ils sont chanoines, nous y apprenons que le premier abbé du mo- ou la règle de saint Benoît, s'ils sont religieux. nastère de Viremuth Benoit Biscope, peu avant «De abbatibus vero vel monachis ita observare sa mort, recommanda à ses religieux l'obser- convenit , ut quidquid canonicus ordo, vel revance rigoureuse de la règle de saint Benoît, gula sancti Benedicti edocet, et implere et surtout dans l'élection de leur abbé. « Ut juxta custodire in omnibus debeant. ) quod regula magni quondam abbatis Bene- Ce règlement ne me paraît pas avoir le caracdicti juxta quod privilegii vestri continent tère du siècle de Pépin et de Charlemagne. S'il decreta, in conventu vestro congregatis per- est véritablement de saint Léger, il faut dire quiratis, qui aptior ad tale ministerium pro- que ce saint prélat ébaucha ce que Pépin betur. »

et Charlemagne achevèrent, de substituer On conclut de là avec beaucoup de probabi- la seule règle de saint Benoît à toutes les aulité que la règle de saint Benoît était aussi tres. beaucoup révérée dans le monastère de Can- Ainsi, il serait encore plus vraisemblable torbéry, où Benoît Biscope avait été aupa- que saint Maur, venant fonder des monastères ravant abbé, et qu'Augustin même l'y avait en France, y aurait apporté la règle de saint apportée. Mais on ne peut insérer de là Benoît. Car quelle apparence qu'un tel discique les monastères d'Angleterre se distin- ple eût négligé d'apporter le chef-d'ouvre de guassent de quelques monastères, ou des mo- son cher maître, et qu'étant envoyé pour fonnastères en général , par la règle de saint der et pour régler des monastères, il eût oublié Benoît, comme par une règle qui leur fût par- d'en apporter la règle? ticulière, ou qui ne fût pas commune, aussi Aussi Charlemagne remonte jusqu'à saint bien que toutes les autres règles, à tous les mo- Martin et à ses disciples, pour trouver des nastères.

moines à qui la règle de saint Rangit *ut pas Je laisse la vie de saint Wilfrid , archevêque encore été proposée, et dorintos 4 d'York, écrite par un de ses disciples, religieux quelle règle ils suivaient. 2 Fogurtekatuna de Cantorbéry, qui dit que ce saint prélat em- regula monachi vixissent in the last nam porta de Cantorbéry à York la règle de saint regula sancti Benedicti in ea tradita fuisset : Benoît après le milieu du septième siècle, cum legamus sanctum Martinum monachum « Revertens cum regula Benedicti instituta Ec- fuisse, et sub se monachos habuisse, qui multo clesiarum bene melioravit. » Je laisse ce que ante sanctum Benedictum fuit. ) Guillaume de Malmesbury fait dire à saint Wil- Pierre Diacre dit bien que Simplice, disciple frid, qu'il a été le premier qui ait fait observer et successeur de saint Benoît , proposa à tous dans le nord de l'Angleterre la règle de saint les moines la règle de saint Benoît : « Regulam Benoît. «Se primum qui sancti Benedicti re- quam suus magister ediderat, publice legengulam a monachis observari jusserit. »Je laisse dam omnibus monachis tradidit; » mais cela les vers de saint Adelme, abbé, puis évêque de se peut entendre de l'Italie, et nous lisons dans Shireburne dans son poème de la Virginité, où, la vie de saint Maur, écrite par Fauste et parlant de saint Benoît, il le fait le premier au- louée par le même diacre, que saint Benoit, teur de la règle monastique. a Primus qui envoyant Maur en France, lui donne une copie nostræ statuit certamina vitæ, qualiter optatam de sa règle écrite de sa propre main. teneant cænobia normam. )

Celte vie, écrite par Fauste, n'est pas tout à On peut voir sur ce sujet la belle et savante fait au gré des critiques. Mais quant à ce point dissertation du père Mabillon dans le tome ir du don que fit saint Benoît de sa règle à son de ses Analectes de laquelle j'ai moi-même cher disciple, pour les colonies qu'il venait beaucoup profité dans la révision de cet ou- établir en France, il n'y a nul sujet de s'en vrage.

défier. Quant à la France, si les canons du synode Paul Diacre dit que les Lombards ayant pillé d'Autun, en 665 ou en 670 sous le saint évêque et ruiné l'abbaye du Mont-Cassin, les moines Léger, étaient d'une autorité incontestable; on se retirèrent à Rome et y portèrent la règle de pourrait dire que dès lors la règle de saint Be- saint Benoît. « Serum codicem sanctæ regulæ, noît y aurait été fortement établie. Ce synode quam præfatus pater composuerat, et quædam

"y ordonne aux réguliers de garder exactement alia scripta , nec non libram panis et mensu

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ram vini, et quidquid ex supellectili recipere Il dit ailleurs que ce ne fut qu'au temps de poterant deferentes (L. IV, c. vi).

Grégoire de Tours, qu'un religieux nommé Constantin , Simplice, Vital et Banet, avaient Donat, passa d'Afrique en Espagne avec succédé l'un après l'autre à saint Benoît. Ce soixante et dix autres religieux, et y fonda le fut sous ce dernier qu'arriva la desolation du premier monastère réglé, parce qu'auparavant Mont-Cassin. Les Français du diocèse du Mans les moines d'Espagne n'avaient été que des eret d'Orléans étant venus révérer les corps de mites ou des solitaires sans voux. saint Benoît et de sainte Scholastique, sa sœur, a Gregorio æqualis Donatus monachus adau Mont-Cassin, les enlevèrent pendant la nuit junctis septuaginta sociis ex Africa venit in et les portèrent en France, où ils bâtirent Hispaniam , et monasterio extructo , monastideux églises magnifiques en leur nom (L. vi, cam vivendi rationem, certis nimirum legibus c. III).

institutisque temperatam invexit primus in Cette dévotion des Français est une preuve Hispaniam , ut Hildephonsus scribit. Monachi que le nom et la règle de saint Benoît avaient enim quorum in actis conciliorum Hispaniæ déjà cours en France. Cent dix ans après la ante hæc tempora mentio extat, aut nulla vodésolation du Mont-Cassin, Pétronax y alla re- torum religione constricti erant, aut per silvas bâtir un monastère par les ordres du pape dissipati vitam exigebant solitariam (L. V, Grégoire II. Le pape Zacharie lui envoya l'au- C. XI). » tographe même de la règle de saint Benoît. Saint Isidore , évêque de Séville, donna ena Insuper et regulam quam beatus pater Bene- suite sa règle à ces monastères d'Espagne, elle dictus suis sanctis manibus conscripsit, paterna y eut un grand cours durant le reste du sepa pietate concessit (L. VI, c. XI).

tième siècle, et peut-être durant tout le huiXVI. Quant à l'Espagne, Mariana dit que la tième, avant que la règle de saint Benoît y pût première fois qu'il y fut parlé des moines, ce passer, et elle y passa peut-être à la faveur de fut dans le concile de Tarragone, l'an 515. a In Charlemagne, à la famille duquel elle doit son eo primum concilig mentio monachorum extat principal établissement dans la France. inter Hispami ironumenta (L. 1, Histor. Hisp. C. VII).

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME.

DES RÈGLES MONASTIQUES SOUS L'EMPIRE DE CHARLEMAGNE.

1. Tous les monastères de l'empire de Charlemagne réunis VIII. Quelle fat la supériorité générale de Benoit, abbé sous la seule règle de saint Benoit.

d'Aniane. II. Nouvelles preuves de cela.

IX. Des abbés qui avaient des celles sous leur puissance. III. Les autres règles monastiques ne furent pas abolies, mais X. Cluny a été la première congrégation sous un abbé géellos furent incorporées, par un supplément qu'on en fit, à néral. celle de saint Benoit.

XI. Dans l'Orient, il y avait aussi des supérieurs généraux des IV. Ce fut l'illustre Benoît, abbé d'Aniane, qui fit ce supplé- monastères. ment de toutes les autres règles.

XII. Il n'y avait point de diversité de règles. Tous les moV. Et qui en fit un capitulaire qui fut inséré dans les capitu- nastères étaient réglés par les canons et les lois. laires de nos rois.

XIII. Nouvelles preuves de cela même. VI. Dans la déroute de la maison de Charlemagne, l'abbé XIV, Des ermites et des reclus. Bernon fonda Cluny, et fut général d'une infinité de monastères réformés, quoique la préséance demeurát toujours à l'abbé du I. Il n'y a pas de doute que sous l'empire de Mont-Cassin, déclaré par les papes abbé des abbés.

VII. Saint Romuald fonda des solitaires, qui portèrent l'état Charlemagne et de ses illustres descendants, la religieux au comble de sa perfection.

règle de saint Benoît n'ait effacé toutes les autres, et n'ait passé pour la règle de tous les ques s'assemblèrent d'un côté pour s'examiner moines en général, comme les constitutions eux-mêmes, en examinant leur régle, c'est-àcanoniques et les décrets des papes et des dire l'évangile, les épîtres de saint Paul, les pères étaient la règle universelle de tout le actes des Apôtres, les canons, les ouvrages des

, clergé.

Pères, et surtout le pastoral de saint Grégoire. Le concile de Francfort, tenu en 794, D'un autre côté les abbés et les plus habiles (Can. XIII, XIV,) ordonna aux abbés de coucher d'entre les moines conféraient sur la règle de dans le même dortoir avec leurs moines, et d'y saint Benoît, pour porter l'état monastique au élire des celleriers exempts d'avarice, selon la plus haut degré de sa perfection. « In alia turrègle de saint Benoit. « Ut abbas cum suis dor- ma consederunt abbates et probati monachi, miat monachis secundum regulam sancti Bene- regulam sancti Benedicti legentes atque tradicti, etc. Tales electi sint cellarii, quales regulactantes diligenter, qualiter monachorum vitam sancti Benedicti docet.

in meliorem statum perducere potuissent. » Nous avons déjà dit que l'évêque Crodo- Enfin ce concile (Can. XI) ordonna que les gangus avait accommodé la plus grande partie abbés observeraient exactement la règle de de la règle de saint Benoît à l'usage de ses saint Benoît. « Secundum doctrinam sacræ chanoines, pour en faire une règle qui leur regulæ Benedicti, quantum humana permittit fut propre. Cela s'était fait sous le roi Pépin. fragilitas. » Les religieuses mêmes n'avaient

Voilà les commencements de cette nouvelle point d'autre règle que celle de saint Benoît. étendue d'autorité pour cette règle. Ce n'est a Quæ vero professionem sanctæ regulæ Benepas que la règle de saint Benoît ne fut connue, dicti fecerunt, regulariter vivant. Sin autem admirée et respectée depuis plus d'un siècle canonice vivant, etc. (Cap. XI). )

XIII» dans l'Italie, dans la France et dans l'Angle- Nous montrerons dans un chapitre à part, terre. Mais elle n'était pas encore montée à ce que toutes celles qui n'étaient pas religieuses suprême degré d'autorité, d'être la seule

règle de saint Benoit, étaient simplemer dh des moines, dont les autres règles ne fussent nesses séculières, sans vous profession. plus que les suppléments.

II. Le concile II de Reims Can. NW).Jfut Ces commencements aussi étaient encore un tenu la même année det.on ut aussi le peu flottants, car le même empereur Charle- pastoral de saint Grégoire pour les évêques, les magne, entre plusieurs doutes qu'il proposa à canons pour les chanoines et la règle de saint résoudre aux évêques et aux doctes de ses Etats, Benoît pour les religieux. «Lecti sunt canones, en 811, n'oublia pas ceux-ci, s'il pouvait y avoir ut quisque canonicus legeret vitamque suam des moines sous une autre règle que celle de minime ignoraret, » saint Benoît, et s'il y avait des moines dans la C'était là le lieu et le temps de lire la règle France avant que la règle de saint Benoit y eût de saint Augustin, si les chanoines de ce tempsété apportée.

là y eussent eu quelque rapport, comme on y a Utrum aliqui monachi esse possint, præter lit la règle de saint Benoît pour tous les moines. eos, qui regulam Sancti Benedicti obser- a Lecta est regula sancti Benedicti, ut ad mevant, etc. Qua regula monachi vixissent in moriam reduceretur abbatibus, qualiter se et Gallia, priusquam regula sancti Benedicti in suos secundum eamdem regulam gubernare ea tradita fuisset, cum legamus sanctum Marti- valerent. » num et monachum fuisse, et sub se monachos Le concile III de Tours (Can. XXI), de la habuisse; qui multo ante sanctum Benedictum même année 811, rétablit l'observance relifuit (Anno 811. Concil. Gall. p. 261, 263). gieuse de la même règle dans tous les monas

La règle de saint Benoit était donc la seule tères où elle avait été autrefois, présupposant qui dominait alors, en sorte qu’on avait pres- que ceux où elle n'avait jamais été pratiquée, que perdu le souvenir des règles de saint étaient plutôt des monastères de chanoines. Colomban, de saint Aurélien, de saint Césaire, « Monasteria monachorum, in quibus olim et de tant d'autres. On ne doutait pourtant pas regula beati Benedicti conservabatur. ) qu'il n'y eût eu en France des moines avant le Cela est encore plus évident dans le 11° contemps de saint Benoît, et sous une autre règle cile de Châlons, tenu la même année 811 (Can. que la sienne.

XXII), où il est dit que tous les moines de cette Au concile de Mayence, tenu en 811, les évê- province étaient dévoués à la règle de saint

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