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LA COMMUNE

LA MILICE

DE NANTES.

ONZIÈME VOLUME.

1800.

« Braves Nantais , vous qui avez donné tant de preuves de patriotisme et de courage, et dont les poms sont attachés aux lauriers cueillis sur nos frontières, vous souffrez depuis longtemps des désastres d'une guerre horrible... Encore quelques instants de constance, et la paix va la couronner.»

BRUNE aux Nantais.

1800

NAPOLÉO
APOLÉON a dit lui-même de son avénement au

1.er jaov. pouvoir : « La pacification intérieure de la répu- An vill

. blique fut un des premiers soins de Napoléon. Les chouans et les Vendéens refusèrent d'abord de reconnaître le gouvernement consulaire. Le gouver

11 pisose.

11 pirôse.

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nement répondit au manifeste de la Vendée par le 1." janv. All VII. décret qui accordait aux révoltés dix jours pour se

soumettre, et fit menacer la Vendée par le général Brune, qui s'y porta avec des forces considérables... L'Angleterre suivait son systême de destruction contre la France : elle envoyait des armes aux rebelles au moment où un gouvernement fort s'occupait de les amnistier. Si elle eût voulu rétablir la royauté en France, c'est-à-dire lui rendre une existence stable et glorieuse, elle eût envoyé un prince aux Vendéens... Mais il était trop tard : la

place était bien occupée. 16 janvier. En effet, en prenant le pouvoir, Bonaparte fit 20 pisose.

comprendre à tous que la main qui savait tenir
l'épée savait aussi tenir le sceptre, et l'on put pré-
voir
que

le consul serait bientôt un maître, car le soldat était déjà devenu roi. Le désordre existait partout : à la faiblesse qui n'osait l'empêcher, Bonaparte substitua la force de l'autorité. Aussitôt que les généraux et les administrateurs comprirent qu'ils auraient un appui permanent dans la fermeté du gouvernement, la confiance ranima leur zèle, et tout se réorganisa sous le sentiment de

l'unité. 12 janvier.

Au nom de Louis XVIII, sous la direction d'un .:2 uivôse.

chef du surnom de Moustache, une bande s'était emparée d'un convoi de fusils et de poudre sur la route de Rennes à Janzé, pendant qu'une autre bande de plus de 1000 hommes se tenait en

26 nivôse.

Muller,

armes sur la rive droite de la Vilaine, en s'oppo

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16 janvier. sant au passage de cette rivière : deux pièces de An vin. canon et un obusier furent envoyés, de Nantes, à la 23. demi-brigade, pour forcer le passage. .

Sur la rive gauche de la Loire, les royalistes firent diverses manifestations dans le Marais, en annonçant le débarquement du comte d'Artois.

Aussitôt, un arrêté consulaire suspendit l'empire de la constitution dans les départements des Côtesdu-Nord, d'Ille-et-Vilaine, du Morbihan et de la Loire-Inférieure.

Mais le général Brune, appelé au commandement en chef de l'armée de l'Ouest (pendant que le général Muller recevait, pour la seconde fois, le commandement de la division), eut le droit de command." faire des règlements suivant les circonstances, d'imposer des contributions extraordinaires comme châtiment de la rébellion, et de prononcer même la peine de mort, si la sécurité du pays exigeait cette redoutable sentence en dehors des formes judiciaires. Le général Brune fit son entrée à Nantes avec 21 janvier.

1.er pluv. une brillante escorte, par laquelle il fut conduit jusqu'à l'Hôtel de France. Les troupes de la garnison l'attendaient, rangées en bataille, sur la place Graslin. Il les passa aussitôt en revue. « Camarades, leur dit-il ensuite, je ne vous avais pas parmi les braves qui ont triomphé en Hollande; mais si les Anglais descendent sur nos côtes, je

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vous promets les mêmes triomphes. Croyez-en 22 jaovier.

An vill. ma parole, nous les vaincrons encore. » 2 pluviôse.

Le lendemain, tous les corps armés, garde nationale et troupes de ligne , furent réunis sur les deux Cours, et le général Brune, après avoir parcouru tous les rangs, rassembla les officiers de la garde nationale et leur adressa ces paroles : « Braves Nantais, vous qui avez donné tant de

preuves de patriotisme et de courage, et dont les noms sont altachés aux lauriers cueillis sur nos frontières, vous souffrez depuis longtemps des désastres d'une guerre horrible, dont le feu semblait éteint : vous avez à vous plaindre de ceux qui l'ont laissé rallumer; mais le gouvernement actuel a à cour de finir vos maux. L'Anglais, qui les irrite, compte sur vos divisions. Hommes égarés, rentrez dans le foyer de la république : elle vous tend les bras, elle est prête à vous recevoir. Nous sommes des pères qui savent pardonner à leurs enfants ; mais båtez-vous de rentrer dans le devoir, de profiter de notre tendresse, car si vous persistiez dans votre rébellion, le moment de l'indulgence une fois passé, votre punition serait terrible.

» Amis de la patrie, encore quelques instants de constance, et la paix va la couronner. Si les Anglo-Russes essaient de descendre sur nos côtes, ils paieront cher leur témérité : les braves qui les ont vaincus en Hollande sont ici pour les vaincre encore.

» Sont-ce les chouans que vous redoutez? Ils font, dit-on, la guerre avec ruse : eh bien, j'opposerai la ruse à la ruse, je les suivrai partout, je ne les quitterai pas de vue un seul instant; ils me trouveront dans les grands chemins, dans les routes de traverse, dans les vil

lages, dans les plaines, dans les montagnes, dans les

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22 janvier. bois, dans les marais; ils ne m'échapperont pas : il faut AD. VI. qu'ils périssent où qu'ils se rendent. »

? pluviôse. Ici Brune fut interrompu par une acclamation enthousiaste. Il continua :

« Nantais, je sais que vous êtes prêts à me suivre, que les dangers de vous effraieraient pas ; mais je ne réclame pas votre courage. Gardez vos murs, livrezvous à vos travaux journaliers, croyez que le gouvernement vous regarde, veut relever vos manufactures et protéger votre commerce. Pour moi, avec mes braves compagnons d'armes, je vais chercher l'ennemi, je vole vers lui, et, si je l'atteins, l'armée que je commande me répond de lui.

» Pour vous, Nantais , veillez autour de vous : unissez-vous à la patrie, que la ville soit calme, que les faubourgs ne soient point dévoués aux chouans ; que les jeunes gens qui devraient être l'honneur de leur famille, ne se rangent pas dans ce vil parti par ton et dans le fol espoir de dominer nos cités et nos campagnes ; qu'ils ne se disent plus : Nous resterons dans nos fermes, et nous les affamerons. Non! ils ne vous affameront pas ! Braves Nantais, c'est l'armée, c'est moi qui vous l'assure. Nous détruirons les chouans, s'ils ne mettent bas les armes; nous vaincrons les Anglo-Russes, s'ils se présenlent, et nous aurons enfin la paix. Vive la république ! »

La même acclamation retentit des deux côtés de la colonne de la Liberté, et la population, les troupes et la garde nationale y ajoutèrent les cris de vive Brune! vive notre général! vive le sauveur de la Hollande ! L'enthousiasme fut unanime : Brune traversa des flots de peuple , jusqu'à son

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