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hert mourut en 1475 à Dillenbourg, après avoir régi ses Etats durant 33 années.

Ses deux fils, Engelbert II et Jean V, aieul de Guillaume I, se partagèrent les biens de la famille. L'aîné eut les possessions dans les Pays-Bas; préférables aux autres, moins encore par leur étendue que par l'importance des relations avec les Ducs de Bourgogne'.

ENGELBERT est un des personnages les plus marquants de cette époque agitée. Né à Bréda en 1451, il suivit dès 1470 la Cour de Charles le Téméraire , reçut l'Ordre de la Toison d'Or, et fut admis en 1473 à la Conférence de Trèves, où l'Empereur Fréderic III, soit qu'il se proposat de réaliser les espérances qu'il faisoit naître, soit qu'il voulût simplement ménager et flatter un personnage remuant et redoutable, fit entrevoir au Duc le bandeau royal. Puis il fut nommé en 1475 Lieutenant de Charles en Brabant, « avec autorité de pouvoir mettre sus tous » les fiefs et arrière-fiefs du Duché”;” prit part à la dernière expédition de Charles , après l'avoir déconseillée; et fut fait prisonnier dans cette fameuse bataille de Nancy qui fit échouer le projet de créer un Etat enveloppant la France depuis la Mer du Nord jusqu'à la Suisse.

Remis en liberté, il contribua beaucoup à la réussite du mariage de Marie de Bourgogne avec l'Archiduc Maxi

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Brabant, il fut confirmé dans ce poste par le Duc Charles en 1469.
Ayant épousé l'héritière de Loon et Heinsberg, il acquit Milten,
Gangelt, et Vucht, échangés ensuite contre Diest , Sichem , el le
Margraviat d'Anvers.
"Ce partage a duré jusqu'a la mort de Guillaume III en 1702.

MS*.

milien; union qui, en dépit des entreprises de Louis XI, resserroit les liens des Pays-Bas avec l'Allemagne. En 1479 il gagna contre les François la journée de Guine- . gates'. Ainsi, par la victoire aussi bien que par les com. binaisons de la politique, il préludoit à ces longues luttes où plus tard les Nassau devoient contenir ou refouler la France dans de justes limites.

On rencontre partout des indices de la bienveillance et de la gratitude de Maximilien. A son départ pour l'Allemagne, en 1486, il lui donne une part considérable au Gouvernement. A son retour, Roi des Romains, il reste un jour à Breda'. Le Comte, défait, blessé, et pris par les François près de Béthune en 1487, est relâché en 1489', pour une rançon énorme, dont le Roi aura payé une forte part. Engelbert ne tarda pas à lui rendre de nouveaux services. En 1490 il punit les habitants de Bruges des mauvais traitements qu'ils s'étoient permis envers Maximilien“. En

« Ayant par son asseurance retenu les gens de pied ensemble, restans les

gens
de cheval mis en roule, au moyen

de
quoy

furent sarrestées les grandes conquestes du Roy Louis xi, ce qui asseura » depuis l'estat de Maximilien: » Apol. p. 387b.

« Excipiturque a Nassavii uxore lautissime » (Pontus Heuterus, Rer. Austriac. II. 76, Lovanii, 1643 fol.).

3 Par Pbil. de Crevecoeur, moyennant 8oooo francs.

* Le Prince écrit dans son Apologie : « mon grand-oncle Engelobert fit entretenir l'accord aux habitans de Bruges, dont encores ben demeurent aujourd’huy les marques illustres et de sa fidélité el de la gratitude des bourgeois : 1 l.l. Toutefois, après avoir énuméré les conditions sevères qu'il leur dicta, P. Heuterus ajoute: « Omitto majorem fere summam urbi ac agricolis extortam et in prem Nassavii nuineratam, e quâ certum est Palatium Nassavicum, quod hodie Bruxellae sisitur amplissimum, pro majori parte »fuisse constructum: » p. 108.

1492 il eut à remplir une fåcheuse mission. Charles VIII, Roi de France, avoit fait une double injure à l'Empereur, en renvoyant sa fille Marguerite, à laquelle il étoit fiancé, pour épouser Anne de Bretagne, promise à Maximilien. Engelbert ramena Marguerite; lui aussi avoit conclu ce mariage de Bretagne qui eût si admirablement complété le cercle dans lequel la Maison de Habsbourg, venant de tous côtés avoisiner la France, sembla bientôt vouloir la resserrer.

Maximilien ayant remis en 1493 les Pays-Bas à son fils l'Archiduc Philippe, devenu majeur, Engelbert servit ce dernier avec le même zèle. En 1496, il signe à Londres un traité de commerce; en 1498, à la mort de Charles VIII, il est envoyé à Paris; en 1501, Philippe, marié à l'héritière de Castille et se rendant en Espagne, lui confie des pouvoirs fort étendus'. Il en jouit peu ; et meurt à Breda , en 1504, sans posterité. Il avoit consolidé la puissance de sa Maison; la Bourgogne et l'Autriche le comptèrent parmi leurs plus fermes soutiens; la France parmi ses plus redoutables antagonistes.

La vie de son frère JEAN V, né à Breda en 1455, fut moins brillante, mais toutefois ne s'écoula pas dans un repos uniforme. En 1483 il se joignit à l'expédition de Maximilien contre le Duc de Clèves , terminée sans effu. sion de sang. En 1484 il fit, apparemment pour remplir

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Archidux praeficit Belgis Nassavium : »P. Heut., l.1. p. 140. a Les mérites et valeurs du Comie Engelbert Curent si grands en »ce pais, qu'il fut Lieutenant-Général par tout le Pays-Bas : 1 spol., 11.

un voeu, un voyage en Palestine. Il fut souvent mêlé aux affaires très-confuses de l'Allemagne, Maximilien lui témoignant beaucoup de considération et demandant parfois ses avis. En 1482 il épousa E izabeth de Hesse. Catzenelenbogen, par qui la Maison de Nassau auquit une partie considérable de ce Comté.

Mort en 1516, il laissa deux fils; Henri le confident de Charles Quint; Guillaume, le réformateur du Pays de Nassau et le père du libérateur des Pays-Bas.

Le Comte Henri', né à Siegen en 1483, fut élevé dans les Pays-Bas par son oncle Engelbert. Dès sa 16° année il fut à la Cour de l'Archiduc Philippe, devint son ami, le suivit en 1501 en France, en Espagne; reçut en 1505 la Toison d'Or ; puis, après la mort de Philippe, survenue en 1506, l'Empereur lui confia, conjointement avec Guillaume de Croy et Adrien d'Utrecht, l'éducation de l'Archiduc Charles son petit-fils, né en 1500. Maximilien le nomma en 1511 « Lieutenant et Capitaine-Général de

1

Espérons que bientôt il y aura des matériaux pour écrire avec détail sa biographie. Arnoldi a publié une partie de sa Correspondance (Hist. Denkw. p. 186-226), tirée apparemment de nos Archives, bien qu'on ne semble point l'y avoir replacée; et M. Mone a donné, dans différents numéros de son Journal bistorique, plusieurs Lettres du Comte relatives à l'élection de Charles-Quint, !rouvées par lui à Lille. Il ajoute: « vieles habe ich freilich zurück blassen müssen: » Anzeiger für Kunde der teutschen Vorzeil : VII. 1. p. 14. Peut-être M. L. Ph. C. van den Bergh, qui a visité la même ville en 1838, (voyez son Verslag van historische nasporingen in Frankrijk gedaan; Arnhem, 1839) nous donnerat-il le

e.

» Brabant et Pays d'Outremeuse, Chefet conducteur général des gens de guerre; en 1513 Chef et capitaine de l'armée'.»

Charles, devenu majeur, envoya le Comte en France , en 1515, pour y requériren mariage Renée, fille de Louis XII, négociation qui ne réussit point; puis encore pour conclure avec le Roi un Traité et réprésenter l'Archiduc, en qualité de Comté d'Artois et de Flandre, à l'avènement de François I. — La même année Henri devint Gouverneur de Hollande, Zélande , et Frise'.

Peu après, il détermina , par son influence, la nomination de Philippe de Bourgogne à l'Evêché d'Utrecht.

En 1517, au moment où, Roi de Castille par la mort de Ferdinand le Catholique, Charles se préparoit à partir pour l'Espagne, la Légion noire, ramassis de gens sans aveu , fit une invasion en Frise et en Hollande, à l'instigation du Duc de Gueldre. Le Comte Henri repoussa ces brigands? : Charles, déjà prêt à mettre à la voile, lui envoya une Commission comme chef et capitaine général de l'armée , avec la Lettre autographe qui suit :

« Mons" de Nassou , je vous envoye par ce porteur le » mandement de Capitaine Général de la Gendarmerie de par deçà, et combien que je n'y met que deux mille » Phil.' par an de pension, si est ce que, quant vous séré

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* Il y a une promesse de Charles, en cas que le Comte d'Egmont résigne; une convention entre celui-ci et le Comte Henri; enfin la Commission de l'Empereur (MS*).

3 Wassenarius et Nassavius , subitario e Belgis collecto milite: » P. lleul., 1.1. p. 175.

· Philippis.

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