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Réflexions philosophiques.

J'ai élevé ma faible voix pour énoncer la seule manière de faire la guerre aux tyrans; mais lorsque la république, après ses triomphes, accordera la paix, et aura fait le bonheur du monde, je serai le premier à solliciter du Sénat Français un décret, qui établisse la liberté de la navigation marchande entre les nations belligérantes : c'est-à-dire, je demanderai, pour le bien de l’bumanité, que

les bâtiments marchands des nations en guerre ayent la liberté de part et d'autre de passer librement sans être pris, pillés, ou molestés, bien entendu qu'ils ne porteraient jamais plus de deux canons pour faire des signaux de détresse , ou pour appeler un pilote à l'entrée d'un port; qu'ils n'auraient pour équipage que le nombre d'hommes absolument nécessaires pour conduire chaque bâtiment à sa destination, et qu'ils ne porteraient aucune munition de

On

pourrait fixer le nombre des hommes d'équipage

guerre.

entre huit et dix par chaque centaine de tonneaux. Les armées de terre se battent entrelles, prènent les citadelles et les forteresses, mais elles ne fusillent pas, ne pillent pas, et ne chargent point de fers les agricalteurs, qui habitent leur chaumière, ni les citoyens qui exploitent paisiblement les manufactures. De même les vaisseaux de guerre ou les armées navales pourront prendre les îles et les places maritimes, sans dépouiller et sans ruiner le pauvre marchand, qu'on rencontre dans une barque chargée du fruit de ses peines et de ses sueurs. J'annonce à l'Europe un jour éclairée sur ses intérêts par le génie de l'humanité, qu'un temps viendra où l'on aura la guerre sur mer sans que le commerce soit troublé , et que nous devrons encore cette grâce à la philosophie fille de la nature, qui lie et qui éclaire les humains, qui ne travaille qu'à les rendre meilleurs et plus heureux, et qui n'est occupée qu'à les guérir des erreurs et des vices qui font leurs calamités.

Braves Marins, puissent ces réflexions vous être agréables et utiles, et me mériter votre estime!

Salut et fraternité,

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DES COMBATS ET DES ÉVÈNEMENTS

DE LA

GUERRE MARITIME DE 1778

ENTRE

LA FRANCE
ET L'ANGLETERRE.

LE 17 JUIN 1778. Le signal des hostilités entre la France et l'Angleterre a été donné le 17 juin, par le combat de la Belle-Poule avec une frégate anglaise, et la prise de deux de nos frégates par l'escadre de l'amiral Keppel.

nons

Coinbat de la Belle-Poule , frégate de 26 ca

avec l'Aréthuse, fregate anglaise de 28 canons.

Ce combat est le premier et un des plus brillants de la guerre. Le 17 juin, à 10 heures

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du matin, M. de la Clocheterie, lieutenant de vaisseau, commandant la Belle-Poule, frégate de 26 canons de 12, eut connaissance, du haut des mâts, de plusieurs bâtiments; à 10 heures et demie, il soupçonna que ce pouvait être une escadre anglaise; peu après il en eut la certitude, et compta jusqu'à 20 bâtiments de guerre. Alors il fit virer de bord et prit chasse ; une frégate et un sloop, qui avaient de l'avantage sur lui , le poursuivirent et l'atteignirent; il fut hélé en anglais, et ne répondit pas. A 6 heures et demie, la frégate française se trouva par le travers de la frégate ennemie à la portée du pistolet ; le conimandant de cette dernière frégate héla en français celui de la Belle-Poule, et lui dit qu'il fallait aller trouver son amiral. M. de la Clocheterie répondit que sa mission ne lui permettait pas de faire cette route; l'anglais insista , et fut refusé de nouveau : alors il envoya

à la Belle-Poule toute sa bordée , et le combat s'engagea à six heures et demie du soir, dans un moment où la faiblesse du vent permettait à peine de gouverner. Il a duré jusqu'à onze heures et demie, toujours à la portée du pistolet. A cette époque, la frégate anglaise , qu'on a su depuis être l'Aréthuse de

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