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baromètre et un thermomètre enregistreurs, un appareil spécial pour la photographie en ballon, tous les outils d'essai et de construction aérostatiques.

Enfin une réduction au 1/100 d'un ballon lumineux pour la transmission des signaux, avec son câble électrique et son commutateur à touches.

J'arrive à la salle du génie, où, pour la première fois, nous rencontrons des instruments de science.

Ils sont fort nombreux; malheureusement tous, à part deux, sont connus, et même dans leur construction ne présentent aucune nouveauté saillante. Je le signale, non point pour diminuer leur valeur, mais pour marquer ce qui sera un peu la note d'ensemble de toute cette revue, à l'endroit des appareils de sciences : l'arrêt.

J'énumère en suivant le catalogue :

Pellicule photomicroscopique, réduction au 1/45000 du texte.

Pigeon voyageur avec mode de fixation des tubes renfermant les dépêches; chaque tube peut contenir 20 pellicules, soit 1 225 ooo lettres de texte.

Un modèle à l'échelle de 1/10 d'un magasin à poudre pour explosifs, avec système complet de paratonnerres. Les murs et la toiture sont à triple paroi en litholignite.

Un modèle à l'échelle de 1/50 du magasin précédent, avec les terrassements prescrits par la loi.

Trois aigrettes de paratonnerres, système Closset.
Onze modèles de torpilles.

Trois appareils destinés à la vérification des amorces, savoir : un galvanoscope Van Noorbeek; un de Gaiffe ; un d'essai à trois bornes.

Un appareil (machine Ducretet) pour le même objet.

Dix-neuf machines, appareils et piles pour la mise de feu aux fourneaux de mine, savoir : piles à auges, dites de campagne, simples (ancien et nouveau modèle), double (ancien modèle); pile plongeante (dite pile d'Arras), de

Siemens et Halske, de Trouvé, de Bunsen; une pile française à renversement.

Une batterie Sylvertown, une Leclanché, à agglomérés.

Machines de Gramme, de Ducretet, de Bornhardt, de Ladd, de Burzin, de Siemens.

Une bobine de Ruhmkorff avec interrupteur Foucault. Deux coups-de-poing Breguet de modèles différents.

Échantillons divers des conducteurs employés pour la mise de feu aux fourneaux terrestres et aux mines noyées.

Un manomètre enregistreur des pressions, pour l'étude et l'essai des poudres et des explosifs.

Un chronographe Leboulengé spécial, pour la mesure des vitesses de combustion et de détonation des poudres et des explosifs, avec règle graduée et disjoncteur.

Un dispositif de champ de tir pour déterminer la vitesse initiale des projectiles, au moyen du chronographe Leboulengé, par le lieutenant-colonel Baesens.

Un spectroscope de laboratoire avec trois brûleurs Bunsen.

Ajoutons : un galyanomètre de Siemens, un de Nobili et un de Mascart, une boussole différentielle, un galvanomètre différentiel de Siemens; un pont de Wheastone portatif pour la vérification des paratonnerres.

Les deux appareils nouveaux sont le télémaréscope de Flamache et le manomètre enregistreur des pressions pour l'essai des poudres et des explosifs.

Le télémaréscope de Flamache se compose d'un cylindre d'ébonite commandé par la chaîne d'un flotteur. Le diamètre du cylindre et celui de la poulie dans laquelle passe la chaîne sont calculés de telle manière qu'à une hausse ou à une baisse donnée du niveau de la mer ou du fleuve réponde tel angle de rotation du cylindre. Celui-ci est armé de génératrices en cuivre, distantes l'une de l'autre de façon que le passage de l'une à l'autre corresponde à 25 centimètres de variation dans le niveau. Il y aura donc, pour deux ou trois mètres de différence

entre la haute et la basse mer, 8 ou 12 génératrices. Ceci c'est l'expéditeur.

Le récepteur ou l'enregistreur compte autant d'électroaimants qu'il y a de génératrices, et le frotteur adjoint au cylindre établit, à point voulu, la communication entre chacun d'eux et la génératrice correspondante. On voit d'ici la complication! Le télémarégraphe, exposé en 1885 par Schubart de Gand, était incomparablement plus simple : sur un seul enregistreur, avec un seul électroaimant, il écrivait les hauteurs de marée en vingt points différents du littoral. Les frères Richard en ont un plus simple encore.

Quant à l'enregistreur des pressions, voici ce qu'on en peut voir : le cylindre d'enregistrement avec son diapason chronométrique; un gros mortier d'acier; des éprouvettes, des coussinets, des bouchons, un microscope pour la lecture des tracés : c'est tout. Comment tout cela s'emboîte et fonctionne, au visiteur de le deviner.

J'ai essayé. J'imagine que dans le creux du gros mortier on met l'explosif ou la poudre, qu'on ferme la cavité par un bouchon mobile armé d'une tige à stylet et maintenu par un ressort énergique. On fait éclater la poudre, le piston est projeté, le stylet marque... Est-ce cela?

Je me le demandais quand m'est tombé sous la main le catalogue de la maison Golaz de Paris. Il m'a appris que cet enregistreur porte le nom de MM. Sarrau et Vieille qui l'ont imaginé ; il m'en indique les divers organes en une trentaine d'articles ; à côté de chacun d'eux il marque très scrupuleusement les prix ;... mais ici, de nouveau, comment tout s'emboîte et fonctionne, à l'acheteur de deviner! Il faut avouer qu'ainsi conçus, expositions et catalogues servent peu à la diffusion des sciences.

La compagnie des télégraphistes exposait tout l'outillage des télégraphes et des téléphones de campagne : très curieuses les brouettes dérouleuses de câbles ; très curieux aussi les quadricycles pour voie ferrée et destinés au trans

port rapide de deux hommes, chargés des missions les plus diverses, même de faire sauter la ligne. Imaginez deux bicycles posés l'un sur le rail de gauche, l'autre sur le rail de droite, mais conjugués par les essieux des deux roues. Les essieux sont à extension variable et peuvent donc s'adapter aux divers écartements des voies. Ils portent d'ailleurs une manière de plancher sur lequel les deux cyclistes peuvent charger leurs outils, leur dynamite, leurs amorces et même un coup-de-poing Breguet qu'ils feront jouer au moment voulu en revenant au camp. L'appareil est fort maniable ; son poids total, malgré l'extension donnée au bandage des roues, n'est que de 95 kilogr. ; il peut atteindre des vitesses de 15 à 20 kilomètres à l'heure.

Plus loin, tous genres d'appareils pour la correspondance par signaux optiques. Une installation complète des projecteurs Maugin. Une première voiture porte la chaudière, la machine à vapeur et la dynamo ; une deuxième voiture porte les câbles, la bobine dérouleuse, et à l'arrière le projecteur. Pendant la durée de l’Exposition, des expériences ont été faites; un projecteur a été installé au sommet du palais des Beaux-Arts, sur un des grands socles qui attendent encore leurs quadriges et leurs génies ailés. De là, le soir, il lançait au loin son immense faisceau de lumière. Le spectacle était saisissant et grandiose : cette colonne blanche éclatante, traversant la nuit noire, et balayant lentement l'horizon qu'elle illuminait de ses clartés prestigieuses.

Parmi les engins de mort accumulés dans la section militaire, deux méritent d'être signalés. Une grosse sphère en acier, pouvant contenir 100 kilogrammes d'explosif, mise à feu par une étincelle électrique. Une série de ces sphères, mises en ligne en travers d'un fleuve, y constituent un barrage formidable. De loin un artilleur observe la passe, et quand le navire ennemi est à hauteur, il ferme le courant et les sphères éclatent.

Ensuite une torpille de Whitehead. Le catalogue la. décrit très sommairement : « Engin pouvant être dirigé contre les navires avec une vitesse de 30 noeuds. Peut contenir 40 grammes d'explosif détonant au contact. Se meut sous la surface de l'eau à profondeur voulue. Peut fournir un trajet de 12 mètres.On découvre presque tout cela dans ce grand fuseau d'acier. Sa pointe d'avant est armée du détonateur à percussion, et l'on devine les 40 grammes de dynamite dans la première moitié du monstre. Vers le milieu, on soupçonne un mécanisme destiné à mouvoir les hélices d'arrière. On m'assure que le moteur est de l'air comprimé; un taquet en saillie, renversé à la sortie du tube projecteur, déclanche le mouvement. Le tube projecteur n'est pas exposé ici, mais on en peut voir un premier dans l'exposition du Creusot, un second dans l'exposition de la Compagnie française des métaux, dont nous aurons à parler plus tard.

L'établissement de la profondeur où l'on veut que la torpille dirige sa course doit être, ce me semble, une question de densité, peut-être de direction. Mais je me demande pourquoi les navires ne pourraient pas approfondir leurs filets protecteurs. Il se pourrait fort bien alors que la torpille n'éclate point, car la tête en croix du détonateur est d'un diamètre très inférieur à celui des mailles.

Devant tous ces appareils ingénieux, où se concentre tant de science et d'industrie, l'esprit se distrait de la guerre ; voici, pour le rappeler à l'ordre, les ambulances, les brancards, les voitures de pharmacie, les instruments de chirurgie, les attelles !.. Une vision de sang et de mort passe. On entend des cris et des râles, et au loin le sanglot désespéré des mères !

Bella, horrida bella,
Et Tibrim multo spumantem sanguine cerno !

Cette exposition de l'armée belge termine la galerie gauche et conduit à une sortie, où l'on a reconstitué

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