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peu

de temps fut employé utilement:il y déploya une grande habileté dans les affaires, et il y trouva l'occasion de développer son caractère, qui a constamment été de tout braver pour remplir ses devoirs. Il fit et présenta au Conseil-d'Etat, lors de la trop malheureuse affaire du Collier, un Mémoire plein de force et de science, pour réclamer, au nom du Clergé, l'immunité personnelle des Evêques. Par quelle fatalité ses conclusions n'ontelles pas été accueillies! On auroit évité beaucoup d'éclat et de scandale; peut-être même des événemens , qui ont été encore plus funestes, n'auroient-ils pas eu lieu.

.

Son Oncle ayant donné la démission de son Evêché, l'Archevêque de Tours crut prudent de sortir de Franee, craiguant que, d'après les décrets surla Constitution Civile du Clergé, on n'exigeât de lui qu'il prît à l'instant même le gouvernement du diocèse; et il vouloit laisser s'écouler le teinps nécessaire, pour que cette démission pût être acceptée par le Pape. Aussitôt que cette acceptation fut arrivée, il rentra en France. L'on ne tarda

pas

à lui demander son serment,

il le refusa ; les Electeurs du Département de l'Aube s'assemblèrent pour lui donner un successeur; et il leur écrivit une letire pleine d'onction, de force et d'érudition, pour leur incompétence et celle de l'Assemblée Nationale sur une telle matière, ainsi que pour les exhorter, au nom de la Patrie et de la Religion, à ne pas coopérer au nouveau schisme qui se formoit en France.

prouver leur

Je n’entreprendrai pas de le suivre dans une aussi longue et aussi savante discussion; d'autant

que

les auteurs de cette funeste Constitution rougissent actuellement de leur ouvrage, et que ceux qui y ont adhéré ont eu la bonne foi de se rétracter. Qu'il me suffise d'en citer quelques traits épars, qui prou veront jusqu'à quel point il étoit rempli des vertus de son état. Je suivrai la même méthode en parlant de ses autres écrits.

« Je vais donc vous exposer mes sentimens intimes, et en disant quels « furent mes devoirs comme Évêque, je vous parlerai des vôtres.... Toute« fois, je ne puis vous dissimuler la secrète satisfaction que j'éprouve de « n'être appelé qu'après les autres Évêques de l'Eglise Gallicane, à rendre le « témoignage de ma Doctrine: non que j'eusse aucun doute sur la vérité et « la saintelé des maximes qu'ils ont professées ; mais parce qu'un rôle mo

« deste, celui de ne parler que le dernier de tous; convient mieux à mon « inexpérience. Fortifié par l'exemple de leur courage; éclairé

par le déve« loppement lumineux de leurs principes, je me rends, comme eux, à l'in<< vitation du Père de famille, qui m'appelle au travail à Ia onzième heure « du jour;et, quel que soit leur sort sur cette terre étrangère, où, dépouillés, « chassés , rassasies d'opprobres, flétris par la calomnie, ils sont plus que « jamais honorés de l'estime des gens sages et vertueux, j'aurai comme eux .« la joie de la bonne conscience , et l'espoir des récompenses promises au « serviteur fidèle. Je n'hésite donc pas à unir ma foible voix à l'universalité « de celle des Pontifes de l'Église Gallicane , qui ont si glorieusement dé« fendu le dogme et la discipline de l'Église Catholique ; et je parle de « l'universalité, parce que vous sentez, Messieurs, que la voix discordante « de quelques prévaricateurs ne sauroit troubler une si noble et si touchante « harmonie. Leurs intentions pures (des Députés de l'Assemblée Natio« nale) ne les ont pas garantis de l'erreur, et c'est aux Évêques à les en << avertir; mais leurs injonctions rigoureuses préparent un schisme; et dès « lors un Évêque sait mourir, et non pas obéir..... Maintenant, soit qu'une « noble indigence le poursuive pendant sa vie, soit que l'active malveillance (.en précipite le cours , il ne mourra pas sans s'être associé à la gloire des « Pontifes de l'Église Gallicane. Son nom sera inscrit sur la liste de ces gé« nerenx défenseurs du dogme et de la discipline; il aura montré à son « troupeau la route qu'il doit suivre pour ne pas s'égarer dans les laby( rinthes du schisme et de l'erreur. »

L'Archevêque de Tours, alors Évêque de Troyes, ayant été pendant plusieurs années Grand-Vicaire de Troyes, les Ecclésiastiques de ce Diocèse avoient en lui un véritable ami ; devenu leur Évêque, il fut leur père. Aussi en tient-il le langage. « Quoi qu'il arrive, je ne troublerai point l'ordre « public; mais le troupeau sentira toujours l'influence de son vrai pasteur, « Le reste de sa vie sera consacré à guider ces Prêtres fidèles, dont il ne ces

qu'en cessant de vivre, d'être le chef et le consolateur. Il sollicitera « pour eux la compassion publique, il implorera en leur faveur le ciel et la « terre; et, si un sentiment religieux ne suffit pas pour émouvoir les Chré« tiens du temps, il fera retentir dans tous les cours les accens d'une brû« lante sensibilité. Ah! je le sens à l'émotion qui m'agite, oui, je suis leur « père et leur premier pasteur...'

(( sera,

« Je dirai à leurs paroissiens abusés, voilà ceux qui vous enfantèrent en « Jésus-Christ; l'Église les envoya pour vous diriger dans les voies de la « justice et de la religion ; ils reçurent les derniers soupirs de vos ancêtres ; « ils vous récitoient les premiers élémens du Christianisme, quand vos « langues innocentes hégayoient à peine des sons mal articulés ; leurs cheveux « ont blanchi dans la milice sacrée; leur espoir étoit de vivre et de mourir « avec vous : maintenant on les dépouille, on les chasse de leurs humbles « Presbytères; écoutez leur voir, car l'Église ne reconnoît qu'eux pour vos « légitimes Pasteurs; mais rendez-leur aujourd'hui ce pain de l'aumône, que « jadis les indigens reçurent de leurs mains paternelles. »

Ce que l'Evêque de Troyes disait aux Electeurs chargés de lui donner un successeur, il la exécuté. L'Europe n'était pas assez vaste pour son immense charité; les Nègres même de la Martinique, sensibles à sa voix suppliante, lui ont donné d'abondantes aumônes pour le soulagement de ses Prêtres demeurés fidèles ; il a eu la consolation de n'avoir aucuns des généreux Confesscurs de la Foi, confiés à sa sollicitude pastorale, qui aient manqué du nécessaire pendant leur déportation. Ces aumônes ont même été si abondantes, que rentré en France, il a encore

France, il a encore pu donner des secours à des Prêtres vieux et infirmes de ce diocèse, qui n'a jamais cessé d'être cher à son coeur.

Cette ressource épuisée, sa tendresse ne l'étoit pas : aussi, quoique n'en étant plus Evêque, n'a-t-il jamais cessé d'y envoyer ce qui n'avoit pas été nécessaire à sa dépense personnelle, à l'entretien du Séminaire de Tours et au soulagement de ses Pauvres. J'ai même sous les yeux des lettres de M. Dupleix de Mezy, Préfet de l'Aube, et de M. l'Abbé Leduc, Chanoine de l'Eglise de Troyes, qui m'apprennent qu'au mois de février 1815, il leur avoit envoyé 2,000 fr. pour être distribués aux Prêtres les plus nécessiteux, et aux victimes infortunées des ravages de la guerre dans ce Département. J'y vois aussi qu'en Avril 1816, malgré une très-grande diminution dans sa fortune, il a encore envoyé au même M. Leduc mille francs pour les Ecclesiastiques les plus méritans et les plus dénués de ressources. A la même époque, et n'en étant plus Archevêque titulaire, il en avoit envoyé 2,000 à Tours. Il s'estimoit heureux d'avoir pour une correspondance de cette nature, un homme (M. l'Abbé Leduc) qui étoit son ami, qui avoit été son Grand-Vicaire pendant les temps de troubles, d'anarchie et de proscription, et qui, par sa fermeté, sa douceur, son esprit et ses talens, avoit su s'attirer la confiance et l'estime du Clergé et des Fidèles. Aussi, MM. de Noé et de La Tour du Pin, ses successeurs, se sont-ils félicités de trouver un tel collaborateur; souvent même ils lui ont fait des remercîmens bien sincères pour avoir décidé ce Prêtre vertueux et habile à reprendre des fonctions qui sembloient trop pénibles pour une santé aussi épuisée que

la sienne par le travail et la persécution.

Le temps de la Déportation lui a encore procuré une jouissance bien douce, celle d'être le témoin de la tendre et chrétienne union qui existait entre tous ses Prêtres; elle était un des fruits du long et'vertueux Episcopat de son Oncle, qui avait trouvé un Diocèse fortement agité de toutes les ardeurs du Jansenisme, et il avait eu le rare talent de le rendre un des Diocèses de France les plus paisibles. Par son exemple, tout son Clergé était devenu une même famille. Aussi, pendant le temps des plus grands malheurs, ceux de ses Ecclésiastiques qui avaient eu quelque ressource par euxmêmes, ou qui avaient su s'en procurer par leurs talens, non seulement refusèrent de prendre part aux secours offerts par leur Evêque, mais ils regardèrent comme une grande faveur que leurs confrères consentissent à accepter d'eux un peu d'aisance. Puisse cet esprit d'unité et de charité se perpétuer à jamais dans ce Diocèse!

La lettre que l'Evêque de Troyes avoit écrite au mois de Mars 1791, aux Electeurs du Département de l'Aube, pour les conjurer de ne pas être les artisans du schisme commandé par l'Assemblée Nationale, n'ayant pas été suivie d'un heureux succès ( et il l'espéroit peu : des hommes uimides ou ir: réligieux écoutent si rarement la voix de la raison et de la Religion !), il voulut faire une dernière tentative, et , le 23 Avril de la même année, il écrivit au Prêtre faible et infortuné, qui d'après une telle élection, se disait Evêque du Département de l'Aube, espérant pouvoir le ramener à des sentimens plus catholiques. Mais qu'attendre d'un Prêtre qui se dit en unité avec l'Eglise, et qui rompt tous les liens qui l'attachent à la Chaire da Chef Suprême de l'Eglise? Malgré l'inutilité de ses efforts, je crois cependant devoir transcrire ici un passage de cette lettre, dans laquelle il lui es

pose tous les motifs humains et religieux qui devoient le faire renoncer à être un des apôtres de ce nouveau schisme.

« Non, non, la Religion de J. C. n'a jamais été persécutrice; elle est « douce et bénigne comme son divin Fondateur; elle est descendue du « Cicl

pour consoler les hommes, et non pour les porter à se déchirer; elle << proscrit de son sein toutes les passions haineuses, comme elle excite, ali( mente, et fortisie toutes les vertus bienfaisantes, amies des hommes. « Voilà la véritable Religion du Christ, et jamais les maximes contraires « n'ont été plus sévèrement censurées qu'à son propre tribunal.......

« Mais , en convenant de ces abus, je demande encore quelle a été la « source principale des calamités qui , dans les premiers siècles , ont affligé « les trois parties'du monde; et dans les siècles postérieurs, l'Europe Catho« lique. L'Histoire vous la fait connaître : c'est le schisme.

« Le schisme qui, après s'être séparé de la pierre fondamentale sur la<< quelle repose tout l'édifice de la Religion de J. C., a substitué l'esprit u particulier à l'enseignement antique; le schisme qui, pour justifier sa « scission d'avec l'Eglise-Mère a enfanté les hérésies, et avec elles l'esprit ( sectaire, les factions, les troubles, les révoltes, les discordes civiles, et « tous les maux qui ont bouleversé l'univers Chrétien.

« Ah! l'on ne peut s'empêcher de s'attendrir en considérant quel eût été « l'état des Eglises et des Nations si Arius, Donat, Luther, Zuingle et Cal« vin n'eussent pas existé, ou si les systèmes de leur sombre théologie eus<< sent été étouffés aussitôt que conçus. De quelle paix les peuples n'eus« sent-ils pas joui ! Que de guerres meurtrières, que de crimes et d'atroci« tés, dont la cause ou le prétexte n'eût pas eu lieu ! Tous les hommes , « professant une même foi, pratiquant un même culte, soumis à un même « régime religieux, unis par une même charité! Comment ce ravissant

spec « tacle n'a-t-il pas frappé tous les législateurs, tous les gens de bien, tous « les hommes éclairés ? Comment n'ont-ils pas réuni leurs efforts pour ra« mener tant de sectes égarées aux principes qu'elles avoient abandonnés? Et << si ceux surtout qui se sont arrogé le droit d'endoctriner leur siècle, sous la

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