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Le diocèse de Touruay éloit en proie à ces dispules, et les esprits s'échauffoient de plus en plus. Le chapitre essaya de calmer les scrupules de ceux qui ne vouloient point reconnoître ses grands vicaires, en recourant à M. Duvivier, chanoine et archidiacre, qui avoit été théologien de M. Hirn au concile, et qui, après avoir été mis aussi à Vincennes, avoit été envoyé en exil å Vervins. On pensoit bien qu'il entretenoit des relations avec M. l'évé que, et deux chanoines allèrent successivement le trouver dans son exil pour l'engager à solliciter du prélat quelque décision qui leur fût l'avorable. Le 28 février 1812, arrivèrent à Tournay, par des voies secrètes, trois billets de M. Hirn, écrits entièrement de sa main, et adressés à MM. Gallouin, Godefroy et Haze. Le premier étoit seul à Tournay; M. Godefroy étoit caché, et M. Haze s'étoit retiré, dès le commencement des troubles, dans Je département du Nord, où étoit sa famille. Les billets qui étoient adressés à ces deux derniers ne leur furent point remis, la personne qui les portoit les ayant brûlés dans un moment de frayeur. Le billet adressé à M. Gallouin lui recommandoit d'exercer avec courage et chaTilé les pouvoirs de vicaire général, que sa pusillanimité lui avoit fait perdre, et que le prélat lui rendoit. Il improuvoit la conduite du chapitre, et suggéroit aux grands vicaires de s'adresser au ministre des cultes pour savoir si le Pape avoit accepté la démission que j'ai été forcé, disoit M. Hirn, de donner en prison, et qui est *nulle de fait et de droit. Enfin, il témoignoit le désir que M. Godefroy sortît de sa retraite, et se concertat, pour le bien du diocèse, avec les deux nouveaux grands vicaires. Le conseil capitulaire ne publia point ces bilJets du prélat, qu'il jugea ne lui être point assez favorables, et qui par conséquent ne réunirent pas les esprits divisés.

Les Pâques approchoient. M. Hirn avoit donné un Mandement de Carême, sans signature. Ce Mandemeut commençoit ainsi : Au nom et par l'autorité de M. Hirn,

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évéque de Tournay, et étoit adressé à tous les curés et préires du diocèse. On y anuonçoit que les dispositions et les dispenses pour le Carême de 1812 seroient les inêmes que pour l'année précédente; que les pouvoirs d'absoudre étoient prorogés à tous les prêtres attachés au saint Siege et à l'évéque; que les dispenses des bans seroient ainsi annoncées : De l'autorité de l'Eglise, etc. Il étoit recommandé de ne faire connoître ces dispositions qu'avec prudence et réserve.

Cependant il paroît que M. Duvivier avoit de Vervins rendu compte au prélat des insiances qu'on lui ivoit faites de l'état du diocèse et des contestations qui s'y étoient élevées. Ce fut probablement sur ces communications que M. l'évêque de Tournay se décida aux concessions suivantes, qu'il jugea propres à ramener le calme. Il fit passer à Vervins, et M. Duvivier transmit

, à Tournay, à la fin de mai, des articles ainsi conçus : «1o. Le vicariat de Tournay est investi de pouvoirs légitimes, et tels que le désirent les parties qui se sont opposées jusqu'ici à son autorité. 20. La forme des expéditions dudit vicariat : Subdatum in vicariatu; de mandato Bertrand (ou Hedon) secret., et sans aucun scel, est provisoirement autorisée. 3o. Pour écarter tout doute et tonte inquiélude, les actes émanés du vicariat depuis le 28 novembre dernier, sont ratifiés, approuvés et confirmés. 4.. Les pouvoirs de dispenser, et les autres facultés qui pourroient avoir été donnés aux curés ou à d'autres ecclésiastiques depuis la même dale, ainsi que toutes autres permissions, concessions, etc., tendantes à soustraire les fidèles à l'obéissance du vicariat, sont révoquées ».

Ces dispositions, communiquées dans tout le diocèse, n'y réunirent pas tous les esprits, mais rétablirent néanimoins un peu le calme. Le plus grand nombre jugea que, puisque l'anlorilé épiscopale couvroit ce qu'il pouvoit y avoir en d'irrégulier dans les actes précédens, on devoit se soumellre à sa décision. On ne pouvoit contester

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à M. Hirn le droit de faire part de sa juridiction à qui il lui plaisoit. Nous avons pourtarat un écrit intitulé : Cing demandes, et cinq réponses , contre les articles ci-dessus.

Les choses restérent dans cet état jusqu'à l'arrivée de l'évêque nommé, l'année suivante. Ce sera la matière d'un autre récit.

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NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. ROME. S. $. continue de jouir d'une bonne santé dans sa Villegiature de Castel Gandolpho. Plusieurs cardinaux et prélats sont alles successivement lui rendre leurs hommages.

- S. A. R. la duchesse de Chablais est de retour dans cette capitale.

- M. le conseiller Niebuhr, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de Pruøse près le saint Siége, est arrivé ici le 6. Le 12, il se rendit à CastelGandolpho, où il eut sa première audience du saint Père, qui le reçat arec des marques particulières d'est time. On espère que cette mission sera utile pour les catholiques d'Allemagne qui se trouvent aujourd'hui sujets du roi de Prusse."

Le chevalier Vargas y Laguna', envoyé extraor dinaire et ministre plénipotentiaire de S. M. catholique près le saint Siege, est arrivé à Rome, de retour de Madrid.

Quoique le mois d'octobre soit une saison morte à Rome, el que chacun fuie la ville et les affaires pour jouir de la campagne, on s'attend néanmoins à voir publier prochainement les bases du traité avec S., M. fres-chrétienne relativement aux affaires ecclésiastiques de France. M. l'abbé Fleuriel, qui avoit fait avec une célérité remarquable le voyage d'ici à Paris, a mis la même promptitude dans son retour; et cet, empresret ment est d'un heureux augure.

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Paris. Dimanche prochain, veille de l'otiveriore des chambres, s. M. entendra une messe solennelle qui sera céléħrée à Notre-Dame. La famille royale, les pairs et les députés y'assisteront. La lettre suivante du Roi annonce cette cérémonie!

« Mes. les vicaires généraux du diocèse de Paris. C'est en vain qu’animés d'un constant amour pour nos peuples, et pleins du désir d'assurer, de plus en plus, leur bonheur, nous espérerions atteindre le but de nos efforts, si le ciel ne secondoit nos bonpes intentions et notre sollicitude paternelle. C'est en vain que nos fidèles sujets continueroient à nous donner les preuves les

plus touchantes de leur zèle et de leur dévouement, si, conduits par le seul attachemeot à notre personne, ils n'élevoient pas leurs yeux jusqu'à celui qui bénit les travads des peuples et des rois. C'est pourquoi nous avons résolu, au moment où nous convoquons les deux chambres, de demander à Dieu, avec une nouvelle ferveur, Passistance et les lumières dont nous avons besoin pour gouverner avec sagesse et dans les vues de sa toule-puissance. A ces causes, notre intention est qu'ay reçu de la présente, vous ordonniez des prières publiques, ei que, la veille de l'ouverture de la Session , vous fassiez célébrer une messe solennelle du SaintEsprit, à laquelle nous nous proposons d'assister avec les Princes de notre famille, les pairs du royaume et les députés des départemens. Cette lettre n'étant point à autre fin, nous prions Dieu, Mes. les vicaires généraux du diocèse de Paris, qu'il vous 'ail en sa sainte garde ». Paris, le trente octobre 1816.

Signé, LOUIS. Se Nous avons dit que les nouveaux aumôniers de la maison royale d'éducation de Saint-Denis avoient çrü devoir, à leur entrée dans cette maison, y donner une retraite. Ils ont eu tout lieu de s'applaudir de cette heureuse'idée, et leur zèle a eu le succès le plus complet. Stcondés par M. l'abbé Rauzan, et par quelquesuns de ses missionnaires, ils ont donné de fréquentes jnstructions, ont parlé tour à tour à l'esprit et au cour, et ont dissipé les préventions, s'il en exisloit, dans leur

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auditoire. La voix de la religion s'est fait entendre à ces jeunes ames, et des larmes fréquentes ont témoigné combien elles étoient pénétrées des vérités dont on les entretenoient. Elles se sont empressées de recourir au bain salutaire établi dans l'église pour laver nos fautes, et l'aspect de cette maison a paru changé en peu de temps. Les exerces de piété s'y font avec recueillement, et la parole de Dieu y est entendue avec intérêt. M. l'abbé Bernet, premier aumônier, continue, même depuis la retraite, à faire tous les soirs des conférences sur des points de religion, et plusieurs ecclésiastiques l'aident dans cette bonne ouvre. M. l'abbé de Quélen, vicaire général de la grande - aumônerie, y a pris aussi part et a donné quelques exhortations. Enfin, Mgr. le grand aumônier , qui a visité récemment la maison, s'est montré très-satisfait de l'ordre et de l'esprit qui y règnent. : Ainsi l'on peut dire que cet établissement se rend de plus en plus digne de la protection royale, et l'on a droit d'espérer qu'il formera pour la société des personnes, non-seulement distinguées par une éducation brillante, mais, ce qui est mille fois plus précieux, l'ecommandables par leurs sentimens religieux, par la sagesse de leur conduite et par leur attachement à une famille dans laquelle elles trouvent l'exemple de toutes les vertus.

Une ordonnance du Ror, du 10 octobre, révoque la partie de l'ordonnance du 3 février dernier, qui réintégroit le séminaire du Saint-Esprit dans son ancienne maison , rue des Postes.

- M. Pierre-Louis-François de la Tour du Pin Gouvernet, prêtre, grand vicaire de Mâcon, prevôt da chapitre noble de Saint-Pierre de cette ville, et abbé de Saint-Prix, au diocèse de Noyon, est mort, le 23. octobre, à Mâcon, dans sa quatre-vingt-septième année.; Il a légué à l'hospice des Incurables de cette ville ce que la révolution lui avoit laissé de sa fortune.

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