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sommes employées dans les dépenses de l'Etat pour l'entretien de l'armée et les frais d'administration de la guerre.

SIV. Dépenses pour l'Entretien de l'Armée et les Frais d'Administration de la Guerre.

On voit par le budget de l'an 9, que les fonds destinés aux dépenses que nous venons d'indiquer furent, pour cette année-là, fixées à 258,000,000; par le budget de l'année suivante, qu'elles le furent à 210,000,000.

En l'an 11, ces dépenses allérent à 257,000,000, savoir : 164,705,-99 fr. pour la guerre, et 92,29+,201 fr. pour frais d'administration de la guerre.

En l'an 12, elles furent portées à 295,500,000 francs, savoir : 1-9,000,000 pour les dépenses de la guerre, et 116,000,000 pour l'administration de la guerre.

Le budget de l'an 13 les porte à 271,500,000 francs, savoir : 100,500,000 fr. pour la guerre, et 105,000,000 pour l'administration.

La plus forte partie des dépenses de la guerre est celle qui a pour objet la solde d'activité : voici les détails dont elle se compose , et les dépenses correspondantes pendant

Infanterie , 43,960,58- francs ; tronpes à cheval, 12,415,4-6 francs; artillerie , 9,9-3,118 francs; genie, 2,-41,197 fr.; garde imperiale, 5,6--,695 fr.; veterans nationans, 3.010.464 francs ; gendarmerie nationale, 14,243,508 fr.; état-major de l'armée, 6,564,053 frares; coinmandants d'armes, 1,559,819 francs; inspecteurs aux revues, 962,351 francs ; commissaires des guerres , 1,500,-106 fr.;

Ce qui fait une somme de 102,408,914 fr.

Comme nous avous fait suffisamment connaitre les dépenses du ministère de la guerre à l'article qui le coacerne, et que ces dépenses rentrent dans le tableau de celles dont il s'agit ici, nous ne nous étendrons pas daVantage sur les détails qui s'y rapportent, et nous passerons de suite à l'esposé des forces de mer.

l'an 12.

S V. Des Forces Maritimes de la France.

Pour traiter avec intérêt cette partie de la Statistique, nous commencerons par quelques considérations sur l'histoire de la marine française; ensuite nous passerons à l'exposé de son système actuel et aux dépenses qu'entraine le service de mer.

Apperçu historique de la Marine française. La marine fut cultivée avec soin par les anciens Gaulois, et l'habileté dans la navigation les servit utilement pour le commerce, pour l'établissement de leurs colonies et la défense de leurs côtes; mais ils n'en ont laissé aucun monument historique qui soit parvenu jusqu'à nous, et l'on est obligé de recourir aux écrivains grecs et latins pour avoir quelque connaissance de l'état des arts relatifs à la navigation chez eux.

Rien ne fait mieux voir combien la marine a été florissante dans l'ancienne Gaule, que le grand nombre de ports célèbres que ses habitants possédaient sur l'une et l'autre mer. Le

port d'Arles, sur la Méditerranée , était fameux du temps de César, qui, dans l'espace d'un mois, à compter du jour que le bois fut abattu , y fit construire 12 galères. Celui de Narbonne , qui ne subsiste plus, était une espèce d'entrepôt ou abordaient les flottes de l'Orient, celles d'Afrique, d'Espagne et de Sicile; celui d'Aigues-Mortes, que les sables amoncelés par le Rhône ont détruit, et ceux de Montpellier, de Toulon, d'Antibes et de Fréjus, où les vaisseaux d'Auguste se retiraient, étaient tous très - considérables. Sur l'Océan étaient les ports de Bordeaux et de Vannes, ceux de la Saintonge et du Poitou , et celui de Corbilon sur la Loire, que quelques-uus prenent pour Nantes , d'autres pour Blois.

Ce n'est qu'au temps de Jules César que l'histoire peut remonter pour donner une juste idée de la navigation des Gaulois : leur marine paraît alors dans un mouvement extraordinaire. César, pour faire tête à leurs nombreuses flottes, fut obligé de faire construire des vaisseaux dans leurs propres ports , et plus souvent encore de se servir de ceux des Gaulois mêmes qui lui étaient attachés : ainsi, comme il fil usage des forces maritimes des peuples qu'il avait soumis, contre celles des autres nations de la Gaule, on peut juger par la quantité prodigieuse des bâtiments qu'armaient les deux partis, de la force réciproque de leur marine.

La ville de Marseille, fondée à ce qu'on prétend par les Phocéens, a produit de célèbres navigateurs; ses habitants ayant pris de leurs fondateurs le goût de la navigation, se rendirent puissants sur mer et redoutables à leurs voisins. Ils bâtirent des villes au milieu des terres et sur les rivages de la Méditerranée : Nice est une de leurs fondat: ns; ils firent des lois nautiques, à l'exemple des Rhodiens, et leur expérience maritime leur attira la considération des Romains.

Vannes, située à 2 lieues de la mer, était aussi trèspuissante. Du temps de César, elle avait une très-grande autorité sur toutes les villes maritimes ; tous les ports des cotes voisines étaient sous sa domination; elle était liée avec l'Angleterre par les intérêts du commerce , et tant par l'habileté de ses nuvigateurs que par le grand noinbre de ses vaisseaux, elle aurait aisément triomphé des Romains sur l'Océan, si ceux-ci n'avaient supplée par la ruse au défaut de l'expérience.

Les peuples de la Saintonge et les Poitevins étaient aussi puissants sur mer, et César se servit de leurs vaisscaux contre ceux des habitants de Vannes, • Tel était l'état de la marine des Gaulois avant et après leur assujétissement aux Romains. Mais depuis cette première époque jusqu'à Charlemagne, la navigation a été peu connue en France : comme cet Etat était alors partagé entre plusieurs frères , ils ne s'occupaient que des grierres qu'ils se faisaient les uns aux autres, et n'avaient pas

besoin de vaisseaux, puisqu'ils ne portaient point leurs armes au-delà des terres qu'ils se disputaient.

Charlemagne ayant reculé les limites de son Empire au-delà du Danube et du Rhin, prévit sagement que , des qu'il s'éloignerait de la France, ses cotes sur l'une et Vautre mer seraient exposées aux incursions des barbares, Pour s'opposer à leurs descentes, il établit une bonne garde inarine et entretint des vaisseaux gardes-cotes, bien équipés et bien armés, qui croisaient continuellement, soit à l'embouchure des rivières, soit sur les côtes de France et d'Allemagne, et sur celles de Provence et. de toute l'Italie. Ainsi, par le moyen de sa marine , il mit non-seulement ses Etats à l'abri des insultes qu'ils avaient si souvent essuyées de la part des Sarrazins et des Normands; mais ses vaisseaux battirent encore leurs flottes près des îles de Sardaigne, de Corse , de Majorque et de Minorque , prirent et coulèrent à fond plusieurs de leurs bâtiments, leur enleverent tout le butin dont ils s'étaient emparés, et revinrent enfin plus d'une fois chargés des étendards qu'ils leur avaient pris, et des prisonniers faits sur eux.

Les guerres continuelles dont Charlemagne fut occupé pendant tout son règne ne l'empêchèrent point de donner la plus sérieuse attention aux affaires de la mer; il

parcourut toutes ses côtes , et les fit mettre en bon état; il fit rétablir à Bologne un ancien phare bâti par les Romains, et que les habitants de cette ville avaient laissé ruiner par négligence.

Les successeurs de ce prince n'eurent pas fort à ceur l'entretien de la marine : ils laissèrent les Normands et les Sarrazins infester les mers, et désoler leurs Etats par leurs incursions. Les Normands, ces pirates redoutables, courant les mers avec de fortes escadres et quelquefois avec des flottes de 120 ou de 200 voiles, portaient la terreur par toute la France.

Sous les règnes de Louis-le-Débonnaire et de Charlesle-Chauve , ils entrèrent par l'embouchure des rivières qui n'étaient pas défendues, et ravagèrent les plus belles provinces. Ils remontèrent plusieurs fois la Seine, firent de grands dégâts dans la ville de Rouen , répandirent l'alarme dans Paris , tirèrent de grosses contributions de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et firent trembler les rois de France sur leur trône. Il fallait capituler avec eux pour les obliger de se retirer, et ce n'était jamais qu'à prix d'argent ou quand ils étaient rassasies de butin. Ils venaient

par

la Garonne désoler Bordeaux et Toulouse ; ils exerçaient par la Loire leurs brigandages jusqu'à Orléans ; par le Rhône et la Somme, ils ravageaient les provinces que ces rivières arrosaient : ils paraissaient à l'improviste, attaquaient de même, se répandaient comme

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un torrent, et laissaient partout de cruelles marques de leur passage ; enfin ils forcerent les Français à les laisser établir dans le royaume de Neustrie, qui, de leur nom, prit celui de Normandie.

Les croisades, qui commencèrent sous Philippe ler., obligèrent les Français à équiper des vaisseaux, et la inarine parut alors se rétablir en France. Cependant du Tillet remarque que les rois de France se servaient, pour ces expéditions, de navigateurs génois, espagnols, et d'autres nations vcisines , qui avaient des vaisseaux en mer.

Ce fut dans le temps des croisades, et à proprement parler, sous le règne de Saint-Louis seulement, que la dignité d'amiral de France commença à avoir rang parmi les grandes dignités du royaume : auparavant, le pouvoir d'amiral , qui n'était donné que par commission, se bornait à quelques cotes maritimes; comme celles de Normandie, de Bretagne, de Guienne. Les gouverneurs de ces provinces joignaient à leurs titres celui d'amiral, et les gouverneurs de Bretagne ont été long-temps en possession de ce titre et des droits d'amirauté, dans l'étendue de leur gouvernement.

Les différends survenus entre la France et l'Angleterre, du temps de Philippe-Auguste , se renouvelerent sous Philippe-le-Bel, et donnèrent lieu à un grand nombre d'expéditions maritimes.

La marine fut languissante sous Charles VII et sous Louis XI. Les guerres du premier pour reconquérir son royaume, et les démêlés continuels du second avec les ducs de Bourgogne et de Bretagne, ne les obligerent point à des armements maritimes. On voit seulement, sous le regne de Charles VII, que ce prince fit équiper une flotte sur laquelle on embarqua 4,000 soldats, et dont Pierre de Brézé, sénéchal de Normandie, eut le commandement; elle partit de Honfleur le 20 d'août 1457, et cinglant vers les côtes d'Angleterre , alla faire une descente á Sandwich , dans le comté de Kent. Brézé se rendit inaitre du port, où il prit 3 vaisseaux, s'empara de la ville et la pilla ; mais ne pouvant la garder, il fit sa retraite avec un ricle butin et beaucoup de prisonniers.

Les projets de Charles VIII l'engagerent å avoir une bonne inarine. Če prince ayant formé le dessein de conquérir le royaume de Naples, usurpé par la maissa

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