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Avec 800 couples, la sphère devient comme une houppe lumineuse, dont les rayons courbés se redressent pour se réunir à la pointe de l'électrode (fig. 14). Au pied de la houppe, des points bleus disposés en cercle, et souvent réunis deux à deux par des diamètres de lumière bleue, décrivent des rotations si rapides qu'ils finissent par se confondre, et ne plus former que des cercles lumineux concentriques servant de base à la gerbe électrique. Il y a là comme un kaleidoscope nouveau, rappelant les brillants phénomènes observés par M. Fernet dans l'étude des courants d'induction.

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Avec une batterie de 400 couples, l'immersion de l'électrode positive produit, non pas un globule de liquide lumineux, mais d'innombrables globules éclatant avec bruit et se précipitant dans toutes les directions à plus d'un mètre de l'éprouvette (fig. 15): c'est comme une pulvérisation de l'eau, rappelant, dans des proportions moindres, les solennelles visions d'une éruption volcanique.

Mais voici, me semble-t-il, où le phénomène apparaît dans ses conditions les plus remarquables.

Si l'on met en communication les deux pôles d'une batterie de 800 couples avec les armatures d'un condensateur à feuille de mica, la haute tension des électricités contrai

res l'emporte bientôt en quelque point sur la résistance de la lame isolante: une étincelle la perce de part en part, et forme un globule ruisselant de lumière, qui se met lentement en marche et se promène avec un sifflement particulier tout le long du condenseur en traçant à sa surface les méandres sinueux d'un ruisseau dans une vallée.

Partout où il passe, un sillon profond est creusé, et, sur les bords du mica consumé, l'étain fondu forme comme un double chapelet de grains blancs (fig. 16).

Fig. 14. Rien n'est plus bizarre que la marche de ce petit globule éblouissant que l'on voit cheminer lentement, hésitant sur la route à suivre, se décidant enfin d'après les résistances plus ou moins grandes qu'offre en chaque point. la lame isolante.

Quand Claude Bernard décrit la marche de l'esprit humain dans les méthodes expérimentales il appelle

« anticipation de l'esprit » cette idée préconçue qui, devant une observation saisissante, envahit soudain la pensée, devine au phénomène une cause encore inconnue ou bien associe entre eux deux catégories de phénomènes encore séparés.

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Quelque chose d'analogue se passe ici et, en présence

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Planté, il est bien difficile de ne pas songer à la foudre globulaire. « Les éclairs en boule dont nous avons cité tant d'exemples, écrivait Arago, et qui sont si remarquables, me paraissent aujourd'hui un des phénomènes le plus inexplicables de la physique (1).»

.» — «Il n'est qu'une circonstance, disait-il encore, dans laquelle le physicien ne sait pas engendrer ce que la nature produit avec tant de facilité ; il ne sait pas donner naissance au tonnerre en boule; il ne sait pas produire les agglomérations sphériques de

(1) Notice sur le tonnerre, p. 219.

matière, lesquelles se meuvent avec lenteur, sans perdre la propriété de fulminer les corps. Il y a, à ce sujet, dans la science, une lacune qu'il serait très important de combler (1). »

Arago ne serait-il pas satisfait aujourd'hui ?

Voici une série d'autres phénomènes non moins surprenants (fig. 17).

Une cuvette mi-pleine d'eau salée repose sur le pôle d'un électroaimant; l’électrode négative plonge dans l'eau de la cuvette. Par dessus se trouve établi un entonnoir plein d'eau salée aussi, dans lequel plonge l'électrode positive. Au moment où l'on ouvre le robinet de l'entonnoir, la veine liquide ferme le circuit, il jaillit comme une cascade

Fig. 17. d'étincelles; mais ceci n'est que secondaire. Ce qui est remarquable, c'est que, du moment où l'électro-aimant

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fonctionne, le liquide de la cuvette prend un mouvement gyratoire, dans le même sens que les aiguilles d'une

(1) Notice sur le tonnerre, p. 396.

montre si le pôle de l'électro-aimant est austral, et en sens contraire si le pôle est boréal.

On peut produire ce même phénomène d'une façon très élégante sans qu'il soit besoin d'une tension électrique fort élevée ; 10 à 15 couples Planté, ou 15 à 20 couples Bunsen suffisent (fig. 18). On supprime l’entonnoir. La cuvette repose sur les deux pôles d'un électro-aimant recourbé en fer à cheval, elle est remplie d'eau acidulée au dixième, et les deux électrodes y plongent comme dans le cas d'une électrolyse ordinaire; l'électrode positive est en cuivre et, au moment où le courant passe, il donne naissance à un nuage d'oxyde bleu qui, sans se dissoudre dans le liquide, y de

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meure suspendu et le colore: ce qui rend visible le mouvement gyratoire déterminé autour de l'électrode comme autour d'un axe central.

On peut amener le fil positif, tantôt devant le pôle boréal de l'aimant, tantôt devant son pôle austral, et les mouvements persistent quelque temps encore après le passage du courant, on forme ainsi dans la cuvette deux spirales bleues, tournant côte à côte et en sens inverse, et toutes deux suivant la loi que nous énoncions plus haut.

Enlevons l'électro-aimant, et pour tout appareil contentons-nous de la cuvette (fig. 19), en approchant l'électrode positive du bord, et en l'appuyant contre le verre. Une lumière très vive apparaît soudain, et dans le liquide naît

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