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LETTRE

Ecrite aux religieuses de la Visitation de sainte

Marie de Meaux, en leur adressant ces Méditations sur l'Evangile (+).

Je vous adresse, mes FILLES, ces Méditations sur l'Evangile , comme à celles en qui j'espère qu'elles por teront les fruits les plus abondans. C'est pour quelques. unes de vous qu'elles ont été commencées ; et vous les avez reçues avec tant de joie, que ce m'a été une marque qu'elles étoient pour vous toutes. Recevez - les donc, comme un témoignage de la sainte affection qui m'unit à vous, comme étant d'humbles et véritables Filles de saint François de Sales, qui est l'honneur de l'épiscopat, et la lumière de notre siècle.

Je suis dans le saint amour de notre Seigneur,

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(1) L'original de cette lettre est conservé par ces saintes Filles avec l'ouvrage même, comme un dépôt précieux, et comme une preure honorable de l'affection singulière qu'avoit pour elles leur saint évêque, qu'elles regardoient comme leur vrai père, et qu'elles pleurent encore tous les jours. ( Note de l'édition originale. )

AVERTISSEMENT.

De tous les sermons de Jésus-Christ, les plus remarquables par la circonstance du temps, sont :

Premièrement, celui qu'il a fait sur la montagne au commencement de sa prédication, où sont compris les principaux préceptes de la loi nouvelle, et où l'on voit quel en est l'esprit :

Secondement, ceux qu'il a faits sur la fin de sa vie, depuis son entrée triomphante en Jérusalem, jusqu'à sa mort : dont le plus remarquable est encore celui qu'il fit au temps de la cène; et depuis, jusqu'à la nuit de son agonie dans le jardin des Oliviers.

Nous allons distribuer par journées la lecture du sermon de notre Seigneur sur la montagne, et de ceux dont nous venons de parler : en sorte qu'à chaque journée on puisse employer à de pieuses méditations un quartd'heure le matin, et autant le soir.

A chaque vérité qui sera proposée, il faut s'arrêter un peu en faisant un acte de foi : Je crois ; cela est vrai : celui qui le dit est la vérité même.

Ainsi il faut regarder cette vérité particulière qu'il a révélée, comme une parcelle de la vérité qui est JésusChrist même : c'est-à-dire, qui est Dieu même; mais Dieu s'approchant de nous, se communiquant et s'unis sant à nous. Car voilà ce que c'est que Jésus-Christ.

Il faut donc considérer cette vérité particulière qu'il a révélée de sa propre bouche ; s'y attacher par le cour; l'aimer : parce qu'elle nous unit à Dieu par Jésus-Christ, qui nous l'a enseignée, et qui nous a dit qu'il étoit la voie, la vérité, et la vie (1).

(1) Joan. xiv. 6.

1

SUR

L'ÉVANGILE.

SERMON

DE NOTRE SEIGNEUR SUR LA MONTAGNE.

Matth. chap. v, VI, VII.

PREMIER JOUR.

Abrégé du sermon. La félicité éternelle proposée

sous divers noms dans les huit béatitudes. Matth. V. I, 12.

Tout le but de l'homme est d'être heureux. JésusChrist n'est venu que pour nous en donner le moyen. Mettre le bonheur où il faut, c'est la source de tout le bien; et la source de tout mal, est de le meltre où il ne faut pas. Disons donc : Je veux être. heureux. Voyons comment : voyons la fin où consiste le bonheur : voyons les moyens d'y parvenir.

La fin est à chacune des huit béatitudes; car c'est partout la félicité éternelle sous divers noms. A la première béatitude, comme royaume. A la

seconde, comme la terre promise. A la troisième, comme la véritable et parfaite consolation. A la quatrième, comme le rassasiement de tous nos désirs. A la cinquième, comme la dernière miséricorde qui ôtera tous les maux, et donnera tous les biens. A la sixième, sous son propre nom, qui est la vue de Dieu. A la septième, comme la perfection de notre adoption. A la huitième, encore une fois , comme le royaume des cieux. Voilà donc la fin partout ; mais comme il y a plusieurs moyens , chaque béatitude en propose un; et tous ensemble rendent l'homme heureux.

Si le sermon sur la montagne est l'abrégé de toute la doctrine chrétienne ; les huit béatitudes sont l'abrégé de tout le sermon sur la montagne.

Si Jésus-Christ nous apprend que notre justice doit surpasser celle des scribes et des pharisiens, cela est compris dans cette parole : Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Car, s'ils la désirent comme leur véritable nourriture , s'ils en sont véritablement affamés ; avec quelle abondance la recevront-ils , puisqu'elle se présente de tous côtés pour nous remplir ? Alors aussi nous garderons jusqu'ayx moindres des préceptes, comme des hommes affamés qui ne laissent rien et pas même, pour ainsi parler, une miette de leur pain.

Si l'on vous recommande de ne pas maltraiter votre prochain de parole; c'est un effet de la douceur, et de cet esprit pacifique à qui est promis le royaume et la qualité d'enfant de Dieu.

Vous ne regarderez pas une femme avec un mauvais désir : Bienheureux ceux qui ont le cour pur :

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