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1:JAN 1955

Le travail du Père Stéphani que nous publions, n'est pas une histoire des anciens établissements monastiques du

pays de Liége, qui en comptait un si grand nombre. C'est tout simplement une vaste compilation qui pourra être très-utile, indispensable même, à celui qui voudrait entreprendre cette histoire.

Cette compilation, fruit de persévérantes recherches, continuées pendant de longues années, comprend, non seulement de très nombreuses sources imprimées, difficiles à réunir, mais encore beaucoup de documents manuscrits que, pour la plupart, on ne retrouverait plus actuellement.

Pas le moindre ordre n'existe dans cette compilation ; tout s'y trouve noté pêle-mêle. En l'éditant, il a donc fallu établir de l'ordre partout. On a dû faire aussi de nombreuses corrections à une foule de citations incomplètes ou fautives, en confrontant les textes ou documents cités encore accessibles. Ces lacunes proviennent de ce que Stéphani a poursuivi ses recherches jusqu'à la fin de sa longue carrière, et lorsqu'il était parvenu à un âge où les forces trahissent par trop la volonté.

Le manuscrit autographe qui a servi à cette édition, appartient aux hospices de la ville de Liége. C'est un volume in-folio d'une écriture très-serrée, qui nous a été obligeamment communiqué par la Commission des hospices, à laquelle nous réitérons ici nos vifs remerciments.

Il convient que l'auvre du Père Stéphani, à laquelle il a consacré tant d'années de sa vie, soit précédée d'une courte notice biographique, d'autant plus qu'on ne rencontrerait nulle part les renseignements qui vont suivre (1).

Jean-Pierre-Renier Stéphani naquit à Liége le 6 mars 1737 de parents aisés, et qui descendaient d'anciennes et bonnes familles bourgeoises de la cité de Liége (2). Il était fils de Renier-Théodore Stéphani, qui mourut le 13 octobre 1781, et de Marie-Agnès Fléron, qu'il eut le malheur de perdre le 12 septembre 1747, lorsqu'il n'était âgé que de dix ans.

Rien ne nous est parvenu sur les études du jeune Stéphani, mais elles doivent avoir été bonnes et solides. Obéissant de bonne heure à la vocation religieuse, il entra dans le couvent de l'ordre des Carmes déchaussés à Liége, et prit en religion le nom de Père Jean Népomucène de la Sainte-Famille. Il remplit pendant 35 ans, les fonctions de bibliothécaire de son couvent, fonctions qui répondaient si bien à ses goûts studieux.

Lors de la suppression des ordres monastiques, par le décret du 20 prairial an X, le Père Stéphani, comme tous ses confrères, dụt quitter son couvent. Il entra dans le clergé séculier et continua ses habitudes studieuses. La réputation qu'il s'était acquise

(1) BEC DE LIÈVRE (Biographie Liégeoise, t. II, p. 531) ne connaissait concernant Stéphani, qu’une petite note de Villensagne dans ses Recherches sur l'histoire de la principauté de Liége, l. II, p. 447.

(2) Nous avons sous les yeux une généalogie de la famille Stéphani ou Stéphany, qui semble remonter assez haut, mais dans laquelle les dates, pour la plupart, font défaut.

III

par son savoir et ses vertus lui valut les fonctions de précepteur des jeunes comtes d'Argenteau , François-Joseph-Charles-Marie, et Charles-JosephBenoît, actuellement archevêque de Tyr.

Plus tard, et jusqu'à la fin de sa vie, Stéphani fut chapelain ou aumônier des hospices, et parait s'y être distingué par son zèle et sa charité.

Investigateur patient et infatigable, le Père Stéphani consacrait tous ses moments de loisir à des recherches historiques; mais, doué d'une grande modestie (1), il ne songeait guère à la publicité. On n'a imprimé de lui, de son vivant, que le petit ouvrage suivant : Histoire de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel dans la terre sainte, sous ses neuf premiers prieurs généraux. Maestricht, P. Lekens, 1798, in-8° de 4 ff. et 102 pp. Et encore, ce livre, que De Villenfagne nomme avec raison une dissertation curieuse et savante, parut-il sous le voile de l'anonyme. Cependant, ses recherches ne restaient

pas

inutiles. Il les communiquait et les abandonnait généreusement à d'autres. Ce respectable religieux, dit De Villenfagne, a contribué, par ses recherches et ses travaux, à la composition de quantités d'ouvrages, donnés au

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(1) Dieudonné Malherbe, ce poète excentrique, a consacré au Père Stéphani le quatrain suivant dans son Hommage à la Société d'Émulation, Liége, Bourguignon, 1802, in-8° :

Le seul de son couvent
Lui seul dans sa patrie
Ne sait qu'il est savant

Et plein de modestie.
Que l'on nous pardonne la citation de ces vers , dignes d'un
billet de caramel. Tout mauvais qu'ils sont, ils n'en expriment pas
moins la vérité.

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public, tant par les bénédictins français, que par quelques hommes de lettres de la Belgique (1). ,

Voici encore un autre témoignage donné à Stéphani par le savant curé Ernst, dans l'avertissement de son ouvrage estimé, Le tableau des suffragants ou coévéques de Liége : « Mais je dois surtout payer ici le tribut de ma reconnaissance à M. Stéphani, ci-devant religieux carme-déchaussé, qui depuis environ trente ans, s'est constamment occupé à recueillir des mémoires pour servir à l'histoire tant ecclésiastique que civile de différents pays, non seulement dans sa patrie, mais aussi dans la ci-devant Belgique, la France, l'Allemagne et l'Italie, et qui s'est fait un plaisir, dans toutes les occasions, de communiquer généreusement ses recherches aux écrivains qui en ont eu besoin. Il suffit de dire que, sans son secours, j'aurais été obligé de renoncer à cette entreprise. "

Stéphani, après une existence obscure, mais utile, s'éteignit le 15 avril 1817, à l'âge de quatre-vingts ans. Il avait été charitable pendant toute sa vie ; il la termina encore par un acte de charité, en léguant son patrimoine considérable aux pauvres de sa ville natale (2).

(1) Recherches, t. II, p. 447, en nole.

(2) Le conseil communal de Liége a, par reconnaissance, donné le nom de Stéphani à l'une des rues de la cité. Lc testament par lequel il lègue tous ses biens aux hospices, est dalé du 15 janvier 1814; il fut enregistré le 17 avril 1817. Sa fortune élait évaluée alors à la sommc de frs. 3670 de reyenu.

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