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PARIS
C. DILLET, LIBRAIRE - ÉDITEUR

15, RUE DE SÈVRES, 15

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LES PAPES

DU

QUINZIÈME SIÈCLE.

On a vu, dans le volume précédent, combien les Papes d'Avignon valurent mieux que la réputation qui leur avait été faite par des historiens hostiles ou trop crédules. Les Papes gagnent à être vus de près. A mesure que les études historiques deviennent plus sérieuses, plus impartiales, la figure de ces Pontifes, qui ont présidé aux destinées de l'Église et de l'humanité, grandit et s'épure; on est étonné de ne rencontrer que des vertus là où l'on s'attendait à gémir sur des vices odieux, et, dans les circonstances les plus défavorables, de n'avoir à déplorer que des faiblesses, apanage de la nature humaine, et non des crimes et des prévarications. La Papauté, même lorsqu'elle est représentée par des sujets moins dignes ou moins capables, reste toujours fidèle à sa mission; elle demeure la plus puissante et la plus invincible protectrice de la foi, de la discipline, des meurs et de la justice. Indépendante, elle conduit la chrétienté dans une voie de triomphes et de prospérités; affaiblie et asservie dans son action extérieure, elle proteste encore, elle ne cesse de proclamer le droit et la vérité. On peut lui désobéir, mais elle ne donne que des ordres utiles et justes, et, quand elle veut éviter à ses enfants le malheur de la révolte, elle remplace les ordres par des conseils qui contiennent toujours le salut pour ceux qui les écoutent.

Les Papes qui se sont assis sur la chaire de saint Pierre pendant le grand schisme d'Occident n'ont pas tous montré les vertus et les qualités que l'histoire admire dans les Papes d'Avignon ; ils n'ont pas montré, en général, assez de bonne

1 volonté pour faire cesser ce funeste schisme qui désolait l'Église, mais ils n'ont pas manqué non plus de mérite; les vrais Papes qui siégeaient à Rome, étaient fort éloignés de l'obstination et de l'ambitieuse opiniâtreté des deux antipapes qui ont siégé à Avignon, non sans quelque gloire aussi, et avec plus d'une qualité qui fait vivement regretter leur égarement. Enfin, l'impartialité et la juste appréciation des choses ne permettent pas de traiter leur conduite visà-vis les uns des autres avec la légèreté qui est le propre de Voltaire et de son école. Ces Papes, disent ces écrivains superficiels et ennemis, ne songeaient qu'à s'anathématiser réciproquement; les foudres pontificales se croisaient sur la route d'Avignon à Rome, et leur propre intérêt les animait beaucoup plus que les véritables intérêts de l'Église. S'il n'y avait pas eu quelque chose de plus sérieux dans cette longue querelle, les peuples et les princes n'auraient pas suivi les Papes. Mais les Pontifes de Rome étaient convaincus, et avec raison, qu'ils étaient les seuls légitimes; c'était le droit et la vérité qu'il s'agissait de défendre ; les abandonner eût été une prévarication. Que serait devenue la Papauté,

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