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pendant vous étes hommes et non pas Dieux, non perpetuels mais mortels, qui pouvez errer, être trompés, étre seduits, fc. Enfin fut ordonné qu'il répondrait premierement aux erreurs à lui imputés, et puis qu'il aurait congé de dire ce qu'il voudrait. On lisait donc du pupitre chaque point d'accusation, lequel était confirmé par témoignages : puis, lui était demandé s'il avait rien à objecter. Il est incroyable comme il répondait accortement; de quels argumens il se défendait. Il ne prononca jamais rien indigne d'un homme de bien, tellement que s'il sentait en la foi, ce qu'il prononcait en paroles, tant s'en faut qu'il se put trouver en lui cause de mort, que non pas même de la plus légère offense. Il disait tout cela étre faux, que c'étaient tous crimes controuvés par ceux qui lui portaient envie. La cause, pour le nombre et l'importance des crimes, fut remise à trois jours delà ; et lors, il commença à prier Dieu qu'il lui donnât tel esprit et telle parole, que tout tournât au salut de son âme; puis discourut, tant par exemple des histoires, que du vieil et nouveau Testament, comme l'innocence des plus grands personnages aurait été souvent opprimée, même in collegiis sacerdotum. Les esprits de tous étaient ébranlés et fléchis à miséricorde; car il ajoutait qu'il était venu de son plein gré au concile, pour

y rendre raison de sa vie et de ses études ; que les plus doctes et savans personnages, dans les choses de la foi étaient souvent de divers avis, non pour ruiner la foi, mais pour trouver la rité ; et qu'ainsi St. Augustin et St. Jérome avaient été contraires en quelques choses sans soupçon d'hérésie ; et là-dessus chacun s'attendait, ou qu'il se purgerait en retractant ce qui lui était objecté, ou qu'il demanderait pardon de ses erreurs; mais lui, ne faisant ni l'un ni l'autre, se met à louer Jean Hus, condamné au feu, l'appellant saint et homme de bien, prêt disait-il, d'endurer ce même supplice; et quant à lui, il cedait à ses adverses parties, et aux moins mentant impudemment contre icelui; lesquels néanmoins avaient un jour à rendre compte à Dieu, lequel ils ne pouvaient tromper. Mais, ajoute Pogge, sa mémoire surtout fut admirable, qu'ayant été 360 jours au fond d'une tour puante et obscure, où il ne voyait goutte, et où, il devait avoir perdu toute mémoire, allégua néanmoins tant de docteurs ecclésiastiques à son intention, que c'était tout ce qu'il eut pu faire, si, pendant tout ce tems, en grand loisir et repos, il n'eut fait que travailler és études de sapience. Il était là sans peur ni crainte; ne méprisant pas seulement la mort mais la convoitant; vous eussiez dit que c'était un autre Caton. O homme digne de l'eternelle mémoire des hommes ! je ne le loue pas s'il tenait quelque chose contre les statuts de l'église, mais j'admire sa doctrine, sa connoisance de plusieurs choses, son éloquence ;-mais je crains que ces beaux dons de la nature lui ayent été donnés à sa ruine. Deux jours lui sont donnés à se répentir. Plusieurs hommes doctes viennent à lui, pour le détourner de son opinion, entr’autres le Cardinal de Florence; mais demeurant obstiné en son erreur, le concile le condamna au feu pour hérésie. Il alla donc à la mort d'un visage gaï, n'apprehenda ni le feu, ni le genre du tourment, ni la mort. Jamais Stoïque ne souffrit la mort si constamment, que celui courageusement la semblait désirer. Etant arrivé au lieu du supplice, il se dépouille de ses vêtemens, puis s'abaissant, les genoux fléchis, baisa le poteau auquel il fut lié.-Le feu lui étant mis, il commença à chanter un hymne ; que la fumée de la flamme eut peine d'interrompre? Ce qui fut un très-grand signe d'un courage constant, l'exécuteur lui voulant allumer le feu par derrière, afin qu'il ne le vît point; approches, dit-il, ici et l'allume à ma vue : car si je l’eusse craint je ne fusse pas venu ici. En cette façon cet homme rare, plus qu'il n'est à croire, a été consumé. Mutius ne souffrit oncq si courageusement brûler son bras que celui-ci tout

son corps; ni Socrate ne but oncq si courageuse

ment le poison, que celui-ci reçut le feu. Mais c'est assez.' N'ya-t-il pas du plaisir pour un. bomme de bien de voir Maimbourg refuté deux cents ans à l'avance par un témoin oculaire, par le secrétaire du concile qui condamna Jean Hus et Jérome de Prague? Quelle estime faire de gens qui respectent si peu la vérité, qui dénaturent les faits, dissimulent ce qu'ils savent, et écrivent contre leur conscience, et la notoriété publique?

16. Platine, Historien des Papes, rapporte dans la vie de Paul II.* qu'en la ville de Poli, dans la campagne de Rome, on avait découvert plusieurs hérétiques, que le seigneur du lieu fut pris, avec huit hommes et six femmes, lesquels ayant été amenés à Paul, furent traités fort ignominieusement. Et voici leur hérésie; " Ils étaient,” dit-il, “ de cette secte que nous disons venir de perverse opinion d'esprit, parcequ'ils tiennent que de tous ceux qui ont été depuis St. Pierre il n'y en a aucun vrai vicaire de Jésus Christ, sauf ceux qui ont imité sa pauvreté."

Il faut remarquer ici le style de Platine, qui ne semble pas en avoir jugé de

Ces gens étaient Vaudois ou dans leurs opinions.

17. André archévêque de Carniole pour

même.

* P. 776.

suivait à toute outrance auprès de l'Empereur Frederic III. un concile pour la réformation de l'église, et déjà il avait fait asseinbler quelques évêques à Bâle; mais le pape Sixte quatre se donna tant de mouvement qu'il rompit l'assemblée; il lui donna des gardes ; là il était gardé en un lieu privé, au refus des prisons publiques, par certains satellites, et au bout de quelque tems, il se trouva étranglé, sans doute, dit l'auteur qui est Stumphius, du fait et du mandement du pape. L'inquisiteur Henri écrivit contre lui. Il l'accuse d'avoir repris le pape, , tant en ce qui est de la foi que des mœurs; d'avoir même exhorté les prélats et les académies, par lettres, à un coucile pour la réformation de l'église. C'était le grand crime d'alors.

En la ville de Rostock, des premières de la Basse-Saxe, était célébre alors Nicolas Rus, Prêtre et Bachelier en Théologie, qui, de bouche et par écrit, prêchait et enseignait, Que la puissance du pape n'était pas telle qu'on faisait accroire ; qu'il ne fallait lui obéir qu'autant qu'il enseignait conformément à la parole de Dieu; que ses indulgences étaient pures tromperies ; que les vraies et seules provenaient d'un seul Dieu et de sa miséricorde gratuite pour l'amour de Jésus Christ; que les saints ne doivent pas étre invoqués, et leurs os encore moins adorés ; que ceux qui se disent spirituels, savoir le

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