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« qui lui convient comme Dieu et comme homine, sans confusion, << ni changement, ni division; là, enfin, les Evêques de Palestine <<< avouèrent qu'ils avoient cru trouver dans la Lettre de Saint Léon « quelques mots qui marquoient division et séparation, mais que les << Légats les avoient satisfaits. » Tout ce qu'on vient de dire est constaté par les Actes du Concile, et surtout par la Déclaration écrite que donnèrent à la quatrième Session les Evêques de ces différentes contrées (1). Par où l'on voit combien est infidèle le tableau que trace l'Anonyme, lorsqu'il prête aux Légats de Saint Léon un langage impératif, lorsqu'il les représente comme armés d'une autorité sous laquelle tout plie à Calcédoine, et réalisant à chaque occasion les maximes despotiques, mais alors inconnues, qui résulteroient de l'infaillibilité du Pape et de sa supériorité sur les Conciles Généraux.

XXXVI. Ce n'est pas tout encore. Les Evêques d'Egypte demandèrent quelques délais pour accepter et souscrire, comme le Concile, la Lettre de Saint Léon. Ils alléguoient que, selon la coutume immémoriale de l'Egypte, les Evêques du Patriarchat d'Alexandrie suivent en tout l'avis de leur Patriarche, et que leur devoir étoit d'attendre que Dioscore, déposé par le Concile, fût remplacé, afin de joindre leur adhésion à celle de son successeur. Du reste, ils dirent propre franchement anathème à Eutychès et aux autres hérétiques. Pressés par les Pères de signer la Lettre de l'Archevêque de Rome : « On nous « tuera, répondent-ils, si nous le faisons sans l'aveu de notre Pa<<< triarche. Ayez de l'humanité. Epargnez notre vieillesse. « Ayez pitié de nos cheveux blancs (2). » Or, maintenant, de quel argument s'est-on servi au Concile pour vaincre leur résistance? Est-ce l'autorité du Siége Apostolique qu'on a mise en avant? Parle-t-on

(1) In plurimis rectè habentem comperisse...... Aliqua verba obstitisse quæ partitionem aliquam in Christi personâ demonstrare viderentur..... (A Legatis docti ) quòd nulla partitio essct, sed unus Christus : ideò consensimus, et subscripsimus....... Per hoc nobis satisfactum est, et per omnia consonare æstimantes Sanctis Patribus, consensimus et subscripsimus. ( Conc. Calcedon., Act. IV.) Hist. Eccl. de Fleury, 1. XXVIII, n. XV.

(2) Ibid, n. XVII.

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de les envoyer à Rome comme Réfractaires, pour être jugés par le Pape? De tels motifs auroient eu une force invincible dans l'opinion Ultramontaine; mais on n'en trouve pas le moindre vestige dans les Actes du Concile. A la vérité, on les menace d'excommunication, s'ils ne souscrivent pas à la Lettre de Saint Léon; mais on n'exige d'eux cet acte d'obéissance, on ne les menace de punir leur désobéissance, qu'en faisant valoir l'approbation donnée à cette Lettre par le Concile; approbation qui seule, aux yeux des Pères, rend leur refus désormais inexcusable. Diogène de Cyzique dit : « Nous avons tous consenti à << la Lettre de l'Archevêque de Rome.....; qu'ils y consentent aussi. « Il faut, dit Eusèbe de Dorylée, qu'ils s'accordent au Concile « Ecuménique. Quiconque ne souscrit pas, s'écrient les Pères tout << d'une voix, à la Lettre que le Concile a approuvée, est hérétique. << - Le Concile Ecuménique, ajoute Cécropius de Sébastopolis, est << plus digne de foi que celui d'Egypte. » Le Légat Lucence, ne pensant plus qu'à l'autorité prépondérante du Concile Général, s'adresse aux Officiers de l'Empereur en ces termes : « Apprenez-leur, s'ils ne «<le savent pas, que dix hommes ne peuvent faire un préjugé contre << un Concile de six cents Evêques. » Paschasin lui-même, présidant au nom de Saint Léon, mais se souvenant de la dignité de tout Evêque, Juge de la Foi, même après que le Saint-Siége a parlé, représente à ces Evêques pusillanimes l'oubli qu'ils font de leurs plus essentielles prérogatives : « Des Evêques de cet âge, dit-il avec chaleur, qui ont << vieilli dans leurs Eglises, ne savent pas encore la créance Catholique, << et attendent le sentiment d'un autre (1)! »

En lisant ces paroles et tout ce qui précède, chacun peut observer qu'au moment où le Synode a confirmé par son approbation la Lettre Dogmatique de Saint Léon, pas un des Pères ne fait désormais valoir

(1) Paschasinus et Lucentius Reverendissimi Episcopi, et Bonifacius Præsbyter, Vicarii Sedis Apostolicæ, per Paschasinum Reverendissimum Episcopum dixerunt: Tot annorum Episcopi in Ecclesiâ * senescentes, usque ad hoc tempus Fidem rectam et Catholicam ignorant, et expectant adhuc alienam sententiam! **

Le texte porte Ecclesid, et le mot Ecclesiis est en marge.

** En marge, on lit : Ex alienâ sententiâ pendere.

Conc. Calced. Act. II'. (Edit. de Biuius.)

l'autorité qu'elle a par elle-même tous leurs discours, ceux-mêmes des Légats, se rapportent à l'irréformabilité qu'elle vient d'acquérir par le consentement de l'Eglise Universelle ; et ce Jugement, qui, la veille, étoit encore l'objet des doutes et des discussions Episcopales, non seulement ne peut plus être contredit, mais doit nécessairement être souscrit, sous peine d'encourir l'excommunication et de tomber dans l'hérésie, depuis qu'il est approuvé par le Concile. Que les partisans de l'infaillibilité du Pape, ou de sa supériorité sur les Conciles Généraux, expliquent, s'ils le peuvent, ce changement soudain d'expression! Dans leur hypothèse, il est impossible de n'y pas voir un effet sans cause, à moins qu'on ne le regarde comme un attentat prémédité des Pères de Calcédoine contre l'autorité du Saint-Siége, et une lâche connivence de la part de ses Légals.

L'issue de la contestation relative aux Evêques d'Egypte ne fait rien à l'objet qui nous occupe. Disons simplement que le Concile, usant d'indulgence, permit qu'ils suspendissent leur adhésion à la Lettre de Saint Léon, moyennant le serment qu'on exigea d'eux de ne pas quitter Constantinople avant la consécration d'un nouvel Evêque d'Alexandrie.

XXXVII. Le Lecteur se demande sans doute d'où venoit cette excessive dépendance des Evêques d'Egypte par rapport à leur Patriarche, et comment elle a pu être tolérée dans l'Eglise. Le Concile de Nicée, selon la remarque de M. Tillemont, n'autorise, en aucune manière, cet avilissement de l'Episcopat (1), et les Pères de Calcédoine l'ont formellement désapprouvé. Il ne paroît pas que, dans l'Antiquité, aucun autre Métropolitain ait habituellement exercé sur ses Suffragans une influence aussi abusive. On prétend néanmoins, ajoute M. de Tillemont d'après le témoignage du Père Lupus, savant Ultramontain, que les Evêques de la Métropole de Rome vivoient dans une pareille dépendance à l'égard du Pape (2). Or, il est évident l'abque solue dépendance des Evêques Suffragans de Rome n'avoit pas sa

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source dans la Primauté qui appartient au Saint-Siége de droit divin, puisqu'alors elle eût été, dès l'origine, étendue sur tous les Evêques du Monde Chrétien, et ne seroit plus une singularité que partageoit seul le Patriarchat d'Egypte. Il faut donc distinguer les droits légitimes de la Primauté que Jésus-Christ a instituée, d'avec ceux que les Papes peuvent exercer sur leurs Suffragans par une possession immémoriale, en qualité de Métropolitains. Bornons là nos réflexions. Le Lecteur éclairé verra d'un coup d'œil, en parcourant l'histoire, que peut-être, sans le Concile de Constance et sans l'Eglise Gallicane, tous les Evêques de l'Univers Catholique seroient depuis long-temps réduits à la condition des anciens Suffragans de Rome et d'Alexandrie. Comme aux Evêques d'Egypte, un nouveau Paschasin pourroit à bon droit leur dire aujourd'hui : « Des Evêques qui ont vieilli dans leurs << Eglises ne savent pas encore la créance Catholique, et attendent <<< le sentiment d'un autre. » Expectant adhuc ex aliená sententiá pendere.

XXXVIII. Tout le reste des Actes de Calcédoine ne présente qu'un langage uniforme. Depuis l'approbation donnée à la Lettre de Saint Léon, on n'en parle plus que comme étant devenue la règle de la Foi, non par elle-même, mais en vertu de l'approbation du Concile. L'Archidiacre Aëtius, par ordre des Pères, dit à l'Abbé Barsumas et aux Moines Schismatiques : « Les Saints Pères Cyrille et Célestin, et main<< tenant le très-Saint Père Léon, ont publié des Lettres pour expli« quer le Symbole, que le Concile Œcuménique reçoit avec respect : << obéissez-vous au Jugement du Concile ? »

Ainsi, les Lettres de Saint Cyrille, celles du Pape Célestin et du Pape Léon, sont mises de niveau ; mais c'est par le Jugement du Concile elles ont une égale autorité, non à raison de la dignité inégale de ceux dont elles sont émanées, mais parce que le Concile Ecuménique les a reçues toutes les trois avec respect.

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Quelques jours avant, lorsque ces Moines Schismatiques présentèrent requête à l'Empereur, ce Prince religieux, tout dévoué à Saint Léon, leur fit répondre par le Prêtre Alexandre : « Si j'avois voulu << vous entendre moi-même, je n'aurois pas donné au Concile ŒEcumé<<nique la peine de s'assembler ici. Tout ce que le Concile Ecu

« ménique aura décidé, et m'aura donné par écrit, je le suis, je l'em« brasse, et je le crois. Tenez-vous en là; vous n'aurez point de moi << d'autre réponse (1). » Or, dans l'hypothèse Ultramontaine, Marcien avoit bien d'autres réponses et plus expéditives à faire aux Moines Schismatiques. Depuis long-temps, pouvoit-il leur dire, le Saint Pape Léon a décidé; il m'a envoyé son Jugemeut par écrit. « Je le suis, je l'embrasse, et je le crois : tenez-vous-en là. » Ce Jugement est rendu, et Marcien le respecte: mais il croit encore devoir, contre le vœu de son cœur, donner la peine au Concile cuménique de s'assembler à Calcédoine; peine en effet très-inutile, si, aux yeux de Marcien et de toute l'Eglise, le Jugement de Saint Léon eût été irréformable par lui-même, ou si le Concile Ecuménique n'eût eu qu'une autorité inférieure à celle du Souverain Pontife.

XXXIX. Les preuves s'accumulent, et je sens qu'en effet, pour me servir de l'expression de l'Anonyme, nous sommes investis de lumières. Je voudrois dans cette discussion, dont il a choisi le sujet comme le plus favorable à sa cause, ne pas laisser un faux-fuyant à l'Ultramontanisme, et d'autre part je crains de fatiguer le Lecteur en la prolongeant. Essayons d'abréger ce qui reste à dire.

Le second Concile Ecuménique de Constantinople confirme textuellement les preuves que nous avons données d'une délibération libre de la part des Pères de Calcédoine, et de l'examen comparatif et judiciaire qu'ils firent de la Lettre de Saint Léon avant de la revêtir de leur approbation. En effet, la Lettre d'Ibas, Evêque d'Edesse, avoit certainement été lue à Calcédoine, et on se prévaloit mal à propos de son autorité, comme si elle y eût été approuvée. Pour connoître si l'approbation étoit réelle ou supposée, les Pères de Constantinople examinèrent dans quelle forme on avoit procédé, tant à Ephèse qu'à Calcédoine, avant d'approuver les Lettres de Saint Cyrille et de Saint Léon. Les Actes furent lus en présence des Pères, et le Synode prononça en ces termes : « La lecture qui vient d'être faite, montre évi<< demment quelle est la forme usitée les Saints Conciles pour ap

par

(1) Hist. Eccl. de Fleury, 1 XXVIII, n. XVIII.

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