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de s'en défaire par le meurtre. Ce prince , l'eut couché près d'elle dans la pierre du impitoyable, accompagné de gens arnés, mausolée qu'il lui avait fait élever au se rendit à Coimbre, où demeurait Inès, couvent d'Alcobaça. dans le palais de Sainte-Claire (1355). L'histoire d'Inès a été conservée par le Les uns disent qu'Inès fut assassinée sous chroniqueur Fernand Lopes, surnomme ses yeux, en vain défendue par les larmes le Froissard portugais, qui écrivait vers de ses beaux enfants dont elle était en- 1434, et dont l'ouvrage, longtemps 03tourée; d'autres rapportent qu'Alphonse, blié, a été reproduit dans le recueil intitouché de ce spectacle, s'éloigna en par- tulé : Collecçao de livros ineditos de donnant, mais qu'Inès tomba sous le fer historin portugheza, etc., Lisbonne, des conseillers d'Alphonse, qui la tuèrent | 1790. Fernand Lopès n'a point parle da comme des bouchers, et dont lui-même couronnement du cadavre : c'est un fant sembla accepter le crime, car il ne le pu- raconté, d'après la tradition et les ronit pas. L'époux d'Inès prit les armes et mances, par Duarte Nunez de Liao, ecriosa demander compte à son père et à son vain de la fin du xve siècle, qui a mpie roi du sang si lâchement versé. Dans ce et arrangé la chronique de Fernand Lotemps, une sæur d'Inès, Jeanne de Cas- pès. M. Ferdinand Denis a donné, dans tro, séduite par un autre Don Pedre, ce ses Chroniques chevaleresques de l Esroi d'Espagne surnommé le Cruel, était pagne et du Portugal (1839), up extrait devenue son épouse. Leur frère Fernand de ces documents. « Ce serait presque était dans la confiance intime de Don l'æuvre d'un laborieux bibliographe, ditPedre-le-Cruel. La Chronique rimée de il, que de rappeler, mème sommairement, Du Guesclin, récemment imprimée d'a

tout ce qui a été écrit sur Inès de Castro. près un manuscrit de la Bibliothèque Poëmes, romans, nouvelles, drames, traroyale, donne sur ceci de curieux détails. gédies, et jusqu'aux coplas de la romance Fernand de Castro et Don Alvarez Pirez populaire, toutes les formes litteraires et de Castro, frères d'Inès, se joignirent à poétiques se sont épuisées sur cette grande son époux pour ravager les domaines des catastrophe. » Aussi Inès de Castro doitgrands seigneurs qui avaient commis elle sa renommée à la poésie bien plus crime. Mais c'était leur vie qu'il fallait à qu'à l'histoire; sa vie offre un roman fort Don Pèdre, et quand il monia sur le stérile en considérations politiques, mars tròne, en 1357, il fit périr , dans d'ef- fécond en émotions tendres et douloufroyables tortures, Pero Coelho et Alvaro reuses. Parmi les poētes portugais qui ont Gonçalez, qui s'étaient réfugiés dans les traité ce sujet national, nous sommeétats de Don Pedre-le-Cruel, et que ce- rons seulement l'un des plus anciens et lui-ci lui livra.

des plus illustres, Antoine Ferreira rog., L'amour passionné de l'époux d'Inès auteur d'une tragédie qui passe pour un ne se contenta pas de cette réparation des chefs-d'auvre de la littérature porsanglante : au supplice des meurtriers

tugaise, et que sa date place, avec la sua succéda le triomphe de la victime. Les fonisba du Trissin, parmi les premiers restes d'Inès furent exhumés, et le cada- monuments du théâtre moderne. Lechaovre, revêtu des ornements royaux, ceint tre des Lusiades doit à cette tranque du diadème de Portugal, reçut les hom- histoire ses vers les plus touchants. Votre mages de la cour et des États assemblés. propre théâtre lui doit aussi l'Inés de Ensuite, Don Pedre fit transporter Inès Castro de Lamotte, tragedie dont l'iso de Coimbre à Alcobaça, l'espace de 17 mense succès alleste le bonheur du sujel, lieues, environnée d'un cortege royal et beaucoup plus que le talent du porte. Oa funèbre. Toute cette pompe étrange, mê- a joué, de nos jours, mais avec un succes lée de deuil et d'amour, éiait, de la part moins brillant, une autre tragedie sur le de Don Pedre, une satisfaction donnée, même sujet, Pierre de Portugal, par moins encore à la colère qu'à la tendresse : M. Lucien Arnault.*

M.A. la fin tragique d'Inès n'avait fait qu'exal

(*) L'exhumation d'Inès de Castro ext 2 ter sa passion, et il ne cessa de pleurer le sujet d'un tableau estime de M. le comte de celte épouse chérie que lorsque la mort Forbia. Mog. son article.

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IN EXTENSO, expression latine en résulta des contlits qui n'agitèrent qu'on emploie aussi en français et dans longtemps que les classes éclairées, alors les autres langues modernes, pour dire peu nombreuses ; mais, lorsque la redans toute son étendue. Donner com- naissance des lettres et la découverte de inunication d'une pièce in extenso, c'est l'imprimerie eurent davantage répandu la faire connaitre dans toute sa teneur, les lumières , ils devinrent le sujet de la sans l'abréger ni la résumer. X. discussion générale, et enfantèrent bien

INFAILLIBILITÉ, qualité de celui tôt les doctrines de la réforme, qui ne peut jamais faillir, c'est-à-dire se Plus d'un réformateur, sans doute , tromper ou errer; mot qui résume ad- voulut d'abord substituer sa propre inmirablement loutes les audacieuses pré- faillibilité à celle de l'Église qu'il comtentions de l'orgueil humain. Car ce n'est battait; mais en définitive le véritable pas pour exprimer l'une des perfections priucipe du protestantisme fut de ne rede l'Être-Suprême qu'il a été inventé : connaitre d'infaillibilité que dans la paon ne dit pas l'infaillibilité de Dieu, parce role de Dieu (voy. Bible et INSPIRATION). qu'il n'est jamais venu dans la pensée de Telle avait été probablement aussi la penpersonne que celui qui voit tout, qui sée primitive de l'Église catholique. Mais sait tout, pût être sujet à l'erreur. Mais avec l'organisation compliquée de sa biél'homme, tout fier des moindres conque- rarchie , elle fit du clergé une puissance tes de son intelligence, est facilement en- usurpatrice tendant sans cesse à substiclin à oublier la fragilité de sa nature; tuer ses innombrables règlements tempod'une autre part, le doute l'irrite ou l'ac- i rels aux quelques articles de foi fondacable, et sa faiblesse cherche un appui mentaux dont elle avait voulu l'établir dans ce fantôme d'autorité infaillible. En gardien. religion surtout, ce principe offrait des Ce principe d'autorité absolue a forteavantages trop séduisants pour être né- ment contribué à la puissance et à la gligé : lui seul pouvait forcer tous les es. grandeur de la foi catholique. Considéré prits à l'unité de croyance et de culte. sous ce rapport, il a eu sans doute son Aussi a-t-il été la base sur laquelle s'est utilité, et il est encore aujourd'hui l'anélevée toute l'organisation catholique du cre de salut auquel se rattachent les partichristianisme. L'infaillibilité du pape ou sans de l'unité en matière de religior, des conciles était absolument nécessaire Mais la doctrine du libre examen le repour étouffer dans leurs germes toutes jette comme un obstacle au progrès, les velléités d'indépendance qui pouvaient comme tout-à-fait incompatible avec menacer d'apporter la division dans l'É- } la liberté de l'homme. Or, sans celleglise. C'était la clef de voůle de l'édifice, ci, comment admettre la responsabilité et elle fut si solidement placée, qu'il a sur laquelle repose tout l'ordre moral et fallu bien des siècles pour l'ébranler. religieux ?

J. Cu. Cependant, une fois l'opinion admise INFAMIE, INFAMANT. On enque l'infaillibilité pouvait résider dans un tend par le premier de ces mots (infamia, homme ou dans une assemblée, la con- de fama, réputation, avec l'in privatif) séquence la plus immédiate qui se pré- une flétrissure imprimée à l'honneur sentait naturellement était que cette in- d'une personne, soit par la loi, soit par faillibilité pouvait également résider dans l'opinion publique. On nomme infamant un autre homme ou dans une autre as- ce qui entraîne infamie. En France, les semblée. Et de là il n'y avait qu'un pas à peines criminelles sont ou afflictives et faire pour arriver à lui opposer l'infailli- infamantes, ou seulement infamantes. Les bilité individuelle. D'ailleurs, au milieu peines afflictives et intamantes sont énumême de ces siècles d'ignorance où la foi mérées dans l'article 7 du Code pénal, de aveugie n'était qu'une espèce d'obéissance la manière suivante : 1° la mort; 2° les passive, l'Église ne parvint jamais à déci- travaux forcés à perpétuité; 3° la déporder d'une manière bien satisfaisante si tation; 4° les travaux forcés à temps; 5° son infaillibilité appartenait aux conciles la détention; 6° la réclusion. Cet ordre ou bien à la seule personne du pape. Il | indique leur gravité relative. Les peines seulement infamantes sont : 1° le ban- | Beauharnais, empêchèrent que cette ses nissement; 2° la dégradation civique. tence ne fût en effet prononcée. En 1808, L'effet infamant des peines afflictives et le duc de l'Infantado accompagna Fer. des peines infamantes consiste dans la dinand VII à Bayonne, signa, le 7 juillet perte de l'honneur politique et civil, et 1808, la constitution que Napoléon avait dans celle du plein exercice des droits ci- préparée pour l'Espagne, et entra comme viques et des droits civils et de famille. colonel dans les gardes du roi Josepha. L'iofamie, comme les autres peines, est Mais il se démit bientôt de ses places, er personnelle, et n'atteint point la famille appela la nation aux armes contre la du condamné (loi du 21 janvier 1790). France. Napoléon le proscrivit comme Voy. PEINES.

E. R. traitre, le 12 novembre 1808. En 1809, INFANT, INFANTE (du latin infans, placé à la tête d'un corps d'armée espaenfant), titre d'honneur que l'on donne gnol, il fut battu deux fois par le general encore en Espagne et en Portugal aux Sébastiani, et ayant, malgré sa bravoure, princes puines de la maison royale, perdu son commandement avec la confianl'héritier présomptif de la couronne ce de la junte supérieure, il se retira a Seportant un titre spécial : en Espagne, ville. En 1811, les cortès le dommerent celui de prince des Asturies (vor.); président du conseil d'Espagne et des dans le Portugal, c'était celui de prince Indes et le chargerent d'une mission eidu Brésil. Il serait bien difficile d'assi- traordinaire auprès du prince regent gner l'époque à laquelle le titre d'infant d'Angleterre. En juin 1812, il revint à s'introduisit en Espagne; il parait cepen- Cadix, et en 1813, après le départ des dant certain qu'il y était déjà usité au xio Français, il se rendit à Madrid; mais la siècle de notre ère. C'est suivant le même junte lui intima l'ordre de quitter la caordre d'idées qu'un fils de noble s'appelle, pitale, comme un des chefs du parti des en allemand, ein Junker, jusqu'au mo- serviles. Alors Ferdinand VII l'appela ment de son mariage.

L. L-T. auprès de lui, le nomma president du INFANTADO (duc de L'), grand conseil de Castille et le traila avec une d'Espagne de 15e classe et d'une illustre faveur toute particulière. Après le reiafamille, en faveur de laquelle le duche blissement de la constitution, en 1820, le fut érigé en 1475, et aflecté à une sei- | duc de l'Infantado résigna ses fonctions et gneurie de la Castille qui prit le nom de se retira dans sa terre, près de Madrid, d'ou l'Iofantado, parce qu'eile avait été jadis il fut exilé à Majorque. En 1823, il fut un apanage des infants d'Espagne. Le der- appelé à la présidence de la régence in nier titulaire naquit en 1773, et fut élevé stituée à Madrid par les Français peoen Frauce sous les yeux de sa mère, qui daut la guerre; et au mois d'aoû, cooétait une princesse de Salm-Salm. Dans jointement avec son collègue, le prelat la guerre de 1793, il leva en Catalogne Victor Saez, il remit, à Puerto-Santa. un régiment à ses frais, et son aversion Maria , le gouvernement au roi, qui le pour le favori du roi Charles IV (voy. nomma membre du conseil d'état. Le duc Govoi) lui valut l'intimité du prince des conçut alors le plan de l'organisation des Asturies (voy. Ferdinand VII); mais, régiments des gardes, et il employa sos en 1806, Godoi obtint contre lui un or- crédit à trouver la somme de 100,000 dre d'exil, ce qui le lia encore d'une ma- Porins dont Ferdinand VII avait besoin nière plus étroite avec le prince. Ferdi- pour faire, en 1824, le voyage d'Arannand le designa, en 1807, pour le poste juez. L'année suivante, il remplaça M. Zea de capitaine general de la Nouvelle-Cas- ou Cean-Bermudez à la tête du ministere. uille, en cas de mort du roi son père. Il transforma la junte deliberative de son Impliqué dans le procès de l'Escurial, le prédécesseur en un conseil d'etat ; nams procureur général du roi demanda la ayant à lutter contre les intrigues idees. peine de mort contre le duc de l'Iosao- santes du parti apostolique, il ne put reaiado et contre Escoiquiz (voy.); mais les liser ses projets de reforme, et se vit oblie sentiments condus du peuple et l'inter- gé, en 1826, de rentrer dans la vie pre vention de l'ambassadeur de France , vée, après avoir fait à son pays l'abandon

de tous ses traitements. Il vécut depuis à bat, se porter sur les ailes de l'ennemi et Madrid en simple particulier, mais tou- manæuvrer pour le tourner; ils ne porjours sévèrement surveillé; on ne lui per- taient point de cuirasse ; leur pique était mit même pas, en 1830, de partir pour moins longue que celle des oplites. l'Italie. Cependant, après la mort de Fer- La phalange grecque, dont le choc était dinand VII, il a quitté l'Espagne, et s'est si redoutable et la résistance presque inrendu en France. Depuis ce moment, il vincible, formait un tout compacte qui n'a plus été parlé de lui. C. L. se fractionnait très difficilement, ne se

INFANTERIE. L'étymologie de ce mouvait que lentement et ne pouvait agir mot est incertaine : peut-être faut-il le qu'en plaine. rattacher au mot allemand Fahne, dra- Les Romains donnèrent à leur infantepeau, ou à l'italien fante, valet, en sorte rie une plus grande mobilité; elle se préqu'il aurait signifié primitivement vale- tait mieux aux mouvements de la tactique taille. De fante, qu'on retrouve dans l'al- et surmontait facilement les obstacles du lemand Fant, serait venu le mot français terrain. C'est avec leur infanterie que les fantassin, que d'autres dérivent du cel- Romains conquirent le monde connu. tique fan, marche, fantais ou fantais, La phalange grecque présentait un marcheur.

front plein et hérissé de piques; l'infanQuoi qu'il en soit, on donne générale- terie de la légion romaine, au contraire, ment, dans les armées modernes, le nom était rangée sur trois lignes espacées entre d'infanterie à la totalité des troupes des- elles, et dans chaque ligne il y avait autinées, dans toutes les circonstances de tant de vides que de pleios,et le plein d'une leur service, à combattre à pied. Les dra- ligne couvrait le vide de celle qui précégons, qui mettent quelquefois pied à terre dait. Par cette disposition, si, dans un enpour entrer en ligne comme infanterie, gagement, la première ligne était refouont toujours été considérés comme trou- lée, elle passait dans les intervalles de la pes à cheval.

deuxième, et se ralliait derrière celle-ci; L'infanterie, comme tout ce qui tient s'il fallait présenter à l'ennemi un front aux institutions humaines, a eu ses vi- continu, les dernières lignes' se portaient cissitudes et ses phases diverses.

en avant et remplissaient les intervalles Les Grecs donnèrent les premiers de la première. Les Romains mettaient en l'exemple de l'organisation d'une troupe première ligne les hastaires par manipuà pied triomphant par son instruction et les ou carrés de 100 à 120 hommes, en sa lactique, non-seulement d'une multi- seconde ligne les princes rangés comme tude armée et brave, mais encore des at- les hastaires, et en troisième ligne ou en taques de la cavalerie. L'infanterie grec- réserve, les tertiaires par manipules de que comprenait les psilites qui, armés à 60 hommes seulement. Ces trois classes la légère et ne faisant usage que du ja- de soldats formaient donc l'infanterie de velot, de l'arc et de la fronde, étaient ligne ou de bataille des Romains; tous chargés d'engager le combat et de pour- portaient pour armes défensives le casque, suivre les fuyards; les oplites ou troupes la cuirasse, le bouclier, et une bottine pour pesamment armées, quisoutenaient lecom-couvrir la jambe qu'ils mettaient en avant bat, véritable corps de bataille des armées dans le combat; et pour armes offensives, et partie principale de la phalange (voy.): le pilum ou javelot et l'épée courte. Les ceux-ci étaient armés de longues piques bastaires avaient ordinairement deux jaou sarisses et de l'épée, et ils portaient, velots. Le pilum des tertiaires, plus long pour se garantir des coups de l'adver- que celui des hastaires, ressemblait à une saire, le casque, la cuirasse, le bouclier demi-pique. ovale et des bottines garnies de fer; les Les vélites composaient l'infanterie peltastes, sorte d'infanterie mixte, moins légère des Romains: ils n'avaient point de lourde que les oplites , et qui tirait son place fixe dans la légion, ils se répartisnom d'un petit bouclier rond nommé pel. saient sur le front et les flanca de la ligne, ta: ils marchaient en seconde ligne, après et, avec leurs armes de jet, escarmoules oplites; ils devaient, pendant le com- chaient à l'instar de nos tirailleurs.

Tite-Live, livre VI, nous a laissé une mettre un peu d'ordre parmi ses troupes description exacte de la manière de com- à pied; il institua et prit à sa soide les battre de l'infanterie romaine, et l'on sait compagnies d'archers (voy. ce mot et que la légion était dans une position cri- surtout Franc-ARCHER), premier noyau tique quand l'affaire en était aux ler- régulier de l'infanterie française. Louis tiaires, expression devenue proverbiale. XI organisa les archers en bandes; Fran

Marius changea l'organisation de la lé- çois Jer, à l'instar des Romains, forma de gion (voy.) : aux manipules isolés il subs- légions, nommées régiments sous Cher titua les cohortes, formées chacune de les IX. Mais déjà l'infanterie suisse était trois manipules, une de chaque ordre; il remarquable par sa formation en gros plaça en première ligne dix cohortes es- bataillons fraisés de piques et résistant an pacées entre elles, et dix cohortes en se- attaques de la cavalerie , et les lansqueconde ligne; il supprima la troisième li- nets allemands (Landsknechte, valets des gne. Nous ne rappelierons pas ici tous les terres, ou peut-être Lanzenknechte, iachangements que l'on fit subirà la légion, lets armés de lances), organisés par l'exmais nous ferons remarquer, avec Montes- pereur Maximilien, passaient pour uk quieu, que l'infanterie des légions levées bonne infanterie. en Europe valait mieux que celle des L'abolition du système féodal, la créalégions venant de l'Asie.

tion des armées permanentes et l'adoption Les nations barbares qui envahirent des armes à feu contribuèrent à donner l'empire romain n'avaient nulle notion

une nouvelle physionomie aux forces maj de tactique ni d'organisation régulière; litaires modernes; l'intanterie, organisee elles vainquirent par l'emploi des masses

en régiments de ligne et en bataillons de composées presque entièrement de com- chasseurs ou d'infanterie légère, redevias battants à pied; la force de leur armée l'âme des armées. Henri IV, Louis XIV, résidait dans l'infanterie: omne robur in les grands capitaines de son siècle et Fré pedite, dit Tacite, en parlant des peuples déric II montrèrent tout le parti que l'on de la Germanie.

pouvait tirer de cette infanterie si méL'invasion des Barbares et l'établisse- prisée dans le moyen-âge. Les guerres de ment du système féodal fit perdre à l'in- la révolution et de l'empire vinrent je fanterie son importance: la chevalerie et un nouvel éclat sur l'infanterie, et l'on la gendarmerie bardées de fer devinrent peut dire d'elle maintenant qu'elle est ré la force principale des armées; l'infante- ritablement la première de toutes lo rie composée de serfs et de manants (de armes, la base et la force réelle des armées là peut-être son nom, suivant l'étymolo. Voy. ce mot et BATAILLE. gie indiquée en tête de cet article) ne joua

L'infanterie, dans sa formation actuelle

, plus qu'un rôle secondaire dans les batail

a pour unité de force ou de bataille le les et on ne lui donnait que les noms les bataillon (voy.), composé en France de plus avilissants. Brantômetraite les gens de huit compagnies. La compagnie se frae pied de marauds, bellistres, mal armez, tionne en deux sections, la section en mal complescionnez, fainéants, pilleurs deux pelotons, le peloton en deux escola

. et mangeurs de peuples : c'est qu'à cette

des. Le bataillon par ses sous-divisions époque l'infanterie se composait de bandes acquiert une flexibilité et une mobilite appelées cotereaux (vor.), tard-venus, qui permettent de le manier en toute bandits , soudoyers, malandrins, rou- circonstances avec la plus grande facilite

: tiers, brabançons, aventuriers, chape- rien de plus aisé que de passer en quel rons, etc., tous gens déterminés, se bat

ques instants de l'ordre en bataille à l'or tant bien, mais qui, en temps de paix, dre en colonne, et vice versa ; de forma étaient pour le pays un véritable fléau. Du

le carré; de faire face dans toutes les diGuesclin rendit un service signalé à la rections, aussi bien deployé qu'en coloane France en rassemblant ces bandes et en ou serré en masse ; en un mot, en tactique, les conduisant en Espagne contre Pierre- un bataillon n'est qu'une unité, qu'un le-Cruel. Voy. COMPAGNIES (grandes). individu (si l'on peut s'exprimer ains

Charles VII entreprit le premier de La réunion de deux à quatre balais

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