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au dehors, également favorables à l'exécution des projets médités par le premier Consul. On pouvait s'attendre à leur prompt développement, car il avait donné la mesure de son caractère , et n'avait jamais pris soin de dissimuler sa marche. Ainsi que dans ses opérations militaires, il poussait avec ardeur jusqu'au dernier résultat possible l'avantage qu'il avait obtenu par

les négociations. Dès qu'il fut certain d'avoir conquis la paix générale par des traités séparés, et que les intérêts de l'Angleterre ne pourraient, au moins pour quelque temps, s'entremêler à ceux du continent, il se hâta d'ouvrir, comme on le disait à Londres, sa campagne de pacifications; ses traités particuliers avec les diverses puissances parurent presqu'en même temps, immédiatement après la signature des préliminaires de Londres. Nous allons en présenter l'analyse, parce que c'est le tableau le plus fidèle que nous puissions offrir à nos lecteurs, de la situation de l'Europe à cette époque. Ces

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traités, qui forment la base apparente du nouveau système politique, servirent soit à prévenir, soit à calmer les inquiétudes que devaient faire naître les changemens introduits bientôt après dans la constitution des républiques alliées avec la France, et les vues ambitieuses du premier Consul.

Nous suivrons dans cette analyse l'ordre dans lequel ces divers traités furent présentés par le gouvernement français, à l'approbation du Corps législatif; cet ordre fut déterminé selon leurs différens degrés d'importance par rapport à la négociation avec l'Angleterre. Le traité entre la République française et le royaume de Portugal, signé à Madrid le 29 septembre, parut le premier; il renfermait, outre la délimitation avantageuse à la France, de la frontière entre les deux Guyanés française et portugaise, les bases d'un traité de cominerce et de navigation qui garantissait aux importations des Français les mêmes faveurs dont les Anglais avaient joui depuis la paix d'Utrecht. Il était sans doute utile de prouver au cabinet de Saint-James, avant la conclusion du traité définitif, l'inutilité de ses efforts

pour

conserver le commerce exclusif en Portugal; mais un autre motif porta le premier Consul à faire coïncider la signature des préliminaires de Londres avec la publication du traité avec le Portugal ; il avait besoin de justifier le sacrifice qu'il exigeait de l'Espagne, la cession de l'ile de la Trinité, principal objet des compensations convenues. Le traité de Badajoz conclu séparément lui servit de prétexte : il reprocha à la cour de Madrid de n'avoir l'occupation du quart du territoire portugais, et lui déclara, en refusant sa ratification, que la conséquence immédiate de cette négligence serait la perte de la Trinité ; aussi le conseiller d'état Defermont, en développant les motifs et les conditions avantageuses du traité avec le Portugal, ne manqua pas d'insister sur l'abandon de la Trinité, comme admis d'avance par l'Espagne, et implicitement ayoué

par la ratification précipitée du traité de Badajoz.

pas exigé

Dans l'examen des clauses du traité avec le Portugal, les orateurs du tribunat, Fréville et Carion de Nizas, prononcèrent des discours remarquables, et qui serviront à faire connaître la tendance générale des esprits vers le perfectionnement de l'industrie et l'extension du commerce maritime, et le noble orgueil qu'inspirait alors aux Français la situation brillante de leur patrie, supériorité qu'ils devaient à leur courage, et qui ne pouvait plus être contestée. Si nous n'avions précédemment (dans le seplième volume de cet ouvrage), fait au sujet des relations commerciales de l'Angleterre avec le Portugal, des rapprochemens historiques tout semblables à ceux qui furent présentés au Corps législatif, par le tribun Fréville, ils eussent peut-être ici mieux trouvé leur place. On prétendait ramener la politique du Por. tugal aux temps antérieurs à la guerre de la Succession, et même à la paix des Pyrénées ; on lui rappelait qu'il avait dû son indépendance au secours de la France, et, qu'affranchi du joug de la maison d'Autriche,

il

avait subi volontairement celui, moins dur en apparence, et cependant bien plus pesant, que l'Angleterre lui avait imposé. De. puis près d'un siècle, disait-on, l'ordu Brésil n'avait cessé de s'écouler à Londres ; et selon les calculs les plus modérés de Smith, celte importation s'était élevée annuellement jusqu'à la somme de soixante-deux millions de francs ; la valeur des denrées précieuses d'Europe et d'Amérique que le Portugal pou. vait mettre dans la balance du commerce, lui faisait encore payer au prix le plus onereux les objets importés que les Anglais lui fournissaient presque seuls, comme une métropole à ses colonies. Ces observations sur les effets du monopole étaient justes, mais le remède était inefficace. On peut interrompre par la force des armes, et seulement pour

temps que dure l'état de conquête, les relations commerciales d'une contrée maritime, mais on ne change point par des stipulations les habitudes formées depuis un siècle, et tant que l'Argleterre conservera la supériorité des forces navales, le Portugal

le

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