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du sacrement; il dit, qu'il y avait de son temps d'autres personnes qui rejetaient la présence réelle; que d'autres en doutaient; et que dans (Eglise méme on demandait, pourquoi on offrait tous les jours le sacrifice de la messe, puisque celui que

Jésus Christ avait présenté sur la croix, suffisait pour l'expiation des péchés.

L'abbé de Clairvaux ne se sent pas moins des variétés du temps, et de l'incertitude ordinaire à une nouvelle hypothèse. Car* tantôt il rapporte des miracles pour prouver la présence de Jésus Christ dans l'eucharistie; non seulement en sacrement, mais aussi en vérité.f Tantôt, il explique cette présence par l'anneau ou la verge, signe d'investiture, par lequel un homme est mis en possession d'une terre ou d'une dignité. Il dit, que les anges ont la présence du corps de Jésus Christ, et que nous en avons la mémoire; qu'ils sont rassasiés de la graisse, et qu'ils ont le pur froment ; mais qu'il faut que nous soyons contents de l'écorce du sacrement.

Cela n'empêche pas que dans la ferveur de son zêle

le

pape, pour la vie monastique, et pour la nouvelle opinion, il ne noircisse, tant qu'il peut, Pierre de Bruys, et Henri de Thoulouse; qu'il traite de rebelles, d'hérétiques, d'apostats de la vie religieuse; et qu'il ne déclame contre les Vaudois sous le nom de Petrobrusiens; gens* dit-il, qui se disent apostoliques, et les vrais successeurs des apôtres ; hommes simples et grossiers, mais soutenus par quelquesuns du clergé, par des évéques, et aussi par

pour

• Bernard in vita S. Malachiæ. + Id in Sermone de Cæna Domini.

Id in Sermone iji, in Cant. Cant.

des princes séculiers ; à qui il attribue de dire,

que

le feu du purgatoire est une chimère; qu'il ne faut ni invoquer les saints, ni prier pour les morts. etc.

Le pape Eugene ayant envoyé contre eux le Cardinal Alberic Evêque d'Ostie, en qualité de son légat, avec Gaufride Evêque de Chartres, et plusieurs autres; St. Bernard fortifia la mission de sa présence, de ses prédications,--et de ses miracles à ce qu'on dit; ce qui n'empêcha pas les habitans de Castelverd de rire de ses exhortations. Ils sortirent même de l'Eglise où il prêchait, pour témoigner le mépris qu'ils avaient pour une doctrine, qu'ils ne trouvaient point dans la parole de Dieu ; et comme it eut voulu leur prêcher sur la place, ils se retirèrent dans leurs maisons. Ni le supplice de Pierre de Bruys, nous dit là-dessus un auteur non suspect, ni les prédications de St. Bernard, ne pu

* Id, Serm. iii. in Cant. Cant.

rent arrêter les progrès de cette secte. Thoulouse, Albi, Carcassonne, Beziers, Agde, Castres, Lavaur, et presque toutes les villes et bourgs du Languedoc l'embrassèrent.* Cela est d'autant plus étrange, que s'il en faut croire le légendairet qui a fait l'histoire de sa vie, St. Bernard ne laissa aucuns malades en Languedoc à qui il ne redonnât la santé, et cela à la vue des hérétiques, soit que ces malades eussent la foi pour être guéris, soit qu'ils ne l'eussent point. Car quelqu'un lui ayant représenté qu'il devait ménager cette faveur, en la faisant aux croyans et non aux incrédules, il rejeta hautement cet avis, de sorte qu'étendant sa miraculeuse bénéficence sur ceux-là même qui se moquaient de lui, il guérissait tout le monde, et ne convertissait personne. Au reste, il faut rendre justice à St. Bernard, quoique moqué et mal satisfait des gens à qui il avait affaire, il n'approuvait pas qu'on fît mourir les Albigeois; ne trouvant pas à-propos qu’on employât les supplices pour. vaincre des gens disait-il$ qui aimaient mieux mourir que d'abjurer leur doctrine.

Le cinquième pasteur des Vaudois fut Arnaud de Bresse, qui annoncait le pur évangile en

• Id. Serm. Ixv. Ixvi. in Cant. Cant.
+ Papyr. Mass. Hist. Fr. lib. iii. in Phi. Aug.
1 Gaufred in vita Bernardi, lib. iii. p. 6.

Italie, pendant que Pierre de Bruys et Henri le répandirent en Provence, en Guienne et en Languedoc. Il alla prêcher la vérité jusque dans. Rome. Il exhorta les Romains à secouer un joug honteux et avilissant. Livré à ses ennemis, il fut mis à mort de la manière la plus cruelle devant le Pape et les Cardinaux, qui firent jeter ses cendres dans le Tibre.

Le sixième est Pierre Valdo, Bourgeois de Lyon, qui, trouvant les Vaudois et les Albigeois séparés de la communion du pape, se joignit à eux, et remplit bientôt le monde du bruit de son nom et de sa doctrine. Personne n'ignore comment il se convertit. La mort subite d'un de ses compagnons en fut la cause. Valdo, fort riche, partagea ses grands biens aux pauvres. Ayant acquis quelque connoissance des langues, il traduisit une partie de l'Ecriture en langue vulgaire; et fit, des passages des Pères, un recueil qui s'est conservé longtems après lui. Il enseignait que le purgatoire, les indulgences, l'invocation des saints, la prière pour les morts, ,

, la messe, les fêtes, &c. étaient des inventions forgées par l'avarice et pour le profit des ecclésiastiques. Au lieu de sept ordres il n'en recevait que trois, l'épiscopat, la prêtrise et le diaconat. Il rejetait les cérémonies de Rome, comme pleines de superstition. Il prêcha d'abord dans sa maison. Ensuite le nombre de ses

auditeurs étant augmenté, il prêcha dans les places publiques. Le clergé de Lyon sous l'autorité de Jean de Belle-inaison, leur archévêque et gouverneur de la ville, dissipa les assemblées de Valdo ; mais cette dispersion même fut fatale à la superstition, puisque ces gens dispersés se répandirent dans les PaysBas, la Bohême, et l'Allemagne, qu'ils éclairerent en rendant la parole de Dieu à des peuples qui ne connoissaient plus que les traditions des hommes.

Le septième est Viclef, qui des isles se fit entendre dans la terre ferme. Les Albigeois avaient porté la vérité en Angleterre. Les Livres de Viclef la firent repasser la mer, et rallumèrent en Bohême le flambeau de l'évangile, que la persécution y avait presque éteint. Tant il est vrai que Dieu ne se laisse jamais sans témoignage.

6. Je dois prouver en sixième lieu, que les Vaudois furent un peuple remarquable par la pureté de ses meurs. Et ici, Monseigneur, j'ai l'avantage de prouver cette vérité par le témoignage même de leurs adversaires et de leurs persécuteurs. Ecoutons Reynerus.* Il dit, qu'on les reconnaissait à leur vie et à leurs paroles, parcequ'ils étaient modestes et honnétes

*

• Contra Valdenses, cap. vii.

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