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N ÉCROLOGI E. Le clergé de la capitale vient de perdre un de ses membres les plus recommandables. M. Jean-Louis Lévis, curé de Saint-Germain des Prés, ancien grand-vicaire de Lescar, et predicateur du Roi, est mort, le dimanche

27,

à la suite d'une longue maladie dont il étoit atlaqué depuis six mois. Après avoir été altaché quelque temps au clergé de la paroisse de Saint-Nicolas des Champs, il éloit entré, en 1775, dans la communauté des prêtres de la paroisse Saint-Sulpice, et s'y fit remarquer par son talent pour la prédication, par son zèle pour les pauvres et par son assiduité aux fonctions de son ministère, qualités qui lui concilièrent la confiance de plusieurs personnes de distinction. Obligé de s'expatrier au commencement de la révolution, il se retira à Bruxelles, où il prêcha aussi avec succès. Le cardinal de Frankemberg, archevêque de Malines, lui témoigna de l'intérêt et de l'estime, el l'abbé Lévis fut chargé de la distribution des secours pour les prélres exilés comme lui. Lors de la seconde conquête de la Belgique par les François, en 1794, il s'enfonça en Allemagne, et se fixa à Erfurt, où il ne fut pas moins utile. A son retour en France, en 1802, on se bâta de lui dono ner une place assortie à son mérite, et la cure de Saint-Germain des Prés étant devenue vacante par le refus du modeste ecclésiastique qui y avoit été nommé, M. Lévis en fut chargé. Son courage ne fut point effrayé de tout ce qu'il avoit à faire. Son église eloit dans un état de délabrément qui exigeoit de grandes dépenses. Il fallut la déblayer, la réparer. Elle changea de face en peu de temps. Le nouveau curé trouva dans son activité et dans les libéralités des paroissiens les moyens ranger le chąur, de restaurer les chapelles, de repayer toute l'église , d'acheter un buffet d'orgues, et de pour voir la paroisse de tout ce qui étoit nécessaire. Son zèle pour la décoration du lieu saint, sa dextérité dans les affaires, sa sollicitude pour le bien de sa paroisse, lui concilièrent les cæurs de tous les habitans. Il vivoit dans l'intimité avec les prêtres de son clergé. Bon ami, pasteur généreux, administrateur habile, il paroissoit devoir être encore long-terups utile à l'Eglise, quand il fut attaqué, ce printemps, d'une maladie lente pour laquelle des remdeles ont été inutiles. L'annonce de sa moil, faite le dimanche au prône, a produit une grande sensation. Son corps a été exposé dans une des chapelles de son église, où beaucoup de personnes sont allées prier pour lui. Ses obsèques, qui ont eu lieu le 29, ont été honorées des

regrets de ses confrères el des larmes de ses paroissieos.

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PREM I E'R ART ICL E.

Récit des troubles de Tournay, lors de l'emprisonnement de M. l'évêque de cette ville, en 1877. .

and a Nous avons précédemment rendu compte de ce qui s'étoit passé à Gand, depuis 1811 jusqu'en 18it, et de la conduite du chapitre et du clergé du diocèse relativement aux droits de leur évêque, emprisonné et exile par Buonaparte. Nous nous proposons aujourd'hui de faire le récit de ce qui se passa dans le même temps Tournay, dont l'évêque avoit aussi encouru la disgrâce du perséculeur de l'Eglise. Cet exposé historique est même d'autant plus nécessaire qu'on a peu de notions sur ce qui arriva dans cette occasion à Tournay, et que cet article est traité plus succinctement encore que celui de Gand dans les Mémoires pour servir à Histoire ecclésiastique pendant le 18. siècle (9), soi faute de renseignemens suffisans, soit que l'on n'ait pas oru devoir descendre dans ces détails. Cependant ces faits appartiennent à l'histoire de l'Eglise, et il importe de les consigner dans un journal où ils entrent naturellement. Nous diviserons notre récit en deux parties, suivant la différence des époques , et nous ne parlerons en ce moment que des faits antérieurs à 1813, réservant pour un autre numéro la suite des troubles qui devinrent plus vifs cette année-là par l'arrivée de l'évêque nommé.

Le 13 mai 1811, M. François-Joseph Hirn, qui étoit évêque de Tournay depuis 1802, étant sur le point de se rendre au concile convoqué à Paris, crut devoir dona ner des lettres de grand vicaire à tous les membres de

(1) 4 gros vol. in-8; prix, 30, fr. et 39 fr. franc de port. A Paris, au bureau du Journal. "Tome IX. L'Ami de la Religion et du Ror, A a

son conseil, ou, comme on dit en Flandres, de son vicariat. Il avoit déjà deux vicaires généraux, MM. Gosse et Godefroy. Il donna en outre des pouvoirs à MM. Gallouin, Haze, Dédam et Preud'homme-d'Haillié, membres du chapitre (le dernier étoit seulement chanoine honoraire). Il est assez probable que le prélat vouloit, par cette communication de pouvoirs, pourvoir aux besoins du diocèse en cas de malheur ou de persécution. L'Eglise étoit dans la situation la plus périlleuse el l'on avoit tout à redouter de la politique, tantôt artificieuse, tantôt violente de

violente de Buonaparte. M. Hirn en éprouva bientôt les effets. Ayant opiné dans le concile avec beaucoup de liberté, et même avec quelque hardiessé, et ayant été chargé entr’autres de la rédaction du rapport de la commission sur l’incompétence du concile, 1 s'exposa an ressentiment d'un homme qui ne pardonnoit point. Le

Le 12 juillet, il fut arrêté avec deux de ses collègues, et conduit au donjon de Vincennes où on le mit au secret le plus rigoureux. Ses papiers furent saisis, et il ne lui fut plus possible d'entrelenie aucune relation avec son diocèse, qui continua à être gouverne par ses grands vicaires, jusqu'au mois de novembre.

2 A cette époque on fit signer au présat, toujours détenu à Vincennes,

un acte de démission de son siège et l'engagement de ne plus se mêler de l'administration du diocèse, et ce ne fut que par ces deux écrits qu'il obtint de sortir du donjon. On le fit partir, le 13 décembre 1811, pour Gien, où il deroit rester en exil et en surveillance. Le 26 novembre précédent, le préfet du département de Jemmapes , dont dépendol

Tournay, se rendit dans cette ville, et fit appeler à l'hôtel où il logeoit, le chapitre en corps. Il nulifia la démission de M. Hirn, et enjoignit de procéder de suite au rempla cement de ses deux grands vicaires, en declarant qu'il ne les reconnoissoit plus pour tels, el même qu'ils ne pourroient être réélus par le cliapitre. Ces ordres, et la

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manière dont ils étoient intimés, étoient une suite du despotisme qu'affectoit l'usurpaleur dans les affaires ecclésiastiques. Le chapitre s'assembla plusieurs -- fois, et délibéra sur la demande du gouvernement, Enfin, han celé par le préfet, et averti par l'exemple de l'évêque de ce que l'on avoit à craindre en ne déférant pas aux désirs du maître, il noinma le 28, quatre vicaires ca. pitulaires , MM. Haze, Dédam , Pread'homme-d'Flaillié et Gallouin, en s'appayant sur ce que le diocèse ne pouvoit rester satis administrateurs. L'acle fut signé de tous les chanoines, et même de MM. Gosse et Godefroy'; seulement celáì-ci ajouta ces mots : Moi présent, par les quels il indiquoit apparemment qu'il avoit plutôt assisté à la délibération qu'il ne l'avoit approuvée; et en effet élant retourné promptement à Mous, où il résidoit,

il s'y cacha.. ** La délibération du chapitro avoit été provoquée par le gouvernement, et ne pouvoit que lui être agréable. Toutefois pour mieux constalei la servitude de l'Eglise, il parat, le 12 décembre, un décret impérial qui choisissoit pour grands vicaires, entre les quatre nommés, MM. Haze etGallouin, et qui donnoit aux autres place au conseil. Lja translation des évêques eut lieu le lendemain de ce décret, qui, dans la théologie de Buonaparte, devoit terminer toute discussion. On n'en jugea pas ainsi dans tout le diocèse de Tournay, 'et la délibération du chapitre fut improuvée et combaltue, spécialement dans presque toute la partie principale du diocèse qui formoit le Hainaut. Le clergé de cette province s'étoit montré, dans tout le cours de la révolution, peu favorable aux mesures du gouvernement françois. Il avoit rejeté les bons de retraite offerts klux ecclésiastiques en dédom*magement de leurs biens, et s'étoit refusé aux sermens et aux promesses demandées. H disoit dans cette cir"constance que les grands vicaires de M. Hirn conser'voient toujours les pouvoirs, et que le chapitre u'avoit. pu nommer, avant d'être sûr que la démission de l'évê

que étoit acceptée. Une lettre de M. l'évêque, que l'on reçut, le 27, par la poste, sembloit indiquer à ses ecclésiastiques la conduite qu'ils devoient tenir. Le prélal y marquoit que l'acte de sa démission portoit celle clause: Sous l'agrément du chef de l'Eglise.

D'un autre côté, on faisoil ce raisonnement : MM. Haze et Gallouin éloient grands vicaires de l'évêque avant la nomination du chapitre. Si leurs pouroirs capitulaires étoient douteux ou même vuls, ils agiroient en vertu de ceux de l'évêque; et si ceux-ci n'existoient

pas,

les

premiers y suppléeroient. C'est absolument le raisonnement que faisoit, à Gand, M. de Meulenaer; et cela rappelle uu

peu la chauve-souris, qui, dans la fable de La Fontaine, se disoit oiseau ou souris, suivant les circonstances. Quoi qu'il en soit de cette comparaison, qui n'est peut-être pas digne de la gravité de la circonstance, les partisans du chapitre répondoient qu'il avoit pris le parii le plas prudent dans la circonstance critique où l'on se trouvoit, et que ce temperament sauvoit les apparences et pouvoit maintenir la paix. Il parut plusieurs écrits dans l'un et l'autre sens. L'Exposition des Principes, par M. Créquillon, contre les pouvoirs du chapitre, fut ró. futée par M. Bertaux, curé de Sainte-Elisabeth, à Mons; on répondit à celle réfutation, et M. Bertaux répliqua. Nous avons aussi sous les yeux un factum produit dans cette affaire par un défenseur du chapitre. Ce factum contient une distinction assez singulière relativement aux vicaires généraux, L'auteur en reconnoît de deux sorles, ceux de l'évêque, et ceux du gouvernement; les premiers pour les affaires spirituelles, et les seconds pour les affaires mixtes; et il donne au gouvernement beaucoup de pouvoir dans le choix de ces derniers. Mais outre la nouveauté de celte distinction favorable au despotisme, l'auteur du factum dissimule que dans cette circonstance on entravoit l'exercice de l'autorité même spirituelle, puisqu'on empêchoit deux grands vicaires de Lévêque de faire usage des pouvoirs qu'ils tenaient de lui.

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