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1153069-190

INTRODUCTION.

La vérité est la vie de l'homme; elle est l'unique raison de son existence comme de celle de la société. La réforme, la philosophie, et mille autres sectes, qui en ont été la suite, ayant prodigieusement diminué les vérités parmi les hommes, le genre humain ne pouvait plus, sans périr, rester dans l'élat qu'elles lui avaient fait : aussi, depuis le commencement de ce siècle, il semble avoir honte de lui-même; il s'agite, il cherche, il fait effort pour remonter contre le torrent des erreurs et retrouver la vérité.

Ce mouvement de retour vers le Ca

tholicisme, qui commença par les grands écrivains de notre époque, les Chateaubriand, les de Bonald , les de Maistre, les Lamennais , est devenu général dans les hautes régions de l'intelligence; il a même pénétré dans les classes moyennes de la société, et il agite déjà le peuple des villes.

« Un travail nouveau de restauration, « dit le savant Gorres, émeut le genre « humain à l'heure, qu'il est. C'est en « vain que les protecteurs de l’erreur « donnent le signal de la révolte contre « ce mouvement de retour vers la com« munion universelle; le temps marche « et Dieu le mène; une main invisible

dirige à son gré les affaires humaines « et les fait tendre à l'unité (1). »

Mais toute réaction morale vient d'en haut et avance lentement. Pendant

que l'irréligion dominait en souveraine au faite de la société, la foi faisait encore sen

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(1) Voyez son dernier ouvrage intitulé Athanase.

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tir son heureuse influence dans sa partie inférieure. C'est tout le contraire aujourd'hui. L'impiété n'a quitté les grands que pour descendre dans le peuple. Elle n'a abandonné les villes que pour envahir les villages. Chassée du château, la philosophie anti-chrétienne s'est réfugiée dans la chaumière comme dans son dernier asile. Elle a déjà pénétré jusque dans les campagnes les plus reculées ; partout elles retentissent de ses blasphêmes; partout on n'entend quesa voix, on ne sent que son action; on en est enveloppé et saisi

partout. Et qu'on le remarque bien : ce n'est pas proprement par le clergé que la foi se restaure aujourd'hui chez les classes intelligentes et parmi le peuple des villes; c'est

par

la
presse,

ce nouveau moteur des intelligences devenu tout puissant. Elle seule a imprimé aux esprits ce mouvement de retour vers les idées religieuses, destiné à sauver la société,

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en la rasseyant sur sa véritable base. Le clergé ne travaille, pour ainsi dire , qu'en sous-ordre; il ne peut que seconder et régulariser l'impulsion.

Mais ce nouveau moyen de régénération, si puissant sur les classes élevées et sur le peuple des villes, est encore nul pour les habitans des campagnes, et probablement il le sera long-temps. Jamais ils ne reviendront à la religion que par le clergé; lui seul peut les tirer de l'abîme de l'impiété dont ils n'ont peut-être pas atteint encore les dernières profondeurs , et les ramener à l'antique croyance. Lui seul peut détruire, dans l'esprit du peuple, ces préjugés haineux qui s'y sont infiltrés avec l'erreur, et lui faire goûter de nouveau les douceurs et les charmes d'une religion donnée exprès pour lui , et qui seule peut faire son bonheur. La supériorité que

donnent au clergé, sur le peuple, son éducation, ses connaissances, ses vertus, en font le

père, le docteur, le guide naturel et nécessaire de celle partie si nombreuse et si intéressante de la société; jamais rien ne pourra le remplacer auprès d'elle.

Dans cet état de choses, tous les regards se portent naturellement vers le clergé, et l'on se demande, avec inquiétude , s'il possède encore ces moyens puissans de régénération qui ont converti et civilisé nos pères, affranchi nos campagnes de la servitude; qui, dans tous les siècles, ont enfanté tant de merveilles et lui avaient acquis, sur les populations, une si grande et si juste influence.

Hélas ! tous les observateurs remarquent avec effroi que le sacerdoce français perd chaque jour de sa dignité, de sa considération, de son influence; que son action va toujours s'affaiblissant, et que son autorité sur les peuples ne tient presque plus qu'à des qualités personnelles. Des individus sont encore respectés; le corps ne l'est plus. On estime

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