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la Grande-Bretagne nous donnent, à l'exemple de M'ELLIS', un choix des Lettres historiques enfouies encore dans les collections particulières et surtout dans les Bibliothèques et les Musées Nationaux'.

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Original Lettres illustrative of English History ; London, 1825--1827.

Après la composition de ce Tome nous avons lu le Coupd'Oeil sur la Révolution Belge du 16e siècle, inséré par M. de Gerlache dans son Histoire du Royaume des Pays-Bas, Brux. 1839, a Vol. 8°. Cet aperçu est remarquable; l'auteur est instruit, il est doué d'une grande perspicacité, et d'ailleurs il se connoit en révolutions. Toutefois il commet de graves erreurs. Il nie (T. I. p. 55) que Viglius se soil opposé à l'impôt du 10 denier : cependant, dans une autobiographie de V., on lit, à l'an 1571: Opponit se fortiter et imperteroritus, quantumvis Albanus visus sit gravius aliquid in eum alten»laturus; » et l'on peul voir dans les Analecta Belgica, I. p. 287–320, les détails de celte résistance courageuse. . Il affirme (p. 83) qu'après le départ de Granvelle, a l'esprit du Gouvernement ne changea point; les anticardinalistes n'ayant pas plus de part aux vaffaires qu'auparavant, continuèrent à cabaler; » loutefois il est évident, par le té roignage unanime des historiens, auquel on pourra joindre maintenant de nombreux passages de nos Lettres, que les Seigneurs devinrent tout-puissants et la Gouvernanle elle-même anticardinaliste. Il prétend (p. 24) que , depuis la mort de Charlesquint, « les Belges se voyaient dégradés du rang de nation, pour on'être plus quede sinples provinces espagnoles :) el loutefois l'hisloire est là qui prouve que, si jamais Philippe II eût pourri un tel projet, il eût perdu l'Espagne avant de pouvoir l'exécuter. (Il vest digne de remarque, «dit-il , que le calvinisme qui avait envahi oles Flandres, s'arrêta presqu'aux limites du pays Wallon. Cela is'explique, je crois, par le caractère différent des deux peuples » (p. 85). Avant de vouloir expliquer un fait, il est bon de le vérifier. C'est précisément le pays Wallon qui fut envahi par la Réforme: aprimae inter Belgas urbes nutavere Tornacum, Insulae, ac Valen

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scena :» Strada , 1. p. 126. Elle y poussa des racines et ce ne ful que par la violence, par les supplices, et par des expéditions militaires (voyez par ex I. p. 180 et III, p. 13) qu'on parvint à l'en extirper.

- M. de G. se fait l'écho de tous les préjugés et de toutes les calompies contre le Protestantisme. Ce fut, selon lui, « un élan »vers la servitude;... chaque chef de secte se mit à la place du Pape » (p. 31): nous renvoyons ici à la 2° Seci. de notre 2^ Chapitre. Durant la première époque des Provinces-Unies, dit-il, « les » Hollandais ont peu de chose à reprocher à l'inquisition espagnole velle-même. » (p. 88). Puisque M. de G. ne croit pas à la tolérance Chrétienne de nos Ayeux, nous nous bornerons, pour preuve de la fausseté de celte accusation, à citer notre remarque T. V. p. 69, où l'on verra que le nombre des Catholiques, à l'époque dont il parle, n'eut pas permis de saivre les errements, je ne dis pas de l'inquisition espagnole, mais en général des inquisiteurs papistes. Eufin M. de G. cite (p. 67) le Mire, qui dit , dans sa Chronique Latine, qu'en « France, pendant la seule annéc 1562, yles calvinistes donnèrent , d'après leur aveu la mort à 4000 vreligieux des deux sexes, déshonorèrent 12000 religieuses; dévas»tèrent 20,000 églises, détruisirent 2000 couvens, go hôpitaux, vetc. » La citation est exacle : le Mire dil : « Hugonotti ipsi suis vin libris fatentur. » Il est toutefois fort à regretter qu'il n'ait pas jugé à propos de nommer ces auteurs. Ce n'est pas apparemment de la Noue , qui, parlant précisément de celte époque et du commencement des guerres civiles, écrit: « Quand il se » commettoit un crime en quelque troupe, on bannissoit celui »qui l'avoit commis, ou on le livroit ès mains de la justice, »les propres compagnons n'osoyent pas mesmes ouvrir la bou»che pour excuser le criminel, tant on avoit en détestation les oméschancetez, et estoit-on amateur de verlu: » Discours, p 819. Ce n'est pas de Bèze, qui consacre deux volumes de son Histoire des Eglises Réformées de France à l'an 1562, et raconte en détail la série de massacres commis par les Cath. Romains, à laquelle s'applique en général ce qu'il dit des horreurs qui eurent lieu en Provence: « s'ensuivirent infinis et incroyables désordres, n'y ayant espèce vde cruauté plus que barbare et inhumaine qui n'y ait esté exécu

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et

rtée » (111. p. 318); tandis que, du côlé des Protestants, le nombre des traits de vengeance est extrêmement restreint; et que, par ex., même le Baron des Adrets, un des plus cruels , entra à Grenoble, après que la Principauté d'Orange eut été mise à feu et à sang par les Catholiques, « avec si bon ordre qu'il n'y eut pillage ni sacca»gement fait en la ville » (111. p. 269). Sans doute, et de Bèze lui même en convient, il y eut, de part et d'autre, « d'horribles et plus

qu'énormes desbordements » (11. 251); mais la proportion, chez les deux partis, ne fut point la même, et on put remarquer,

dans le tumulte des camps et des discordes civiles, l'influence salutaire des principes Evangéliques. Il est souvent difficile de se tenir en garde contre la partialité outrée de récits pareils ; ici au contraire, (et il est assez surprenant que M. de G. ne s'en soit point aperçu) il est difficile d’être induit en erreur , l'exagération et le zèle mensonger du Chroniqueur étant poussés décidément jusqu'au ridicule. Que deviendroit l'Histoire, si, pour faire prévaloir ses opinions, il étoil permis de mettre de côté toute espèce de critique, et de présenler, comme arguments sérieux, de pareilles balivernes !

CHAPITRE II.

ORIGINES DE LA MAISON D'ORANGE-NASSAU.

En faisant dans les Archives de la Maison d'Orange un triage parmi les documents antérieurs à Guillaume I, il y aura de quoi former un Recueil curieux'. Nous laissons cette tâche, qui demande de fortes études préparatoires, à ceux qui viendront après nous. Toutefois, mais sans tracer une espèce d'aperçu généalogique', nous croyons devoir jeter un coup d'oeil rapide sur les ayeux de Guillaume premier.

L'histoire des Nassau remonte au douzième siécle ; au delà l'on se perd dans les incertitudes et les récits fabuleux. Vers 1159 Walram , Comte de Laurenbourz, ayant hérité du Château de Nassau, en prit le nom; ayeul de Walram II et d'Otton qui, au milieu du 13° siècle, partagèrent les Etats de leur père Henri, et furent les chefs des deux lignes perpétuées jusqu'à nos jours.

La branche aînée resta en Allemagne; y produisit les rameaux de Nassau- Idstein, Usingen, Sarbrück, et Weilbourg; parviut un instant à l’Empire dans la fils de Walram, Adolphe, élu Empereur en 1292 et mort en 1297, de la main de son compétiteur Albert de Habsbourg; donna plusieurs Archevêques à Mayence et à Trèves; à l'Allemagne des Electeurs, des Conseillers, des Capitaines ; entretint, par des mariages et par le service militaire, des rapports fréquents et intimes avec la postérité d'Otton; sillustra , et dans les armes, et dans la politique; et ne fut éclipsée que par la branche cadette qui, transplantée dans les Pays-Bas, devint, par un concours de circonstances providentielles, l'objet d'un intérêt universel.

personne du

Surtout

par le grand nombre de Commissions et d'autres acles authentiques. Quaol à des Lettres , il y en a fort peu.

Mieux vaul renvoyer à l'excellente Histoire de M. Arnoldi ; on y trouvera une infinité de détails d'histoire et de géographie, depuis les temps les plus reculés,

Orron en fut le Chef'. — Déjà à l'entrée du 14° siècle, par le mariage de l'héritière de Polanen avec le Comte EnGELBERT de Nassau, cette Maison, considérable en Allemagne', acquit des possessions fort étendues dans les Pays-Bas”. Ainsi, de bonne heure, elle prenoit pied dans la contrée qui devoit être le théâtre de sa grandeur. Bientôt les Nassau acquirent une grande influence auprès de la puissante Maison de Bourgogne, qui alloil, en peu

d'années, règner sur la presque totalité des Pays-Bas”. Engel

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Dillenbourg, Herborn, Siegen, le Westerwald, Beilstein, endroits fréquemment mentionnés dans notre Correspondance, lui échurent en partage.

Eo Brabant, la ville de Bréda, bientôt résidence habituelle de la famille, Oosterbout, Rosendael, Steenbergen, les Seigneunies de Geertruidenberg et du Klundert; plus tard (ao 1420) en Luxembourg, le Comté de Vianden et la Seigneurie de St. Vit.

3 Le Comte Engelbert aida le Duc Jean de ses conseils dans la fondation de l'Université de Louvain en 1426; il suivit à la guerre le Duc Philippe le Bon. Son fils Jean iv, qui lui succéda en 1442, rendit des services très-importants à l'Electeur de Cologne, qui, en récompense, lui conféra la charge honorable et lucrative de Maréchal du Duché de Westphalie. En 1436 Drost ou Sénéchal du

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