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de moins pour livrer des batailles qui, en dernier résultat, décident du sort des empires.-Supposons, dans cet état de choses, que l'ennemi s'avance sur plusieurs colonnes, pour attaquer notre frontière défendue par une triple barrière de forteresses : toutes les grandes routes qui mènent dans l'intérieur sont, sans doute, fermées par des places; alors ces colonnes, sans s'amuser à en faire le siége, quittent la route, suivent des chemins de traverse, pour tourner ces forteresses, en passant hors de portée de leurs canons, et pénètrent ainsi entre les places fortes, sans autre difficulté que d'être réduites à suivre des chemins étroits, l'espace d'une ou deux lieues, chemins qu'il est aisé de faire réparer et élargir......"

(Page 484.)

seurs.

“ Je sais qu'on calcule avec assez de raison qu'il faut des forces triples pour bloquer une garnison : ainsi, si l'ennemi croyait devoir bloquer les places qu'il laisse en arrière, il consommerait beaucoup plus de troupes que les défen

Mais nous venons de voir qu'il lui est assez inutile de les bloquer; il lui suffit de les observer avec soin, pour qu'elles ne puissent pas lui nuire : il peut engager son armée entière au milieu de nos places, lorsqu'elles sont abandonnées à elles-mêmes, et pénétrer, sans crainte, audelà de notre triple ligne de forteresses, en prenant la précaution de laisser une armée d'observation en arrière. Lorsqu'il est sorti enfin de ce dédale de places, il doit s'étendre dans le pays, afin d'en tirer des ressources ; il doit y établir des dépôts, une base d'opérations, son armée de réserve, et conduire la guerre, en un mot, presque comme si nos places n'existaient pas, dès qu'elles se trouvent hors du théâtre des armées actives. Cette frontière de cent lieues, munie de cinquante forteresses, n'est point une supposition imaginaire; elle existe réellement,

et nous pouvons interroger l'expérience d'une guerre fort récente, pour connaître ce que nous avons le droit d'attendre d'une triple ligne de places fortes abandonnées à elles-mêmes....

(Page 488.)

“ Sur cette frontière, ouverte de cent lieues, que le système actuel surcharge de cinquante places fortes, j'en établis cinq ou six, seulement à quinze ou vingt lieues les unes des autres : elles occuperont les noeuds des principales routes, et surtout les deux rives des fleuves, quelle que soit leur direction, afin de faciliter les mouvemens des armées. Il fant qu'elles soient grandes pour quelles puissent subvenir aux besoins de nos armées belligérantes, dont la force s'élève souvent à plus de 100,000 combattans.... Si l'on craint les surprises pour les grands dépôts, qu'on peut regarder comme les ancres de l'état, lorsque la guerre de campagne ne leur laisse que peu de troupes pour leur garde, il est aisé de les soustraire à ce danger, par l'établissement d'une citadelle qui, facile à garder avec très-peu de monde, garantisse la reprise et la possession de la ville....'

(Page 490.)

« Je ne vois pas de meilleur moyen pour remplir ces conditions, que celui d'établir quatre petits forts autour de chaque, formant un immense carré dont la place occuperait le centre. Ces forts, fermés en tout sens, seraient établis sur les sommités les plus avantageuses des hauteurs, & environ douze à quinze cents toises des ouvrages de la place, et espacés entre eux de deux à trois mille toises. L'espace compris d'un fort à l'autre formerait un champ de bataille capable de recevoir une armée de 50 à 100

mille hommes, qu'on pourrait regarder comme inexpugnables : les forts armés de canons de gros calibre appuieraient parfaitement les ailes; quant au centre sur lequel ils auraient peu d'action, à cause de leur éloignement, on pourrait le renforcer par des ouvrages de campagne, construits au moment même du besoin, et soutenus par le canon de la place. Ainsi les quatre forts, circonscrivant chaque forteresse, formeraient tout autour un vaste camp retranché, présentant quatre forts ou quatre champs de bataille différens ; de sorte que, de quelque côté que l'ennemi arrivât, nous pourrions lui faire face avec notre armée....Une vingtaine de lieues en arrière de ces premières places fortes, j'en établis d'autres semblables, aussi espacées entre elles de quinze ou vingt lieues, et ainsi de suite jusqu'au centre du royaume.... Les principaux passages des montagnes et des forêts seront gardés par des forts ou batteries fermées, qu'il ne faut point confondre avec les places....

(Page 194.)

Quel que soit l'usage suivi dans les dernières guerres, nous nous garderons bien de nous opposer de front, avec nos 100,000 hommes, à la marche de 500,000 de l'ennemi; ce serait mettre les chances de la guerre contre nous ; car si c'était pour lui livrer bataille, la supériorité du nombre fixerait sans doute la victoire de son côté; si c'était pour retarder ses progrès, en nous retirant de position en position, nous découragerions nos troupes par ces manoeuvres rétrogrades, sans, pour cela, obtenir l'avantage que nous recherchons de la forcer à disséminer ses forces actives. Son armée de réserve, qui, suivant les principes établis, doit remplacer sa première armée, suffirait pour bloquer ou observer les places laissées en arrière, soumettre, contenir la population, et assurer ses communications et ses subsistances; de sorte que nous perdrions du terrain, sans obliger son armée active à s'affaiblir. Aussitôt qu'elle s'engage entre deux de nos places frontières, nous nous bâtons de jeter 6 ou 7,000 hommes dans l'une des deux, susceptible de se voir investie ou assiégée, afin de compléter sa garnison ; et nous nous retirons avec le reste de notre armée, de position en position, jusque dans le camp retranché de l'autre place. Dans cet état de choses, que peut faire l'ennemi ? S'avance-t-il témérairement dans l'intérieur, en négligeant notre armée qui se trouve sur son flanc, il court à sa perte: car, dès qu'il a passé, nous nous portons sur ses derrières, et nous le privons de toutes ses communications avec ses depôts et sa base d'opérations.... Prend-il le parti de laisser une armée égale à notre armée, pour nous observer et nous contenir dans notre camp, et de pénétrer ensuite, avec les 50,000 hommes qu'il a de plus que nous, dans l'intérieur du pays; non-seulement cette incursion, qui ne tarde pas d'être arrêtée par notre armée de réserve et par la population en armes, ne lui procure aucun avantage, aucune conquête stable et réelle, mais encore elle l'expose aux plus grands dangers....

(Page 496.)

“ Convaincu de l'impossibilité de s'avancer en laissant notre armée defensive sur son flanc et sur ses derrières, il prendra sans doute le parti de marcher sur elle avec toutes ses forces.

Alors retirés dans le camp retranché de l'une de nos places frontières, nous prenons notre ordre de bataille entre deux forts, sur le côté du carré faisant face à l'agresseur. Nous pouvons nous y regarder comme inexpugnables, surtout si nous ne négligeons pas d'élever, pour soutenir notre centre, entre les deux forts qui appuient nos ailes, quelques travaux de campagne, ouvrage d'une nuit, dans le genre de ceux décrits aux chapitre 1x. -La Tome 1.-Mélanges.

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place sert de réduit, de süreté à notre camp, ct elle nous offre toutes les ressources dont nous avons besoin en munitions de guerre et de bouche; mais ces ressources ne sont pas inépuisables : il s'agit de les renouveler, ce qui nous est facile par les communications que nous conservons libres avec nos places du côté opposé de l'ennemi. L'agresseur voudrait-il nous priver de ces communications, il ne peut y parvenir qu'en nous bloquant de tous côtés; mais, pour cela, il faut qu'il divise ses 150,000 hommes en quatre corps placés, un de chaque côté de l'immense carré de 12,000 toises de pourtour, formé par nos quatre forts.... Ce système des camps retranchés, établis sous le cạnon des places, me paraît admirable pour arrêter son invasion dès le début.--On m'objectera sans doute que, ne pouvant rien entreprendre contre notre armée défensive, il se jettera sur une place voisine, pour en faire le siége; voilà justement où je voulais l'amener; je voulais l'obliger à se livrer à une guerre de siéges, toujours si lente, si dispendieuse, si dangereuse, sous les yeux d'une armée défensive, epcore intacte, et si peu fertile en grands résultats .....,"

1° Les places de la frontière de Flandre ontelles été utiles ou nuisibles ? 2° Le nouveau système qu'on propose est-il plus économique ? exige-t-il moins de garnison ? est-il préférable à celui de Vauban et de Cormontagne? 3o Pour défendre sa capitale, une armée doit-elle la couvrir, en faisant są retraite sur elle ? ou doitelle se placer dans un camp retranché, appuyé à une place forte ? ou doit-elle manæuvrer librement, de manière à ne se laisser acculer ni à la capitale, ni à une place forte ?

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