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reproduit, date de 1886. M. Chabot décrit ce manuscrit et fait ressortir l'antiquité de la version syriaque. Les exégètes pourront s'exercer sur ce commentaire, dans lequel le quatrième évangile est inséré presque tout entier, verset par verset. C'est un témoin relativement ancien du texte. De quel texte ? Du texte grec, ou de la Peshita ? C'est ce qui reste à examiner. A noter que l'histoire de la femme adultère manque dans les deux manuscrits.

Les prétendus 104 canons du IVe concile de Carthage de l'an 398, par M. le chanoine PETERS, professseur au GrandSéminaire de Luxembourg (pp. 220-231). - Ces canons, qui se trouvent dans toutes les grandes collections de conciles (par exemple Hardouin, I, 975), ont été publiés par les Ballerini sous le titre de Statuta ecclesiae antiqua.

L'attribution au IVe concile de Carthage est-elle fondée ? Les avis sont très partagés, et l'historien des conciles, Mer Hefele, a plusieurs fois changé d'opinion. M. Peters démontre, après les Ballerini, que les canons ne sont pas d'origine africaine. D'où viennent-ils donc ? Ce n'est pas des Gaules, comme l'a pensé Loening, mais d'Espagne. Le symbole de foi, qui est une condamnation des Priscillianistes, et certains statuts disciplinaires qui cadrent parfaitement avec la situation particulière de l'Espagne au ve siècle le prouvent assez. Mais comment donc les manuscrits espagnols sont-ils seuls à revendiquer ces canons pour le quatrième synode de Carthage ? M. Peters est d'avis qu'il s'agit non de Carthago en Afrique, mais de la provincia Carthaginensis, qui avait pour métropole la Nouvelle-Carthage.

Après la destruction de cette ville, en 425, on voulut garantir contre les prétentions de Tolède l'existence de l'ancienne province ecclésiastique. Les 104 canons furent promulgués sous cette enseigne.

Le catholicisme en Arménie, par M. l'abbé Pisani, professeur à l'Institut catholique de Paris (pp. 232-249). - On sait la place importante que tiennent les Arméniens parmi les peuples chré. tiens d'Orient. M. Pisani, en quelques pages instructives, résume l'histoire du schisme qui les tient séparés à la fois de l'Église catholique et de l'Eglise grecque, et donne un aperçu de l'état de la fraction catholique des Arméniens. Inutile d'insister sur l'actualité de cette étude au moment où le Souverain Pontife multiplie ses efforts pour ramener à l'unité les dissidents orientaux.

Les obstacles à l'union sont de plus d'une sorte. Il y

d'abord le préjugé qui confond l'idée patriotique avec l'idée religieuse. Il y a aussi la haine des Latins, regardés comme les adversaires de la liturgie nationale. Il n'y a pas à le nier, les excès de zèle d'un certain nombre de missionnaires latins qui, au lieu de voir dans les liturgies orientales des restes précieux de l'antiquité, les ont considérées comme des manifestations de l'esprit schismatique, ont gravement compromis l'æuvre d'union qu'ils poursuivaient. On comprend dès lors la conduite des derniers papes qui se sont particulièrement intéressés aux Orientaux, Benoît XIV, Pie IX et Léon XIII, qui ont tout fait pour leur ôter les dernières répugnances que la question de rite pouvait faire naître.

Le Concile tenu à Séleucie-Ctésiphon en 410, par Mgr J.-T. LAMY, professeur à l'université de Louvain, membre de l'Académie royale de Belgique (pp. 250-276). – L'auteur de ce mémoire, qui pour le dire en passant, a été l'un des plus actifs promoteurs du Congrès, avait publié en 1868 le texte syriaque du concile de Séleucie-Ctésiphon. La publication ne passa point inaperçue. Plusieurs savants n'émirent aucun doute sur l'authenticité du texte. D'autres, parmi lesquels le Dr Pusey, ou un des siens, montrèrent moins de confiance. Il est vrai que “ l'abbé Darras, au tome XII de sa grande Histoire de l'Église, donnait le symbole et le résumé des Canons de Séleucie comme un monument de très grande valeur ». On est étonné de voir Mgr Lamy citer, en faveur de l'authenticité de son concile, le jugement d'un homme qui, suivant un mot de feu de Rossi, avait le culte de l'apocryphe. En tout cas, le savant professeur a bien fait de réunir de nouveaux arguments pour prouver l'authenticité du texte. Ce n'est pas le lieu ici de nous mêler à la discussion. Pourtant, il est un point sur lequel nous avouerons sans détour n'avoir pas trouvé d'explication assez satisfaisante. C'est le symbole, où le Filioque est clairement exprimé, et qui serait de l'année 410. Mgr Lamy démontre, par de nombreuses citations, que les Syriens ne rejetaient pas la procession du Saint-Esprit a Filio, qu'il leur est arrivé même de l'énoncer d'une façon assez explicite. Cela ne sera pas sérieusement contesté. Mais il s'agit de savoir s'il est croyable que ce dogme fût exprimé formellement dans un Symbole dès l'année 410. C'est une question bien différente.

Les prêtres pénitenciers romains du Ve siècle, par

M. l'abbé PIERRE BATIFFOL, aumônier de Sainte-Barbe à Paris. (pp. 277-290). --- M. l'abbé Batiffol se propose d'étudier le développement de l'institution pénitentielle depuis les origines jusqu'au ixe siècle. Dans son mémoire, il s'occupe d'une phase du développement de la judicature presbytérale en matière de pénitence par opposition à la judicature épiscopale dont la judicature presbytérale dépend ainsi bien en fait qu'en droit. Le point de départ est un passage du Liber Pontificalis tiré de la notice du pape Simplicius († 483), autour duquel viennent se grouper les principaux textes classiques. L'auteur constate à Rome, au ve siècle, la coexistence d'une double judicature : celle des prêtres penitenciers et celle de l'évêque. La première est secrète dans sa procédure comme dans ses peines. La seconde est publique. La judicature secrète paraît avoir été exercée par un nombre considérable de prêtres, plusieurs par paroisse. Elle est établie non seulement pour les péchés légers, mais aussi pour les péchés graves, et tous les fidèles sont invités à y recourir. Le prêtre reçoit l'aveu secret des fautes et fixe la satisfaction. A l'évêque appartient, sauf en cas de nécessité, l'absolution ou réconciliation. La judicature publique, avec ses règles strictes, tend à devenir exclusivement un instrument de vindicte et de peine. La judicature secrète est un ministère spirituel et de grâce.

Les collectories de la Chambre apostolique vers le milieu du XVe siècle, par Már KIRSCH, professeur à l'Université catholique de Fribourg (pp. 291-296).- Les agents financiers chargés de recueillir les impôts dus à l'Église romaine dans les différents pays du monde chrétien portaient le nom de collectores. Le territoire assigné à chacun d'eux s'appelait collectoria. Mer Kirsch donne quelques détails sur la perception des taxes et l'administration financière du Saint-Siège, et publie, d'après un ms. du Vatican (série des Collectoriae, n. 114), la liste des collecteurs apostoliques en fonction vers le commencement du pontificat d'Urbain V.

Une doctrine spéciale des mystiques du XIVe siècle en Belgique. Ruysbroeck et la «Vie commune, » par M. l'abbé AUGER, professeur au Séminaire de Bonne-Espérance (pp. 297304). — Le titre de ce mémoire en dit assez le sujet. C'est une analyse, d'après les auvres du célèbre mystique brabançon, de ce qu'il appelle “ het ghemeyne leven ,, la vie commune, opposée à la vie de l'égoïste, de l'homme en qui l'amour-propre seul domine.

Saint Bernard et la réforme cistercienne du chant grégorien, par M. l'abbé VACANDARD, aumônier au Lycée de Rouen (pp. 305-309). - Le savant historien de saint Bernard aborde ici une question très spéciale qui se rattache à son sujet. Les fondateurs, désireux d'imposer à leurs maisons l'uniformité du chant, avaient consulté l'église de Metz qui passait pour avoir gardé intacte la réforme grégorienne. Le chant messin leur parut profondément altéré. On remit donc à plus tard la réforme projetée. Peu après la mort d’Étienne Harding, le chapitre général chargea de l'entreprise l'abbé de Clairvaux. Celui-ci s'adjoignit des collaborateurs, parmi lesquels il faut citer surtout Guy, plus tard abbé de Cherlieu en Bourgogne, le principal auteur du traité De Cantu attribué souvent à saint Bernard luimême. M. Vacandard juge assez sévèrement la réforme cistercienne du chant. Il conclut néanmoins que, malgré des retouches maladroites, ce chant reste encore essentiellement grégorien.

Le chant liturgique dans les inscriptions romaines du IVe au IXe siècle, par Mer A. DE WAAL, recteur du Campo Santo Tedesco à Rome (pp. 310-317).- Treize inscriptions pour un espace de six siècles, ce n'est pas une moisson très abondante, et ce n'est pas là qu'il faut aller se renseigner sur le développement du chant liturgique. La troisième de ces inscriptions semble même devoir être exclue de la série, car la phrase Laeta Deo plebs sancta canat... n'est qu'une formule poétique pour animer à la joie. Les commentaires de l'auteur renferment de précieux détails sur la matière, et les vieux textes les plus intéressants relatifs au chant liturgique s'y trouvent réunis.

La formation des mélodies grégoriennes, par M. WAGNER, professeur à l'Université catholique de Fribourg (pp. 318-335).

L'auteur s'attache d'abord à étudier les intervalles dont se composent les mélodies grégoriennes. Il s'occupe ensuite de la composition des mélodies, et des limites entre lesquelles elles se meuvent. Les chants exécutés d'acord par le peuple entier ne pouvaient dépasser la moyenne commune de toutes les vois. La troisième partie renferme une série de remarques sur la finale, le début et les parties intermédiaires des mélodies. M. Wagner insiste sur les erreurs inévitables d'une théorie non basée sur l'analyse des chants existants. Elles ont influé à leur tour sur la forme des mélodies par les corrections qu'elles ont fait introduire. Pour l'usage des lecteurs de langue française, il

eût fallu traduire les noms des notes de la gamme, que les Allemands désignent par les lettres de l'alphabet.

Les procès-verbaux des séances mentionnent plusieurs communications verbales, parmi lesquelles le magnifique discours de Me Keane, que l'on trouvera dans le premier volume du Compte rendu, et le rapport de M. l'abbé Graffin, professeur à l'Institut catholique de Paris, sur la Patrologie syriaque (PATRO

SYRIACA, accurante R. Graffin. Paris, Firmin-Didot, tom. I, II, Aphraatis Demonstrationes). Nous tenons à signaler cette importante publication, fruit d'un long et pénible labeur, et qui a sa place marquée dans la bibliothèque de tout homme qui s'intéresse à la littérature chrétienne.

LOGIA

HIPP. DELEHAYE, S. J.,

Bollandiste.

ANTHROPOLOGIE

ET SCIENCES NATURELLES.

Les sciences naturelles et surtout l'anthropologie ont occupé une place importante au Congrès scientifique international tenu à Bruxelles en septembre 1894. Ces deux ordres de connaissances ont bien des points communs; telle question de physiologie cérébrale classée dans le premier aurait eu des titres égaux à prendre rang dans le second. Les théories évolutionnistes, objet d'importantes dissertations dans la huitième section du Congrès (Anthropologie), ont été discutées également dans la septième (Sciences naturelles); et ļa distinction fondamentale entre la connaissance sensible, apanage de l'homme comme de l’animal, et l'intelligence éclairée par la raison, privilège de l'homme seul, a été envisagée à des points de vue assez analogues dans l'une et l'autre section.

Il se trouve ainsi, par une coincidence non cherchée, fortuite, quoique de fait assez naturelle, que les auteurs de mémoires sur des sujets différents se sont rencontrés sur ce dernier point, y arrivant par des voies fort distinctes.

En cet état, il nous a paru qu'il y aurait intérêt à grouper les

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