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c'est de réfuter en note les assertions qui leur paraîtront fausses. C'est ce que nous recommandons aux nombreux traducteurs qui s'occupent avec beaucoup d'ardeur, en ce moment, à nous initier à la connaissance des études historiques des écrivains allemands, et nous ne savons comment ces raisons ont pu échapper à M. l'abbé Jager. Nous finirons en lui recommandant dans une nouvelle édition de faire relire son ouvrage à un écrivain français. Quelque soin que prenne un étranger, il reste toujours dans ses phrases quelques tournures qui ne sont pas tout-à-fait françaises. En somme pourtant c'est un bel ouvrage que celui de La vie de Grégoire VII, et tous ceux qui la liront le diront comme nous.

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Deuxième Article '.

Travaux, mœurs des Fourmis.-Merveilleux travaux des Cigales. - Des Chenilles. Des Vers à soie. Des Araignées. Précautions prises par les insectes pour la conservation de leurs œufs.

Dans le premier article nous avons parlé des insectes malfaisans, de leurs ravages, de leur utilité, puis nous avons décrit la merveilleuse industrie des abeilles et des guêpes; dans celui-ci, nous allons examiner les travaux des insectes qui forment pour ainsi dire, des villages et des hameaux, sans toutefois s'élever jusqu'à la combinaison politique et sociale des abeilles républicaines qui vivent dans une ruche.

La Fourmi, moins bien étudiée que l'abeille, dont le miel a, depuis les premiers jours de la civilisation, servi d'aliment à l'homme, n'est pas moins étonnante que cette derrière dans le développement de son instinct. Menuiserie, maçonnerie, charpente, tapisserie, excavation des terres, architecture souterraine, les fourmis accomplissent à peu près tous ces prodiges d'industrie. Leur petitesse et leur peu d'utilité apparente, les ont soustraites pendant long-tems aux recherches des observateurs. On n'a commencé à connaître leurs mœurs véritables qu'en 1747, époque où Gould, le premier, les a étudiées avec

1 Le premier article de ce travail se trouve dans le no 36, t. vi, p. 452. Inséré au moment où nous prîmes seul la direction des Annales de Philosophie, la suite avait été oubliée: mais cet oubli nous ayant été signalé par un de nos abonnés, nous avons fait les recherches nécessaires pour compléter ce travail. (Note du Directeur.)

succès. Linné, de Geer, Huber et Latreille l'ont suivi. Ils ont prouvé qu'il y avait erreur dans toutes les idées populaires qui se sont répandues à ce sujet; que les fourmis ne font pas, comme on l'a dit, des provisions de grain, et que leur prétendue république est, ainsi que celle des abeilles, le résultat spontané d'un instinct qui n'obéit qu'à lui-même, et qui est identique chez tous les individus.

Loin du bruit, de la lumière et de la chaleur, pratiquer des galeries souterraines, régulières, élever des plafonds, battro et durcir le sol, placer des piliers et des points d'appui, réparer les dommages que les inondations ou la sécheresse peuvent causer, et vivre en paix dans ces caveaux tortueux, dus à leur industrie: tels sont les points principaux qui caractérisent l'histoire des fourmis. Chaque espèce différente a sa manière spéciale de bâtir. La Formica caspitum s'abrite sous une pierre ou sous la terre durcie; elle construit ses habitations sur un plan cylindrique. La Formica fusca bâtit des chambres plus larges, des carrefours ovales, de vastes galeries. La Formica brunnea, trèspetite, érige des étages concentriques, souvent au nombre de quarante. Quand la chaleur est forte, elle se retire dans les étages inférieurs qui lui servent de caves; dans les tems froids et humides, elle occupe les étages supérieurs. La Fourmi de Surinam 1 élève son nid de six pieds au-dessus de terre, comme si elle prévoyait les ravages des inondations si redoutables dans ces contrées. Si, malgré cette précaution, la fourmilière est emportée par les eaux, les insectes, réunis et accrochés par les pattes, forment un radeau oblong qui aborde sur quelque rivage.

Une espèce entière de fourmis est privée de la vue. Toutes les espèces sort timides, fuient l'éclat du jour, et se plaisent dans l'obscurité. Les tems de pluie, qui détrempent la terre et leur fournissent ainsi le mortier dont elles font leurs grottes, sont favorables à leurs travaux. Ont-elles commencé un édifice que la sécheresse les contraint d'abandonner, elles réduisent en poussière les colonnades ébauchées,

Opera interrupta minæque
Murorum ingentes 2.

• Stedman, vol. 1, 160.

2 Eneid., liv. Iv, V.

88.

Au premier moment de pluie, l'ouvrage recommence. Des voûtes de deux pouces sont jetées sur des piliers d'attente; et, ce qui est étonnant, jamais ces voûtes ne sont mal calculées. Leur pesanteur et leur étendue correspondent exactement avec la force de leurs étais; le soleil vient les durcir, et le pálais est achevé.

Attribuera-t-on cette régularité géométrique, ces mille ressources, cette activité toujours la même, ces prévisions merveilleuses, à une loi mécanique ? Les insectes accomplissentils leurs chefs-d'œuvre comme la fleur germe, comme la pierre tombe? Mais alors les obstacles devraient les arrêter; un mécanisme aveugle ne résiste jamais à un obstacle. L'abeille, au contraire, bâtit son alvéole verticale, si vous l'empêchez de la faire horizontale; elle se condamne à semer quelques irrégularités dans son travail, quand ces irrégularités sont exigées par les circonstances. Une fourmilière que je plaçai dans une boîte de verre, et à la retraite de laquelle je donnai tout exprès une inclinaison qui menaçait de ruiner les souterrains habités par la colonie, passa trois jours à construire une base pyramidale dont elle étaya les parties croulantes et lézardées de son édifice. Mais ce travail dépassait les forces des pauvres ouvrières; toute la population périt de fatigue le jour suivant. On ne peut s'empêcher de demander si la prudence et le calcul dont ma colonie faisait preuve dans cette occasion, ne rivalisent pas avec la prudence et les combinaisons humaines,

Les pailles, les épis, les graines que nous voyons les fourmis traîner avec tant de peine, ne leur servent pas d'aliment, ainsi qu'on le croyait autrefois; ce sont de simples matériaux. La Formica rufa surtout emploie ces matériaux comme des poutres et des solives dont elle recouvre ses dômes. Les plus grosses de ces poutres soutiennent la toiture; la paille et les brins d'herbe servent de tuiles et d'ardoises. Quand on soulève le toit, on voit, au centre, une chambre assez grande, qui communique avec beaucoup d'autres appartemens moins vastes et avec de nombreuses galeries. A la chambre centrale, comme à un carrefour, aboutissent tous les corridors. Enfin, au-dessous de ces corridors, se trouve une autre résidence souter

raine dans laquelle le peuple se réfugie, et où les larves sont déposées.

Cette espèce de fourmis a soin de fermer ses portes le soir. Quand le jour tombe, on aperçoit une foule empressée, traînant de petites feuilles et des brins d'herbes, qu'elles entassent au bout des avenues de leur logis. Les premiers remparts sont choisis avec soin parmi les matériaux les plus solides; ensuite on se contente de chevaux de frise moins lourds, et enfin de grains de sable. Le matin, on enlève ces portes; si le tems est beau, toutes les avenues sont déblayées ; s'il pleut, on ne laisse qu'une issue assez étroite; si la pluie est forte, le domicile reste clos.

Quelques espèces de fourmis sont charpentières; la Formica fuliginosa excelle particulièrement dans cette industrie. Quand elle choisit le tronc d'un arbre pour y établir son domicile, ses galeries sont plus massives et plus régulières; se loge-t-elle dans les grosses racines qu'elle creuse? il y a moins de régularité, mais plus de délicatesse et de fini dans son travail.

Tous ces corridors, toutes ces arcades sont noirs comme de l'ébène. On dirait que l'on s'est plu à les noircir et à les polir : phénomène singulier dont les naturalistes n'ont pas encore trouvé l'explication.

Les grands monumens que notre espèce élève, passent pour des merveilles de génie. L'homme, en comparant sa stature avec la hauteur gigantesque des pyramides et des obélisques, s'enorgueillit de la tâche que ses ancêtres ont accomplie. La Formica rufa construit des villes aussi populeuses que nos cités, aussi vastes et aussi régulières, toute proportion gardée. Les Termites ou fourmis blanches des tropiques, dont la taille est d'un quart de pouce, bâtissent des pyramides de douze pieds, c'est-à-dire, que les monumens sont cinq cents fois plus grands que les architectes. Où trouver les édifices qui puissent ontrer en comparaison avec ceux que je viens de citer? Où sont les obélisques cinq cents fois plus élevés que les hommes?

Les Termites, qui se rapprochent un peu de nos fourmis, quant à la forme et quant aux mœurs, n'appartiennent cependant pas au même ordre d'insectes. Ils savent, en creusant un arbre, lui enlever toute sa sève, le cribler de trous et d'ex

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