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clergé Romain, avaient constitué toute la religion chrétienne, en traditions humaines et superstitions.” Voilà ce qu'on lit dans un ouvrage qu'il intitula “ Le Triple Cordon,” dans lequel il expliqua le symbole, le décalogue, et l'oraison dominicale, et qu'il avait écrit en son langage Saxon pour l'instruction du peuple. Il était visité quelquefois et conforté par les ministres des Vaudois de Bohême. Enfin, persécuté par les satellites du pape, il se retira en Livonie où il mourut.

18. Les Picards ou Vaudois, connus sous le nom de Frères de Bohême et de Moravie, envoyèrent en 1523 des députés à Luther pour conférer avec lui sur l'article de la sainte cêne. Des-lors il fut très bien intentionné en leur faveur. En 1533 Luther fit imprimer la Confession de Foi des frères de Bohême et de Moravie, ou l'exposition de leur foi, de leur culte, et de leurs cérémonies. Il juge d'eux d'une manière très-avantageuse. Il dit, “ qu'à la vérité il n'avait pas clairement compris tous les termes et toutes les manières de parler dont ils se servent dans leurs écrits, sur l'article du sacrement et sur les autres matières concernant la fui, parceque ces termes et ces manières de parler sont tout-à-fait différentes de ceux des autres chrétiens évangéliques; mais que comme il ne fallait pas disputer pour des paroles, dès que

le sens et les intentions étaient les mêmes; d'ailleurs

ayant trouvé dans un entretien, qu'il avait eu avec eux, qu'ils croyaient, malgré la différence des expressions, que l'on recevait véritablement le corps et le sang de Jésus Christ dans le sacrement; qu'outre cela ils n'enseignaient rien de contraire à l'orthodoxie, dans le dogme de la sainte Trinité, ni dans celui de Jésus Christ et de la vie eternelle, non plus que dans les autres articles de foi; il avait estimé, que c'était très malà-propos qu’on les taxait d'hérétiques: que ce petit livre prouvait clairement, qu'ils lisaient diligemment l'écriture, et que, chez eux, il n'y avait rien de ce que l'on nomme indulgences, purgatoire, messe pour les âmes, pélérinages, culte et adoration des saints, mitre, calotte, trafic de messes, etc. qu’ainsi il convenait d'observer à leur égard l'exhortation de St. Paul aux Romains ch. xv. 7."

En 1542, Les Vaudois de Bohême envoyèrent Jean Augusta leur Senior, et un nommé George Israël, pour la dernière fois à Luther, afin de conférer avec lui sur l'introduction d'une discipline ecclésiastique, qui fût moins relachée et plus exacte. Ils avaient envoyé en 1540 une députation à Wittemberg pour la même cause, parcequ'il s'était répandu différens bruits parmi eux de la triste situation où se trouvait la discipline de l'église en Allemagne. Luther, dans ces deux occasions, reçut les députés avec beaucoup de bonté. L'an

1540 ils passèrent un mois entier à Wittemberg, à conférer avec Luther et Mélanchton. Luther convint des défectuosités qui se rencontraient dans la discipline ecclésiastique des protestans, et dit pour sa défense. “ J'ai été obligé de renverser l'ordre qui a regné jusques ici, parcequ'on s'y reposait; mais je serais très-disposé à établir un autre ordre, afin de contribuer non à la destruction, mais à l'édification de l'église de Dieu.” Les mêmes députés se rendirent aussi à Strasbourg, et lorsque Bucer fut instruit de leur doctrine et de leur discipline, il en fut si satisfait, qu'il avoua

que leur hiérarchie était plutót une hiérarchie céleste, qu’une hiérarchie terrestre.L'an 1542, les députés se plaignirent de ce que les Hussites embrassaient le luthéranisme, sans changer de vie et de conduite ; que cela tournait au grand désavantage de leurs églises; parceque nombre de gens se glorifiaient d'avoir une religion plus pure, sans penser à se convertir et à corriger leurs mæurs; qu'il n'y avait plus personne qui se joignît à eux, et qu'il y avait même des gens de leurs église, qui les avaient quitté. Ils demandaient donc à Luther, s'il pouvait souffrir qu’on fît un si grand abus de l'évangile? Luther leur répondit en présence de toute la faculté en théologie. l'on n'avait pu détruire la hiérarchie papale, qu'en rejetant à la fois et le joag des superstitions et la gêne tyrannique des consciences :

“ Que

qu'il voyait bien à présent, que le monde prétendait d'user d'une liberté sans borues, et que pour s'y opposer, dès que ses occupations le permettraient, il penserait aux moyens d'établir une discipline plus exacte.” Sur cela les frères le prièrent de ne point perdre de tems, et de commencer par les universités, parceque sans cela on ne pouvait guères se promettre de succès de l'ouvrage de la réformation. Les frères de Bohême demeurèrent encore quinze jours à Wittemberg, pendant lesquels ils conférèrent avec beaucoup de confidence et d'harmonie avec les professeurs. Lorsqu'ils prirent congé, Luther leur donna sa. main droite en signe d'amitié fraternelle, en leur disant; “ Soyez les apôtres des Bohêmiens, pour moi et mes frères nous serons ceux des Allemands," &c. Quelques mois après il écrivit à Augusta, “ Je vous conjure en notre Seigneur, de persister avec nous dans l'unité de l'esprit et de la doctrine, comme vous avez commencé, et de combattre avec nous par la parole et par vos prières, contre les portes des enfers.” Voici le jugement qu'il porta des Vaudois dans une conversation ; Dès les tems des apôtres, dit-il, il n'y a eu personne, qui ait approché de si près la doctrine et la discipline des apôtres que les Vaudois. Quoique les frères ne nous surpassent pas quant à la pureté de la doctrine, ils nous surpassent dans la discipline des mæurs ; discipline qu'ils font heureusement exercer dans leurs églises, en quoi ils nous surpassent ; c'est un avantage que nous leur accordons volontiers pour la gloire de Dieu et de la vérité, parceque nos Allemands ne veulent point encore plier le col au joug de cette discipline.

19. J'ai vu avec une satisfaction infinie en lisant les ouvrages de M. De Chateau-Briant qu'il aime singulièrement les cloches, qui selon lui ont une très-grande éloquence, et parlent au cæur humain d'une manière très-pathétique, et y font naitre de grands sentimens de piété ! J'aime aussi pour ma part beaucoup les cloches, mais c'est quand elles se taisent, et ne disent pas tantôt si tantôt non. M. De Chateau-Briant se plaint que les protestans ont beaucoup exagéré le massacre d'Irlande, et que le nombre de ceux qui y furent égorgés ne fut pas considérable. Si M. De Chateau-Briant avait dit cela dans les forêts de l'Amerique où il s'est plu à placer la scene de quelqu'uns de ses héros, a-la-bonne-heure: mais oser nous tenir un pareil langage dans un ouvrage où il y a un mélange de sacré, de profane, de bon, de médiocre, et de mauvais, prôné par des gens qui semblent avoir pris à tache de se jetter dans tous les extrêmes en moins de vingt ans, -c'est vouloir se moquer de nous.

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Salig. T. ii. p. 551-563, et Crantz. Hist. p. 46.

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