Sayfadaki görseller
PDF
ePub
[graphic]

par Roemer dans le courant des années 1675 et 1676 ; il consiste, comme on sait, dans l'inégalité apparente des retours successifs des éclipses des satellites qui accompagnent Jupiter. Le premier de ces satellites surtout, à cause de son petit volume, de la rapidité de sa marche et de sa proximité de la planète, offre à l'observation le spectacle d'immersions dans l'ombre et d'émersions très nettes et faciles à saisir. C'est un flambeau qui s'allume et qui s'éteint à des intervalles de temps réellement égaux, et que l'on observe à des distances variables. Entre l'opposition et la conjonction, la distance de la terre à Jupiter augmente de toute la valeur du diamètre de l'orbite terrestre. Pendant cette période, les émersions seules sont visibles et semblent de plus en plus tardives, par rapport aux instants équidistants où elles devraient paraître quand on les déduit du nombre d'éclipses qui arrivent pendant l'année entière. Entre la conjonction et l'opposition, la distance entre les deux planètes se réduit d'un diamètre de l'orbite terrestre, et pendant cette seconde période, on ne peut voir que les émersions, qui se précipitent de manière à rétablir une compensation exacte. La somme des retards pendant la période d'éloignement est égale à la somme des avances pendant la période de rapprochement, et chacune d'elles donne le temps qu'emploie la lumière à franchir le diamètre de notre propre orbite. Ce temps, mesuré directement aux instruments chronométriques, s'est trouvé égal à 16", 268 ; ce qui donne, en tenant compte de l'espace parcouru par la lumière, une vitesse de 79 752 lieues de 4 000 mètres par seconde (1) ».

L'astronomie fournit une deuxième méthode pour évaluer la vitesse avec laquelle la lumière franchit les espaces célestes ; elle repose sur le phénomène de l'aberration. On désigne par ce nom un fort petit déplacement apparent des

(1) L'approximation obtenue par Roemer était beaucoup plus grossière ; c'est à Delambre que l'on doit le premier calcul assez exact, d'après cette méthode, de la vitesse de transmission de la lumière.

[graphic]

Représentons-nous deux lunettes placées en face l’une de l'autre, à une distance de quelques kilomètres, de telle manière que l'objectif de chacune d'elles forme à son foyer l'image de l'objectif de l'autre. Une source lumineuse très vive, placée près de la lunette A, vient former par ses rayons réfléchis sur une glace transparente une image étincelante au foyer de la lunette, et cela de manière que l'axe du faisceau émanant de ce point coïncide avec l'axe optique de celle-ci. Ce faisceau traverse l'objectif de la lunette A, va se porter sur celui de la lunette B, le traverse, et par suite de la disposition respective des deux réfracteurs, va se concentrer au foyer de B, où un miroir le renvoie sur le chemin qu'il vient de parcourir vers la lunette A. Là, il vient former au foyer une petite étoile brillante, un écho lumineux, suivant l'heureuse expression de M. Cornu, que l'opérateur placé derrière cette lunette observerait sans interruption au moyen d'un oculaire, si rien d'autre n'intervenait. Une roue dentée est disposée de façon que, pendant sa rotation, ses dents viennent toutes successivement passer au foyer de la lunette A, et, suivant qu'elles y apportent un plein ou un vide, arrêter ou laisser passer le faisceau lumineux, soit à l’aller, soit au retour. Tant que le mouvement de la roue dentée est peu rapide, la vitesse de la lumière est si énorme que le rayon qui a passé entre deux dents a le temps d'aller se réfléchir à la station opposée et de revenir au point de départ, en passant entre les mêmes dents, frapper l'ail de l'opérateur; et comme la succession des impressions produites sur l'ail par ces chocs lumineux est très rapide, il en résulte une sensation persistante; l'observateur voit la petite étoile au foyer à peu près comme si le disque n'existait pas. Mais si l'on accélère la rotation du disque, elle atteint bientôt une valeur telle que le rayon qui, au départ, a passé librement entre deux dents de la roue, trouve à son retour une dent qui l'arrête, et si les entredents sont bien exactement égaux en largeur aux dents elles-mêmes, ce fait, se reproduisant

[graphic]
« ÖncekiDevam »