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plus illustres défenseurs, de la patrie: la gravité des inculpations et des circonstances nécessitaient impérieuseinent les mesures qui ont été prises à son égard. Vous avez fait ce qu'exige la sûreté individuelle des citoyens, par le reuvoi des accusés devant les tribunaux.

Le veux du sénat, citoyen premier consul, est qu'écoutant moins on courage qui méprise tous les dangers, vous ne potriez pas seulement votre attention sur les affaires publiques ; mais que vous en réserviez une partie pour votre sûreté personnelle qui est celle même de la patrie.

Le premier consul a répondu à ce discours en ces termes :

Depuis le jour où je suis arrivé à la suprême magistrature, un grand nombre de complots ont été formés contre ma vie.

Nourri dans les camps, je n'ai jamais mis aucune importance à des dangers qui ne m'inspirent aucune crainte.

Mais je ne puis me défendre d'un sentiment profond et pénible, lorsque je songe dans quelle situation se trouverait aujourd'hui ce grand peuple, si le dernier altentat avait pu réussir, car c'est principalement contre la gloire, la liberté et les destinés du peuple Français que l'on à conspiré.

J'ai depuis long-lems renoncé aux douceurs de la condition privée : tous mes moinens, ma vie entiere, sont employés à remplir les devoirs que mes destinées et le peuple Français m'ont imposés.

Le ciel veillera sur la France, et déjouera les complots des méchans. Les citoyens ne doivent être alarmés: ma vie durera tant qu'elle sera nécessaire à la nation. Mais ce que je veux que le peuple Français sache bien, c'est que l'existence, sans sa confiance et sans son amour, serait pour moi sans consolation, et n'aurait plus aucun but.

La députation du corps législatif ayant été introduite, le citoyen Fontanes, président du corps législatif a présenté la délibération ci-après, et s'est exprimé comme il suit : Extrait des Registres des Délibérations prises en Comité géné

ral, conformément à l'Article 30 du Sénatus-Consulte organique du 28 Frimaire, An 12, du 27 Pluvióse, An 12.

Le corps législatif se forme en comité général pour délibérer sur la communication qui lui a été faite par le gouvernement dans la séance publique de ce jour.

Sur la proposition de plusieurs de ses membres, le corps législatif arrête à l'unanimité qu'une députation formée d'après l'article 34 du sénatus-consulte, se rendra auprès du premier consul pout le Feliciter de la découverte d'une conjuration qui menaçait l'état et sa personne, pour lui exprimer dans les termes les plus formels, l'indignation que le rapport du grand juge a excite dans les cours des représentans de la nation Française, et ponr lui renouveller, au nom du corps législatif, les témoignages de toute sa confiance et de tout son dévouement; 'enfin, lui manifestet le désir que la publicité d'une procédure solenuelle éclaire bientôt la France et l'Europe, sur l'origine d'un attentat qui, violant à la fois le droit de la nature et le droit des gens, menace d'une entiere subtersiun les principes sur lesquels se fondent la sûreté des gouvernemeus, et l'existence politique des peuples civilisés.

Ou procede au tirage au sort des vingt membres qui doivent fornier la députation avec le président, les vice-présidevs, et deux quesleurs, les membres désigués par le sort sont les citoyers Dumoulin, Chestrel, juhel, Langlois, Fremio Beaumont, Mauclere, Demissy, Jacquier Rossée. Lespinasse (de la Nievre), Savary, Duteli Lespinasse (de la Haute Garonne), Lobjoy, Bourdon Fieffé, Thomas, Jouveut Lejeas, Case Laboue, Bord.

La séance est rendue publique à cinq heures.

Collationné à l'original par vous, président et secrétaires du corps législatiť à Paris, ce 28 Pluviôse, an 12 de la république Française (Signés) FONTANES, CHARLES SAPEY, CHESTRELA

DUHAMEL, BEZAR, MAZIERES.

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Discours du Président du Corps Législatif.

Citoyen Premier Consul, Les premiers corps de l'état vous portent aujourd'hui les témoi gnages d'un dévouenient que vous exprimerait toute la nation si elle pouvait se rassembler autour de vous. Les allarmes u'ont point été renfermées dans les enceintes du gouvernenievt et des autori1és qui l'environnent. L'vil qui aurait pu pénétrer dans le secret de chaque, famille aurait vu la nième cousternation. En est-il une seule ou vous n'ayez tari quelques larmies ? Toutes vous doivent au moins le repos et savent que ce premier des biens ne peut leur etre garanti que par svus seul, ainsi donc ceux qui s'arment contre vous, sarment contre un peuple entier. Trente million de Fran. çais fémissant pour une vie où leurs espérances sout aftachées se levent pour la défendre.

Quel Français en effet, quel bomme sage veut retourner en år. tiere? Qui se rengagera dalis cés routes déjà traversées avec tant d'efforts et tant de larmes, où tous les partis,quels qu'ils soient, ne trouveraient que des écueils semés encore de leurs débris?

Oui, citoyen premier cousul, j'en alteste toute la France, elle ue voit son salut que dans vous, 'elle ne veut reprendre, dans l'ordre des choses passées, que ce qui sera jugé par vous-même utile It nécessaire à l'ordre présent, elle ne peut se fier à l'avenir qu'en y voyant croître le germe des institutions que', vous avez préparées.

Vu grand exemple doit être donné : une poignée de brigands. va rendre compte de tous les maux qu'elle préparait en voulant pous eulever l'auteur de toutes nos prospérites.

Il faut éclairer de toute part les ténebres d'un complot inoui dans les annales des peuples civilisés, et qui intéresse l'existence de tous les gouvernernelis.

On est frappé de terreur en songeant qu'un poignard dans la main d'un scélérat obscur pouvait abattre yo grand homme, en mettre en deuil tout l'empire dont il est l'appui; mais on se rassure en comptant tous les périls où la fortune vous a secouru, et qui ne seront pas la moindre partie des merveilles de votre histoire.

Les mers les plus infideles ont respecté votre retour ; seul dans une barque, avec le génie qui vous protege, vous avez passé sans crainte au milieu des Bottes ennemies.

Des unains exécrables préparent coutre vous des machines qui lancent la déstruction et la mort, et les fammes du volcap allumé pour vous perdre, expirent à vos pieds.

Enfin l'oeil de ce même génie qui veille sans cesse autour de vous, découvre dans les couseils de Londres une conspiration nouvelle, dont les auteurs, à peine descendus en France sont saisis et enchaînés.

Tous les crimes seront inutiles contre une vie si miraculeuse. ment protégée. Rien n'interrompera vos desseins, citoyen premier consul, vous suivrez tranquillement le cours de vos destinées qui semblent entraîner celles de l'univers. La nouvelle époque du monde, que vous devez fixer, aura le tems de recevoir de vous son éclat, son influence et sa grandeur.

Les membres du tribunat ayant été introduits le citoyen Jaubert président, a donné lecture de l'adresse suivante :

Extrait des Registres du Tribunat, du 28 Pluvióse, An 12.

Le tribunat, en exécution de son arrêté du jour d'hier portant qu'il se transportera en corps auprès du premier consul, et après avoir entendu le rapport d'une conmission composée du bureau et des présidens des sections, arrête que son président présentera au premier consul l'adresse dout la teneur suit:

Citoyen Premier Consul, Lorsque nous pensious n'avoir plus à redouter pour vous que les glorieux dangers d'une guerre juste, la perfidie du gouvernement Anglais vous enveloppait de vouvelles" enibûches. Quel humiliant aveu de son impuissance à conibattre à armes ouvertes le gé. nie restaurateur de la France !

Quel témoignage éclatant des raprorts intimes qui lient à vos jours le salut de la république et la tranquillité de l'Europe.

Le tribunat, que tant de motifs et de sentimens attachaient à votre personne, citoyen premier consul, vient vous exprimer la part que tous les citoyens prennent à vos périls, qui deviennent pour chacun d'eux des périls personnels.

A votre existance est attaché celle de plusieurs millions d'hommes : elle seule peut préserver la France des désastres d'une guerre civile et des calamités d'une nouvelle révolution. C'est notre indépendance, notre gloire, notre repos, que l'on voulait détruire en frappant une seule tête.

C'est de tous les Français qu'il s'agit, bien plus que de vous même. Déjà, vons avez pour plusieurs siécles de gloire, et nous avons à peine goûté quatre ans de sécurité.

Ah! que ces dangers qui portent l'allarme davs tous les cours, soient à jamais écartes par tous les moyens que fournissent les lois à un gouvernement aussi fort que juste, par tous ceux qu'il trouvera encore dans l'anjour d'un grand peuple, qui forine les veux les plus ardens pour conserver jusqu'aux termes les plus éloignés de la vie, le chef qui lui a rendu la considération au dehors, la paix au dedans, et dont l'existence, la mémoire et les desseins, lui seront à jamais chers, respectables et sacrés.

JAUBERT, Président GOUPIL PREFEIN, GALLOIS, SAVOY ROLLIN et

CHASSIRON, Secrétaires. Le premier consul a répondu à la députation du corps législatif et au tribunal à peu près dans les mêmes termes qu'au sénat.

ACTES DU GOUVERNEMENT.

Paris, le 24 Nivôse, an 12. Bonaparte, Premier Consul de la République arrête :

Art. I. Le général en chef Murat, est nommé au commandement des troupes de la premiere division, et à celui de la garnison et de la garde nationale de Paris, avec le titre de gouverneur de Paris.

II. Il remettra des rapports directs au premier consul sur tous les mouvemens du service de Paris.

III. Il jouira d'un traitement de 60,000 francs; pour tout le reste il sera traité comme un général en chef.

IV. Le ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté,

(Signé)

BONAPARTE.
Par le Premier Consul,
Le Secrétaire d'Etat, (Signé)

H. B. MARET. .

ETAT MAJOR GENERAL. Au quartier-général à Paris, le 27 Pluviôse, an 12 de la république Française.

Ordre général. Soldats, cinquante brigands, reste impur de la guerre civile que le gouveruement Anglais tenait en réserve pendant la paix, parce qu'il méditait de nouveau le crime qui avait échoué au 3 Nivôse, ont débarqué par petits pelotons et de nuit sur la falaise de Beville; ils ont pénétré jusque dans la capitale : Georges et le général Pichegru étaient à leur tête. Leur arrivée avait été provoquée par un homme qui compte encore dans nos rangs, par le général Moreau, qui fut remis hier aux mains de la justice nationale.

Leur projet, après avoir assassinée le premier cousul, était de livrer la France aux horreurs de la guerre civile et aux terribles convulsions de la contre révolution.

Les camps de Boulogne, de Montreuil, de Bruges, de Saintes, de Toulon et de Brest, les armées d'Italie, de Hanovre et de Hollande, auraient cessé de commander la paix, notre gloire périssait avec la liberté !

Mais tous ces complots out échoué, dix de ces brigands sont arrêtés; l'ex-général Lajolais l'entremetieur de cette infernale trame, est aux fers; la police est sur les traces de Georges et de Pichegru.

Un nouveau débarquenient de vingt de ces brigands doit avoir lieu; des ambuscades sont dressées, ils seront arrêtés.

Dans cette circonstance, si affligeante pour le cœur du premier consul, nous, soldats de la patrie, nous serons les premiers à lui faire un bouclier de nos corps, et nous vaincrons autour de lui les ennemis de la France et les siens. Le Général en chef, Gouverneur de Paris, (Signé) MURAT.

Pour copie conforme.
Le Général de Brigade Chef de l'Etat Major Général,

CESAR BERTHIER.

Soult, Général Commandant en Chef le Camp de St. Omer, au

Premier Consul, au Quartier-Général à Boulogne, le 29 Pluvióse, An 12 de la République.

Citoyen Consul, Hier, les camps de Saint Omer et de Montreuil présentaient l'aspect d'une sombre inquiétude, des bruits vagues allarmaient les soldats, ils apprennent aujourd'hui à quels dangers vous venez d'échapper, et les camps retentissent de cris de joie, interrompus seulement par l'indignation qu'exite la connaissance de l'affr-ux complot que vos emnemis et ceux de la république avaient tramé contre vos jours.

Toute l'armée se mêle, se rejouit, se félicite de vous avoir coulservé ; mais que ce spectacle, fait pour vous toucher, ne vous entraîne point à une clémence dangereuse. Hâtez-vous, citoyen consul; de reinplir notre vou, en effrayant, par une justice prompte et sévere, les monstres qui oseraient encore menacer la

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