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venir ne

ces pays

Elle nous dit quels sont les êtres pour lesquels la liberté n'est qu'un fruit empoisonné.

Détournons nos regards des tableaux que ces idées nous rappellent Si les regrets ne peuvent pas effacer le passé, que du moins l'a

ressemble pas. Obéissons à la grande loi des einpires, à la nécessité. Ne troublons pas le monde par des théories.

L'asseniblée constituante conuaissait tout le pris des idées li bérales.

Elle se garda bien de toucher à la base fondameutale de la culture.

Le tribunat a donc dù applaudir à la pensée du gouvernement, lorsqu'il vous a proposé, citoyens législateurs, de revenir aux lois anciennes sur l'état des personnes dans les colonies, et sur les moyens de repeupler la classe des cultivateurs.

Un autre objet devait également appeler sa prévoyance.
Le régime des colonies doit être réglé par de lois spéciales.

Le monent est-il venu qù l'organisation du régime colonial pour. rait être rédigée en corps de loi ?

La stabilité qui doit caractériser toutes les parties de la législation, pourrait-elle s'attacher aux institutions que nous ferions à présent, lorsque nous connaissons à peine ce qui se passe dans la plupart de

lointains, à une époque si voisine de la paix générale, où tant de précautions doivent être employées, après des crises qui exigeront une si grande circonspection, et lorsqu'aussi nos établissemens sont si différens par leur situation, par leur étendue, par leur population et par la nature de leurs productions ?

Un seul moyen s'offre devant nous: c'est de confier au gouvernement le droit de pourvoir, pendant un tems donné, au régime des colonies.

Si la necessité le veut ainsi, combien il est consolant de savoir que le gouvernement ne fera qu’un usage légitime de cette importante délégation !

Nous en avons pour garans sa sagesse, et le soin qu'il prendra toujours de sa gloire.

Oui, citoyens législateurs, le gouvernement conciliera les droits de la métropole, et les égards dus aux colonies, les droits des propriétaires et les ménagemens que méritent les cultivateurs. 1 Il fera refleurir la culture, sans que l'humanité soit outragée,

Des réglemens pateruels aideront à cicatriser les plaies.

Des encouragemens donnés au commerce accroîtront son zele, étendront son industrie.

Et vous, infortunés colons, vour pourrez enfin travailler à réparer une partie des maux que vous avez soufferts; mais qu'il ne se présente de sourenirs à votre esprit que pour exciter votre éinulation.

Lorsque le renversement des principes sociaux a menacé le

globe, et que le retour à l'ordre a coûté de si grands efforts, il faut que chaque citoyen immole ses regrels pour ne voir que la patrie.

C'est d'après ces motifs que le tribunat a voté l'adoption du projet de loi. Le

corps législatif ordonne l'impression. La parole est à un orateur du gouvernement.

Bruir.-Législateurs, les développemens qu'ont donnés les orateurs du tribunat au projet de loi présente, me dispensent de longs détails, je produirai des résultats qui, sans placer la question dans un point de vue nouveau, puissent démontrer son importance, et fassent taire une philantropie trop expansive, devant la raison d'état plus sévere.

Qu'une portion du genre humain soit condamnée par la nature ou par des institutions sociales au travail servil et à l'esclavage, on peut en gémir, sans doute! Mais nous écouterons les leçons de notre expérience et celles que nous donne l'exemple de nos rivaux.

Des philosophes en Angleterre réclamaient la liberté des noirs: un gouvernement éclairé rejeta ou du moins éluda celfe proposition que des esprits ardens recueillirent en France; n’accusons pas leur intention. Mais si l'organisation des gouvernemens nouveaux leur était inconnue, s'ils ignoraient les bases de tout système de commerce maritime, et le degré de jouissance que chaque état peut trouver dans la sagesse du régime de ses colonies, instruits du moins à l'école des anciens, à cette école qui jadis forma des citoyens, et non des cosmopolites, ils eusseut pu se rappeller que Sparle avec ses ilotes, Rome avec ses esclaves, connurent, chérirent, adorerent la liberté. Les peuples libres sont jaloux de leur noble prérogative: ils ont aussi leur égoïsme; mais ce sentiment ne doit pas être poussé trop loin.

La liberté daus Rome s'entourait d'esclaves. Plus douce parmi nous, elle les relégue au loin.' La différence de couleur, de nieurs, d'habitudes, pourraient encore excuser la domination des blancs ; mais la politique, le soin de notre grandeur, et peut-être de notre conservation, nous prescrivent de ne pas briser la chaîne des noirs.

En effet, le monopole du commerce de nos iles, le droit exclasif de leur porter des matieres brutes ou manufacturées, et de rapporter en retour leurs denrées, peut seule nous assurer ce double gain d'exportation et d'importation dont jouissent à l'égard de leurs colonies respectives, les autres nations Européennes. Le goût de nos arts, certaines babitutes et des besoins factices sont des liens pour le Créole. Le negre libre, moins actif, sans désirs, dedaignerait les productions de notre continent. Pour lui le manioc est préférable à vos moissons, la liqueur du sucre, à AOS vins. La température du tropique lui rend à charge le moindre vêteinent et le dispense d'employer les produits de nos manufactures; exempt d'ambition, parce qu'il n'a pas besoin d'une longue prévoyance, son incurie égaie celle du Caraïbe, de qui un écrivain philosophe a dit......" Il vient pleurer le soir pour qu’ou lui rende le lit de coton qu'il a vendu le matin."

Les cultures languiraient, et d'autres causes encore concour, raient à anéantir notre commerce. La France pourrait-elle compter sur des colonies peuplées en majeure partie de noirs libres? Leurs intérêts deviendraient bientôt indépendans de toute affection pour la métropole, car la patrie absente pour le negre des Antilles, c'est l'Afrique. Les sacrifices que fait avec joie le culon attaché à la France par la conformité des meurs, par des relaLions d'amitié, par les liens du sang, ces sacrifices légers pour un Créole originaire d'Europe, paraitraient graves à l'Africain. Nous verrions celui-ci bientôt éluder le régime prohibitif, sans lequel ne seraient administrées par nous qu'au profit de nos voisins. Le monopole de notre commerce, en effet, en renehé. rissant pour les autres peuples les produits de nos colonies, restreint la consommation de ces produits, diminue la réproduction, et met d'utiles entraves à l'industrie du colon qui encore paie plus cherement les marchandises de l'étranger, parce qu'elles lui parviennent d'une main tierce. Tels sont, législateurs, les désavantages du Créole; il eut toujours assez de patriotisme pour s'y soumettre; car tels sont aussi les avantages des métropoles d'Eu. rope dans tout système colonial. Que les noirs y deviennent propriétaires ; et bientôt toutes les denrées récoltées passeront dans un commerce de contrebande. Il faut donc que les propriétés et le pouvoir soient dans les mains des blancs peu nombreux; il faut que les negres en grand nombre soient esclaves. Tout l'exige, la sûreté du colon, l'activité des cultures, la conservation des colonies, l'intérêt du trésor public, commerce, colonies, finances, parties du même tout, élémens homogenes que la pensée sépare un moment pour les analyser, et qu'elle est forcée de rassembler pour les mieux définir.

Employons donc les seuls moyens, qui puissent nous garantir l'utilité et la conservation de notre territoire d'outre-mer.

Sans la possession de ces colonies ainsi mises en valeur par des niains esclaves, plus de commerce en Afrique, plus de nioyens d'accroître pos pécheries qui manqueraient de débouchés. L'activité de nos cultures, et de nos manufactures en Europe déchoi. rait, ainsi que notre commerce aux lodes Orientales ; notre puis. sance navale éprouverait, au sein de la paix, les plus funestes échecs, par la diminution de nos matelots et de nos ouvriers, Tant de maux variés résulteraient de la liberté des noirs, car nos intérêts politiques sont tous liés à la grande question qui vous est soumise. Ainsi les deux lois qui doivent terminer cette mémorable session présentent le plus vaste intérêt; elles se prêtent un appui réciproque: l'une fécondera la paix que l'autre aura confirmée.

L'impression de ce discours est ordonnée.

1

Regnault (de SaintJean d'Angely) orateur du gouvernement.

Pour traiter d'une maniere convenable à la gravité du sujet l'importante question qui vous est soumise, il faudrait enlever à l'interessante discussion qui va s'olivrir devant vous, plus de momens que je ne dois vous en dérober.

Je crois cependant devoir ajouter, sans préparation et sans art, quelques réflexions à celles qui viennent d'être développées, moius pour éclairer, pour assurer votre decisiou, qui n'est pas douteuse pour moi, que pour établir d'une maniere positive les principes qui ont dirigé le gouvernement dans la conceptiou de la loi que vous allez juger.

Nagueres encore nous n'avions pas de colonies; la victoire pous a donné la paix et la paix a rendu les colonies, toutes les colonies à la république.

En assurer la conservation, la tranquillité, la prospérité, est uu devoir pressant que le gouvernement s'est empressé de remplir, en posant dans une loi solennelle les bases invariables de leur le gislation.

Il a considéré, avant de prendre une détermination, ce que lui prescrivaient : 1o. les relations politiques de la république avec les états voisins; 2o l'intérêt des manufactures, de l'agriculture et du commerce; 3o. l’iutérêt même de l'humanité et une philaotropie éclairée.

Sous les rapports politiques, le gouvernement a vu que les états avec lesquels nos relations sont les plus habituelles, ont des colonies, et attachent à leur conservation, à leur prospérité, un intérêt proportionvé aux avantages qu'ils en retirent. Et ces avantages sont fondés sur une législation pareille à celle que la loi proposée doit maintenir.

Par tout des bras asservis fécondent, et peuvent seuls féconder ces terreins que les mains des Européans, auraient laissé couverts de forêts impénétrables, de marais incultes ou de plantes sauvages,

Daus l'Amérique septentrionale même, dans ce pays de la liberté, sur cette terre où les descendans de Penu montrent tant de respect pour les droits de l'humanité, et pour ces douces vertus qui font la force du lien social, il y a aussi des hommes esclaves. Le nom seul leur est épargné, et sous celui d'engagés, leur condition est la même que dans les autres cliinals où on transporte leurs compatriotes.

L'intérêt des nations continentales a crée, sanctionné ce moyen unique de culture auquel aucune d'elles ne peut renoncer, sana perdre de ses avantages dans la balance de l'Europe, sans descen, dre du rang auquel elle se trouve placée.

Et ne croyez pas que cette vérité soit inéconnue, ou même douteuse chez cette nation voisine, avec qui le gouvernement a conclu la paix que vous allez ratitier.

A l'époque, il est vrai, où toutes les idées libérales si mani. festées, s'exageraient au sein de l'assemblée constituante, od les

amis de la France pouvaient craindre jusqu'aux égaremens d'un hovorable délire, où ses ennemis pouvaient se flatler d'induire les esprits en erreur, en faisant parler le sentiment, on parla de la suppression de la traile et de la liberté des noirs.

Wilberforce, trop lié avec le ministere, avec le chef du ministere, le chancelier de l'échiquier, pour qu'on ne puisse pas raisonnablement regarder leurs pensées coinme communes, Wilberforce bien sûr, sans doute, du succès de sa proposition avant de la faire, jeta, au sein du parlement d'Angleterre, la proposition de supprimer la traite des noirs.

Monument de l'habileté avec laquelle le génie qui l'inspirait, marchait vers son but, la discussion fut assez chaleurense pour être remarquée, assez sage pour ne pas amener d'entraînement, assez bien conduite pour u’aboutir qu'à un ajournement à l'an 1800, ajournement renouvellé, et dont la postérité seule est sans doute destinée à connaître le terme.

Un tel débat pouvait, devait animer, électriser des esprits arolens et pour peu que son effet fut secondé dans l'intérieur, par quelques hommes habiles à créer une chaleur factice, à developper une chaleur réelle, il n'était pas impossible de se fatter d'amener l'assemblée constituante à un résultat funeste pour nos colonies.

Mais elle résista à toutes les suggestions directes et indirectes ; elle consacra, an contraire, comme principe, qu'il ne serait rien changé à l'état des personnes dans les colonies sans l'initiative des assemblées coloniales; et lorsque subjugée par la force des principes qu'elle consacrait, elle accorda le droit de cité aux hommes de couleur, elle ne le donna qu'à ceux liés de pere et mere libres, et le refusa aux affranchis, laissant ainsi, comme à Rome, une Jistance, entre celui pour qui la liberté est recouvré, et celui qui en use comme citoyeur dans toute sa plénitude.

L'assemblée constituante sentait que détruire le régime des colonies, ou détruire les colonies était une même chose : elle voulait améliorer et non bouleverser. Elle voulait et le gouvernement veut aujourd'lni, ei revenant même sur son ouvrage, conserver les colonies pour ajouter encore ce poids au poids continental de la république, pour avoir encore ce moyen de rétablir la splendeur de notre marine militaire, pour exercer dans des voyages, dans des croisie res nos anciens marins et les éleves qui vont former, pour préparer dans le développement de leurs talens, une gloire maritime digne de la gloire de nos bataillons victorieux. Mais non-seulement des considérations politiques ont déterminé le gouvernement: l'intérét du commerce à été un motif non moins pressant.

Et pour parler d'abord de notre marine marchande, ne seraitelle pas, sans nos colonies, condamnée à un humiliant cabotage sur nos côtes où dans les ports des états voisins?

N'irait elle pas, slérile instrument d'un roulage maritime, porter chez nos voisins le superfiu de notre culture, ou de nos manu- .

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