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A N N A LES

DE LA RELIGION.

PREUVES de la possession dans laquelle sont les gouvernemens, de s'opposer au schisme.

Première

preuve

tirée des lois contre les donatistes.

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Le schisme des donatistes, qui a causé de si grands ravages dans l'église, a donné lieu à plusieurs lois emanees de la puissance impériale, qui prononcene contr'eux des peines trop sévères et qui renferment toutes les précautions possibles pour arrêter le progrès de cette funeste division.

Constantin, au rapport d'Optat, évêque de Mileve, avoit déjà employé son autorité à faire cesser certe cruelle séparation; mais n'ayant pas eu le bonheur de rétablir une paix parfaite, ses sucCesseurs publièrent un grand nonibre de constitutions qui tendoient à la même fin. Ils ordonnent que les schismatiques soient chassés des villes, qu'on les envoie en exil, et qu'on les force à ren-' trer dans la communion de l'église par la crainte des peines, puisqu'on n'a pû les у

déterminer par Ce qui animoit davantage le zèle des empereurs, c'est que tous ces ennemis de la religion, et en particulier les donatistes, profanoient les sacremens, Car le schisme de ces derniers étoit accompagné de la sacrilège réitération du baptême qu'ils conféroient de nouveau à ceux qui l'avoient déjà reçu dans le sein de l'église ; et c'est principalement ce qui déterminoit ces princes à leur faire ressentir les effets d'une juste sévérité.

N.° 1.o T. XV. 8.° Ann.

faison.

Mais ces lois ne nous apprennent pas seulement combien les empereurs se sont crús en droit de punir les schismatiques. Nous y voyons aussi l'idée qu'ils s'étoient formée du schisme, et les marques auxquelles ils vouloient que leurs officiers reconnussent ceux qui en étoient coupables, pour leur infliger les peines prononcées contre ce crime.

Les schismatiques sont ceux qui se séparent des catholiques. « Nous voulons, disent les empereurs,

qu'on punisse comme schismatiques, ceux qui » s'avoueront eux-mêmes donatistes, ou ceux qui » évitent la communion des catholiques par atta» chement à leur parti, quoiqu'ils feignent d'être » chrétiens. »

Les schismatiques sont encore ceux qui refusent de communiquer avec les autres fidèles dans les actes de religion, et qui tiennent des assemblées particulières.

« Les évêques, dit une autre loi, nous ont porté des plaintes de ce que Jovien tient des assemblées sacrilèges hors des murs de la ville. Nous .

ordonnons qu'il soit puni et envoyé en exil avec » tous ses complices. Comme c'est lui qui est en

quelque soite l'auteur du schisme, nous vou» lons qu'il soit conduit très-promptement dans » l'ile de Boa. Quant aux autres, vous les enverrez » dans telles îles que vous jugerez à propos, pour» vů qu'elles soient éloignées les unes des autres. » Ce bannissement, en les dispersant, rompra peut» être leurs funestes desseins. Mais si malgré cela

quelqu'un d'eux persistoit encore avec opiniâ

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» treté dans sa conduite schismatique, il s'attirera » un châtiment plus sévère. »

Enfin le dernier caractère du schisme, aux yeux des

empereurs, c'est la séparation de la communion de l'évêque ou du pape, lorsqu'ils sont euxmêmes dans celle de l'église. « Nos officiers pren» dront garde à ce qu'aucun de ceux qui se séparent » de leur évêque attaché à l'église catholique, ne » tienne de conventicule illicite dans quelque ville » ou autre lieu de leur ressort. Nous voulons que » les maisons où se tiendront ces assemblées soient confisquées à notre profit. « Nous ordonçons, dit une autre loi; que les schismatiques et tous ceux qui sont attachés à quelque secte opposée aux catholiques, soient

chassés de la ville de Rome. Mais il faudra trai• ter ainsi principalement, ceux qui se séparent » de la communion du pape, et qui entraînent y le reste du peuple dans leur schisine. Nous leur » accordons un délai de vingt jours, pendant le

quel, s'ils ne rentrent dans l'unité de la comme

nion, ils seront bannis à cent milles de la ville » de Rome, afin de les punir par la solitude qu'ils » ont en quelque sorte cherchée en se séparant

des autres. »

Ces lois sont sans doute des actes d'autorité bien formels de la part des empereurs contre le schisme. Elles prononcent contre ceux qui s'en sont rendus coupables, la confiscation des biens, l'exil , même la peine capitale; elles défendent de tenir des assemblées schismatiques. On ne doit pas s'étoaner que ces princes aient cru pouvoir competemment prononcer sur cette matière. Ils regardoient le schisme comme un pur fait; et pour y tomber, il suffisoit à leurs yeux de se séparer de la communion de ceux qui étoient dans l'unité.

:

et

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Les différens schismes qui ont divisé l'église de Rome, fourniront de nouvelles preuves de leur possession.

Seconde preuve tirée du schisme d'Ursin. Après la mort du pape Libère, en 366, on élut à sa place Damase, prêtre de l'église romaine. Ursin, diacre de la même église, ne pouvant souffrir que Damase lui eût été préféré, assembla une troupe de gens séditieux, et.se fit ordonner évêque de Rome par Paul, évêque de Tibur. Le peuple prit part dans cette querelle, et en vint à la sédition. Les magistrats romains, pour appaiser le tumulte, envoyèrent Ursin en exil, et firent arrêter quelquesuns de ses principaux sectateurs. La populace de leur parti les arracha des mains de ceux qui les conduisoient, et les mit en sûreté dans la Basilique de Libère. Le peuple attaché à Damase qui en fut averti, vint aussitôt les armes à la main assiéger cette église, et il y eut beaucoup de sang répandu dans ce combat.

Les schismatiques du parti d'Ursin s'étoient conservés une église, dans laquelle ils tenoient leurs assemblées. Damase et le défenseur de l'église de Rome s'adressèrent à l'empereur Valentinien, et le supplièrent d'ordonner qu'elle leur fût ótée et qu'elle fût remise sous la puissance du légitime évêque de Rome. C'est ce que l'empereur fit par une loi qu'il adressa à Prétextat, préfet de Rome, en 368 « Celui qui étoit l'auteur du schisme ayant » été banni, dic ce prince, il faut örer avec soin » tout ce qui peut contribuer à l'entretenir, Car ce » seroit inutilement qu'on auroit chassé de la ville » celui qui étoit la principale cause de la division,

si on y souffroit ce qui est propre à la fomenter » et à la nourrir. C'est pourquoi le défenseur de

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