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P. XV

La première place dans cette revue appartient, sans contredit, à Guillaume de Nassau.

Nous le retrouvons dans les mêmes dispositions (Tome II.

XXIV); indécis , livré à de cruelles perplexités. On attribue communément à ses instigations secrètes les entreprises que les premiers mois de 1567 virent tristement échouer. Rien dans nos documents ne justifie cette supposition, et on ne sauroit guère la concilier avec l'état des choses. Le Prince ne trouvoit de l'appui ni dans le Comte d'Egmont, qui n'aspiroit qu'à se réconcilier avec la Cour; ni dans les Confédérés, pour la plupart ou lâches, ou téméraires; ni dans les Etats des Provinces , ou dans les Magistrats des Villes, en général fortement prévenus contre la Réforme; ni dans une multitude dont il n'aimoit pas les mouvements désordonnés. La Gouvernante avoit repris le dessus; les commencements de sédition étoient dissipés ; les catholiques a haussoient

pour » l'heure la teste comme trommetaires et n'étoient » quacy plus traictables d'orgueil » (p. 13). Coöpérer au rétablissement de l'ordre , arrêter le bras levé du Souverain, en ôtant à la persécution renaissante le plus spécieux des prétextes, là semblent s'être borné alors ses desseins. Il désire de la part des Princes Allemands intercession, prières, insinuation qu'en cas de violences contre ceux de la confession d'Augsbourg, on ne pourra les abandonner (p. 30); mais

pas de secours immédiats, comme au temps où, non sans qu'il en eut connoissance, le Comte Louis faisoit des levées (Tom. II. p. 272). Loin de vouloir abuser de son influence pour remuer les Pays-Bas , il songeoit sérieusement à se rendre en Allemagne pour assister à la diète (p. 6). Quant au projet de se saisir d'Anvers, que beaucoup d'écrivains se plaisent à lui attribuer , nous n'en avons pas

trouvé le moindre indicé ; rien que l'exprese sion énergique des dangers qu'il courut en réprimant les séditieux. « Je vous puis bien dire que » nous avons faict la plus belle eschappade du u monde et que par la grâce de Dieu nous nous » povons estimer d'être nouveau nez » (p. 52).

L'obéissance, poussée jusqu'au péril de la vie, a cependant des limites. La Gouvernante exige un serment qui semble n'en reconnoître aucune ; tout annonce un régime sévère et cruel ; la présence du Prince est désormais inutile ; il se décide à partir. « Ne voulant pas encourir le reproche que c'est moi ».qui excite et anime le peuple à la résistance, je

préfère être loin d'ici et ne pas voir des actes » si déplorables , que mon cœur et ma conscience » repoussent » (p. 57). Les Lettres aux Comtes d'Egmont et de Hornes, respirant en plus d'un endroit l'indignation et l'amertume, ne contiennent toutefois rien qui fasse révoquer en doute la sincérité de ce qu'il affirme : « Je ne cesserai pas » d'être le très obéissant vassal de S. M. , prêt à » tout service que je pourrai rendre en bonne con» science » (p. 71). Il écrit au Roi. « L'affection » que j'ay tousjours porté à V. M. et bien de ses » pays, m'est tellement imprimée que ne délaisze» ray mectre corps et biens en tout ce que je cog

noistray povoir être le vray service de V. M., » repos et maintenement de ses pays , et luy demeu» reray tel partout où je seray » (p. 65). Nous ne croyons pas que ce fut un simple compliment, ni surtout une fausseté.

S'il quitte le pays, ce n'est pas pour l'abandonner. . Il va en Allemagne, aussi pour « prendre conseil de » ses Seigneurs et amis » (p. 57). S'il dit : « Autant

qu'il est en nous de prévoir, il nous semble que » c'en est fait de ces provinces, et que, dans de déplorables massacres, beaucoup de milliers de Chré

tiens sages et pieux vont perdre les biens et la » vie , » immédiatement il ajoute : «A moins que » Dieu Tout-puissant ne veuille écarter ces mal» heurs , et que les Electeurs et Princes Allemands » ne sauvent le pays de si épouvantables désastres » (p. 59).

Le Duc d'Albe arrive. Avec les mots d'hérésie et de rebellion, tout lui paroît légitime; les emprisonnements, les proscriptions, les violations de Privilèges , l'anéantissement des droits et des libertés, les spoliations, les tortures, et les supplices. On accuse le Prince, on confisque ses biens, on enlève son fils. Par les charges qu'il a précédemment occupées , les biens de sa famille , ses talents, ses opinions connues, ses relations, ses ressources, il est dans les Pays-Bas le personnage le plus considérable et le plus consideré. C'est à lui

que les opprimés s'adressent, au nom des libertés qu 'il est tenu de maintenir; au nom du Roi

que les Espagnols abusent et trabissent ; au nom de la cause sacrée à laquelle on sait qu'il est sincèrement attaché. On le prie, on l'exhorte, on l'adjure de ne pas laisser, sans opposition, ruiner les Provinces et massacrer les habitants. Une vocation passive n'est pas celle qu'il se croit tenu d'embrasser. « Le » Prince a bien voulu condescendre à la réquisition » de ce fidèl peuple, astheur de tout abandonné et » délessé ; de tant plus qu'i cognoit que ce n'est pas » seulement la ruine du païs, demorant les choses » en tel termes, mais entièrement le déservice de » S. M. » (p. 206).

Une grande partie des documents de ce Tome est relatif aux expéditions de 1568 et 1572. Parmi les preuves des talents stratégiques du Prince on pourra désormais ranger les avertissements qu'il donne au Comte Louis. Le désastre de Jemmingen, s'il n'abandonne le siège de Groningue, lui est positivement annoncé. « Sur tout faut avoir esgard » que là où ils seroyent forcés de se retirer, ils sont » assseurez ne le pouvoir faire ayant l'ennemy à » doz, sans estre ou deffaits , ou grefvement en» dommagez » (p. 258).

Les Archives contiennent peu touchant les années 1569, 1570 , et 1571. Le Prince les passa , soit en France, où il vint, avec un corps d'armée, au secours des Huguenots; soit en Allemagne , au milieu de négociations et de préparatifs. Néanmoins ce peu suffit pour nous le montrer travaillant toujours avec une même ardeur à l'avancement des mêmes grands intérêts.

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