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que nous ne soyons d'accord avec l'Auteur, ni en religion, ni en politique'. Nous devons faire observer en outre que dans le jugement qu'il porte sur ce qui a eu lieu dans les Pays-Bas, il a tout uniment adopté les erreurs traditionnelles, avec cette conviction naïve et facile qui ne tient pas compte des opinions opposées',

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Quant à sa manière de juger le Christianisme, il suffira de transcrire un seul passage, relatif à une prédication en Ecosse :

Als der Geistliche immer wieder darauf zurückkam: Gottes Zorn » habe nur durch das Blut seines einzigen Sohnes gestillt werden vkönnen, ward mir diese Theorie einer Versöhnung der Menschen » mit Gott zum Entsetzen, und die alttestamentarische Erzählung (wo statt des Sohnes der Bock geschlachtet wird) erschien mir milde, pim Vergleich mit der umgewandelten Lehre dieses angeblich inten»sivsten und tiefsinnigsten Christenthums » (Briefe aus England, II, 374). Avec une telle ignorance de l'Evangile, exprimée sur un ton pareil, on est incapable de comprendre les Réformateurs et la Réforme. -La profession de foi de M. v. R. en politique ne semble pas très-explicite. On doit le ranger parmi les admirateurs de ce sémilibéralisme changeant, qui prend pour de l'impartialité et de la modération son manque de fixité et de force, et, presque sans le vouloir, se plie aux impressions du présent et du passé; opinion vague qui tantôt rampe à terre, et tantôt se perd dans les nuages, pour ne pas marcher sous l'empire d'un principe positif. On n'a, pour s'en convaincre, qu'à parcourir son Opuscule Ueber die geschichtliche Entwickelung der Begriffe von Recht, Staat, und Politik, où il lance ses arrêts avec une assurance et une légéreté qui contraste singulièrement avec la profondeur des vues dont parfois il ne semble entrevoir, ni le caractère, ni la portée.

Ainsi, par ex., dans le triste épisode de 1618, il dit du Prince Maurice : « er ging darauf aus sich fast unumschränkt zu machen (III. p. 205); il nomme Barneveld « einen unbefangenen partei»losen Vertheidiger der Rechte und Gesetze seines Vaterlandes , (1.2.); il prononce anathême sur le Synode de Dordrecht 1.1. p. 209).

Dans un livre qui embrasse des siècles , il seroit injuste et ridicule de vouloir une exactitude parfaite dans les détails. Mais on est en droit d'exiger, d'abord que

là où l'écrivain tranche les questions les plus difficiles et les plus délicates , il soit à la hauteur de la science, au lieu d'être un demi-siècle en retard ; ensuite que, précisément à cause de l'imperfection inévitable dans une oeuvre pareille , il mette de la circonspection dans ses arrêts et parfois s'abstienne de juger. Une Histoire générale doit constater les conquêtes que

l'étude a faites ; si , au contraire, l'Auteur accrédite, par un suffrage respectable, des erreurs déjà réfutées, plus sa renommée est grande et son mérite réel, et plus il contribue à retarder les progrès de la vérité.

Le France d'autrefois peut, en matière d'érudition, marcher de pair avec l'Allemagne moderne. On est saisi d'admiration à la vue de ces Collections gigantesques où des générations successives d'ouvriers obscurs transmirent à la postérité le résultat de leurs travaux et de leurs veilJes. Mais que dire du temps présent ? Nous serons le premier à citer avec respect les noms de M. CHAMPOLLIONFIGEAC, GUÁRARD, Weiss , et de plusieurs autres savants, dans lesquels les Bénédictins trouveroient encore de dignes émules ; inais eux-mêmes, placés dans l'époque actuelle par exception et, pour ainsi dire, par anachronisme, reconnoissent et déplorent la décadence des études historiques, au moins pour ce qui en concerne les bases et la véritable solidité. Nous n'en rechercherons pas

ici les causes. On

pourra, croyons nous, les trouver en grande partie dans l'esprit d'une génération qui répugne à ces travaux sans éclat, dont l'amour de la science est le mobile et le progrès de la science le but. L'histoire en France est devenue un moyen; on l'étudie pour y trouver des armes'. Dès lors elle devient une cire molle que chacun façonne d'après ses préoccupations diverses. Les faits se plient aux systèmes avec une facilité étonnante; les raisonnements contraires trouvent leur appui dans des événements identiques. On aborde l'histoire avec des convictions arrêtées; on veut les y retrouver ; il est rare qu'on ne croye

les
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retrouver en effet. Des hommes doués du génie historique par excellence n'ont pas entièrement évité cet écueil. Voyez M. Guizot ! Méditant les révolutions de l'Angleterre pour y indiquer la prophétie d'un changement dynastique, il a, malgré sa rare sagacité, méconnu l'influence des opinions religieuses ; c'est-à-dire, la cause déterminante des événements qu'il a du reste décrits avec un si admirable talent. Voyez encore M. Thierry! Se livrant à l'investigation du Moyen Age, avec la ferme assurance d'y rencontrer la réalisation des doctrines du libéralisme , il a, nonobstant sa pénétration dans le génie aussi bien que dans les moindres détails d'une époque, sous quelques rapports mal

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« Die Schriften französischer Autoren sind im Grunde eben so »viele politische Acte: völlig zu verstehn und zu erklären nur durch die Lage des Verfassers in jedem Momente... Eine deutsche » Arbeit wird dagegen immer das Product einer dem Gegenstande »gewidmeten Einsamkeit seyn; auch werden wir übereiokommen, » dasz die Historie sich von den Tendenzen des Augenblicks frei zu » ballen und den Inhalt ihrer Epoche rücksichtlos und objectiv ao »das Licht zu bringen hat: » Ranke, Hist. polit. Zeitschrift, II, 604.

caractérisé l'affranchissement des Communes; en attribuant l'origine de ce mouvement universel au besoin d'une liberté dont les hommes d'alors n'auroient pas même saisi le sens et la portée. Toutefois on profitera toujours à lire et à méditer les ouvrages d'écrivains pareils. Il y a une autre classe d'auteurs dont on ne sauroit dire autant. Ce sont ceux qui, se donnant l'air d'avoir fouillé les Bibliothèques, pâli sur les MSS., épuisé les textes, cachent souvent une ignorance extrême sous les dehors d'une profonde érudition. Plus nous admirons le style inimitable de M. DE CHATEAUBRIAND, et plus nous éprouvons un sentiment pénible (car c'est une douleur réelle de voir le génie se mettre au niveau de la médiocrité) en lisant ses Etudes historiques, où la connoissance la plus superficielle des faits semble vouloir se déguiser par un ton tranché et par une présomption inconcevable dans les jugements. De même nous ne saurions grandement nous féliciter de l'apparition des nombreux volumes publiés sous le nom de M. DE CAPEPIGUE. Cet écrivain cum suis (car, malgré le peu de profondeur des recherches, nous n'admettons pas même la possibilité qu'il ait composé cette bibliothèque historique à lui seul), désirant exciter l'intérêt de ses lecteurs, use et abuse à cet effet de deux moyens. D'abord il donne avec profusion des lambeaux de Manuscrits, et il faudroit jouer de malheur, si, dans le nombre, il n'y en avoit pas d'intéressants; ensuite il manie fort bien le levier de l'exagération. Toutefois, quand il outre les caractères, quand il pousse les suppositions à l'extrême, quand il prend le contrepied de l'opinion reçue ; quand il frappe d'étonnement par ses paradoxes ; quand il saisit une idée piquante, mais qu'il en fait une source d'erreurs, en l'isolant, en la fortifiant, en lui faisant dépas. ser sa véritable portée', il sera permis de dire

que

des ouvrages pareils, quel que puisse être, sous d'autres rapports, leur mérite, servent plus à embrouiller les études historiques qu’à les faire avancer.

Il nous est également pénible de devoir parler du Recueil des Archives curieuses de l'Histoire de France. Rarement nous fumes à un tel point désappointé, comme en parcourant les volumes publiés sous ce titre pompeux. Au lieu de pièces inédites, des documents déjà publiés ; au lieu de pièces rares, un bon nombre de documents trèsconnus? ; au lieu de pièces intéressantes, beaucoup d'un intérêt médiocre, ou qui même, loin de mériter une édition nouvelle , n'auroient jamais dû voir le jour“. Et c'est à Paris, au milieu d'une abondance de Manuscrits dont l'impression seroit pour la science un service réel, qu'on fait une publication' pareille!

Quant à des ouvrages Anglois , n'en ayant guère cité, nous nous bornons à émettre le voeu que les savants de

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Voyez, par ex., ci-après III. 498, 500. * 1° Série, Paris 1834–1837, 15 Vol. in 8°; Louis XI i Louis XIII.

. Par ex., le Testament de Mornay, T. XV. p. 305-345.

• Par ex., la Vie de Calvin par Bolsec: T. v, p. 303–386 Catholique ou Protestant, on devroit avoir bonte de reproduire un ramas de calomnies pareilles,

Spéculation seroil plus caractéristique. M. Nisard a écrit spirituellement contre la Littérature légère ; la Lillérature vénale offriroit ample matière à un Manifeste.

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