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lution de l'univers et du progrès organique et social.

Dès les premières pages du livre, l'auteur détermine nettement son but qui est de rechercher comment l'ordre et l'harmonie du monde ont pu sortir du chaos, sans intervention surnaturelle, par les seules forces de la matière ; comment en d'autres termes, et pour adopter la terminologie un peu pédante qu'il affectionne, la matière s'intègre nécessairement en passant de l'homogénéité à l'hétérogénéité, de l'indéfini au défini, de l'incohérent au cohérent; comment l'évolution des individus et des sociétés se constitue, comme celle de la matière, par le passage de l'état homogène indéfini à un état hétérogène défini. En un mot, cette formule générale est à ses yeux l'invariable expression de la loi du progrès dans tous les ordres, physiques, biologiques, psychologiques et sociaux.

Cependant il n'hésite pas à reconnaître, avec une franchise qui l'honore, l'horizon borné de son système. « Mes inductions, dit-il, valent non pour la genèse des choses en soi ; mais pour leur genèse telle qu'elle se manifeste à la conscience humaine. Après tout ce qui a été dit, le mystère dernier demeure ce qu'il était exactement. Nous avons beau réussir à ramener l'équation à ses termes les plus simples, nous ne sommes pas plus capables pour cela d'en dégager l'inconnue. La science conduit l'esprit à reconnaître de plus en plus que l'univers est un problème insoluble, le commencement, la fin, et l'essence des choses lui échappent; elle donne ainsi à la religion une base plus ferme en lui assignant pour domaine l’Inconnaissable, et la rend meilleure en détruisant peu à peu les superstitions. »

Il est prudent de ne pas attacher à ces protestations de foi plus de valeur qu'à celles de M. Huxley. En effet, quand Herbert Spencer identifie l'inconnaissable avec la force dont le monde physique et moral ne sont que des manifestations, il frise de bien près le panthéisme.

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» Ainsi les changements ignés de la terre proviennent de la précipitation de la matière cosmique vers son centre de gravité, comme les changements aqueux (circulation océanique et fluviatile, pluie, époque glaciaire etc.) résultent de la précipitation de la matière solaire; en effet, le rayonnement du soleil, source principale de l'énergie terrestre, moteur de l'eau, de l'air, des plantes et des animaux, paraît devoir être attribué uniquement aujourd'hui à la condensation » (1).

Enfin l'évolution vitale se réduit, elle aussi, en dernière analyse à une condensation de matière, concomitante avec une dissipation de mouvement; le règne végétal étant chargé principalement d'accumuler l'énergie que dépense le règne animal. « Ce sont les transformations matérielles de forme et de mouvement qui engendrent les transformations fonctionnelles ; l'évolution des individus est constituée comme l'évolution des espèces par le passage d'un état homogène à un état hétérogène » (2).

L'être vivant sort de l'embryon par une série de différenciations successives, et la paleontologie démontre que la division du travail s'est manifestée aussi dans l'évolution de l’espèce par la multiplication et la complication des organes et de leurs activités fonctionnelles.

La loi du progrès s'exerce donc dans le temps et dans l'espace d'une manière identique, et la science, « qui a pour objet la coexistence et la séquence des phénomènes, » doit s'attacher à suivre pas à pas, dans toutes les directions possibles, cette intégration continue de la matière qui produit le passage de l'incohérence à la cohérence.

H. Spencer s'efforce de montrer par des comparaisons tirées de l'économie politique les procédés et les lois de l'évolution vitale. « Parfois on entend sous le nom de progrès la simple croissance ; ainsi quand il s'agit d'une

(1) Premiers principes, § 156. (2) Ibid.

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