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Bibliographie.

On vient d'imprimer à Saint-Affrique, petite ville du département de l'Aveyron, un excellent livre intitulé AUX INCREDULES ET AUX CROYANTS L'ATHÉE REDEVENU CHRÉTIEN, ouvrage posthume de M. Delauro-Dubey, conseiller à la cour royale de Montpellier. L'auteur, converti dans la 64° année de sa vie par le souvenir des vertus de sa mère, essaya de faire partager ses convictions religieuses à un de ses parents qu'il affectionnait ; c'est pour ce parent qu'il composa l'ouvrage que nous annonçons, ouvrage dans lequel il prouve la vérité de la religion catholique. En attendant que nous rendions un compte détaillé de ce livre, nous en donnerons une idée en faisant con naître le plan que s'est tracé l'auteur. Le voici tel qu'il est imprimé à la fin de l'introduction:

Dieu est ; - Dieu est celui qui est;-Dieu nous a faits à sa ressemblance; - Dieu exige de nous des hommages; - Dieu a pu révéler le christianisme » comme expression des hommages qu'il exige de nous; - Dieu a révélé le christianisme, et a manifesté la vérité de cette révélation par des faits incontestables; - Dieu l'a manifestée par des faits antérieurs à la mission de J.-C., par des faits qui ont accompagné cette mission, et par des faits pos> térieurs. Dieu a confié le dépôt de cette révélation à une autorité infaillible. »

Ajoutons encore les quelques lignes qui servent de conclusion à l'ouvrage, et dans lesquelles il est résumé tout entier :

■ Il est démontré, par des faits incontestables, que Dieu est; donc tout homme raisonnable doit être théiste. Il est démontré, par des faits in> contestables, que Dieu a révélé le christianisme; donc tout théiste doit être chrétien. Il est démontré, par des faits incontestables, que Dieu a » confié le dépôt de cette révélation à une autorité vivante et Infaillible, et » que cette autorité existe dans l'Eglise catholique et dans elle seule ; donc tout chrétien doit être catholique. »

Ce livre, quoique formant un très-fort volume in-8°, se vend à très-bas prix (3 francs), et le produit de l'édition est consacré à une bonne œuvre. Le dépôt à Paris est chez Toulouse-libraire, rue du Foin-Saint-Jacques, no 8.

RECUEIL SUR LA DÉVOTION DU CHEMIN DE LA CROIX, par L. Nanquette chanoine honoraire de l'église de Reims et supérieur du petit séminaire de Charleville, avec une instruction sur le Chemin de la Croix, par L. N... Elle contient en substance ce que l'on trouve de plus important dans les petits opuscules qui ont paru jusqu'ici sur la dévotion du Via Crucis.

MÉMORIAL DU CALVAIRE, dédié à la très-sainte mère de Dieu, par L. Nanquette chanoine honoraire de l'église de Reims et supérieur du petit séminaire de Charleville,

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MANUEL D'HISTOIRE DU MOYEN-AGE,

PAR J. MOELLER, DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET PROFESSEUR D'HISTOIRE A L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE LOUVAIN.

que

Ce l'on entend par moyen-âge. Deux périodes dans l'histoire de l'humanité.-Préparation à l'établissement de l'Eglise et sa réalisation. -L'Eglise substituée au trône des Césars. Etat de l'Europe au moyen-âgc. Evénemens politiques. - Progrès du Catholicisme. Son influence sur la formation des nouveaux Etats. - Critiques.

A une époque où les mots d'antiquité, de moyen-âge, de renaissance reviennent si souvent dans les discussions artistiques et littéraires, il serait à désirer que tout le monde voulût bien s'entendre parfaitement sur la signification précise de ces diverses dénominations. Les chronologistes ont partagé en cinq grandes divisions toute la série des tems historiques. La haute antiquité comprend les tems antérieurs au règne d'Auguste; la désignation de basse antiquité s'applique à toute la durée de l'empire d'Occident; à la chute de cet empire commence le moyen-âge, qui se termine avec le 10e siècle; les 11°, 12, 13, 14 siècles et la première moitié du 15° forment ce qu'on appelle le bas-âge; enfin les tems modernes commencent à la renaissance des lettres et des arts, déterminée par l'invention de l'imprimerie. Mais dans la conversation, et même dans le langage

› Paris, chez Debécourt, libraire; in-8°, prix, 7 fr. TOME XVI. - N° 93. 1838.

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ordinaire de l'histoire, les distinctions de haute et basse antiquité, de moyen et de bas-âge sont presque entièrement inusitées; et l'on n'admet, dans toute la série des tems historiques, que trois grandes divisions : l'antiquité, le moyen-âge et les tems modernes. Alors le moyen-âge embrasse toute la durée de l'empire d'Orient, depuis l'invasion des Barbares en 475, jusqu'à la conquête de Constantinople par Mahomet II en 1453. M. Moeller, en y ajoutant soixante-quatre années, prolonge le moyen-âge jusqu'à la naissance des hérésies du 16° siècle. C'est donc une période de dix siècles et demi dont il se propose de tracer » l'histoire complète dégagée de toute réflexion inutile, mais » n'omettant aucun des faits qu'il est important de connaître. »

Le premier soin d'un historien doit être de rechercher quelle a été, à l'époque dont il s'occupe, l'idée inspiratrice, le fait générateur qui a dirigé le mouvement des siècles et réglé le cours des événemens. C'est l'action puissante de l'Eglise qui domine au moyen-âge; c'est par l'Eglise que tout s'enchaîne et s'explique pendant cette longue période historique.

C'est ce que M. Moeller avait présent à l'esprit lorsqu'il a travaillé à son histoire, et l'on peut sans flatterie aucune lui donner le mérite d'avoir fait un ouvrage entièrement neuf quant à la forme, et dont le fond même est sensiblement rajeuni par la manière, toute exceptionnelle de nos jours, dont il considère les événemens.

L'ouvrage se divise en quatre parties correspondant à quatre grandes périodes du moyen-âge. La première de ces périodes, de 476 à 800, embrasse les événemens qui se sont passés depuis la destruction de la civilisation ancienne par les peuples germaniques, jusqu'à la fondation de l'empire germano-chrétien par Charlemagne. La seconde s'étend depuis la fondation de l'empire de Charlemagne en 800, jusqu'à la réorganisation de la société catholique, en 1073, par le pape Hildebrand. La troisième, de 1074 à 1303, comprend le développement et les diverses phases de la société catholique sous le gouvernement des souverains pontifes jusqu'à Boniface VIII. La quatrième commence en 1303 avec un nouveau systême social, et s'étend jusqu'à la division définitive du monde catholique par la naissance des hérésies du 16e siècle.

La première de ces périodes remplit seule le premier volume dont nous avons à rendre compte, et les trois autres seront traitées dans un second volume; nous l'attendons avec une impatience proportionnée au vif intérêt que nous a fait éprouver la lecture du premier.

Celui-ci renferme lui-même deux parties bien distinctes, l'une où l'auteur traite la première des quatre divisions du sujet principal (pages 105-467); l'autre qui remplit les 105 premières pages, et qui se compose d'une introduction suivie d'un exposé préalable que nous pourrions désigner sous le nom de prolégomènes. Cette introduction et ces prolégomènes ne forment pas la portion la moins intéressante de l'ouvrage; on y trouve à chaque ligne des vues profondes et tout-à-fait neuves, dont nous allons essayer de faire ressortir l'importance.

« L'histoire, dit M. Moeller, considérée dans sa plus grande » généralité, est la biographie de l'humanité. L'incrédulité elle» même ne conteste plus l'unité de notre espèce, et elle recon» naît que le genre humain se développe à la façon des indi» vidus. Or, pour bien comprendre et bien juger les actes d'un

» individu à une époque quelconque de sa vie, il faut connaître

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» les actes qui ont précédé ceux-là. Il en est de même de chaque

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époque de l'histoire du genre humain; elle n'est intelligible >> qu'autant qu'on l'étudie à l'aide d'une connaissance appro>> fondie des époques antérieures. Alors la grande question des » origines se présente », question long-tems et souvent débattue, mais toujours insoluble pour l'homme abandonné aux seules ressources de la raison. D'un côté la création de l'homme à l'image de Dieu, sa déchéance causée par la première faute; de l'autre, le libre arbitre donné à l'homme, et l'influence que la grâce divine exerce sur ce libre arbitre : voilà les seuls faits à l'aide desquels on puisse expliquer et les contrastes du cœur humain et ceux qui se rencontrent à chaque page dans l'hi3toire de l'humanité. Cette histoire toute entière, M. Moeller la divise en deux grandes périodes dont l'une n'a été qu'une longue préparation de l'autre. Dans la première, Dieu a posé les bases de son église; dans la seconde, c'est l'édifice même de l'Eglise qu'il a construit, édifice tellement merveilleux qu'il résistera à l'effort des siècles à venir. Partant de ce principe, l'historien

parcourt, d'un coup-d'œil rapide et sûr, le vaste tableau de l'histoire universelle. Il prend la société humaine à son origine, la suit à travers les siècles dans ses développemens et dans ses transformations successives. Partout il montre le doigt de Dieu faisant concourir à ses fins et les hommes et les événemens. Cette force divine, cette volonté toute-puissante dont l'action se manifeste évidemment à la raison humaine lorsqu'elle est éclairée des lumières de la foi, peut seule expliquer des faits qui resteront toujours inintelligibles pour la philosophie mondaine. Qui nous dira par quel pouvoir magique une poignée de soldats grecs a repoussé la formidable invasion des armées asiatiques? C'est que la Grèce était le foyer des lumières et de la civilisation, dépôt précieux dont la conservation était indispensable à l'accomplissement des projets divins; c'est que tout était maté– riel dans la monarchie persanne, et que les progrès de l'intelligence auraient été suspendus, et peut-être complétement arrêtés si la Grèce avait succombé sous les armes de Darius et de Xerxès. Plus tard, il est vrai, cette patrie des arts se courbe sous le joug de la puissance romaine; mais déjà Rome avait subi l'influence de la civilisation grecque. « Alors, dit M. Moeller, » la grande préparation politique du genre humain touche à sa >> fin. Les Romains s'avançant de conquêtés en conquêtes, finis»sent enfin leur tâche; ils réunissent tout le monde civilisé >> sous leur joug, détruisent ce qui restait de national, dans les »lois et les mœurs des vaincus, et frayent, par l'unité de leur »gouvernement, une large voie au Christianisme, pendant que, » de son côté, la philosophie, en abattant toutes les erreurs » religieuses, sans leur rien substituer, lui en ouvre une autre » dans l'ordre intellectuel. »

Alors paraît le Sauveur du monde; il se sacrifie pour relever l'homme de la déchéance qu'il avait encourue. Après sa mort, des hommes élevés à son école, inspirés par une émanation divine, prêchent la loi nouvelle qu'il avait apportée. L'acceptation de cette loi, pour être plus méritoire, devait être volontaire aussi voyons-nous, dès le principe, qu'elle est arrêtée dans son développement par mille entraves, comme si sa propagation était une entreprise purement humaine. La croix est d'abord arrosée par le sang des martyrs, mais elle puise dans

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