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que l'auteur adressait à ses concitoyens , en leur dédiant son ouvrage. On a táché d'en conserver toujours l'esprit, et, autant que possible, la lettre.

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pour tout talent

C'est à vous que je dédié ce recueil de lettres. Elles ont été écrites par l'un d'entre vous pour le bien de tous; et jamais elles ne seraient devenues aussi nombreuses, si vous n'aviez constamment soutenu l'auteur par votre bienveillance et vos applaudissemens. Je n'avais

que

de la droiture et du courage , le désir de

le désir de répondre à votre attente m'a inspiré ; et si ces lettres ont quelque force ou quelque agrément, c'est à vous qu'elles le doivent.

Quand les rois et les ministres d'aujourd’huiseront oubliés; quand les allusions personnelles, devenues inintelligibles, auront perdu toule leur malignité; quand enfin les événemens actuels ne seront plus connus que dans, leurs résultats , j'ose croire

e que trouverez encore dans ce livre des principes

vous

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digues d’être transmis à vos enfans ; car ce n'est point assez de leur laisser entier l'hérilage de vos droits : ce n'est que la moitié de votre devoir. Leur liberté, leurs propriétés seront toujours précaires, tant que vous ne leur aurez pas appris à les défendre. Peutêtre y a-t-il de l'amour-propre à parler ainsi. Je ne sais ; mais du moins il me semble assez borné : je suis le seul dépositaire de mon secret , et il périra avec moi (1).

Si un zèle pur, et je puis dire infatigable pour le bien public , m'a donné quelque part à votre confiance , permettez que je vous presse, que je vous conjure de ne jamais souffrir la moindre atteinte à votre constitution. Quelque légère qu'elle paraisse d'abord, soyez toujours décidé à y opposer une résistance ferme et opiniâtre. Un exemple en amène un autre. Bientôt ils s'accumulent et finissent par faire loi. Ce qui aujourd'hui n'est qu'un fait, demain passera en droit. Les

(1) Il paraît que l'auteur a tenu parole ; car il y a aujourd'hui plus de quarante-cinq ans que ses lettres ont été publiées ; et l'on ignore encore qui il était.

*

exemples servent à justifier les mesures les plus dangereuses; et quand ils ne cadrent pas avec les circonstances, on:supplée à

on supplée à ce défaut prar l'analogie. Soyez bien convaincus que les lois qui protègent nos droits civils dérivent de la constitution, et qu'elles doivent périr on fleurir avec elle. Or, ce n'est point là l'intérêt d'un individu seulement ou d'un parti; c'est l'intérêt de la nation toule entière. Quand le roi persisterait dans le système qu'il a adopté, le moment n'est pas loin où vous aurez les

moyens

de

vous rétablir dans vos droits. Il est plus proche peut-être qu'aucun de nous ne l'imagine ; 'et il est important de ne pas le laisser échapper: Le roi peut dissoudre le parlement acluel un an ou deux avant la fin de son temps, et ordonner subitement de nouvelles élections dans l'espoir de prendre la nation au dépourvu. Mais soyez toujours sur vos gardes ; et si tels sont les projets du gouvernement, votre vigilance suffira pour les déjouer ou les prévenir.

Je ne doute pas un instant que vous ne vous portiez d'un accord unanime pour défendre la liberté de vos élections et pour maintenir votre droit exclusif de choisir vos représentans. Mais il est d'autres questions que l'on a élevées, et sur lesquelles vous devez être aussi décidés et aussi unanimes, Imprimez-vous bien dans l'esprit, et imprimez-le bien dans l'esprit de vos enfans, que la liberté de la presse est le palladium de loutes nos libertés politiques, civiles et religieuses ; et que le droit des jurés de prononcer un verdict général, dans tous les cas possibles, est une partie essentielle de notre constitution. Donc ce droit ne peut être ni restreint dans son application par aucun juge, ni même altéré dans son principe par le corps législatif. Le pouvoir du roi , des lords et des communes n'est point un pouvoir absolu. Ils sont les dépositaires, et non les prcpriétaires de la souveraineté. C'est en nous tous qu'elle réside ; et ils ne peuvent ni l'aliéner ni la tourner contre nous. Quand nous disons

corps législatif est souverain, nous entendons qu'il est le pouvoir le plus éminent reconnu par la constitution, mais seulement en comparaison des pouvoirs inférieurs établis par les lois. Le mot source rain doit se prendre alors dans un sens relatif, et non dans un sens absolu. Le pouvoir du corps législatif est limité, non-seulement par les règles générales de l'équité et par l'intérêt de la nation, mais encore par les bases et les formes particulières de notre constitution : si ces principes ne sont pas vrais, il faut admettre que le roi, les lords et les communes n'ont d'autre règle de leur conduite que leur bon plaisir; qu'ils peuvent réunir le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif dans les mêmes mains ; qu'ils peuvent, en un mot, détruire la constitution par un acte du parlement. Mais je suis bien sûr que vous ne laisserez pas à la discrétion de sept cents individus, notoirement vendus à la couronne,

que le

de

prononcer si sept millions de leurs égaux doivent être libres ou esclaves. La certitude de sacrifier leurs propres droits, en sacrifiant ceux de la nation, ne suffit pas pour retenir des ames lâches et corrompues. Sans parler de l'extravagante concession faite à Henri VIII, on trouve dans l'histoire d'autres pays des exemples d'un abandon délibéré de ious les droits du peuple fait au prince dape

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