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DES

UESTIONS SCIENTIFIQUES

PUBLIÉE

PAR LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE DE BRUXELLES.

Nulla unquam inter fidem et rationem
vera dissensio esse potest.

Const. de Fid. cath., c. IV.

DEUXIÈME SÉRIE

TOME
V.

JANVIER 1894.
(DIX-HUITIÈME ANNÉE ; TOME XXXV DE LA COLLECTION.)

BRUXELLES
SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE

(Société anonyme)
Oscar SCHEPENS, Directeur
16, RUE TREURENBERG, 16

1894

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right. 7 232 E 413

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LES GRANDS PROGRÈS

DE LA

CHIRURGIE CONTEMPORAINE

Quand j'étais écolier, je devais, pour me rendre chez les Frères où j'allais en classe, passer devant la demeure d'un vieux chirurgien que mes camarades et moi rencontrions souvent sur la route. Cet homme nous faisait peur. On racontait de lui des choses épouvantables : qu'il coupait des bras et des jambes, qu'il éteignait des fers rouges dans les chairs vivantes, que la vue du sang lui plaisait, qu'il restait insensible aux cris de ses victimes, etc. Quel horrible métier ! Il fallait, pour s'y complaire, n'avoir pas d'entrailles. « Non, pour rien au monde, je ne voudrais devenir chirurgien ! »

Les années passèrent. Lorsque vint le moment de choisir une carrière, j'embrassai la médecine pour plaire à mes parents. Arrivé en doctorat, des circonstances fortuites m'amenèrent à exercer les fonctions d'interne auprès d'un maître en chirurgie que tous les médecins sortis de l’Alma Mater ont admiré et aimé (2). Je surmontai les

(1) Conférence faite à la Société scientifique de Bruxelles, dans la session du 26 octobre 1893, à Namur.

(2) Le Bon Michaux qui, pendant plus de cinquante ans, occupa avec éclat la chaire de clinique chirurgicale de l'Université catholique de Louvain.

premiers dégoûts, je commençai à remplir mes fonctions par devoir et je finis par le faire avec plaisir. Aujourd'hui que j'ai eu l'honneur de succéder à ce maître vénéré, mon aversion pour la chirurgie s'est changée en attachement passionné. Je suis tenté de m'écrier : « Quelle belle profession, et comme je remercie la Providence de m'avoir engagé dans une carrière où il y a tant de satisfactions à recueillir et tant de bien à réaliser !

C'est que mieux on connaît la chirurgie et plus le caractère pénible de ses procédés s'efface pour ne laisser voir que ses immenses bienfaits. A aucune époque ces bienfaits n'ont été plus éclatants et plus universellement appréciés que de nos jours. Dire que la chirurgie a fait de grands progrès dans ces derniers temps est un propos banal que chacun répète pour l'avoir entendu; mais peutêtre sait-on moins en quoi consistent ces progrès. Aussi, lorsque je fus sollicité de prendre la parole devant vous, ma première idée fut-elle de vous entretenir des principales acquisitions de la chirurgie contemporaine. D'ailleurs, c'est presque le seul sujet dont il me soit possible de parler avec quelque compétence; car la chirurgie est une maîtresse exigeante, et quand elle s'empare d'un homme, elle le prend tout entier. Mais voici qu'au moment de commencer, je suis effrayé de l'aridité de mon sujet, et je me rappelle mes enfantines terreurs que je crains de voir partager en ce moment par un certain nombre d'entre vous. Je vous prie donc de m'accorder toute votre indulgence.

De tous les grands progrès de la chirurgie contemporaine, le premier en date est l'introduction de l'anesthésie, c'est-à-dire de la suppression de la douleur pendant les opérations. C'est plus qu'un progrès, c'est l'aurore d'une ère nouvelle, la plus brillante et la plus féconde qu’ait traversée la chirurgie. On a pu dire avec raison que, depuis l'introduction de la vaccine, aucun bienfait comparable à celui-là n'avait été rendu à l'humanité par l'art de guérir.

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