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s'affaissait fut le concile séculier de la raison, le foyer des idées, l'écho de la parole, le bras de l'opinion pour discuter et promulguer les croyances modernes sur la société et sur le gouvernement des peuples. Après avoir respiré la philosophie politique du XVIIIe siècle dans les livres de ses apôtres, la France recueillit cette philosophie dans un centre de force irrésistible pour tous et pour elle-même, et dans une explosion tour à tour majestueuse et terrible, elle accomplit la plus grande transformation intellectuelle, sociale et politique qui ait remué l'Occident depuis Charlemagne.

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II.

L'esprit le plus convaincu, le plus ferme et le plus expérimentë:

në peut s'empêcher de trembler en abordant un si. podleux récit. Il éprouve le besoin d'implorer de celui qui doncie.pu qui retire l'inspiration et la lumière aux hommes,

mon pas seulement le génie pathétique de Fliistoire; gili, associe par la passion le cæur humain aux 'scènes que t'historien retrace, mais le don plus nécessaire à celui qui raconte les révolutions d'idées qu'à tout autre : L'ESPRIT DE DISCERNEMENT.

Ce n'est que par la vertu de cet esprit de discernement, qui est le sang-froid de l'histoire, que l'écrivain et le lecteur peuvent séparer, en contemplant ces grands drames, l'enthousiasme du fanatisme, la vérité de la chimère, la réforme du bouleversement, la modération. de l'excès, la vertu du vice, la liberté de l'anarchie; et ce n'est qu'en faisant cette séparation, avec un esprit juste, avec un cæur probe, et avec une main sévère, qu'on peut restaurer les principes sains de la Révolution et rendre une gloire légitime, parce qu'elle est pure, à l'esprit humain. Excuser une cause de ses erreurs ou de ses crimes, ce n'est pas la servir, c'est la retarder. La justice est la seule passion de la conscience. Le genre humain a une conscience, le plus divin des organes de l'humanité. Tant que cette conscience murmure contre les alliages que les illusions, les passions ou les vices mêlent à une vérité, cette vérité n'a pas encore conquis le monde, car quelque chose proteste en nous contre elle, et ce quelque chose, c'est Dieu.

Essayons donc de raconter la Révolution sans flatter ses faiblesses et sans pallier ses forfaits. C'est le seul moyen de restaurer ses vérités dans les âmes, de ramener le peuple à la foi en lui-même, l'intelligence aux principes, et le cæur des hommes de ce siècle à l'espérance, ce doigt de feu de la Providence qui montre le but aux nations!

III.

La grandeur de la Révolution française, c'est de n'être pas seulement une révolution de la France, mais une révolution de l'esprit humain. Sans remonter laborieusement et par d'obscures filiations à son origine, nous s'affaissait fut le concile séculier de la raison, le foyer des idées, l'écho de la parole, le bras de l'opinion pour discuter et promulguer les croyances modernes sur la société et sur le gouvernement des peuples. Après avoir respiré la philosophie politique du xvime siècle dans les livres de ses apôtres, la France recueillit cette philosophie dans un centre de force irrésistible pour tous et pour elle-même, et dans une explosion tour à tour majestueuse et terrible, elle accomplit la plus grande transformation intellectuelle, sociale et politique qui ait remué l'Occident depuis Charlemagne.

II.

L'esprit le plus convaincu, le plus ferme et le plus expérimentě në peut s'empêcher de trembler en abordant un si.périlleur-récit. Il éprouve le besoin d'implorer de celui qui

donne.ou qui retire l'inspiration et la lumière aux homines, non pas seulement le génie pathétique de flriscoitė; geti, associe par la passion le cæur humain aux *scènes que l'historien retrace, mais le don plus nécessaire à celui qui raconte les révolutions d'idées qu'à tout autre : L'ESPRIT DE DISCERNEMENT.

Ce n'est que par la vertu de cet esprit de discernement, qui est le sang-froid de l'histoire, que l'écrivain et le lecteur peuvent séparer, en contemplant ces grands drames, l'enthousiasme du fanatisme, la vérité de la chimère, la réforme du bouleversement, la modération.

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