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l'homme, mais on méprise le prêtre. C'est un fait déplorable; mais c'est un fait trop certain : pour en douter, il faudrait ignorer l'état des campagnes et méconnaître l'esprit qui agite le peuple.

Quelle est donc la cause de cette profonde nullité qui menace tout le clergé en France, et où il est déjà réduit en grande partie ? Est-ce son ignorance qui contrasterait trop avec les lumières du siècle? S'il est vrai que le clergé supérieur posséda autrefois une science plus éminente, on convient généralement que le clergé des campagnes ne fut, à aucune époque, aussi instruit qu'il l'est aujourd'hui.

Est-ce un défaut de conduite ? des moeurs trop relâchées? bien moins encore. La révolution ayant ôté toutes les roses du saint ministère pour n'y laisser que les épines , les vocations se sont nécessairement épurées , et jamais le corps sacerdotal n'offrit aux peuples, dans son ensemble, un plus beau spectacle de régularité, de décence et de verlu.

Serait-ce son ambition, comme certains esprits faux ou méchans n'ont pas craint de le lui reprocher ? On n'oserait le dire aujourd'hui, car sur quoi porterait-elle? elle n'a plus d'objet même apparent. Le prêtre, parmi nous, est repoussé de tout emploi civil; une législation ombrageuse ou hostile l'a dépouillé de

presque tous ses droits de citoyen, et son propre état ne lui montre en perspective que l'obscurité, le mépris et

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presque la misère.

Il faut donc chercher ailleurs la cause du mal qui le travaille, qui entrave sa marche et l'empêche d'accomplir sa divine mission. Pour la trouver, nous n'aurons pas à chercher long-temps; nous l'apercevons dans les vices de la constitution qui le régit, ou plutôt dans l'absence de toute constitution, du moins quant

à la pratique.

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En effel, pendant que tous les autres états de la société sont régulièrement constitués, qu'ils ont leur hiérarchie déterminée, leurs droits reconnus, leurs lois fixes, leur discipline spéciale, le clergé seul est privé de tous ces avantages, et par là il demeure inpuissant. Un corps n'est puissant et fort que par l'union et le concert de ses membres, et ceux du clergé sont séparés, épars comme les soldats d'une armée licenciée. Ses évêques, n'ayant plus avec le chef de

des

rapports rares et peu importans, ne pouvant, ni s'assembler, ni se concerter entre eux, isolés du reste du clergé, sont réduits à combattre à part, et se trouvent dans l'impuissance de donner aux moyens d'action séparés , cet ensemble qui en fait toute la force. Les prêtres du second ordre divisés en deux classes , auparavant inconnues, forment deux partis opposés, deux camps rivaux et profondément séparés. Si l'une

l'Église que

de ces classes conserve encore quelques uns des droits et des priviléges inhérens à la qualité de pasteur des âmes, l'autre, qui comprend la presque totalité des prêtres , en est totalement dépouillée; elle se trouve ainsi livrée, nue et sans défense, d'un côté, à tous les caprices de l'arbitraire et du bon plaisir ; de l'autre, à tous les mépris, à loutes les insultes, à toutes les persécutions de ses ennemis.

Eh! où serait sa force, lorsqu'en présence d'esprits brouillons qui enveniment toutes ses démarches et suspectent jusqu'à ses intentions ; en présence d'hommes pervers qui épluchent toutes ses paroles pour y trouver un sujet de blâme et d'accusation ; en présence d'autorités civiles tracassières, trop souvent disposées à encourager la délation, à appuyer la calompie, à provoquer les outrages ou du moins à les tolérer; où serait sa force, lorsqu'en présence de

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tant d'obstacles, de lant d'ennemis acharnés, le prêtre, surtout le prêtre des campagnes, se trouve dépouillé de tous les priviléges inhérens à sa qualité de pasteur des âmes, sans droit qui lui garantisse sa position, sans titre qui lui assure son existence; pouvant à chaque

à instant être destitué, révoqué, puni, réduit à la misère, et cela sans jugement, sans forme canonique quelconque? Le peuple, qui ne voit que la surface des choses, qui ne juge que par les dehors, peut-il nourrir de la confiance et conserver du respect pour ses pasteurs qu'il voit ainsi dégradés et avilis ?

On a donc fait au clergé français une position fausse, humiliante, qui arrête son action, qui paralyse son influence, qui l'empêche de s'élever à la hauteur de sa mission, et de se mettre au niveau des besoins actuels du peuple. Pendant que lout est en mouvement autour de lui, lui seul demeure stationnaire. A toutes

a

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