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plus pour leurs ames: et parce qu'elle a un juste sujet de craindre que ces ames, quoique fidèles, redevables à Dieu, ne soient détenues dans un feu qui les purifie , et où elles doivent souffrir jusqu'à ce qu'elles aient satisfait à la justice du Seigneur, elle les aide, autant qu'il est en elle, de ses suffrages, ne cessant point de prier, de solliciter, d'agir, tant qu'elle est incertaine de leur état et qu'il lui reste là-dessus quelque doute.

Or, à un tel amour, par quel amour devons-nous répondre? Supposons un fils bien né, et qui ne peut ignorer le zèle, les soins infinis d'une mère à laquelle il doit tout: que sent-il pour elle , ou plutôt que ne sent-il pas, et que ne lui inspire pas un coeur reconnoissant? Est-il témoignage d'un attachement inviolable qu'il ne lui donne ? est-il honneur qu'il ne lui défère ? est - il devoir qu'il refuse de lui rendre ? Si nous aimons l'Eglise, voilà notre modèle; et pouvons-nous ne l'aimer pas dans la vue de tous les biens que nous en avons reçus que nous en recevons tous les jours ? Pour peu que nous y pensions et que nous les comprenions, nous nous tiendrons éternellement et inséparablement unisà cette mère des croyans. Dans le même esprit que David, et encore à plus juste titre, nous lui dirons ce que ce saint roi disoit à Jérusalem , qui n'en étoit que la figure : Plutôt que de vous oublierjamais, que j'oublie ma main droite, et que je m'oublie moi-même. Plutôt

que

de perdre un souvenir qui me doit être si doux et dont je dois faire le principal sujet de ma joie, que ma langue se dessèche et qu'elle demeure collée à mon palais (1). Point sur cela de respect, point de considération humaine : pourquoi ? parce que rien dans notre estime n'entrera en comparaison avec l'Eglise, et que par un intime dévouement, nous n'aurons avec elle qu’un même intérêt.

et

(1) Ps. 136.

III. Comme membre de l'Eglise, nous devons la soutenir et l'appuyer. L'Eglise est un corps, je dis un corps mystique et moral. Ce corps a un chef, qui est JésusChrist; et il a des membres, qui sont les fidèles. Ainsi l'apôtre saint Paul nous l'enseigne-t-il en divers endroits, mais surtout daņs son épître aux Ephésiens, où il parle de la sorte , au sujet de Jésus-Christ : Dieu lui a mis toutes choses sous les pieds, et il l'a établi chef sur toute l'Eglise, laquelle est son corps et le représente tout entier, lui qui a dans tous ensemble toute sa perfection (1). Comme si le grand Apôtre disoit : Mes frères, nous ne faisons tous qu'un même corps avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ. L'assemblée de tous les fidèles unis à Jésus-Christ par la foi, voilà le corps de l'Eglise : mais ces mêmes fidèles pris séparément et considérés chacun en particulier, voilà les membres de l'Eglise. Plus ces membres croissent et se fortifient, plus le

corps prend d'accroissement et acquiert de force; et c'est ainsi que le chef reçoit lui-même plus de perfection en qualité de chef, à mesure que le corps par l'union des membres se fortifie et se perfectionne.

Quoi qu'il en soit, ce caractère, non-seulement d'enfans de l'Eglise, mais de membres de l'Eglise, est un des plus beaux titres dont nous puissions nous glorifier devant Dieu, et selon Dieu. Comme membres de l'Eglise, nous appartenons spécialement à Jésus-Christ, puisqu'en vertu du baptême que nous avons reçu, et par où nous fùmes aggrégés au corps de l'Eglise, nous avons contracté avec Jésus-Christ une alliance plus étroite et plus prochaine. Comme membres de l'Eglise, nous ne sommes point des étrangers ni des gens de dehors; mais nous sommes les domestiques de la foi; nous sommes de la cité des saints et de la maison de Dieu, les pierres vivantes du nouvel édifice, bâti sur (1) Ephes. 1.

le fondement des apôtres et des prophètes, JésusChrist lui-même est la première pierre de l'angle (1). Comme membres de l'Eglise, nous participons à toutes les grâces qui découlent de son divin chef, et qu'il lui communique sans mesure. Car elle est dépositaire de ces sources sacrées du Sauveur où nous puisons avec abondance les eaux du salut. Elle est la dispensatrice de son sang précieux et de ses mérites infinis; et n'est-ce pas sur nous qu'elle les répand par une effusion continuelle ? Or de la nous voyons combien il est de notre intérêt que cette Eglise subsiste, et combien il nous importe de travailler tous et de concourir à son affermissement.

Je sais qu'indépendamment de nous, cette Eglise subsistera en effet jusques à la fin des siècles, et que, selon la promesse du Fils du Dieu, les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle : mais ce corps, qu'il n'est pas au pouvoir des hommes de détruire, peut après tout, selon la mauvaise disposition des membres qui le composent, avoir ses pertes et ses altérations, soit

par la désertion de quelques-uns de ses enfans, soit par l'affoiblissement de la charité du plus grand nombre; et voilà sur quoi tout notre zèle doit s'allumer. Tel fut le zèle des Apôtres, quand au péril même de leur vie et au prix de leur sang, ils s'employèrent sans relâche à former l'Eglise naissante et à l'étendre dans toutes les parties du monde. Tel est encore de nos jours et parmi nous le zèle de tant d'hommes apostoliques, qui se consument d'études et de veilles pour la défense de l'Eglise ; qui, dans les chaires, dans les tribunaux de la pénitence, dans les entretiens publics et particuliers, consacrent leurs talens et leurs soins à l'édification de l'Eglise; qui passent les mers, et vont prêcher l'évangile aux barbares et aux idolâtres, pour l'avancement du

(1) Ephes. 2.

royaume de Dieu sur la terre et le progrès de l'Eglise. Tel enfin doit être par proportion le zèle de chaque fidèle, qui, selon le mot de Tertullien, devient soldat dès qu'il s'agit de l'Eglise, et est indispensablement obligé de combattre pour sa cause, autant qu'il est en son pouvoir.

Car, suivant la figure dont se servoit saint Paul sur un autre sujet, et qui ne convient pas moins à celui-ci, de même que dans le corps humain chacun des membres contribue à la bonne constitution du corps,

de sorte que tous s'aident au besoin les uns les autres; ainsi dans le corps

de l'Eglise devons-nous tous, par une sainte unanimité, être tellement liés ensemble, quejamais nous ne permettions qu'on y donne la moindre atteinte, et que nous nous opposions comme un mur impénétrable à tous les coups que l'erreur, l'incrédulité, l'impiété pourroient entreprendre de lui porter. Devoir propre de certains états et de certaines fonctions dans le gouvernement de l'Eglise; mais d'ailleurs, sans nulle différence de fonctions, ni d’états, devoir commun et universel. Si ce n'est pas par le ministère de la parole que nous soutenons l'Eglise, et si nous n'avons pour cela ni le don ni la vocation nécessaire, soutenons-la par la pureté de nos mours, et rendons témoignage à la vérité de sa foi par la sainteté de nos cuvres. Si ce n'est pas par la pénétration de nos lumières, ni par l'étendue de nos connoissances, soutenons-la par la docilité de notre soumission, et par une fermeté inébranlable à ne nous départir jamais ni de ses jugemens, ni de ses commandemens. Si ce n'est pas contre les tyrans, soutenons-la contre les artifices de l'hérésie, contre les insultes du libertinage; et de quelque part que ce puisse être, ne souffrons point qu'elle soit attaquée impunément en notre présence. Nous lui devons tout cela; et quand nous nous sommes engagés à elle, nous lui avons promis tout cela. A Dieu ne plaise que nous démen

tions un engagement si saint et si solennel. Ce seroit nous démentir nous-mêmes. Gardons-nous d'abandonner par une lâche désertion cette Eglise militante où nous vivons présentement, afin qu'éternellement nous régnions avec cette Eglise triomphante, que forment dans le ciel les élus de Dieu, et les héritiers de sa gloire.

Marque essentielle et condition nécessaire d'une vraie

obéissance à l'Eglise. Il en est de l'obéissance d'un fidèle à l'égard des décisions de l'Eglise, à peu près comme de l'obéissance d'un religieux à l'égard des ordres qu'il reçoit de son supérieur. Qu'un religieux obéisse quand on ne lui ordonne rien que de conforme à ses inclinations, c'est une obéissance très - équivoque, par ce que la nature peut y avoir autant de part que l'esprit de Dieu. Mais qu'il se montre également prompt à obéir lorsqu'on lui donne des ordres tout opposés à ses désirs, et qui le gênent, qui le mortifient, c'est là ce qu'on peut sûe rement appeler une obéissance religieuse, puisqu'il n'y a qu'une vraie religion qui en puisse être le principe. D'où vient que ce grand maître de la vie monastique et régulière, saint Bernard, donnoit à ses religieux cet important avis : Mes frères, ne vous abusez pas, et gardez-vous d'une illusion bien dangereuse et bien commune dans le cloître. Souvent on n'a de l'obéissance que le dehors et que le nom, sans en avoir la vertu ni le mérite. Quiconque, ou par adresse, ou par importunité, ou en quelque manière que ce soit, fait en sorte que ce qu'il souhaite et ce qui est de sa volonté propre, son supérieur le lui enjoigne, se trompe alors, et se fiatte en vain d'être obéissant; car à proprement parler, ce n'est point lui qui obéit au supérieur, mais le supérieur qui lui obéit.

Or, nous devons raisonner de même au regard de

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