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étendu le fléau à toutes les parties du monde civilisé. Les bases de la société partout ébranlées ne pouvaient se rasseoir que dans l'état de paix. La fortune des armes eût-elle été aussi contraire à la France qu'elle lui fut prospère, ses défaites, loin d'étouffer les prin, cipes de la liberté, comme l'ont toujours pensé les partisans de la monarchie absolue, leur auraient donné plus de force et d'intensité : dans la cause nationale, on ne se sent point humilié par les rerers ; l'indépendance morale ne saurait être atteinte, le caractère se retrempe, et l'esprit public se relève sous le joug du vainqueur; aussi malgré l'envie qu'excitaient les succès des armes françaises, et la paix glorieuse dont elles étaient couronnées, les gouvernemens ne songèrent d'abord qu'à recueillir, chacun dans sa sphère et selon sa position, les divers avantages qu'ils pouvaient s'en promettre. On ne doit point croire sur la foi de quelques publicistes, dont les prédictions se tronvèrent démenties par cet événement, que les grandes puissances belligérantes , l'Au

triche et l'Angleterre, n'eussent fait que céder à la nécessité, et colorer une trève dans l'intention de reprendre les armes. On ne trouve ni dans les documens publics, ni dans les correspondances particulières, rien qui puisse autoriser cette supposition injurieuse pour les hommes d'état qui dirigeaient les affaires, à cette époque, dans les cabinets de Vienne et de Londres. Il arrive trop souvent que les écrivains contemporains veulent enchaîner l'un à l'autre les divers événemens de la période qu'ils ont embrassée, et que dans la recherche des causes qui les ont amenés, ils considèrent comme des preuves historiques leurs propres conjectures : nous tâcherons d'éviter cet écueil ; nous dirons que la paix générale dont les préliminaires de Londres donnaient l'assurance, eut l'assentiment commun des souverains et des peuples, et que cet assentiment fut aussi sincère que les témoignages de reconnaissance justement adressés au premier Consul; là, sa gloire était pure, et jamais, sans doute, l'ambition n'eût atteint un plus noble but

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si la liberté eût pu s'asseoir avec lui sur le char triomphal , au lieu d'y être enchaînée.

La nouvelle de la signature et de la ratification des préliminaires de Londres , produisit dans les différentes cours une sensation d'autant plus vive, qu'elle était plus inattendue, à cause des délais qui avaient fait douler long-temps du succès de la négociation, et du secret que les deux gouvernemens avaient un égal intérêt à ne point laisser pénétrer. L'effet immédiat de cette transaction, fut d'affermir et d'accroître l'influence du premier Consul, et d'établir plus solidement l'exercice régulier de son autorité suprême sans contrôle, sans contrepoids, ce qu'il croyait être un système de gouvernement : il ne concevait pas qu'on pût en appliquer un autre à un état tel que la France; il n'admettait en politique d'autre puissance que la force, d'autre ressort que la crainle, d'autre garantie que la prépondérance des armes. Après cette grave accusation devant le tribunal de la postérité, tribunal que le

n'avait vu que

progrès des lumières et de plus heureuses expériences rendront de siècle en siècle plus sévère sur ces déplorables illusions, il est juste de dire que le général Bonaparte ne parut sur la scène du monde qu'il devait un jour occuper presque seul et tout entière, qu'au milieu des horreurs de la révolution 1; resté jusques alors étranger aux affaires, il

la corruption de la République. Lorsque la victoire le porta si rapidement au faîte du pouvoir, pouvait-il, par ses propres lumières, dissiper les ténèbres, et découvrir l'esprit vivant de la nation dans le chaos de l'anarchie? Au lieu de lui faire un crime d'avoir méconnu l'opinion publique et dédaigné son appui, ne faut-il pas reconnaître dominé

par son génie, entraîné par ses habitudes guerrières, il ne dut apercevoir d'autre moyen de gouvernement que la dictature militaire? Tout concourut à le seconder,et les hommes et la fortune; quel Français eût pu songer à accuser d'usurpation et de tyrannie, celui qui brisait ses fers ? Cette dictature fut alors le salut de la France, et du reste de l'Europe. Pendant les deux années qui s'écoulèrent sous ce nouveau régime, de puis l'expulsion du Directoire et des débris de la Convention, jusqu'à la signature des préliminaires de paix avec l’Angleterre, chaque jour avait été marqué par des triomphes, et par les progrès du rétablissement de l'ordre dans toutes les parties de l'administration civile. Ces succès simultanés au dedans et au dehors ayant ramené la confiance, le dictateur dut se complaire dans son ouvrage et s’affermir dans son système; il voyait l'état fleurir dans ses puissantes mains, et ne voulait souffrir ni coopération ni partage dans ce grand oeuvre : les regrets des plus constans amis de la liberté ne furent bientôt plus à ses yeux que des võux impies contre la prospérité de la France, et la nation séduite , fatignée, et non pas avilie, comme l'ont écrit des blasphémateurs politiques, resta comme assoupie dans un glorieux repos.

que,

On voit que les circonstances et la disposilion des esprils étaient au dedans comme

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