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Louis XI qui, en 1745, commença

les réverbères. » Il mourut à Paris en réellement sa réputation; les Considè. 1772. rations sur les mours la consolidèrent. Ducos (Jean-François), né à Bor

Appelé à remplir la place d'historio- deaux, en 1765, d'un négociant recomgraphe, restée vacante par le départ mandable de cette ville, manifesta , de Voltaire pour la Prusse, il composa dès la convocation des états généraux, les Mémoires secrets des règnes de en 1789, le plus vif enthousiasme pour Louis XIV et de Louis XV ; mais ces la liberté. Les électeurs de la Gironde mémoires n'ont été publiés que depuis le nommèrent, en 1791, député à l'Asla révolution, ainsi que les Considera semblée législative. Ducos y siegea tions sur l'Italie, écrites au retour à l'extrême gauche, avec Vergniaud, d'un voyage qu'avaient nécessité des Guadet, Gensonné, etc. ; mais, moins propos trop francs tenus par lui au su- accessible que les autres Girondins aux jet de l'affaire du ministre d'Aiguillon petites jalousies qui finirent par les et de M. de la Chalotais. Duclos prit entraîner d'une querelle d'amour-proune part très-active à la rédaction de pre dans une guerre à mort; dédaila nouvelle édition du Dictionnaire de gnant tout ce qui sentait la coterie, l'Académie, publiée en 1762; ce fut lui et libre de l'influence que la société qui décida ce corps illustre à substi- Roland exerça sur la plupart de ses tuer l'éloge des grands hommes aux éloquents et vertueus compatriotes , lieux communs de morale, sujets or- il se rapprocha du parti démocratic dinaires des prix d'éloquence décernés que, à la tête duquel s'était placée la annuellement. Quoique lié d'amitié société des Jacobins , et contribua avec le parti des philosophes, Duclos puissamment, dans la journée du 10 ne partagea point leurs opinions, et août, à la chute du trône. Il avait acsut cependant conserver leur estime. cusé Louis XVI, quelques jours aupa. Rousseau le définissait un homme ravant, de n'être fidèle à la constitudroit et adroit; d'Alembert disait de tion que dans ses discours, et avait lui : De tous les hommes que je con- appuyé, dans les commencements de nais, c'est lui qui a le plus d'esprit la session, la motion faite par Couthon, dans un temps donné. La conversa- et qui avait pour but de supprimer les tion de Duclos était vive, spirituelle mots de sire et de majesté. et satirique sans être offensante : on Dans le mois de septembre suivant, cite de lui un grand nombre de mots il fut réélu par les électeurs de Bortrès heureux ; il aimait à conter et deaux la Convention nationale. contait bien , aussi se fâchait-il contre Dans cette nouvelle assemblée, Ducos ceux qui gátaient ses bonnes histoires se rapprocha de la Montagne , comme en les répétant mal.

il s'était, dans la Législative, rapproché Comme citoyen, Duclos ne mérite des Jacobins ; il s'efforça de réunir les pas moins d'estime que comme auteur. deux partis extrêmes, où brillaient Quoique domicilié à Paris, il fut nom- de vives convictions soutenues par de mé, en 1744, maire de Dinan , et il si beaux talents; et discernant au miprit toujours avec zèle les intérêts de lieu de l'agitation dont leurs débats sa ville natale. Il fut ensuite député du remplissaient l'assemblée, la faction tiers aux états de Bretagne, et, sur la des prétendus modérés ou neutres, demande de cette assemblée, le roi lui qui couvraient leur ambition du masaccorda des lettres de noblesse (*). Ce que de l'impassibilité, il s'écria un pendant il ne renonça pas pour cela à jour : « Le ventre dévorera les deux son franc parler, et n'en continua pas bouts , » prédiction qui, après le 9 moins à poursuivre de ses sarcasmes thermidor, ne s'est trouvée que trop ces puissants « qui craignent les gens bien accomplie. de lettres comme les voleurs craignent Au reste, quoique ses sympathies et

une amitié qui avait commencé avant (*) Il était fils d'un chapelier.

sa carrière gislative l'entrainassent

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vers les chefs du parti de la Giron- complice que comme auteur des atde, Ducos, ainsi que Boyer-Fonfrède, « tentats; j'ai encore consulté le Code son beau - frère, se sépara de ce parti pénal; j'y ai vu la même peine contre à l'occasion du procès du roi. Il rejeta « les complices. Je vote donc pour la l'appel au peuple, soutenu par Ver- « mort sans sursis. » Chargé, peu de gniaud, Guadet, etc., et vota ensuite temps après, d'une mission en Belgila mort sans sursis. Porté néanmoins que, il revint à Paris avant le 31 mai, sur la liste de proscription imposée à et se prononça alors contre les Gironla Convention par les insurrections du dins. La société des Jacobins le choisit, 31 mai et du 2 juin 1793, il en fut au commencement de janvier 1794, retiré sur la réclamation de Marat, pour son président. Il ne prit ancune qui s'était cependant montré l'adver- part à la réaction du 9 thermidor, et saire le plus implacable de ses amis. passa au Conseil des Anciens après la Ducos prit ensuite une part très-active clôture de la session conventionnelle. à la discussion de la constitution, ré. Il s'y opposa vivement à l'admission digée par Hérault de Séchelles, et qui de Job Aimé, et parla en faveur de la est connue sous le nom de Constitution loi du 3 brumaire , qui interdisait l’ende 1793. Mais bientôt après , eut lieu trée du Corps législatif aux parents le rapport d'Amar sur la conspiration d'émigrés. Appelé plusieurs fois au des Girondins. Incarcéré à la suite de fauteuil, il l'occupait pendant la face rapport, Ducos refusa de se dérober meuse séance du 18 fructidor an v, à la surveillance de ses gardiens, et ne tenue à l'École de médecine, et dans voulut pas, comme quelques-uns de ses laquelle la déportation fut décrétée coaccusés, aller, même pour se sauver, contre les membres de la représentasusciter la guerre civile dans les dé- tion nationale qui avaient participé aux partements, et favoriser ainsi le trames royalistes des conspirateurs de triomphe des ennemis de la républi- Clichy. que. Il conserva toute sa gaieté pen- Roger Ducos sortit du Corps légisdant son séjour à la Conciergerie, et latif dans le courant de la même année, composa, peu de jours avant de paraî. et fut réélu par l'assemblée électorale tre au tribunal révolutionnaire, un de l'Oratoire (Paris), dont les choix pot-pourri plein de verve, sur l'évasion furent annulés comme entachés de jade Bailleul. Condamné à mort le 9 bru- cobinisme. Il retourna alors dans ses maire an 11, il chanta constamment la foyers, et y fut nommé juge de paix. Marseillaise pendant le trajet de la Barras, devenu directeur, et cherchant prison au lieu où il devait être exé- à se donner des collègues sur la doci. cuté, et cria : Vive la république! en lité desquels il pût compter, le fit enplaçant sa tête sous le couteau. Il était suite entrer au Directoire. Roger Ducos âgé de vingt-huit ans.

quitta donc ses modestes fonctions Ducos (Roger), né en 1754, était pour aller remplir la première dignité avocat à l'époque de la révolution; il de la république. Il était encore direcen adopta les principes, et fut nommé, teur lors du coup d'État du 18 bruen 1792, député à la Convention, par maire. Il conspira , avec Sieyès, le les électeurs du département des Lan- renversement du gouvernement répudes. Il siégea parmi les membres de blicain, et fut récompensé de l'appui la Plaine, vota , dans le procès de qu'il donna à Bonaparte, dans cette Louis XVI, contre l'appel au peuple, circonstance, par le titre de consul et s'exprima ensuite en ces termes sur provisoire. On raconte qu'à la première la peine à appliquer : « Sur la première réunion des consuls, au Luxembourg,

question, j'ai déclaré Louis coupable Sieyès, impatient d'apprendre s'il pour« de conspiration : j'ai ouvert le Code rait obtenir la prééminence qu'il ama pénal; il prononce la mort. J'ai vu bitionnait, demanda avec une espèce a dans quelques opinions imprimées d'embarras : « Qui de nous présidera ? « qu'on le présentait plutôt comme - Vous voyez bien , lui répondit

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« Roger Ducos en montrant Bonaparte Français enflammèrent un amas de « qui avait déjà pris place au fauteuil, goudron sur la frégate ennemie ; le feu « que c'est le général qui préside. s'étendit rapidement : il allait se com

Lors de l'établissement des consuls muniquer aux poudres. Du Couédic définitifs, Roger Ducos fut remplacé cria à Farmer d'amener son pavillon, par Lebrun, et entra au sénat en qua- et que les Français l'aideraient à éteinlité de second président. Il fut pourvu,

dre l'incendie. Farmer releva son paen 1804, de la sénatorerie d'Orléans villon abattu, et le cloua à un débris et de toutes les décorations que la de måt. Sur ce refus héroique de se complaisance sénatoriale obtenait de rendre, la frégate française s'éloigna la munificence de l'empereur; il adhéra pour n'être pas emportée par l'explonéanmoins au décret de déchéance pro- sion : presque tous les Anglais se je.. noncé, en 1814, contre Napoléon, ce tèrent à la nage, et Farmer sauta avec qui ne le fit pourtant point admettre à ‘son bâtiment. Les Anglais étaient trois la chambre des pairs, en 1815. Il fit cents en commençant le combat : quapartie, avec la plupart des anciens sé- rante-trois furent sauvés des flots par nateurs , de celle qui fut établie par les Français. Louis XVI renvoya de Napoléon pendant les cent jours; mais tels prisonniers avec honneur dans la loi d'amnistie du 12 janvier 1816 le leur patrie. Du Couédic mourut à força, bientôt après, de sortir de Brest, de ses blessures (le 7 janvier France. Il se tua, au mois de mars de 1780); le roi lui fit élever un monula même année, dans les environs ment, et acquilta envers sa veuve et sa d'Ulm, en s'élançant hors de sa voi. famille la dette de la France (*). » ture prête à verser. (Voy. BRUMAIRE Quelques semaines avant sa mort (le (coup d'État du 18) et DIRECTOIRE.) 20 octobre), du Couédic avait été élevé

Du CouÉDIC DE KERGQUALER (Ch. au grade de capitaine de vaisseau. La Louis, vicomte), né en 1740, au châ- pension de la veuve fut de 2,000 livres, teau de Kerguelenen, en Bretagne, reversibles par égales portions sur ses entra dans la marine en 1750, et fut, trois enfants, qui, eux-mêmes, eurent en 1778, chargé du commandement de chacun une pension de 500 livres. la frégate la Surveillante. Il avait déjà Le monument élevé à la mémoire fait un assez grand nombre de prises de ce brave marin, en 1780, fut détruit sur le commerce anglais, et livré en 1793; mais un arrêté du départed'heureux combats à plusieurs corsai- ment du Finistère, rendu en 1805, et res , et il se trouvait, le 7 octobre de approuvé par l'empereur, en ordonna l'année suivante, à la hauteur d'Oues. le rétablissement. L'inauguration s'en sant, lorsqu'il rencontra le Québec, fit avec éclat, et l'amiral Ganteaume frégate anglaise commandée par le ca- présida à la cérémonie. pitaine Farmer. Le combat fut extraor- DUCRAY-DUMINIL (François-Guildinairement vif et sanglant entre ces laume), né à Paris, en 1761 , mort en deux marins, également jaloux de sou- 1819. Ce romancier fécond, dont le tenir l'honneur de leur pavillon. « Le nom a été, à une certaine époque, prescanon avait brisé tous leurs mâts; les que aussi populaire quel'est aujourd'hui deux bâtiments étaient rasés comme celui de Walter Scott, mérite une mendes pontons. Du Couédic, renversé par tion comme représentant le goût d'une un coup de biscaien à la tête, tomba masse de lecteurs et la manière d'éévanoui, reprit ses sens, et continua crire d'un grand nombre de littéra. de commander. Il reçut une balle dans teurs au commencement de ce siècle. le ventre, et ne laissa aucun de ceux Une vogue pareille à celle dont il a qui étaient près de lui s'en apercevoir. joui ne prouve pas le talent de l'auUne seconde balle le frappa à côté de teur : mais l'on peut dire que lorsque la première ; alors, voulant profiter d'un reste de forces, il commanda l'a- (*) Histoire du règne de Louis XVI par bordage, Les grenades lancées par les J. Droz, t. I, p. 33o.

Ducray-Duminil écrivait, il y avait taillon au 3e régiment d'infanterie léune infinité de romans plus nuls, plus gère, où il soutint sa réputation d'ofniais, plus mal écrits encore que Vic- ficier intrépide. Il commandait, à la tor, le Petit carillonneur, les Soirées bataille de Bautzen, le 21 mai 1813, de la chaumière, etc., etc.

un bataillon de conscrits qui se signala DUCRET, officier dont le nom se rat- par son courage et sa constance. tache aux souvenirs les plus glorieux Le 19 octobre 1813, il se trouvait de nos armées de terre et de mer. dans la ville de Leipzig, où, conforméSergent-major au 3e bataillon du 67 ment aux ordres qu'il avait reçus, il régiment de ligne, en 1800, il se si- donna tête baissée avec sa troupe dans gnala, pendant la guerre contre les une colonne ennemie qui entrait par Autrichiens, par un trait de courage le faubourg de Bormia. Le bataillon à qui sauva le drapeau de son bataillon : la tête duquel chargea Ducret y périt à la tête de dix-sept hommes, honora- presque tout entier, et lui-même fut ble débris de sa compagnie, dont tous percé d'un coup de baïonnette et les officiers avaient été tués, il fut as- meurtri de plusieurs coups de crosse sez heureux pour résister à tous les de fusil; mais, pendant qu'il était ainsi efforts des grenadiers hongrois et pour aux prises avec l'ennemi, et qu'il afles repousser.

fruntait les plus grands dangers, une En 1805, Ducret, lieutenant au partie de l'armée française, marechaux, même corps, fut embarqué sur le vais- généraux, officiers et soldats , traverseau l'Atlas, et y coinmanda la fu- sait la rivière et avait déjà échappé au sillade sur le gaillard d'avant, au désastre occasionné par la déplorable combat naval qui eut lieu par les 42 négligence du colonel Montfort et par et 43° degrés de latitude. Quoique la terreur panique d'un caporal. L'exblessé grièvement, il refusa de quitter plosion du pont avait eu lieu depuis son poste pour se faire panser, et plus d'une demi-heure. Le chef de basoutint, par son admirable dévoue. taillon Ducret, ayant perdu presque ment, le courage des grenadiers du 2° tout son monde dans cette affaire, de ligne, dont le capitaine avait été tomba entin au pouvoir de l'ennemi, renversé par l'explosion du banc de qui le dépouilla, dit-on, entièrement, quart. Au combat de Trafalgar, où il mais qui ne put lui ravir l'insigne honcommandait les cing premières pièces neur d'avoir rendu à l'armée française de la seconde batterie du vaisseau l'A- un de ces services qui sont au-dessus chille, il refusa également d'abandon- de tous les éloges et de toutes les réner son poste, malgré la gravité des compenses. blessures qu'il avait reçues des le com- DÜCROISI (Philibert-Gassaud), l'un mencement de l'action : il fallut, pour des comédiens les plus distingués de réduire au repos cet indomptable cou- la troupe de Molière, y fut enrôlé en rage, que l'excès de la fatigue et une 1659, après la rentrée de Pâques, et hémorragie considérable le missent contribua puissamment aux succès du hors d'état de diriger le feu. Enfin, nouveau théâtre. Molière ne craiaussitôt qu'il eut repris quelques for- gnit pas de lui confier le rôle de Tarces , on le .vit encore travailler avec la tuffe, et Ducroisi le créa avec une suplus grande activité à arrêter le pro- périorité incontestable. C'était un gros grès des Nammes, persister jusqu'au homme de bonne mine, dont le jeu dernier moment, et ne se jeter à la avait beaucoup d'originalité. Après la mer que l'un des derniers. Tant d'hé. mort de Molière, il se retira à Conroïsme lui valut le grade de capitaine. flans, près Paris, avec une pension de

Le capitaine Ducret a suivi le 67 1,000 livres, et y mourut en 1695, à de ligne dans toutes ses campagnes, l'âge de 65 à 66 ans. Il fut si vivement depuis 1792 jusqu'en 1811. Ce ne fut regretté par son curé, que ce digne qu'après dix-neuf années de services ecclésiastique n'eut pas le courage de qu'il le quitta, pour passer chef de ba- célébrer lui-même la cérémonie funèbre. Ducroisi était fils d'un gentil- guère; une rivalité de femme et de bel homme de la Beauce.

esprit s'engagea entre elles, et une Du DEFFANT (Marie de Vichy- rupture éclatante vint les séparer sans Chamroud, marquise). Elle naquit en retour. Les nombreux amis de ma1697, d'une famille noble de Bourgo- dame du Deffant cherchèrent, autant gne. Après avoir été assez mal élevée que possible, à consoler et à divertir dans uii couvent, elle fut mariée à un sa vieillesse, et à la préserver de cet homme avec lequel elle n'avait aucune ennui dont elle se plaignait sans cesse. conformité de goûts ni d'humeurs, et Du reste, en se plaignant toujours, qui était beaucoup plus âgé qu'elle : elle avait une grande force d'âme, et mais elle n'avait point de fortune, et on conservait un grand sang - froid. Ses ne lui permit pas de refuser un parti plaintes n'ont pas un ton de faiblesse, qu'on jugeait avantageux. Les deux et ne partent pas d'une âme abattue et époux ne vécurent pas longtemps en désespérée. Elle se piquait d'être phibonne intelligence, et madame du Def- losophe, et avait de justes droits à fant, s'affranchissant d'une société qui cette prétention. Très-incrédule, elle lui était insupportable , vécut libre et ne faisait point étalage de son sceptiindépendante dans un monde qui par. cisme, et donnait un bon exemple donnait aisément le scandale en faveur de discrétion aux encyclopédistes ses de l'esprit et de la beauté. Elle fut amis. Elle mourut intrépidement, sans bientôt une des femmes les plus admi- fausse bravade, froide et calme, comme rées et les plus célèbres de l'époque. elle avait vécu. Ce qui distingue surOn recherchait avec empressement le tout sa correspondance, c'est la jus. plaisir de s'entretenir avec elle : de tesse d'un esprit vif, la rectitude d'un nombreux rivaux se disputaient l’hon- jugement sain, et la fermeté d'une neur d'attirer ses regards et ambition- raison sérieuse et profonde. C'est par naient la possession de son cour. Elle là qu'elle plaît, plus que par les grâces ne le défendait pas avec trop de sévé- de l'imagination et le charme de la rité, et le donna plusieurs fois. Le sensibilité. La partie la plus intéresprésident Hénault fut celui qui lui sante de sa correspondance est celle inspira le sentiment le plus durable. qui est adressée à Walpole et à Vol. Quand l'âge de la galanterie fut passé, taire. Les lettres qu'elle leur écrit juelle continua à plaire et à regner par gent sévèrement la société de l'époque, son esprit. Ce qui est singulier, c'est les hommes du monde , les écrivains, que cette femme, si bien faite pour s'in- les philosophes : c'est la conversation téresser à tous les objets que la vie hu- d'une femme pessimiste, mais sans maine présente à la pensée, et pour amertume et sans fiel. Elle dit les trouver autour d'elle des sujets de dis- choses comme sa raison les voit , et traction, des occasions de plaisir, était d'ordinaire sa raison ne voit que trop sans cesse poursuivie d'un ennui qu'elle juste ; comme son esprit en est frappé, combattait par tous les moyens, et et son esprit est fin, brillant, naturel, contre lequel tous les remèdes étaient digne en tout des éloges de Voltaire, impuissants. Aussi ce fut pour elle un bon juge en cette matière. Voltaire, grand malheur, plus grand que pour frappé de la pénétration avec laquelle tout autre, lorsqu'à cinquante ans elle elle observait les hommes alors qu'elle sentit sa vue s'affaiblir, et devint bien- ne pouvait plus les voir, l'appelait l'atôt aveugle. C'est alors qu'elle songea veugle clairvoyante. Elle mourut en à se donner une compagne en qui elle 1780, âgée de 80 ans. pût trouver les soins de l'amitié et les DUDEVANT (madame). Nous ne parcharmes de l'esprit. Elle prit avec elle lerons ici que des ouvrages de mamademoiselle de Lespinasse, femme dame Dudevant, ou, pour la désigner non moins remarquable qu'elle par la par le pseudonyme qu'elle a adopté, force de l'intelligence et le dédain des et qui est devenu son nom populaire, préjugés. Mais leur union ne dura de George Sand. Nous n'essayerons

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