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DE CORMERY

PRÉCÉDE

DE L'HISTOIRE DE L'ABBAYE ET DE LA VILLE DE CORMERY

D'APRÈS LES CHARTES

Par M. L'abbé J.-J. BOURASSÉ

Président honoraire de la Société Archéologique de Touraine. V in prima

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Fidèles à des traditions de famille, les princes mérovingiens, avant de descendre dans la tombe, avaient coutume de partager leurs états entre tous leurs enfants. Rarement, dit-on, un acte d'héritage fut un acte d'amitié. En ce temps-là, surtout, le plus fort ou le plus fin trouvait souvent que la portion de ses frères était la meilleure. Du mécontentement aux plaintes il n'y avait pas loin ; des plaintes on passait vite aux injures ; la querelle était aussitôt engagée. De là ces agitations sans fin qui ébranlèrent nos provinces. La guerre, le plus terrible des fléaux, désolait sans cesse nos campagnes. Entre ces princes turbulents, que de naïfs chroniqueurs, en cela semblables à tant d'autres historiens, appellent des héros, il n'y avait ni repos ni trève, Partout retentissait le bruit des armes.

Je me trompe; au milieu de tant de désordres, il y avait des asiles de paix. Chose étonnante, ils étaient respectés de gens qui violaient sans scrupule les serments les plus sacrés. C'étaient les monastères. A l'ombre du cloître, on trouvait la sécurité, inconnue ailleurs. La religion élevait des remparts au pied desquels venaient expirer la violence, la vengeance, et toutes les passions humaines.

Faut-il être surpris, si ces siècles tourmentés virent la fondation de tant d'établissements monastiques ? Là, au milieu des exercices d'une austère piété, se conservèrent au moins quelques påles lueurs de science et de littérature, et dans le gouvernement électif du chef de la communauté un dernier vestige des libertés municipales.

Dans le grand travail de civilisation entrepris par Charlemagne, les monastères ne furent pas oubliés. Chaque abbaye formait un centre, une école, une corporation : on y voyait la preuve vivante de la puissance de l'association, et un modèle de la persévérance, sans laquelle on ne fonde rien de grand ni de durable. Les monastères, pour la plupart, furent bâtis au milieu de terrains incultes, de landes, de bruyères, de marécages, et jusqu'au sein des forêts les plus abandonnées. Arrosées des sueurs de travailleurs humbles et infatigables, ces terres, jusqu'alors stériles, ne tardèrent pas à se couyrir de riches moissons. Les rivières furent retenues entre des digues; les étangs furent

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