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et volage épouse, Eléonore de Guyenne, sont, sous le ciel brûlant de l'Orient, le jouet des Grecs; malheureux Grecs! qui plus tard devaient payer par l'esclavage la honte de leur félonie. Après Michaud, l'auteur d'Ethelred, a trouvé des couleurs nouvelles pour peindre cette croisade où le sire de Coucy joue un rôle chevaleresque avec une dame Yolande, un peu moins digne de son affection, que cette pudique Blanche, l'héroïne de l'amour si pur et si touchant d'Olivier.

Nous recommandons comme une bonne fortune, la lecture du volume de madame la princesse de Craon. On sent que sa jeunesse s'est abreuvée aux sources sacrées des écritures, et qu'elles ont rempli son âme de leurs vives couleurs; tout ce qui tient aux croyances religieuses a une corde sensible pour celle qui s'occupe si activement de bonnes œuvres, et qui peut sans regrets invoquer tous ses souvenirs, sourire à ses ouvrages qui se vendent au profit de l'œuvre de la miséricorde, cette œuvre si belle qui vient en aide à l'infortune qui ne peut tendre la main. Ainsi en achetant une soirée de famille on fera une bonne œuvre et l'on aura un bon ouvrage, car il est de ceux donc on peut dire; la mère en permettra la lecture à sa fille.

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FRANCE. PARIS. Collections scientifiques, recueillies par la Bonite, dans un voyage autour du monde. — Il y a deux ans, une corvette de l'état, la Bonite, quitta la France pour faire un voyage scientifique autour du monde, emportant avec elle un programme de questions à résoudre dans les régions lointaines. De retour aujourd'hui, les naturalistes de l'expédition, tout en regrettant la brièveté des relâches, rapportent des collections nombreuses. On y trouve un squelette d'Indien parfaitement conservé ; plusieurs crânes de Chinois et de Malais, et plus de cinquante espèces de mammifères appartenant aux quadrumanes, aux carnassiers, aux rongeurs, aux ruminans, La plupart sont en vie et prendront place dans la ménagerie du Muséum. Dans ce nombre on distingue deux singes de la presqu'ile de Malaca, un maki de Madagascar, un loris du Bengale, un chien et ane chienne de la Chine, une genette de Malaca, un cerf de Java, et l'axis du Bengale, mâle et femelle.

Dans la classe des oiseaux, on a réuni plus d'un millier d'individus de tous les ordres. Le chionis, le psitaccin et l'héorotaire sont conservés dans l'alcool. On a aussi recueilli quarante à cinquante espèces de reptiles, uue grande tortue terrestre vivante, près de deux cents espèces de poissons, dont les deux tiers viennent des îles Sandwich et de la mer de la Chine, et des crustacés de tous les pays. Quant aux insectes proprement dits, la Bonite en a rassemblé fort peu, soit à cause des courtes stations au mouillage, soit à cause de la saison défavorable pendant le séjour de l'expédition.

De longues traversées dans des mers si différentes, ont permis de bien observer les animaux Pélagiens. C'est ainsi que le genre atlante de Péron, considéré comme rare, a para l'un des plus communs. La coquille offrait parfois 5 lignes de diamètre, quoique ce mollusque n'ait encore été vu qu'à l'état microscopique. Des Îles Sandwich aux îles Mariannes, et à l'entrée du détroit de Malaca, on a rencontré une immense quantité de petits corps ronds et jaunâtres qui rendaient l'eau extrêmement phosphorescente. Pour complément de ces recherches variées, nous noterons plu

sieurs milliers d'expériences de température humaine, faites sur dix hommes de l'équipage, remplissant les conditions du programme de l'Académie, et sous tous les climats, depuis la température glacée du cap Horn, jusqu'aux 40 degrés de chaleur des côtes de l'Inde.

La géologie n'a pas été négligée: douze cents échantillons de roches et de minéraux font partie des richesses rapportées par la Bonite. On y remarque de beaux morceaux d'or et d'argent provenant des mines du Chili et du Pérou, de l'étain de la presqu'île Malaise, des minéraux de l'intérieur de l'Inde, et des fossiles de la terre de Van Diemen (NouvelleHollande).

A Cobiga, sur la côte d'Amérique, l'examen du rivage a fourni des preuves positives de l'exhaussement de sol sur ce point. A 30 pieds audessus du niveau actuel des eaux, et sur des amas de coquilles de même nature que celles qui vivent sur les lieux, on voit des roches qui semblent battues par les vagues, et recouvertes encore du guano qui partout ailleurs ne se rencontre que sur les rochers du rivage.

Les grandes questions qui se rattachent aux mouvemens de l'aiguille aïmantée, et à la physique du globe, ont eu aussi leurs observations précises. A Touranne, dans la mer de la Chine, on a étudié le phénomène remarquable d'une seule marée en 24 heures. La mer montait pendant 16 heures, et descendait pendant 8. C'est daus la région des vents d'ouest, le long de la côte du Mexique, qu'on a noté la plus grande quantité d'eau tombée en 24 heures. L'odomètre, instrument destiné à la mesurer, en contenait 92 millimètres. Quelques observations de température sousmarine ont été faites à des profondeurs variables. A 1660 brasses, dans l'océan Atlantique, le thermomètre a marqué 6 degrés centigrades, tandis qu'à la surface de la mer il y avait 23 degrés de chaleur. Dans le grand Océan, à 1300 brasses, on a trouvé 5 degrés seulement, et la surface était à 29°. Enfin, on s'est servi de l'instrument de M. Biot pour rappor ter de l'eau de mer d'une grande profondeur, et connaître la proportion d'air qui peut y être contenue. Le liquide a été mis dans des flacons bouchés à l'émeri, et sera soumis à l'analyse.

Il nous resterait à parler des collections botaniques faites avec tant de soin par M. Gaudichaud, mais ce savant n'a fait eonnaître jusqu'à présent que les œufs de vers à soie de la Chine et de l'Inde, qu'il est parvenu à préserver de l'éclosion à l'aide d'enveloppes de papier et de métal, malgré deux passages sous la ligne. Nous ne savons rien encore de la richesse de ses herbiers, mais nous tenons, de sa propre bouche, qu'ils sont trèsriches. Déposés en ce moment au jardin des plantes, ils vont faire le sujet de ses études, et ils seront bientôt publiés. Nous ne devons pas cacher cependant les éloges qu'il donne à la conduite tenue par les mission

naires français, lorsque l'équipage arrivâ en Chine, affaibli par les fatigues de la navigation et la maladie. M. Legrégeois et ses confrères ont eu pour eux tous les soins imaginables. Nous devons remercier ici M. Gaudichaud d'un échantillon des monnaies en cuivre, de la Chine et de la Cochinchine, qu'il a bien voulu nous donner. L'on sait que l'institut a reconnu le mérite de M. Gaudichaud en le nommant au nombre de ses membres, pendant son absence.

ROUEN. Découverte du Sceau de Saint-Bernard. Une heureuse circonstance vient de mettre entre les mains de M.- Deville, directeur du musée d'antiquités de Rouen, le sceau en nature de Saint-Bernard. On n'apprendra pas sans intérêt que le cachet de cet homme célèbre, qui joua un si grand rôle dans les évènemens politiques et religieux de son tems, subsiste encore. C'est, sans contredit, l'un des monumens les plus précieux que nous ait légué le 12° siècle.

Ce sceau est en cuivre jaune et de forme ovale; il a 40 millimètres de long (17 lignes), sur 3o dans sa plus grande largeur ( 13 lignes). Son épaisseur est de 5 millimètres ; il pèse 30 décagrammes (1 once environ).

On y voit représenté, gravé en creux, Saint-Bernard en costume monacal, le menton ras, assis sur un pliant dont les bras se terminent en tête de serpent, et la tête tonsurée et nue. Saint-Beraard, par humilité comme on le sait, ne voulut jamais se servir de la mitre que les abbés commençaient à porter de son tems, et avec laquelle ils se faisaient représenter sur leurs sceaux; il s'éleva avec force contre cette innovation 1. Le Saint tient de la main droite, qui devient la gauche à l'impression, une crosse fort simple à enroulement, et de la main gauche, qui est étendue ainsi que la droite, un objet que la grossièreté et la petitesse du travail ne permettent d'apprécier que difficilement. Quelques antiquaires l'ont pris pour un sablier; Mabillon, d'après les empreintes, l'a considéré comme un livre; M. Deville croit y reconnaître une porte d'église, divisée en deux ventaux par une colonette qui est surmontée de son chapiteau.

L'inscription suivante est tracée sur la frange du sceau, autour de la figure. Une petite croix, placée au-dessus de la tête du Saint, indique son point de départ; la voici :

+ SIGILLUM BERNARDI ABBATIS CLAREVALL.
Sceau de Bernard, Abbé de Clairvaux.

:

A l'exception du G du mot Sigillum, du D de Bernardi, et de l'E de Clarevall, qui sont dans la forme gothique, les caractères de l'inscrip

1 Voir son Tractus de moribus et offic, episc. cap. ix.

tion rappellent l'onciale romaine, et ne s'écartent en rien, du reste, des caractères en usage dans le 12° siècle.

L'absence du mot Sancti, à côté de celui de Bernardi, achèverait de prouver, s'il était nécessaire, que ce sceau est contemporain du personnage dont il porte le nom, et lui a bien appartenu, puisqu'on sait que Saint-Bernard, qui décéda en 1153, a été canonisé un assez petit nombre d'années après sa mort (en 1174), par Alexandre III. Si ce sceau (dont on ne s'expliquerait pas trop du reste l'usage dans ce cas) était postérieur à la canonisation, on n'eût pas manqué d'ajouter le mot sacramentel de Sanctus à côté de celui de Bernardus ; il n'eût guère même été possible de s'affranchir de cette addition.

Une personne exercée dans la sigillographie pourrait élever une objection contre l'authenticité de ce sceau : c'est que le caractère du dessin, le costume et les accessoires, ainsi que la forme elle-même du sceau semblent le reporter à la seconde moitié, ou tout au plus au milieu du 12° siècle. Or Saint-Benrard ayant pris la crosse en 1115, pourquoi son sceau abbatial, qu'il dut faire exécuter à cette époque, n'a-t-il pas les caractères du tems; car il y a une différence tranchée entre les sceaux du commencement et de la fin du 12° siècle.

Mais une lettre de Saint-Bernard lui-même, fournit la solution. Bernard écrivant au pape Eugène III, en l'année 1151, lui apprend qu'il s'est vu forcé de changer son sceau, par suite d'un abus de confiance, et qu'il s'en est fait graver un second, sur lequel sont tracés son image et son

nom 1.

second sceau est celui que possède M. Deville; il a été trouvé chez un revendeur d'Issoudun, qui s'était rendu acquéreur, en 1790, des vieux cuivres de la collégiale de Saint-Cyr d'Issoudun, affiliée à Clairvaux, et où était parvenu, on ne sait trop comment, le sceau de l'ancien abbé de ce monastère. L'image et le nom de Saint-Bernard y sont retracés; sa forme, son exécution correspondent parfaitement au style de l'époque où Saint-Bernard nous apprend qu'il l'a fait faire ; il a sous tous les rapports, tous les caractères d'authenticité désirables.

9

Les dernières paroles de Saint-Bernard, que nous avons soulignées, dans lesquelles décrit au pape son second sceau donneraient à croire que le premier ne portait point son effigie; mais ceci n'est qu'une conjecture.

Le revers du sceau retrouvé est plat et'uni, et sans aucune apparence de manche ou d'appendice. Il est évident qu'on s'en servait en pressant ce sceau contre la cire avec le doigt.

Voir la 284 lettre de S. Bernard, édition de Mabillon.

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