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VI

diverses sciences, empruntées à l'arabe et qui sont tombées en quelque sorte dans le domaine public de tout l'orient mahométan, et je pense l'avoir fait aussi complétement que possible, autant que le permettaient les sources que j'ai pu me procurer, mais encore les autres mots qui se rencontrent chez les portes et les prosateurs, nommément les substantifs verbaux, les infinitifs et les participes d'origine arabe. L'admission de semblables mots m'a paru d'autant plus nécessaire que parfois la signification dans laquelle ils sont employés diffère souvent essentiellement de leur racine et sont précisément le moins indiqués dans les dictionnaires arabes. Si je dois m'être étendu sous ce rapport plus que ne l'exige la langue turque elle-même, cela ne saurait être un défaut pour l'utilité de mon dictionnaire. Il m'a paru également nécessaire de donner autant d'extension que possible à l'admission des mots d'origine persane, car il est positif qu'il existe peu de mots de la langue vivante des Persans qui n'aient été admis dans celle littéraire des Tures. Il arrive en plus que le persan possède un grand nombre de mots qui ne se rencontrent que rarement chez les auteurs, qui ne se trouvent peut-être même que dans les dictionnaires et qui pourtant portent évidemment une empreinte turque. J'ai admis de semblables mots en m'appuyant sur l'autorité de mes sources turc - orientales et les ai désignés par le signe (to), tandis que ceux qui n'existent que dans des dictionnaires persans sont indiqués par le signe (P). Ce sont, d'après mon opinion, des mots d'origine turque qui ont été, dans les temps les plus réculés, admis dans le persan; opinion qui pourrait se justifier par les rapports qui existaient autrefois déjà entre les pays iraniens et turaniens. Une étude approfondie de la langue persane fera nécessairement reconnaître qu'une grande partie des mots persans ont une racine primitivement turque, et qu'il existe une grande similitude entre bon nombre d'étymologies persanes et turques.

Une admission complète des dialectes turc-orientaux et tatares, ne pouvait entrer dans le cadre que je me suis proposé pour mon dictionnaire, en raison de ce qu'elle est à peu près impossible, attendu que les sources qui existent jusqu'à ce jour, se réduisent à quelques vocabulaires très-incomplets, et que la littérature des races turques du levant et du nord nous est presque inconnue. Je prie donc que, sous ce rapport, mon travail ne soit considéré que comme une tentative qui n'a d'autre but que de reproduire ce que m'ont offert mes sources restreintes, et d'être peut-être de quelque utilité aux futurs auteurs d'un dictionnaire turc-oriental.

La langue turque possède, en raison de la formation particulière de ses racines et des ses formes grammaticales, une facilité extraordinaire pour employer les éléments qu'elle s'approprie, et pour former de nouveaux mots suivant le besoin du moment, partie à l'aide de composition, partie, et surtout par l'adjonction et l'insertion de la syllabe de formation que l'on connait. Il n'était donc pas possible d'arriver, sous ce rapport, à une parfaite intégralité, parce qu'il se forme toujours de nouveaux mots et de nouvelles compositions, que le lexicographe est privé de toute possibilité de les découvrir et qu'il n'a pas la faculté de former luimême de semblables compositions; j'ai néanmoins tâché de donner à cette partie de mon cuvre toute l'extension possible, et ai aussi admis les mots dont la signification était conforme à celle de l'étymologie; car ce n'est que par ce moyen qu'il est possible d'avoir une idée de l'extension donnée aux origines particulières de ces formations de mots et des bornes qu'elle doit avoir. Les verbes de seconde formation peuvent être également rangés dans cette catégorie et je les ai placés, pour plus grande facilité, au-dessous de ceux primitifs; il ne m'a pourtant pas paru nécessaire d'admettre toutes les formes passives et celles négatives, que l'on peut à volonté donner à tous les verbes; je me suis borné en général à ceux dont la signification dans ces deux formes diffère de celle primitive.

Pour donner un aperçu des racines turques et des mots qui en sont dérivés, ainsi que du développement des diverses significations, il aurait fallu admettre l'ordre des racines et étymologies d'après lesquelles sont formés les mots dérivés et ceux composés. Si déjà tout l'ensemble des racines et étymologies turques et des mots qui en sont dérivés était connu et si la langue s'était conservée pure de toute immixtion étrangère, j'aurais sans doute donné la préférence à cet ordre; il n'aurait présenté aucune difficulté à ceux qui connaissent cette langue et aurait facilité la comparaison de la langue turque avec celles qui lui sont parentes; d'autant plus qu'un pareil ordre est plus facile à suivre pour la langue turque que pour toute autre, parce qu'elle n'a point de préfixes et que la racine elle-même reste toujours invariable.

Cependant, pour pouvoir suivre un pareil ordre, il aurait fallu avoir égard aux langues parentes du ture, comme le mongol, le hongrois, le finois, etc.; l'étude approfondie de la grande famille des langues

VII

Ural-Altaïques auxquelles appartient le ture, n'est encore qu'imparfaite; les résultats en sont encore trop peu positifs pour pouvoir servir de base à un dictionnaire; il faut donc abandonner aux recherches futures sur les étymologies en particulier, la tâche d'établir une nomenclature des racines et des étymologies. Les mots tirés de l'arabe, du persan et autres idiomes étrangers ne sauraient être classés d'après des racines turques. J'ai donc dû conserver l'ordre ordinaire alphabétique, sans avoir égard à l'étymologie, lequel, dans tous les cas présente l'avantage de la sureté et de la promptitude dans l'emploi, ce qui est le point essentiel pour les recherches à faire. Seulement, dans le but de gagner de l'espace, je me suis décidé à ajouter au-dessous des mots primitifs les dérivés, soit substantifs, soit adjectifs (relativa abstracta et relativa concreta) avec l'addition de la forme Lyk et Ly, et je continuerai à l'avenir à employer ce mode pour les substantifs qui sont terminés par la syllabe di (nomina agentis), puis de n'en donner la signification que lorsqu'elle ne dérivera pas régulièrement du mot primitif. Pour la même raison j'ai également introduit beaucoup de composés persans dans l'article du mot primitif persan ou arabe et je le ferai encore fréquemment; également, pour les participes arabes (Nomina agentis), jomettrai souvent dans la suite leur signification et je la donnerai à l'infinitif (nomen actionis).

L'incertitude et la variabilité de l'orthographe turque présentaient une difficulté particulière. Dans les mots proprement turcs les voyelles 1.9.s sont à volonté écrites ou omises, les consonnes présentant un son égal ou semblable sont tout aussi arbitrairement échangées, quelques mots se rencontrent tantôt avec une consonne à voyelle aigüe, tantôt avec une consonne à voyelle ouverte. Il résulte de cette incertitude un inconvénient pour l'ordre orthographique, particulièrement la nécessité de renvoyer d'une orthographe à l'autre, ainsi que la répétition d'un seul et même mot; inconvenients qui ne sont pas à éviter. Pour un grand nombre de mots j'ai indiqué les variations d'orthographe que j'ai trouvées moi-même, mais il n'était pas possible ni nécessaire de les indiquer toutes.

D'après mon plan primitif, j'avais l'intention de donner en allemand seul les explications des mots et d'y ajouter en français seulement leur signification primitive. Néanmoins plusieurs motifs m'ont engagé à donner en français la signification aussi complète que possible; bien que généralement la traduction des locutions soit donnée seulement en allemand. Je l'ai fait non seulement en vue de la plus grande publicité de mon cuvre, mais aussi parce que pour la signification de quelques mots le français possède des expressions plus convenables et par contre l'allemand pour d'autres, de sorte que dans beaucoup de cas l'explication se complète par l'une ou l'autre de ces deux langues. Souvent, il est vrai, ni l'un ni l'autre de ces idiomes ne possède la signification parfaitement correspondante et alors il m'a paru utile en beaucoup de cas d'y ajouter le synonyme turc, arabe ou persan, ainsi que l'explication que j'ai trouvée dans mes sources orientales que j'indiquerai plus loin. L'extension que dans le principe je n'étais proposé de donner à cette auvre, s'est, il est vrai, trouvée un peu dépassée, mais par contre elle a, par cela même, gagné sous quelques rapports; cependant je me propose à l'avenir d'être un peu plus sobre de ces synonymes et explications.

J'ai ajouté à chaque mot une transcription indiquant la prononciation: quant à cette dernière j'aurais dû préférer, il est vrai, pour les mots arabes et persans, l'emploi des points-voyelles, si ce mode n'avait pas présenté des difficultés techniques pour l'impression: attendu que ces points - voyelles sont toujours placés au-dessus ou au-dessous d'une lettre et auraient nécessité un interligne. La prononciation ne saurait jamais être représentée qu'approximativement par les lettres d'un alphabet étranger, puisque des caractères complétement phoniques n'ont pas encore été découverts. Du reste, dans un dictionnaire, il ne doit être question que de la prononciation grammaticale. Comme il m'a paru nécessaire de représenter chaque consonne par une consonne unique pour éviter une fatigante profusion de lettres, j'ai dû avoir recours à des signes particuliers que je n'ai pas cru utile de multiplier, puisque les Turcs eux-mêmes ne prononcent pas les consonnes que j'ai rendues à l'aide d'une seule lettre, aussi distinctement ni aussi exactement que les Arabes et les Persans. En général je me suis attaché à représenter la prononciation des mots arabes et persans telle qu'elle est dans la bouche des Turcs. Pour être plus facilement compris je crois devoir donner ici l'alphabet turc avec la prononciation de chaque consonne ainsi que la désignation des voyelles.

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Je n'ai pas cru nécessaire d'indiquer l'intonation des syllabes. Le turc n'a point de syllabe dominante, seulement on appuie un peu plus fortement sur la dernière syllabe, mais le ton ne s'y arrête pas et varie avec les changements que le mot subit soit par la flexion grammaticale soit par sa position dans la phrase. Dans un dictionnaire on ne pouvait avoir égard qu'à l'intonation des mots isolés, mais comme celle-ci est très-uniforme, il ne m'a pas paru nécessaire de l'indiquer particulièrement; néanmoins j'ai cru indispensable d'indiquer par ^ les voyelles longues des mots arabes et persans.

Des exemples et des citations tirés des auteurs, des locutions qui servent à faire mieux connaitre la signification d'un mot, sont certainement très- utiles dans un dictionnaire et je dois regretter de n'en pas avoir donné plus que je ne l'ai fait, mais mon wuvre aurait atteint par là une trop grande extension. Le but que je me suis plus particulièrement proposé, a été de donner un ensemble aussi complet que possible pour faciliter la recherche des mots, je devais donc ne pas trop m'étendre sur la phraséologie et les citations; je les ai indiquées seulement dans les cas où cela m'a paru nécessaire pour rendre plus claires la construction particulière et la signification des mots.

Un dictionnaire ne peut être fait qu'à l'aide de travaux antérieurs; j'ai donc puisé dans tous les ouvrages qu'il m'a été possible de me procurer, émanant de savants européens et d'auteurs orientaux. Parmi les premiers je citerai en première ligne Veninski, puis Kieffer et Bianchi, Hindoglu, Redhouse, ensuite la traduction du dictionnaire de l'académie par Handjéri, les divers dictionnaires qui ont été publiés par les savants véchitaristes, surtout le dictionnaire arménien - turc du P. Sérapion Eminian et plusieurs petits vocabulaires comme celui ture-gree moderne de Demetrios Alexandrides. Pour l'arabe, j'ai consulté surtout Golius, Freytag, Kazimirski - Biberstein; pour le persan Vullers et le dictionnaire hindoustani de Shakspeare; parmi les (ruvres orientales je citerai particulièrement les traductions turques du Kamûs et du BORHÂN-I-KÂTI', le LENECET UL-LOGÎT, MOKADDIMET-UL-EDEB, ANTERI-KEBIR, KITÎB TA’RIFÀT. Pour le turcoriental j'ai eu pour sources le LOGAT-I-TURKÎ, paru i Calcutta, le manuscrit du Vocabularium lingua e Iguricae et Giagataicae de la bibliothèque de l'université de Leipzig, provenant de la succession de M. de Hammer Purgstall, la traduction de l'ABUŚK1, par Mr. Tambéry, les collections de Quatremère qui ont été mises à ma disposition par la direction de la bibliothèque de la cour et de l'état à Munich, avec une obligeance pour laquelle je (lois beaucoup de reconnaissance, enfin un manuscrit de la bibliothèque impériale de Paris, qui a pour titre HOLÀS.1-1-'ABBîsî et qui est un abrégé du fameux dictionnaire turc - oriental composé par Mirza Mehdi Khân sous le titre de SENK-I-LÂHi, que je n'ai pu malheureusement me procurer qu'alors que la plus grande partie de la lettre ELIF était déjà imprimée.

J'ai également trouvé quelques mots turcs orientaux dans le glossaire persan qui est ajouté à l'édition de l'histoire de Wassaf, parue à Bombay. J'ai aussi fait emploi des vocabulaires russe-tatares de Giganoff, Mahmudoff, Kukljascheff, etc., mais seulement partiellement, parce que le dialecte sibérien s'éloigne par trop du but de mon (Pure. Les notes de la collection manuscrite de Quatremère, bien qu'elles ne soient en général que des citations d’Abulgazi et de quelques passages de Vir Ali Schir, m'ont été néanmoins trèsprécieuses parce qu'elles rendent plus facile l'intelligence des explications par trop courtes du LOGAT-I-TURKÎ et du SENK-I-LÂHÍ, que dans beaucoup de passages il ne m'a pas été possible de traduire et que j'ai données telles que je les ai trouvées.

J'ai obtenu pour mon travail un secours que je ne saurais trop apprécier et qui mérite la reconnaissance de tous ceux qui feront usage de mon dictionnaire, dans la complaisance sans bornes de M. le professeur Fleischer, qui a mis à ma disposition ses propres notes lexicographiques et m'a assisté avec la plus grande bienveillance de ses bons conseils et de ses grandes connaissances.

Je sais parfaitement que, malgré toutes les peines que je me suis données, mon auvre n'est pas exempte de fautes et d'ommissions, aussi je prie instamment tous les savants orientalistes qui les découvriront, de me mettre à même de les indiquer aussi complètement que possible par un supplément qui paraîtra à la fin de mon dictionnaire.

Il me reste enfin à témoigner ma reconnaissance pour le soutien qui m'a été accordé par le Ministre des Cultes et de l'Instruction publique en Saxe, pour pouvoir parvenir à faire imprimer mon auvre, ainsi que pour la bienveillance avec laquelle le Ministre des Affaires étrangères en Saxe a donné sa propre garantie pour qu'il me soit permis d'avoir à ma disposition des manuscrits appartenant à des bibliothèques étrangères. Leipzig, Septembre 1866.

Dr. J. Th. Zenker.

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ABRÉVIATIONS.

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Nom. pr. Vom propre.
Nom. ag. Nomen agentis.
Nom, unit. Somen unitatis.
P persan.
pt persan-turc.
Pl. Pluriel.
Q. Quatremère.
Rad. Radix.
Rel. abstr. Relativum abstractum.
Rel. concr.

Relativum concretum.
Sbst. Substantif.
SI, SENK-I-LAI.
t turc.
tat tatare,
to turc-oriental.
ungar. hongrois.
Vb, Verbe.
Vb. act. Verbe actif.
Vb, caus.

Verbe causatif. VI. intr. Verbe intransitif. Vb. recipr. Verbe réciproque. Vb. pass. Verbe passif. 17. refl. Verbe réfléchi, VL Vocabularium linguae Iguricae et

Giagataicae. vulg. Vulgairement.

B. ABUSKA.
Adj. num. Adjectif numéral.
Adv. Adverbe.
111. AHITERI-KEBÎR.
Aor. Aoriste.
BK. BORILİN-I-KÂTI'.
Collect, collectif.
Compar, comparatif.
Compos. composé.
Conj. Conjonction.
Derir. Dérivé.
Demin. Diminutif.
Fem. Féminin.
FW.

(Vocabulaire à la suite de l'édition de l'histoire

de Wassaf qui a paru à Bombay). gr. grec. Interj. Interjection. it. italien. Kam. Kanûs. lat. latin. LL. LEHEGET UL LOGAT. LT. LOGATI-TURKI,

FERHENG - I - WASSAF

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