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UNIVERSELLE,

PAR

CÉSAR CANTU,

SOIGNEUSEMENT REMANIÉE PAR L'AUTEUR,

ET TRADUITE SOUS SES YEUX,

PAR EUGÈNE AROUX,

ANCIEN DÉPUTÉ,

ET PIERSILVESTRO LÉOPARDI.

Come Neuvième.

.

PARIS,

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CHEZ FIRMIN DIDOT FRÈRES, ÉDITEURS,
IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE FRANCE,

RUE JACOB, 56.

M DCCC LIV.

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Louis le Débonnaire et ses enfants, Les Carlovingiens en France. - In

cursions des Sarrasins. Les Normands en France; conversion de la Scandinavie. Les Normands en Angleterre. Les Normands en Italie,

Les Slaves. Les Normands et les Slaves en Russie. Race finnoise; Hongrois. Fin des Carlovingiens; Capétiens. Féodalité. Italie. Royaume de Germanie, Othon le Grand; les Italiens. — Les Othon; maison de Franconie. · L'Église. - Grégoire VII. – Empire d'Orient; schisme.

Espagne; le Cid. — Empire arabe. Les Turcs; l'Inde. Culture intellectuelle des Orientaux; Ferdoucy. – Lettres et sciences. Beaux-arts. - Épilogue.

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CHAPITRE PREMIER

LOUIS LE DÉBONNAIRE ET SES FILS.

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On a coutume de dire que l'édifice construit par Charlemagne s'écroula après lui, comme il arriva de celui de Napoléon, dont la chute permit à la révolution, jusque-là arrêtée un moment par un bras si vigoureux, de reprendre librement sa course triomphale. Sans doute, l'influence de Charlemagne fut due en grande partie à ses qualités personnelles; son génie lui avait inspiré l'idée de s'opposer aux nouvelles invasions des Germains et des Arabes, ainsi qu'au morcellement intérieur de l'Europe, en formant un grand tout des États chrétiens, en soumettant les races étrangères, en extirpant les croyances ennemies, en employant la guerre offensive et la conquête. Avec un esprit supérieur à son temps, avec une activité prodigieuse, qui lui

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T, IX.

imposait comme une nécessité de coordonner, de réformer, il se seryit des débris de la civilisation romaine, de la liberté des peuples restés sur le sol germanique, des nouvelles institutions de ceux qui l'avaient quitté, pour élever un État réunissant les formes de l'ancienne administration impériale, la puissance de la cour, comme disaient les contemporains, les assemblées nationales de la Germanie et le patronage militaire. Il fut tout ensemble chef de guerriers, président des champs de mai, empereur romain ; et le fardeau ne parut pas au-dessus de ses forces. Mais , parmi ses fils, lequel était capable de gouverner un empire qui s'étendait de l'Elbe à l'Èbre, de la mer du Nord à la Calabre? Lui-même n'avait-il pas déjà senti la secousse donnée par le Septentrion aux chaînes sous lesquelles il le tenait courbé ? N'avait-il pas rencontré en Corse les vaisseaux des Arabes d'Espagne courant la Méditerranée, depuis qu'il leur avait fermé tout autre chemin ? Et les autres Arabes de Kairouan pouvaient-ils se soustraire à la famine autrement qu'en se livrant à la piraterie? Charles avait comprimé les nations; maintenant les nations vont réagir.

Le lien d'unité qu'il avait imposé devait donc se relâcher; mais il n'est pas vrai pour cela qu'il n'en restât rien. Ce qui tirait sa vie de l'activité du monarque périt; il n'y eut plus un centre d'où partît et où remontât tout le mouvement : les assemblées générales devinrent plus rares et moins puissantes; les missi dominici , l'administration uniforme, le pouvoir unique qui était accepté par tous déchurent; mais on vit subsister ce qui était local, à savoir les comtes, les ducs, les vicaires, les centeniers, les bénéficiers, ainsi que l'ordre dans lequel le gouvernement central avait disposé la propriété et les magistratures, en les arrachant à la confusion où elles étaient précédemment, et en les poussant vers l'indépendance héréditaire, c'est-à-dire vers la féodalité. L'impulsion qu'il avait donnée aux intelligences dura aussi , et elles continuèrent après lui à s'avancer dans la voie des progrès; enfin l'empire d'Occident, bien qu'affaibli, n'en continua pas moins d'exister.

Les deux invasions menaçantes ont été arrêtées, l'une aux Pyrénées, l'autre au Weser; et des débris du vaste empire il se forme des royaumes capables de faire face à l'ennemi, n'étant plus obligés de se tenir constamment sur la défensive pour garantir un territoire aux frontières mobiles, mais se donnant des institutions plus ou moins régulières, à l'abri de confins dé

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terminés. De nouveaux barbares surviennent , mais

par mer : redoutables plutôt à raison de ravages partiels que par les effets durables de leurs incursions, ils peuvent bien affliger les nations, mais non les détruire.

Charles avait prévu ce nouveau fléau. Nous avons déjà dit que, se trouvant dans la Narbonnaise, quelques pirates normands poussèrent audacieusement leurs barques jusque dans le port; mais, instruits bientôt de sa présence, ils remirent sur-le-champ à la voile. Charles, appuyé sur le balcon, d'où ses regards s'étendaient sur la mer, resta quelque temps silencieux en laissant couler ses larmes; puis, s'adressant à ses leudes étonnés : Savezvous, dit-il, pourquoi je pleure? Ce n'est pas que je craigne ces gens-, mais je m'afflige de ce que, moi vivant, ils aient osé aborder sur ce rivage ; et ma douleur est d'autant plus grande que je prévois combien de maux ils causeront à mes fils et à leurs peuples (1)

Charles avait à s'effrayer plus encore des périls intérieurs que de ceux du dehors. Son coup d'oeil pénétrant n'avait pas manqué de reconnaître combien les grands étaient portés à attirer à eux toute la propriété, soit en dépouillant par la fraude ou par la violence ceux qui dépendaient d'eux, soit en les surchargeant de corvées et de services militaires, afin que, réduits aux abois, ils invoquassent la servitude comme refuge. Il était possible de régler cette disposition, non d'y mettre obstacle. Il avait réuni des nations d'origine diverse; mais si les Mérovingiens n'avaient pas réussi à fondre les Francs avec les Gaulois et les Aquitains, ni même les Francs de Neustrie avec ceux d'Austrasie, il était plus difficile encore d'effacer les indestructibles barrières du Rhin et des Alpes; et il n'était pas croyable que les peuples assujettis de la Saxe, de la Bretagne, de la Bavière, de l'Espagne, de l'Italie se fussent identifiés avec les conquérants, et bien moins encore les tributaires qui habitaient sur l'Oder, sur la Theiss et sur le Garigliano. Le partage fait par Charles affaiblissait les siens, et en même temps il ne remplissait pas les veux, ne satisfaisait pas au besoin des races : or, c'est en conformité de ces voux et de ces

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(1) Chron. Mon. S. Gall. II, 22. Scitis, o fideles mei, quod tantopere ploraverim? Non hoc timeo quod isti magis mihi aliquid nocere prævaleant; sed nimium contristor quod, me vivente, ausi sunt littus istud attingere; et maximo dolore torqueor quia prævideo quanta mala poste. ris meis et eorum sint facturi subjectis.

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